LES RÉPONSES DE PARIS
An moment où se passait dans la salle basse la scène à laquelle nous venons de faire assister nos lecteurs, un cavalier qui suivait au plu? rapide galop la route de Paris à Saint-Germain, arrêta devant le Petit- Chastel sa monture ruisselante de sueur et couverte d'écume. ,
Ce cavalier quitta lestement la selle, attacha la bride de son cheval à un anneau de fer scellé dans la muraille, et lit retentir à deux reprises le marteau sonore de la porte d'entrée.
Raoul, après avoir dit à Jeanne : « Devant votre mère et devant Dieu, vous êtes ma fiancée ! » venait pour la première fois d'appu3'er ses lèvres sur le front de la jeune fille.
Elle tressaillit au bruit du marteau, et, toute palpitante, elle alla à la porte qu'elle ouvrit.
Le nouveau venu était Jacques.
— Vit-il encore? — demanda le brave g^arcon avec un sentiment de profonde anxiété.
— Oui, — • répondit Jeanne^ — il vit, et, grâce à Dieu, il est sauvé! Jacques aurait de grand cœur embrassé celle qui lui donnait cette
bonne nouvelle, mais il n'osa point, et d'ailleurs le plus pressé pour lui était de courir auprès de son maître.
Il ne iit qu'un bond du vestibule à Feutrée de la salle basse, et un autre de cette entrée au lit de Raoul.
Le chevalier lui tendit la main.
Jacques couvrit cette main de lannes de joie, en murmurant :
— Je savais bien, moi, que je vous retrouverais vivant...
— Sur mon honneur, — pensa Raoul, — voilà un valet comme il y en a peu!... Il héritait de moi, et il se réjouit de ne point assister à mon enterrement! C'est à faire croire à la vertu des hommes!
Puis il ajouta tout haut :
— Oui, mon garçon, tu me retrouves!
— (irâce au ciel!... — s'écria le valet.
— Sans doute, — poursuivit Raoul en désignant Jeanne, — mais, surtout, grâce à mademoiselle!...
Jacques prit la main de la jeune fille et la couvrit de baisers, comme il avait fait de celle de son maître.
Le chevalier poursuivit en souriant :
Les eaux gonflées de la Seiue venaient d'engloutir mon malheureux postillon. (P. 83.)
I.IV. 11. — .VAVJKJ-. l.K yu.Mr::-!.N - ;,:;a M.sIKHUS du l'ALAIS-rsOVAL — ÉDir. J. HOUt'P. ET c'e. LIV. 11
LES iMYSTÈRES DU PALAIS-ROYAL 83
— Je suis content de toi, mon brave Jacques, et cependant, dans quelques jours, tu ne seras plus à mon service...
Le valet changea de visage.
— Vous me renvoyez?... — demanda-t-il d'un ton douloureux.
— Non, mais je te donne un autre maître...
— Un autre maître?... — répéta Jacques,
— Oui, auquel tu devras obéir comme je lui obéirai moi-même... Le valet faisait des efforts inouïs pour comprendre, mais ne comprenait pas.
— Je parle de M"" Jeanne, — continua Raoul^ — qui sera bientôt ma femme, et à laquelle, tu le vois bien, nous obéirons tous les deux...
— Ah! s'écria Jacques en souriant à son tour, comme cola, à la bonne heure! Vive M""" de la Tremblaye!...
Jeanne, avec ce tact si délicat dont les fenimes sont, pour la plupart, tics amplement pourvues, comprit que Raoul devait désirer avoir avec son valet un entretien confidentiel.
En conséquence, elle quitta discrètement la chambre, laissant Jacques seul avec le chevalier :
— Eh bien! — demanda vivement ce dernier aussitôt que la porte se fut refermée derrière Jeanne, — as-tu accompli ta mission?...
— Oui, monsieur le chevalier.
— Avec succès?...
— Je l'espère.
— Ainsi, tu as obtenu le résultat que j'attendais de tes démarches?...
