II. u
Je lui donnai, ûnâ que d'habitude, quelques pièces de monnaie, et il ae retint enchanté !
n commençait à Toir qu'il arait déjà pins gagné en manquant son empoisomieDient sur moi que s'il m'eût empoisonné en effet.
Néanmoins, le sachant si près de moi, je me tins de nooTean sur mes gardes à son endroit, la fantaisie pouvant malgré tout le reprendre de m'envoyer un beau jour dans l'autre monde pour de bon.
Les Turcs sont si drôlesl
Mais quels pouvaient être ces deux Toyageurs fran* çais, à fwms inconnus^ qu'il arait tus à Tâês, où je me trouvais moi-même cinq mois auparavant , qui me suivaient en quelque sorte, conune on voit, pas à pas, et dont Tun élait mort dans cette ville, le 30 août précédent, jour où nous quittions les mers de sable ?
Ce n'étaient certes, ni Arnaud, ni Rochet d'Héricourt, qu'il connaissait parfaitement tous deuv, le premier par la fameuse épisode du derviche ama* teur de bougies ; le second, pour m'avoir mis en communication directe avec lui.
J'eus beau me creuser la tête, prendre renseigne* ment sur renseignement, tant auprès des caravanes venues de Sana tt du Tbéama, qu*auprès des populations longeant la côte jusqu'à Aden, je n'en pus jamais tirer autre chose que cette phrase que m'avait rapportée Hadji-Soliman :
Deux voyageurs frmiçais à noms inconnus^ guise ren* daient dans k Mareb^ et dont Vun était mort à TâH, le 30 août précédent.
Force fut donc de m'en contenter ju8qu*en 1848, époque à laquelle je rentrais en France, après quinze ans d'absence, ayant parcouru presque en tous sens l'Egypte, la Nubie^ le Sennâar^ le Rordofan, le Dârfour, le Hedjaz, la Presqu'iU du Sinai^ les montagnes de TAssir, le Yémen, le pays de Dsjof, THadramont, rOman, les pays des Wahabytes et des Anèzes^ Tlrak- Araby, la Perse, Y Afghanistan^ le Bélûtschistan , le Zangvébar, les Comores^ Madagascar et l'île de la Réunion^ aussi leste, aussi ingambe, aussi peu fatigué que si je ne venais pas de faire trente à trente-cinq mille lieues, trois ou* quatre fois la valeur du tour du monde.
C'est alors seulement que je sortis de mon incertitude et appris que les deux voyageurs en question étaient, Tun, M. d'Alciati de Qrilhou, Tautre Jules Sainte-Croix-Pajot.
Pauvre ami !
Pour lui, l'existence commence et se poursuit pénible et tourmentée !
Il entre dans vingt voies différentes et les abandonne aussitôt, car elles ne répondent pas à ce qu'il cherche.
Puis enfin, lorsqu'après avoir surmonté tous les obstacles, il est arrivé à réaliser ce que son esprit demande depuis si longtemps, il tombe et meurt, nouvelle victime de cette fatalité qui s'attache aux jours de certains hommes, et rend inutiles les efforts les plus énergiques, la persévérance la plus soutenue.
Vers le milieu de 1843, incertain sur la direction qu'il devait en somme donner à ses occupations jusque-là improductives en quelque sorte, il vint à se préoccuper de l'idée de demander au gouvernement une mission lointaine.
Jeune encore , d'une apparence assez robuste, éprouvé d'ailleurs par un premier voyage en Abyssinie, il pensait que l'on agréerait les offres qu'il ferait de se lancer, en éclaireur hardi, dans quelque région inconnue.
Quel point devait plutôt fixer son attention ?
Un de ses amis lui conseilla de choisir TÂrabie, qu'il connaissait déjà, au moins sur l'une de ses faces, et dans l'intérieur de laquelle presque tout était encore à faire sous le rapport géographique.
Il reçut le conseil avec enthousiasme, et de concert avec celui auquel il le devait, il traça un programme, accompagné d'une demande, qui fut envoyée et au ministère des affaires étrangères et à celui de l'instruction publique.
Mais toute mission se compose, on peut le dire, de deux voyages, dont l'un, le voyage préliminaire à travers les rues et les bureaux, n'est pas le moins fatigant , outre qu'il n'offre aucun genre de compensation.
L'attente et l'incertitude en rendent les moments encore plus pénibles.
L'affaire avançait donc fort peu, lorsque Sainte- Groix-Pajot se rendit auprès de M, Letronne, qui Taccueillit on ne peut mieux, revit, corrigea le