‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 68 sur 179 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

le modèle et l'exemple d'un régiment fier de vous compter dans ses rangs, et dites bien à vos camarades, aux braves soldats du SS**, que je m'associerai du fond de cette retraite à tout ce qui pourra leur arriver d'heureux et de glorieux.

Puis tirant de sa poche une tabatière d'or* il ajouta :

— Sergent Sharp , vous avez sauvé la vie à des Français au siège de Saint-Jean-d'Acre ; il est juste que l'ancien général de l'armée d'Orient vous en témoigne sa reconnaissance, car, général ou Empereur, il a toujours regardé ses soldats comme ses enfants. Tenez, prenez cette tabatière, et gardez-la comme souvenir de ma reconnaissance. Quand je serai mort, quand je recevrai sur ce rocher les derniers adieux de mes amis, vous serez sans doute en Angleterre, au milieu de votre famille... Vous vous souviendrez du général Bonaparte et de l'empereur Napoléon en regardant cette boite.

Sharp, interdit , les yeux mouillés de lari, 18

mes, regarda son capitaine pour savoir s'il lui était permis d'accepter ce cadeau de l'Empereur. Poppleton ayant fait de l'œil un signe d'assentiment, le brave soldat prit d'une main tremblante le riche cadeau, qu'il pressa contre ses lèvres avec une sorte d'ivresse. Puis, avant que Napoléon eût eu le temps de prévenir son action, il mit un genou en terre, lui prit le pan de son habit, qu'il porta rapidement à sa moustache frémissante et humide de larmes.

Le sergent parti. Napoléon .s'entretint encore assez longtemps avec le capitaine Poppleton sur le vétéran du 53** régiment; ce fut alors que celui-ci apprit à Napoléon que Sharp était marié et père d'une famille trèsnombreuse.

— Et sa femme, ses enfants, sont rentrés en Angleterre ? demanda l'Empereur.

— Non, sire, les femmes et les enfants de nos soldats suivent leurs maris dans leurs campagnes. Sharp, comme beaucoup d'autres de ses camarades , a ici sa femme et sa famille ; il s'est battu sur le continent euro-

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