CHAPITRE YIII
leur force namériqae et les troupes fratches qu'elles opposaient constamment à mes régiments fatigués par des marches continuelles , et décimés par le fer et le feu de l'ennemi. Cest que, voyez-vous, monsieur, ces batailles se donnaient au cœur de la France , à la vue même des tombeaux de nos pères et des berceaux de nos enfants, et que rien n'exalte plus le courage et l'énergie d'un grand peuple que les dangers qu'il affronte pour conserver la sainte indépendance de la patrie.
L'entretien prit alors une autre direction. L'Empereur revint sur la Chine et parla des mœurs, du gouvernement et du caractère des Chinois en homme qui avait étudié profondément la matière. Il traita également, avec une supériorité de vues et une grande habitude de jugement, les relations possibles qui pourraient s'établir un jourentre l'Europe etla Chine. Napoléon parla aussi de l'Angleterre, de son parlement, de ses colonies, de sa marine et de son armée ; mais par un tict exquis des convenances , il ne laissa échapper directement ni indirectement
â6â MYSTÈRES DE SÂLNTE-UÉLÈNE.
aucun blâme personnel sur les mauvais procédés dont il était l'objet.
Cet entretien de Napoléon et de Tambassadeur se prolongea pendant près de deux heures. Sur le point de prendre congé de l'Empereur, lord Amherst lui demanda la permission de lui présenter les personnes qui l'accompagnaient et qui faisaient partie de l'ambassade. Napoléon y consentit, et chacune de ces personnes lui fut présentée et nommée par lord Amherst. L'Empereur adressa tour à tour la parole au capitaine Maxwell, passager à bord du César y et qui avait eu le malheur de perdre la frégate i'jilcesUy qu'il commandait dans les mers de l'Inde ; à M. Stuart, cha* pelain de l'ambassade ; à M. Abel , également attaché d'ambassade et très-versé dans les sciences. Pour consoler le capitaine Maxwell de la perte de son vaisseau. Napoléon lui rappela qu'en i 811 il avait capturé une frégate française dans l'Adriatique.
— Cette victoire, que vous avez chèrement achetée, ajouta-t-il obligeamment (le capitaine