— Je rapporte les réponses de M^"" le rég'ent et de M. le marquis de Thianges.
— Donne vite...
Le valet tira d'une sorte de ceinture en cuir, qu'il portait autour de SCS reins, deux lettres de moyenne dimension, qu'il remit à son maitre. Raoul les prit et les décacheta successivement. La première contenait ces mots latins : (( Legfi. — Bc?ie. »
Ce billet laconique était signé d'un P et d'un 0. Les deux mots latins voulaient dire : Jai lu. — C'est bieii. Les initiales signifiaient : Philippe d'Orléans.
— Que t'a dit le régent? demanda Raoul,
— Il m'a beaucoup questionné sur votre compte, et s'est fort apitoyée propos de l'accident qui vous est arrivé.
— Tu es parvenu à lui sans peine ?
— Oui. D'après vos ordres, je me suis adressé au valet de chambre
Maxime, et toutes les portes du Palais-Royal se sont ouvertes devant la bague que vous m'avez remise.
Raoul décacheta la seconde lettre.
Celle-ci était plus explicite que la précédente.
« Cher chevalier, disait-elle, j'ai reçu les papiers diaboliques que vous m'avez expédiés, et je suis fort enchanté de leur contenu; seulement je me plains du porteur dont vous avez fait choix, et qui est un drôle de la plus impénétrable discrétion !
« Impossible de tirer un seul mot de lui !
« Je supposais que quelque motif grave vous avait empêché de me venir trouver vous-même, et, curieux de connaître ce motif, j'ai tout mis en usage pour arracher des renseignements à votre mystérieux commissionnaire; mais il eût été plus facile, sans contredit, de tirer des paroles de la bouche d'une statue! J'en ai été pour mes tentatives de corruption.
« Cependant, en quelque lieu que vous soyez, je souhaite que la fortune vous sourie.
« Vous m'obligerez d'une façon toute particulière en me faisant parvenir cent mille écus dont j'ai le plus pressant besoin.
« Je compte entièrement sur vous,
<( En revanche, cher chevalier, rangez-moi, je vous prie, au nombre de vos amis les plus dévoués.
« Marquis de T... »
Raoul déchira ces deux lettres en une infinité de petits morceaux qu'il éparpilla autour de son lit.
LE DÉPART
— Jacques, — dit-il ensuite, — va trouver M"^ Jeanne et demandelui, de ma part, une plume, de l'encre et du papier.
Le valet obéit aussitôt, et revint au bout d'une minute apportant les objets que son maître avait désignés.
— Tu vas écrire sous ma dictée, — reprit le chevalier. Jacques se gratta l'oreille avec embarras.
— C'est que, — dit-il, — j'écris à peu près comme une mouche qui serait tombée dans une écritoire et qui se promènerait ensuite sur le papier...
— Peu importe, — répliqua Raoul. — Pourvu qu'il soit possible de déchiffrer, cela suffit. D'ailleurs, ce que j'ai à te dicter est très court.
Jacques se mit en devoir d'accomplir les ordres de son maître.
— Y es-tu?... — demanda Raoul.
— Oui, — répondit le valet.
Raoul dicta:
<( Faites parvenir dans le plus bref délai, à l'hôtel de la rue Saint- Dominique, une somme de cent mille écus en or.
« La cassette qui contiendra cet or devra entrer dans Paris sous le couvert du Palais-Royal. »
— C'est tout, — dit Raoul.
— Pas de signature? — demanda Jacques.
— Non, c'est inutile... Le régent t'a-t-il rendu la bague que tu lui avais fait passer?
— Oui, la voici.
— Prends dans le coffret d'écaillé un bâton de cire rouge et allume une des bougies qui sont sur la cheminée.
— Voilà qui est fait.
— Maintenant, applique sur cette cire le chaton de la bague au bas de la lettre, à la place de la signature.
Jacques suivit littéralement les indications de Raoul.
— Plie cette lettre, continua ce dernier, et met l'adresse suivante: A M. Georges Wilson, gardien des rid?ies du château de la Baiime, par Saint-Germain-en-Laye.
