‹ Les mystères du Palais-RoyalChapitre 118 sur 183 · TÔ · texte numérisé non relu

TÔ

Ce dernier l'eutr'ouvrit avec le plus profond respect et lut tout haut d'uuu vois, éii.ue

et entrecoupée. (P. 773.)

■ — iMon.

— Eh bien! cela se verra, voilà tout.

— Bah ! vous ignorez le chiffre, et vous ne payerez que quand cela me conviendra.

— J'ai des ordres formels, et, sous peine de déplaire à madame la comtesse, il faut que je vous paye.

MV. 97. — XAViFriiiiK y.i.yjivis. - i.rs MvsT;:nF,s du PALMs-noYAL. — kd. j. rotjfp et c'". i.rv. 91

770 LES MYSTERES DU PALAlS-iiÛVAL

— Écoutez, mon excellent ami...

— J'écoule.

— Vous savez qu'oufro les étoffes pour livrées, robes de bal, de ville et de cour, étoffes pour ameublement, etc., j'ai pris l'engagement de fournir à vos nobles maîtresses lingerie et dentelles.

— Oui, eh bien?

— Eh bien! ne nous embrouillons point dans nos compter... quand j'aurai achevé toutes ces fournitures, je vous présenterai une facture générale, et je ne refuserai pas d'en toucher le montant...

— Durand... Durand... vous abusez de la sympathie que vous m'inspirez!... vous allez me mettre en mauvaise situation vis-à-vis de la comtesse ! . . .

— Elle ignorera si je suis soldé.

— Si elle m'interroge ?...

— Eh ! mon Dieu! vous répondrez, ce qui est vrai, que vous n'avez pas encore pu me faire donner ma facture...

— Vous le voulez absolument ?

— Je vous en prie !

— Allons, soit !... je cède, mais je suis trop faible...

Durand se confondit en remerciements, et l'intendant regagna le second «tage.

Cependant Durand, après son entretien avec M™" de Sainte- Anille, n'avait pu prendre assez sur lui pour imposer silence à sa joie et à son orgueil.

Pris par son faible, chatouillé aux endroits les plus sensibles de sa vanité, enivré déjà du retentissement futur de sa p:loirc prochaine, il s'était hâté de répandre le plus tôt possible la nouvelle des honneurs qui allaient fondre sur lui.

Avant que vingt-quatre heures se fussent écoulées, cela était le bruit, la nouvelle, la rumeur du quartier.

On venait complimenter Durand ; quelques-uns, pour prendre date, commencèrent à lui demander sa protection.

— Soyons bon prince !... — se disait-il en faisant la roue...

Et il accueillit avec une condescendance pleine de dignité les flatteurs et les quémandeurs.

Cependant la famille entière était dans un ravissement facile à comprendre.

Le beau-père, ce docteur en chirurgie, inventeur d'un onguent et d'un élixir, et entre les mains duquel plus de dix mille personnes avaient

passé, selon l'expression de Durand, voyait déjà sur sa poitrine le cordon noir de l'ordre de Saint-Michel, et, dans sa morgue, il disait :

— Eh parbleu ! je Tai bien mérité !...

— Mon cher Durand, — disait Ag-amemnon Rivât, — prenez, s'il vous plaît, une feuille de parchemin, ou tout au moins de votre plus grand papier ministre...

— Pourquoi faire?

— Pour écrire...

— Quoi donc?

— Vos nom, prénoms, âge, qualités, titres, etc., le tout de votre plus belle écriture...

— Mais dans quel but?

— Comment ! vous ne devinez pas ?

■ — Ma foi non I

— Il s'agit de l'échevinage...

— Ah! bahl...

— Eh ! sans doute ; et la note en question va être jointe, comme document à consulter, à la demande que rédige en ce moment madame la comtesse, et que je dois porter ce soir à M^'"" le cardinal Dubois.

Il n'en fallait pas si long pour faire hâter M. Durand.

Il prit une feuille de parchemin, saisit une plume, et écrivit les indications de rigueur avec une perfection de calligraphie à désespérer M. Joseph Prudhomme, élève de Brard et de Saint-Omer, si M. Joseph Prudhomme avait existé dans ce temps-là.

Page 1