‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 6 sur 179 · CHAPITRE I. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. i

reur. Deux négresses , destinées au service de madame Balcomb et de ses filles, trois esclaves noirs et un vieux jardinier malais , que Napoléon se plaisait à faire jaser dans ses pérégrinations matinales, formaient la domesticité de cette intéressante famille , véritable spécimen de ces bons et opulents ménages du pays de Galles ou du duché de Cambridge.

Jenny et Betty avaient promptement fait connaissance avec l'Empereur. Chaque matin, elles guettaient la sortie du général Bonaparte de son pavillon, et à peine avait-il mis le pied dans le jardin, qu*aussitôt les deux jeunes filles s'élançaient d'une touffe de lauriers-roses ou de chèvrefeuille , sous lesquels elles s'étaient blotties en l'attendant, pour venir voltiger autour de lui et l'étourdir de leur intarissable babil; puis, lorsqu'elles avaient terminé leurs petites évolutions, les deux blondes sœurs se mettaient à parcourir le jardin , cueillaient

1 C'est ainsi qa'on devait appeler Temperear : défense avait été faite de le désigner aulrement que par cetle qualification.

18 KTSTÈBES Dl SAIMTB-HÉLÈNE.

les plus belles fleurs, en formaient de jolis bouquets et venaient les présenter à Napoléon en loi disant :

— Tenez, général, voici les plus belles que nous ayons trouvées ; prenez*les, cela égayera votre chambre... Oh ! les fleurs , voyez- vous , c'est le plus doux présent que Dieu nous ait fait... Avec elles on ne s'ennuie jamais !,.. Betty et moi , nous nous amusons quelquefois tout un dimanche à effeuiller une rose d'Europe ou un œillet d'Arabie, et avec ces feuillt $ nous composons la plus jolie toilette à nos colombes!

Napoléon riait de bon cœur de ce gentil caquetage, et acceptait les bouquets offerts si gracieusement.

Un matin qu'il rentrait dans son pavillon , tenant à chaque main un énorme bouquet , il dit en souriant à M. de Las Cases :

— En cet équipage , n'ai-je pas Tair d'un marguillier, un jour de Fête-Dieu ?

Il arrivait quelquefois que les deux charmantes filles , ne voulant pas se contenter de

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