Raoul examina cette suscription, fit sceller la lettre avec un cachet sans empreinte, et ajouta:
— Comment es-tu venu à Paris ?
— A cheval.
— Où est ton cheval ?
— A la porte, attaché par la bride à un anneau de fer.
— Reprends-le, et cours au galop jusqu'à Saint-Germain, ou tu mettras cette lettre à la poste.
\ — Et ensuite?...
1 — Ensuite tu reviendras ici, j'ai besoin de toi.
Le valet sortit, et Jeanne, qui guettait la fin de l'entretien, rentra dans la salle basse au moment où Jacques la quittait. 1/ — Mon enfant bien-aimée, — lui dit Raoul, — parlons un peu de
'' j. 'avenir... Voulez-vous me permettre de vous soumettre mes projets?...
— Vous savez bien, — répondit Jeanne, — que vos volontés seront les miennes, que vos désirs seront les miens...
— Ce n'osl pas ainsi que je l'entends, — fit le chevalier; — je veux vous consulter en toutes choses, et je souhaite que vos réponses à mes (lomandes soient toujours l'expression véritable de vos pensées...
— J'agirai selon vos désirs, — murmura la jeune lille.
— Eh bien, Jeanne, dites-moi d'abord, tenez- vous à cette maison?...
— J'y ai passé les seuls jours heureux de ma vie, les jours de mon enfance... j'y ai grandi... ma mère y est morte...
— Enfin, vous y tenez, n'est-ce pas?
— Oui.
— Yous me permettez donc, Jeanne, de vous l'offrir comme présent de noce, apr.'S avoir remboursé le créancier auquel elle appartient aujourd'hui?...
— J'accepterai avec bonheur.
— Maintenant, dites-moi, à quand voulez-vous fixer notre maiage?... Jeanne rougit beaucoup, baissa les yeux, et répondit d'une voix à
peine intelligible les mots suivants, que Raoul devina plutôt qu'il les entendit :
— Je désire que ce soit à bientôt...
Le chevalier prit la main de Jeanne et la porta de nouveau à ses lèvres, ce qui augmenta la rougeur et l'embarras de la jeune fille.
— Nous ne pouvons nous marier ici, poursuivit Raoul. Vous esl-il égal, chère enfant, que notre union soit célébrée à Paris?...
— Oui, — répondit Jeanne.
— D'un autre côté, — continua M. de la Tremblaye, — je ne veux point vous laisser seule dans cette maison pendant le temps nécessaire pour accomplir d'indispensables formalités. Consentirez-vous à me suivre ?...
— Oui, — répondit la jeune fille pour la seconde fois.
— Je n'ai pas besoin de vous répéter, que vous êtes sacrée pour moi, et que, jusqu'à ce que Dieu ait béni notre union par la main d'un de ses ministres, je respecterai ma femme comme si elle était ma sœur...
— Raoul, — murmura Jeanne, — je crois en vous comme si vous étiez mon frère...
— Nous partirons donc, — reprit le chevalier, — aussitôt que ma santé me le permettra, et je sens que ce sera bientôt : rien ne guérit comme le bonheur!... D'ici là, ne me quittez guère, car votre présence chérie, c'est la vie qui revient en moi...
L'entretien continua entre les deux jeunes gens; mais à partir de ce moment, ce ne fut qu'une causerie d'amour, douce et chaste, qu'il est inutile de rapporter ici.
Dix jours après les événements qui remplissent les premiers chapitres de ce livre, la convalescence de Raoul touchait à son terme.
LePetit-Chastel était devenu la propriété de Jeanne.
Une chaise de poste, attelée de quatre chevaux, attendait devant la porte et Jacques se pavanait sur le seuil.
Raoul sortit avec sa fiancée, à laquelle il donnait la main pour monter dans le carrosse.
