DES ABBESSE8 ET DES CUANOIXESSES
nait à Versailles faire sa cour le matin après la messe, et le soir au jeu, à peu près tous les dimanches.
Ajoutons que le droit du tabouret ne fut accordé aux grandes d'Espagne qu'en i 625.
D'après le cérémonial de l'Empire, de 1808, les dames sont présentées à Sa Mîijosté au cercle du dimanche, qui a lieu après la messe dans l'appartement ordinaire de l'empereur.
Les dames étrangères peuvent aussi être présentées à Sa Majesté au cercle du dimanche, mais elles ne le sont qu'après avoir été présentées à S. M. rimpératrice.
Ces présentations sont faites à l'omperour par la dame d'honneur ou la dame d'atours, ou une des dames du palais ou des princesses, ou par une dame épouse d'un des grands officiers do rempire.
La dame qui demande à être présentée s'adresse à l'une des dames qui peuvent faire la présentation, et celle-ci, pour en obtenir la permission de l'empereur, s'adresse au chambellan de jour.
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Les dames épouses des grands fonctionnaires nationaux ont le droit d'être préseiitées.
Les présentations à l'impératrice ont lieu à son lever.
Elles ont lieu chez les princes et les princesses delà même manière et aux jours qu ils indiquent.
Quant aux fonctions remplies à la cour de France par les dames nobles, elles variaient selon les usages et coutumes des reines auprès desquelles elles étaient admises.
Sous le règne de Louis XIV, le droit de monter dans les carrosses de la reine était réservé aux dames de haute noblesse; madame Colbert fut la première femme de secrétaire d'Etat qui jouit de cet honneur.
Elle avait été chargée par le roi de l'éducation de mademoiselle de Blois, fille de mademoiselle de la Vallière, Or, la reine avait pris en affection la jeune personne, et se plaisait à l'emmener aux promenades et aux collations qui se faisaient dans la forêt de Saint-Germain avec les dames d'honneur.
Quoique ces petites parties de plaisir fussent
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fort innocentes, la reine comprit qu'il n'était pas convenable que mademoiselle de Blois , devenue grande, se trouvât des demi-journées loin de la surveillance de madame Col bert, et désirant toutefois ne pas se priver de la société de mademoîselle de Blois, elle sollicita du roi son époux l'autorisation de faire accompagner celle-ci par madame Colbert, qui se trouva ainsi en possession du droit de monter dans les carrosses de la reine, droit qu'elle conserva même après le mariage de son élève avec le prince de Conti.
Madame de Louvois, dont le rang était semblable à celui de madame Colbert et qui était pc- }"[ titc-fillc de M. de Souvré, le gouverneur de Louis XIII, humiliée d'être exclue des carrosses, fit remontrer au roi par son mari, qu'il serait au moins juste de lui accorder la faveur dont il avait trouvé digne madame Colbert, et Louis XIV finit par décider qu'à l'avenir, les femmes des secrétaires d'État auraient ce privilège tant désiré.
Ce fut la reine Anne d'Autriche qui, la première, i
accorda à des dames d'honneur, n'étant pas du-
250 LES DAMES NOBLES ME FWkNCE. ,
chesâes, le droit d'avoir un tabcmret pour s'asseoir
devant elle. Ce furent la marquise de Sennecey,
veuve de Beaufremont, et la comtesse de Fleix,
veuve de Grailli-Foix, sa fille, qui reçurent les
brevets leur conférant ce droit réservé jusqu'alors,
nous le répétons, aux duchesses.
Avant la régence du duc d'Orléans, les filles et
petites-filles de France avaient chacune une dame
d'honneur et une dame d'atours. Cet usage fut
suivi jusqu'à ce que la duchesse deBerri en attacha quatre à sa personne; l'exemple fut imité par
la régente et sa sœur.
Les quatre dames choisies par la duchesse de Berri prirent le titre de dames du palais, ainsi que le constate l'État de la France de 1718.
C'étaient mesdames de Clermont, d'Armentières, de Beauvais et d'Aidée. Elles touchaient quatre mille livres de gages.
Bientôt les princesses du sang, désireuses de se donner des suivantes, engagèrent à leur service des dames nobles qui consentirent à prendre le litre de dames de compagnie.
DES ABBESSES ET DES CHANOINESSKS. Sr.l
L'honneur de donner la chemise à hi reine ou aux princesses du sang était un droit appartenant à la personne pmiente la phis qualifitr, et en même temps un devoir qu'on ne pouvait se dispenser de remplir.
La duchesse de Berri, se trouvant un jour au lever de sa belle-sœur, la duchesse de Boui'pogno, et ayant manifesté le désir de s'affranchir de l'obligation de lui présenter la chemise, elle y fut contrainte par ordre du roi.
Louis XV, exigea après son mariage, que, lorsque la cour viendrait rendre hommage à la reine, toutes les damos titrées se tinssent debout.
Les dames d'honneur furent instituées sous «
François V" par Catlierine de Médicis, qui les choisit au nombrcMle douze dans les plus grandes familles du royaume.
En IG75, Anne d'Autriche, femme deLouisXIIl, changea leur nom en celui de dames du palais.
Et on ne désigna sous le litre de dame d'honneur que la première dame de la maison et de la suite des reines et princesses du sang royal.
La dame d'atours avait charge de la toilette. Elle donnait les ordres pour tout ce qui concernait les vêtements et les pierreries de la reine. Elle présidait à la toilette et dirigeait les femmes de chambre chargées de l'habiller et de la coiffer. Aux audiences que donnait la reine, la dame d'atours se plaçait à sa gauche ; elle servait la reine en son petit couvert, en l'absence de la dame d'honneur.
La dame du lit fut celle qui présida au lever et * au coucher. La charge de dame du lit, créée spécialement par Louis XIV en faveur de madame du Fresnoy, s'éteignit avec elle.
Et ainsi de suite selon la nature des fonctions.
Lorsque ces emplois étaient donnés à des demoiselles, elles étaient dans l'obligation de solliciter du roi un brevet les autorisant à prendre et à recevoir le titre de dame^ et qu'on appelait en conséquence : brevet de dame.
(On sait que, d'après le droit féodal, on désigne par dame la femme qui possède une seigneurie et des vassaux, ou qui est mariée à un homme les possédant.)