AVIS DE L*ÉDITEUR
consul, empereur; j'ai voulu qu'on le connût exilé, pauvre, souffrant, homme en un mot.
< Telle est, monsieur, la grande raison qui m*a fait entreprendre cet ouvrage : vous Tavez sous les yeux, c'est à vous de décider si j'ai réussi ou non, et là se borne ce que j'avais à vous dire sur cette œuvre longuement méditée. Jugez-la en première instance, jusqu'à ce que vous croyiez à propos de me faire comparaître devant ce grand tribunal d'appel, le public, qui juge en dernier ressort.
« En attendant la décision que vous croirez devoir prendre à l'égard des Mystères de Sainte-' Hélène, je vous prie, monsieur, d'agréer, etc.
« Emile Marco de Saint-Hilaire. »
Cette lettrede l'auteur desSouvenirs intimes du temps de l'Empire nous dispense, de toute autre explication relative à son œuvre intitulée : Les Heures de captivité de l'empereur Napoléon : mystères de Sainte-Hélène.
Libre à M. Emile Marco de Saint-Hilaire
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d'amoindrir, de rapetisser en quelque sorte son talent et de jeter sur ses nombreux et piquants écrits le voile d'une trop grande modestie; mais pour notre part, n'ayant pas les mêmes scrupules, nous croyons devoir faire part au public de Timpression qu'a produite sur nous la lecture du nouveau livre de Tbistorien de la garde impériale.
Les Heures de captivité de Vempereur Napoléon sont la quintessence des douleurs profondes, des joies rares et des intimes causeries dont le rocher perdu dans l'Atlantique a été le triste théâtre pendant toute la durée de l'exil du grand homme. Chaque page de ce récit rapide, entraînant et empreint d'une grande vivacité de couleurs, semble exhaler un arôme d'héroïque résignation et d'indéfinissable mélancolie. Soit que M. Emile Marco de Saint- Hilaire nous fasse assister aux entretiens du foyer de Longwood, soit qu'il nous mène, avec son auguste captif, dans le petit jardin où il se plaisait à cultiver de ses mains victorieuses quelques fleurs du beau pays de France,
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qui, sous ce ciel de feu, s'étiolaient comme leur impénal jardinier; soit qu'il nous conduise, toujours avec Napoléon, dans l^s anfractuosités de ce roc indestructible où une source d'eau vive et Tombrage de quelques tamariniers venaient protéger çà et là de minces courtines de mousse, partout on marche dans la réalité, partout on respire Tair du martyre. Durant la lecture de cette autre épopée, il nous est arrivé souvent de nous croire transporté à Sainte-Hélène, tant nous nous étions identifié avec la poésie de la, situation, et de ressentir ce frémissement involontaire qu'on éprouve à la voix d'un héros captif, quand il s'appelle François P% Charles XII ou Napoléon.
Nous le déclarons donc ici, jamais, à notre avis, l'auteur des Souvenirs intimes du temps de l'Empire ne s'est élevé plus haut que dans l'ouvrage -que nous avons entre les mains. Style, coloris, originalité, esprit, drame, tact exquis des convenances, tout se rencontre dans cette série pittoresque d'événements graves, doux, glorieux ou sublimes;
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enfin il nous a semblé que dans aucune de ses études historiques l'écrivain n'avait été mieux inspiré que dans ses Mystères deSaink-HéUne. Les livres de M. Emile Marco de Saint- Hilaire sont depuis longtemps, pour nous servir de la piquante comparaison d'un député, le bréviaire du peuple et de Tarmée. Ce bréviaire, tout palpitant de nationalité, va s'enrichir encore des Heures de captivité de Vempereur Napoléon ; ce surcroit de bagage litté^ raire ne pourra qu'augmenter, s'il se peut, la popularité dont l'auteur des Mémoires d'un Page de la cour impéricUe, de la Veuve de la Grande Armée, des Aides de camp de V Empereur, du Dernier des Grognards, des Habitaiions napoléoniennes, etc., etc., est en possession depuis bientôt quinze ans.