‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 5 sur 179 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

logis, OÙ il voulut s'installer en attendant que JLongwood, ce palais de bois , eût été préparé pour le recevoir , Napoléon jouissait de tous les avantages de la liberté , avantages , hélas f qu'il ne devait pas longtemps conserver. Autour de lui, un jardin planté d'arbustes et de quelques arbres fruitiers lui offrait quelques allées ombreuses , des sites pittoresques , de charmantes oasis dont un mince filet d'eau augmentait la fraîcheur ; çà et là, quelques fleurs d'Europe, étonnées de grandir et de prospérer sous le soleil des tropiques ; au loin, la mer, calme et silencieuse, s'animant quelquefois par le sillage des navires qui arrivaient d'Europe, de la Chine ou des Indes ; à quelques toises de l'humble pavillon, la maison gentille, propre et commode du propriétaire, maison d'une physionomie toute britannique , à Persiennes vertes , à péristyle de roche , à toit surbaissé, et où tout, en un mot, se ressentait de la confortabilité anglaise , et de cette paix profonde, de cette satisfaction intérieure qui se révèle aux yeux de l'étranger par l'exquise

appropriation de toutes choses. Au surplus, ces apparences n'étaient point menteuses ; l'habitation de M. Balcomb aurait pu passer, même dans un quartier de Londres , pour une bonbonnière agréable , recelant toutes les suaves ëmanations d'une douce et laborieuse existence.

La famille du négociant se composait de sa femme, de deux jeunes filles , Betty et Jenny , âgées Tune de quinze et l'autre de douze ans ; de deux petits garçons de cinq à six ans, et d'un précepteur , M. Jones , honnête ministre qui pouvait donner une idée de ce que devait être le vicaire de fTakefidd, cette touchante création de Goldsmith. Le révérend M. Jones cumulait les fonctions spirituelles de pasteur de Sainte-Hélène avec celles de précepteur des enfants de M. Balcomb ; il s'acquittait le mieux qu'il pouvait de cette double tâche, et assaisonnait, de temps en temps, ses homélies évangéliques et ses discours mondains de citations morales, historiques, géographiques, et même politiques, qui quelquefois égayaient l'Empe-

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