CHAPITRE VIII
chez les femmes , dont Téducation n'a développé ni le caractère ni l'énergie.
Puis, par une transition brusque, passant à d'autres objets. Napoléon loua de nouveau et le travail exquis du buste de son fils et l'état des arts tels qu'il les avait laissés en France et en Italie.
A minuit le cénacle impérial se sépara. Pendant toute la durée de cette soirée, Napoléon se montra constamment communicatif et indulgent.
L'audience que l'Empereur avait accordée à lord Amherst, les entretiens qu'il avait eus avec le voyageur Manning et le capitaine Heaviside avaient attiré son attention sur la Chine, dont la civilisation , les mœurs et les lois se perdent dans la nuit des temps. Napoléon savait que grand nombre de Chinois venaient chaque année à Sainte-Hélène sur des bâtiments de la compagnie des Indes dans le but de louer aux colons leurs bras ou leur industrie ; il voulut en voir quelques-uns , et on lui en amena trois, un laboureur, un me-
nuisier et un forgeron. Ce dernier, qui élait de Canton même, avait servi neuf ans dans les troupes chinoises, et était par conséquent en état de donner les éclaircissements qu'on lui demanderait sur la milice chinoise. Tous trois parlaient assez bien l'anglais, et Napoléon, qui s'était beaucoup appliqué à l'étude de cette langue depuis deux ans, était parvenu à bien l'entendre et à la parler assez facilement pour prendre plaisir à les interroger.
On amena donc un matin à Longwood les trois Chinois. Napoléon, tout en déjeunant, leur adressa des questions auxquelles ils répondirent avec clarté. Le forgeron surtout, l'ancien soldat, se fit distinguer par la vivacité de ses reparties. Le général Bertrand lui ayant demandé si le nom de l'empereur Napoléon était parvenu jusqu'à la Chine, et si pour sa part il en avait entendu parler, il répondit que oui y et ajouta que ce grand Empereur du Soleil Couchant, c'est ainsi que les Chinois désignent l'Europe, était venu, il n'y avait pas longtemps , bien au delà en arrière de la