‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 39 sur 179 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La santé du soldat devint excellente, et à peine comptait*on un malade sur cent hommes ; tandis que les divisions qui manœuvraient sur le haut Âdige, et qui se nourrissaient de maïs et de farine lombarde mêlée avec du sarrasin, fournissaient au contraire aux hôpitaux cinq et six hommes sur cent. J'ai jugé, d'après cela, que la pomme de terre était le vrai pain du sc^dat ; et plus tard, lorsque je fu^ Empereur, j'encourageai autant que possible cette culture, qui entrait toujours pour un cinquième dans les approvisionnements de guerre. Je lis plus : pour assurer à la pomme de terre ses lettres de naturalisation et de bourgeoisie, j'exigeai que tous les jours on en servit sur ma table, ne faisanrque continuer en cela l'œuvre philanthropique de Louis XVI. Quant à Parmentier, qui avait le premier popularisé la pomme de terre en France, je le nommai pharmacien en chef de mon hbtel des Invalides et membre de la Légion d'honneur, ce qui lui procura son admission à l'Institut. Voilà comme j'entendais la manière de récompenser leshom^

mes utiles en tout genre. Mais, ajouta Napoléon, poursuivez, mon cher amiral, et pardonnez-moi cette digression.

~ On ne pourrait refuser la beauté aux femmes irlandaises, reprit sir George, si leurs formes étaient plus fines et les traits de leur visage moins accentués. En Irlande, quelques brebis sont la dot ordinaire d'une fille qui se marie ; le garçon a pour toute fortune une cabane et un jardin planté de pommes de terre ; la femme conserve son nom de famille. Je me suis informé de la cause de cette coutume : on m'a répondu qu'elle provenait d'une ancienne loi, suivant laquelle les filles ne se mariaient que pour un an. A l'expiration de ce terme, les deux époux étaient maîtres de faire chacun un nouveau choix, à moins qu'ils ne voulussent renouveler le bail pour une seconde année. Par ce moyen, si l'alliance était bien assortie, si l'inclination était réciproque, ils étaient intéressés à continuer de vivre ensemble. Voilà pourquoi la femme, qui pouvait chaque année convoler en de nouvelles noces,

Page 1