‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 37 sur 179 · CHAPITRE lY. iâ · texte numérisé non relu

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donc de l'Irlande ; c'est un pays sur lequel je n'ai jamais eu que de vagues notions; il me sera proGtable d'en entendre raisonner par un homme tel que vous.

Sir George rougit de ce compliment et dit :

— J'ai remarqué, en voyageant, que la fortune et l'éducation assimilaient en quelque sorte les hommes des différents pays ; à quelque différence prés dans leur langage et dans leurs mœurs, ils sont les mêmes partout. La classe des campagnards est presque la seule chez laquelle on retrouve ces marques caractéristiques auxquelles on reconnaît la nation primitive. Dans les villages , la nature de l'homme est brute, mais variée ; elle est plus intelligeate dans les villes, mais aussi elle y est monotone. C'est pour cette raison que dans nos excursions en Irlande je me suis attaché spécialement à étudier les paysans.

— Votre manière de procéder, mon cher amiral, interrompit Napoléon en se frottant les mains, était parfaitement rationnelle. Continuez, je vous écoute.

— Sire, on serait tenté de croire, poursuivit sir George, qu'il n'a jamais percé dans ces campagnes la moindre connaissance ni des mœurs, ni des goûts, ni des usages, ni même de la langue des Anglais, et que les paysans irlandais n'ont pas pour guide l'instinct des autres hommes, tant ils sont incultes : c'est la nature prise dans sa plus rude simplicité. L'air de ressemblance qu'on trouve entre le moule des corps, si Votre Majesté me permet de m'exprlmer ainsi, et les traits du visage de ces paysans ferait supposer qu'ils sont tous d'une race qui ne s'est jamais croisée. En général, les Irlandais sont grands et bien bâtis, et cependant ils résistent moins que d'autres, que les Écossais, par exemple, à la faim, à la soif et à la fatigue. Ils ont les plus belles dents qu'il soit possible de voir, le plus beau teint, et en même temps le plus mâle. Mais, sire, fit l'amiral par interruption. Votre Majesté me pardonnera ces puérils détails, parce qu'elle comprendra, quoique homme de guerre, que l'homme, considéré comme matière, comme

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