‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 53 sur 179 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

«( Lorsque les mollahs furent d'accord, quatre muftis m'apportèrent le felham dans lequel il était déclaré u qu'on pouvait boire du « vin sans cesser pour cela d'être bon musulu man, mais que ceux qui en l)oiraient n'auu raient dans l'autre monde aucune place en « paradis, n Ainsi la moitié de la difficulté était levée ; mais il n'était pas aisé de faire entendre aux muftis que la dernière partie de leur décision n'était pas raisonnable ; il fallait donc discuter encore , et après de nouveaux débats qui durèrent quinze jours, ils émirent un second felham qui portait «( qu'il était « possible d*élre musulman en buvant du vin et « d*avoir une place en paradis • pourvu que « chaque flacon fut racheté par une bonne H œuvre. » C'était là une grande et complète victoire; mais les cheiks ne voyaient pas où ils allaient, et le peuple, qui suit ses prêtres , partageait leurs doctrines sans chercher à passer au crible de la critique ces singulières innovations. Cependant 11 fut convenu qu'il fallait du temps pour préparer ce grand évé-

nement. Pour entretenir les bonnes dispositions des prêtres , je fis dresser le plan d'une mosquée, qui devait être plus grande que celle de Sémil-Azar, et je déclarai qu'elle serait bâtie pour constater Fépoque de la conversion de mon armée au mahométisme. Cette promesse gagna si bien la confiance des cheiks, des mollahs et des muftis , qu'ils publièrent leur felham. Je fus toujours, sous le nom de Sultan Ribir, déclaré l'ami et l'épée du prophète ; le bruit courut même qu'avant que . l'année fût expirée toute l'armée française prendrait le turban. Il n'en était rien au fond. (( Voilà, continua l'Empereur, la marche que je crus devoir adopter pour concilier les exigences de la politique et de ma domination. Que résulta-t-il de tout ceci? C'est que la guerre se dépouilla de son écorce féroce et barbare ; c'est que la confiance , la concorde et la fraternité refleurirent sur tous les points de l'Egypte ; c'est qu'entre mes soldats et les Égyptiens il n'y eut désormais ni rixes ni sévices, de quelque nature qu'ils fussent. Le

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