Jacques s'installa sur le siège, le postillon fouetta ses chevaux, et l'équipage du chevalier brûla le pavé du roi.
l'hôtellerie du roi salomon
Tandis que la chaise de poste de Raoul roulait rapidement à travers les campagnes de i3ougival, de Rueil et de Neuilly, Jeanne, plus charmante que jamais sous son costume de grand deuil, abandonnait aux mains de son iiaiicé sa main petite et blanche, et savourait les joies indicibles de ce doux tête à tète.
Raoul attachait sur elle de longs regards caressants, et il y avait entre les deux jeunes gens des instants de silence remplis d'une éloquence expressive.
Le chevalier rompit un de ces silences en disant à sa compagne, qui l'écoutait parler avec une adoration muette :
— Dites-moi, je vous prie, ma chère reine, étes-vous superstitieuse ? Notons enpassant, que Raoul appelait assez souvent Jeanne ma reine,
à cause de la prodigieuse ressemblance de la jeune fille avec la reine de Saba.
— Je ne le pense pas, — répondit Jeanne à la question de son fiancé. — Cependant, mon ami, expliquez- vous plus clairement, et je vous répondrai d'une façon plus positive.
— Voici ma pensée tout entière, — reprit Raoul. — Ajoutez-vous foi aux présages? Croyez-vous aux pressentiments?
— Non, — dit Jeanne.
— Yous avez tort, — murmura le chevalier.
— Vous y croyez donc, vous, mon ami?...
— Sans doute, et fermement, mais ma croyance diffère d'une façon absolue de celle du vulgaire.
— En quoi?
—r En cela que ma joie et ma confiance viennent de ce qui désole et épouvante les faibles...
— Je ne vous comprends pas.
— Je vais m'èxpliquer mieux. Ma conviction est que presque invariablement dans ce monde le bien succède au mal et le bonheur est le fils du désespoir. Je souris donc aux funestes présages, et plus le passé est sombre, plus j'ai foi dans l'avenir.
— Cette persuasion est étrange! — interrompit la jeune fille.
— Elle se base sur l'expérience, — continua Raoul, — et, qui plus est, sur mon expérience personnelle. Voulez-vous que je vous prouve par ce qui nous est arrivé à nous-mêmes, ô ma reine bien-aiméel jusqu'à quel point ma croyance est bien fondée ?...
— Oui, — répondit Jeanne, — prouvez si vous voulez... ou plutôt, si vous pouvez... — ajouta-t-elle avec un sourire.
— Ecoutez-moi donc.
— • Ai-je besoin de vous affirmer que mon attention est profonde ?
— Vous vous souvenez de la manière dont je suis arrivé chez vous?
— Certes !
— La nuit était sombre... l'ouragan mugissait... Les eaux gonflées de la Seine venaient d'engloutir mon malheureux postillon au moment où on me retira presque mourant de ma voiture brisée.
— Par malheur, tout cela est vrai !
— Ou je me trompe étrangement, ou c'étaient là de tristes augures ! . . . Notre amour allait naître sous les auspices de la mort et de la destruction.
— Raoul, vous m'épouvantez !... s'écria Jeanne dont le cœur commençait à grossir.
— Je veux vous rassurer, au contraire, — répondit le chevalier. Et il continua :
— C'est sous l'empire d'un délire fiévreux que j'ai vu pour la première fois votre image... La mort planait au-dessus de ma tête au moment où vos traits si doux sont entrés dans mon cœur pour s'y gravera jamais! La mort était sous votre toit quand le secret de mon amour s'est échappé de mes lèvres, le De Profundis retentissait encore autour du cercueil de votre mère quand je vous ai dit que je vous aimais...
— Raoul!!.. Raoul !...j'ai peur!... — répéta de nouveau la jeune lille ; — oh! pourquoi me rappelez- vous tout cela?
— Pour que vous en arriviez, ma bieri-aimée, à croire, ainsi que je le crois moi-même, que l'astre radieux de notre bonheur brillera d'un éclat d'autant plus vif qu'il s'est levé plus paie, au milieu de funèbres vapeurs!..
