‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 38 sur 179 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

machine , devait d'abord me préoccuper.

— Parfaitement, fit Napoléon ; la psychologie n'est pas plus du domaine des généraux d'armée que des chefs d'escadre; ils n'ont affaire, eux, qu'à la charpente humaine : aux philosophes appartient le dessous de l'écorce ; nous ne cherclions pas, nous autres, Vinconnu, et nous ne procédons que du connu. Ainsi, continuez, mon cher amiral.

— Il faut attribuer l'air de santé qui brille sur le visage des paysans irlandais au régime continuel auquel leur extrême pauvreté les oblige ^. Ils ne vivent absolument que de vé-

^ Au moment où PEurope entière a Pattention fixée sur rirlande à cause des événements importants qui s^y passent actuellement, il nous a semblé tout ^ la fois curieux et utile de rapporter ici dans son entier Pentretien que TEmpereur et l'amiral Cockburn eurent ensemble à ce sujet, d^autant plus que cette remarquable conversation n^a jamais été rapportée dans les nombreux ouvrages publiés jusqu^à présent, tant en France qu'à l'étranger, ayant rapport à la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène, et qu'il n'y a qu'un petit nombre d'Anglais qui en aient pris connaissance dans les papiers manuscrits que le célèbre amiral laissa après sa mort, arrivée il y a peu de temps. Nous ferons remarquer toutefois que malgré le demi-siècle , presque , qui s'est écoulé depuis cet entretien , la situation de l'Irlande est encore telle que la

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gétaux, et Feau est leur seule boisson. On ne saurait dire si le tempérament vigoureux des Irlandais provient ou de leur constitution primitive, ou du climat qu'ils habitent, ou enfin de l'espèce de régime qu'ils suivent en tout temps. Pour moi, je l'attribue à cette dernière cause. Dans la partie la plus occidentale de l'Irlande, où j'étais, les paysans ne vivaient absolument que de pommes de terre, d'où l'on peut conjecturer que ce tubercule est la nourriture la mieux appropriée à l'homme.

— C'est vrai, fit l'Empereur, je l'ai éprouvé dans ma première campagne d'Italie. J'avais fait venir de Trieste un grand chargement de ces parmentières, que je fis distribuer à celles de mes divisions qui opéraienrsuTle bas Adige.

dépeint sir George... Les mêmes misères, les mêmes causes de calamités pèsent toujours sur ce malheureux pays ,- aussi nous abstiendrons-nous de toutes réflexions politiques on même morales sur ce grave sujet, et nous bornerons-nous à affirmer Tauthenticité de Tentretien que nous rapportons. D'ailleurs le langage de Napoléon n^est pas une de ces phraséologies qu^il est facile dMmiter : chez lui, le style était véritablement tout Thomme, et il serait impossible de le contrefaire quand même.

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