DES ABBESSES ET DES CHANOINESSES
saient à la cour de toutes les prérogatives que donnent la beauté, la jeunesse et la fortune; des plaisirs nombreux naissaient chaque jour sur leurs pas. Elles étaient l'objet des plus délicates attentions de la part des gentilshommes qui la fréquentaient. Fêtées, recherchées, adulées par toute la fleur de Taristocratie et quelquefois par les souverains eux-mêmes, on comprend combien elles devaient être désireuses d'y paraître et de s'y enivrer des séductions qu'elle leur offrait.
Or il fallait pour cela qu'elles (usseni présentées.
La présentation était une cérémonie soumise à des règles déterminées par l'étiquette et qui prenait toutes les proportions d'un véritable événement dans la vie de celle qui la sollicitait.
Voici les détails de cette importante affaire, tels qu'ils sont relatés dans la Revue historique de la noblesse :
« Après avoir attendu les ordres de Sa Majesté
dans une pièce voisine, la nouvelle présentée était
introduite dans le grand cabinet par les deux
dames de la cour qui lui servaient de patronesses.
Le roi ne lui adressait pas toujours la parole, mais il faisait un signe paternel et gracieux, puis, il embrassait la présentée sur une seale joue, si elle était simple femme de qualité, sur les deux quand elle était duchesse ou grande d'Espagne, ou qu'elle appartenait à une famille en possession héréditaire des honneurs du Louvre et du titre de cousin du roi, La dame, toujours accompagnée de ses conductrices , allait ensuite chez la reine et s'inclinait profondément devant elle, en ayant Pair de s'agenouiller et de vouloir porter à ses lèvres le bas de la robe de Sa Majesté, qui s'empressait de la faire retomber par un léger coup d'éventail. La dame se retirait ensuite à reculons et tâchait de ne pas s'entortiller les pieds dans son manteau dont la queue traînait de six à huit aunes. Si elle était duchesse ou grande d'Espagne, avant de se retirer elle s'asseyait quelques minutes en présence de Sa Majesté ; ce privilège de s'asseoir devant la reine, dont elle jouissait à l'avenir, s'appelait vulgairement avoir le tabouret. » Après la présentation, on retour-