‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 19 sur 179 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

autant que mes affaires de guerre et de politique me Tont permis, les sciences, les beaux* arts , les savants et les artistes ; tous ont répondu dignement à mon appel et à mes vœux ; tous ont fait et feront Torgueil de la France; mais je me suis bien donné de garde de leur tracer un programme quelconque. »« je leur mettais des ailes d*or et je leur disais : « Allez ! i> Eh bien ! presque tous se sont élevés très*baut; ils m*ont amplement tenu compte de ma sollicitude ; malgré cela, ce ne sera pas dans les peintures, dans les statues écloses sous mon sceptre que la postérité pourra apprendre rhistoire de mon règne : ils n'en seront que la partie mythologique ; mais les pages indestructibles de ma halte sur le trône se liront au sommet des Alpes^ au front des Pyramides, sur la cime du Saint-Bernard , sur les grèves d'Anvers et de Cherbourg : ces pageslà, dis-je, dureront plus que les toiles de David ou de Gérard ; plus que les marbres taillés par Chaudet ou Cartellier; c'est là que les historiens futui^ iront chercher des matériaux

pour écrire mon histoire et celle de la France... de mon temps ! fit Napoléon, en appuyant sur ces trois mots.

La compagnie écoutait ces fiers dithyrambes dans un silence qui avait quelque chose de solennel. Le bon M. Jones, surtout , était dans une espèce d*extase : les mains jointes, la bouche ouverte, les yeux arqués par l'admiration, il ressemblait assez à ce citoyen de Délos qui , écoutant avec une anxieuse curiosité les oracles d'Apollon, qu'il était venu consulter, frissonnait de crainte et de plaisir à l'aspect du dieu descendant du trépied mystique pour lui dévoiler l'avenir.

Napoléon fit encore une pause ; puis reprit aussitôt, car il était animé; et, dans cette disposition d'esprit, on pouvait le comparer à ces vases de porphyre qu'on renversait sur l'autel de Vesta, et qui remplissaient le sanctuaire de doux parfums.

Pour écrire l'histoire, il faut être plus qu'un homme, puisque l'écrivain qui tient le burin de cette grande justicîère doit être dégagé de

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