‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 58 sur 179 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Sir George était heureux d'avoir pu prouver à FEmpereur que sa sollicitude avait sa source dans l'admiration qu'il lui avait inspirée. Sir George, dans toutes les circonstances de sa vie publique et de sa vie privée, manifesta, à l'égard de l'Empereur, le sentiment profond de vénération qu'il avait vouée à l'homme extraordinaire dont les pénibles exigences de sa position militaire l'avaient rendu le premier gardien à bord du Northumberland et a Sainte- Hélène. Au surplus, ce respect professé par l'amiral était partagé par les équipages des^ bâtiments de guerre et par les soldats qui formaient la garnison de File. Dans le nombre de ces derniers il s'en trouvait beaucoup qui avaient fait les guerres d'Espagne et de Hollande ; plusieurs avaient été prisonniers en France de 1805 à 1814, et tous s'accordaient à publier les bons traitements qu'ils avaient reçus du gouvernement impérial.

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De toutes les anecdotes qui avaient été racontées par les matelots et les soldats anglais sur le pont du Northumberland et dans le camp du 55* régiment, les deux faits que nous allons rapporter avalent excité à un haut degré Tadmiration et la reconnaissance de ces braves.

Cinq cents prisonniers anglais ( ceci se passait en 1804) détenus à Verdun remarquèrent un jour plusieurs voitures de voyage

arrêtées devant le principal hôtel de la ville : c'était une partie de la suite de TEmpereur et de l'Impératrice, lesquels avaient été faire une petite excursion en Allemagne.

Le jour suivant, d'autres voitures, entourées d'une escorte et de beaucoup de peuple, s'arrêtèrent également au même hôtel, comme pour y passer la nuit. La ville fut illuminée ; la population des environs affluait parce que Napoléon et Joséphine étaient en effet arrivés à Verdun. Il était survenu du mauvais temps; la pluie était tombée par torrents depuis quel ques jours : les eaux de la Meuse , en débordant , avaient rompu le pont de bateaux qui existait à cette époque : Napoléon, cependant, était très-impatient de partir.

Le lendemain , à la pointe du jour , le sous^ préfet, M. Lefébure, fit rassembler tous les mariniers de la localité , pour aviser aux moyens de traverser la rivière. La chose, pour le moment, leur parut impossible , soit qu'elle le fut en effet pour eux , soit que ces braves gens redoutassent une responsabilité terrible,

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