La rigure de ce vieillard était sournoise et astucieuse. (P. 92.)
— Je Fespcrc comme vous, mon ami, mais vos paroles me font mal !...
— Pourquoi donc?
— Je me trouvais heureuse de savoir que vous m'aimiez et de sentir que je vous aimais... Je n'avais jamais songea ce berceau fatal dans lequel, ainsi que vous me le disiez tout à l'heure, a grandi notre amour, et j'aurais voulu n'y songer jamais!...
UV. 12. — XAVIER DE MONTÉPIN. — LES MYSTÈRES DU PALAIS-ROYAL. — ED. J. ROUFF ET C'^. LIV. 12.
— Eiiiautl — reprit Raoul d'un Ion de compassion indulgente et afîeclueuse. — Allons, plus décourage!... Mettez votre âme au niveau de la mienne, et partagez une croyance qui ne m'a Jamais trompé !...
— Je tâcherai... — murmura la jeune fille.
Mais les sophismes de Raoul a^-aient mis autour d'elle comme un manteau de glace. Son cœur était serré, une angoisse indéfinissable lui faisait voir l'avenir à travers un crêpe sombre.
Le reste du voyage se ressentit de cette impression que Jeanne cherchait vainement àcombatlre.
Enfin, le carrosse s'arrêta.
On touchait à la barrière de Paris.
Jacques descendit de son siège, et vint à la portière.
— Où va monsieur le chevalier? — demanda-t-il.
— iîue du Gherche-Midi, à l'hôtellerie du Mo? Salomon, — répondit Raoi]l.
Pais, quand la voiture se fut remise en mai'che, il ajouta avec un sourire
— ?•< "est-ce point là un rapprochement bizarre, ma chère Jeanne? Le premier toit sons lequel la reine Balkis va se reposer à Paris est rhôtellerie du roi Salomon!...
— En eîTet, dit la jeune femme.
— Bites-moi, — continua Raoul, — êtes-vous bien sûre que le principal personnage de la tapisserie de la salle basse n'ait pas été jadis le portrait d'une de vos ancêtres?,.. Ceci pourrait expliquer en quelque sorte votre prodigieuse ressemblance avec ce personnage...
— Je suis sûre du contraire, — répliqua Jeanne ; — car la tapisserie, ainsi que tout le mobilier du Petit-Ghastel, vient de l'héritage paternel et mes trajts reproduise-^ ceux de ma pauvre mère...
— x\lors, — reprit M. de la Tremblaye, — le hasard a tout fait, mais le hasard est un grand maître, et je ne m'étonne que d'une chose, c'est de l'immense talent de l'artiste inconnu qui avait su dcAdner un visage aussi céleste que le vôtre !...
Jeanne sourit à ce compliment, mais ne répondit pas.
Nous savons déjà que, malgré elle, elle était triste et soucieuse.
Le carrosse s'arrêta de nouveau.
On était arrivé rue du Cherche-Midi, et devant l'hôtellerie désignée par Raoul.
Cette hôtellerie, vieille maison de pou d'apparence, avait conservé le pignon sur rue dont s'enorgueillissaient les demeures bourgeoises d'iuilrcfois.
Son étroite façade était noircie et gercée par le temps, comme le visage d'une centenaire.
Au-dessus de la porte d'entrée, une gigantesque enseigne en tôle était attachée à un lourd madrier par des crampons de fer.
Cette enseigne se balançait au moindre vent avec un grand cliquetis de ferrailles.
Le pinceau naïf d'un artiste, dont le nom ne s'est pas conservé, avait tracé sur la plaque de tôle l'image d'un homme de haute taille, vêtu d'une longue robe blanche lamée d'or.
Cet homme, coiffé d'une sorte de turban, tenait un sceptre de la main droite, et semblait commander à une légion d'ouvriers microscopiques qui construisaient, sous ses ordres, un monument de forme étrange.
L'inscription suivante, .tracée en belles lettres mi-partie or et rouge, expliquait la pensée du peintre :