‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 99 sur 179 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

para bellum (si vous voulez la paix , préparezvous à la guerre).

Au surplus , le soldat chinois , auquel r£mpereur et le grand maréchal firent un grand nombre de questions , avoua que la majeure partie des troupes chinoises ne se servaient ni 'de fusils, ni de carabines, mais d*arc$ et d'ar^ quebuses. Les fusils n'étaient confiés qu'à un petit nombre d'hommes par régiment, et ces hommes formaient des bhouja, c'est-à-dire des compagnies d'élite , comme nos grenadiers et nos voltigeurs.

— Quoi qu'il en soit, ajouta le Chinois, nos flèches sont plus meurtrières que vos balles, et dans une a£faire que nous eûmes , il y a quelques années, avec une horde de Tartares nomades en deçà de la grande muraille , nous leur taâmes plus de monde avec nos flèches qu'avec nos armes à feu.

— Cela ne prouve qu'une chose , repartit le grand maréchal avec un sang-froid extrême , c'est que vous ne savez pas tirer un coup de fusil.

La manière dont cette objection fut lancée fit rire l'Empereur, et le Chinois tout le premier.

Après quelques autres questions, mais faites cette fois sur l'Ile Sainte*Hélène et sur les travaux auxquels les Chinois étaient occupés de préférence, l'Empereur les fit congédier en leur faisant donner à chacun une légère gratification.

Un épisode d'un tout autre genre vint aussi, vers le même temps , prouver combien les regards, ou même les simples attentions d'un grand homme, peuvent apporter de bonheur à ceux qui deviennent l'objet de ses préférences.

A quelques milles de Longwood , il existait une maisonnette habitée par un ancien employé de la compagnie des Indes avec sa femme et sa fille à peine âgée de seize ans. Napoléon, dans une de ses courses à cheval, aperçut par hasard la jeune fille au fond du petit jardin de la maisonnette. Attiré par la jolie tournure de cette enfant , il passa et repassa devant la closerle de l'héritage. Les jeunes filles, même les plus sages, ont toutes

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