LA VOISIN
Philippe d'Orléans racontait bien,ille savait, et il aimait h raconter.
Il entama donc sans plus de retard un récit que nous ne reproduirons pas après lui, car nos lecteurs le connaissent déjà. Ils l'ont entendu faire par le marquis deThianges à Raoul, dans l'un des chapitres de la première partie de notre roman.
Nous les renvoyons donc au chapitre intitulé Le Diable, qui, s'ils veulent bien prendre la peine de le relire, mettra sous leurs yeux les moindres circonstances de l'infernale évocation accomplie par Antonia Verdi, au Palais-Royal, avec l'assistance d'un crapaud magique, préalablement muni de tous les sacrements de rËgiise.
990 LKS MYSTÈRES DU l'ALAIS-RO V AL
Le Régent, quanti il eut achevé, se tourna vers Raoul et lui demanda :
— Eh bien, chevalier, que pensez-vous de ceci?..,
— Votre Altesse royale me permet-elle d'exprimer ma pensée nettement, franchement, sans ambages et sans réticences?
— Non seulement je vous le permets, mais je vous l'ordonne.
— J'obéirai donc, monseigneur, et je répondrai qu'Antonia Verdi, agissant évidemment selon la pratique usitée par les Cophtes, et qui se trouve relatée d'une façon claire et précise dans le livre amorrhésn, a fait la chose du monde la moins surprenante en évoquant sans trop de difficulté un démon de quatrième ou cinquième classe.
— Ah! cela vous paraît simple, chevalier ?
— Oui, monseigneur.
— Et vous en feriez .autant?
— Quand Votre Altesse royale daignera m'en donner Tordre, j'en ferai beaucoup plus.
— En vérité !...
— Oui, monseigneur.
— Et ce plus, pourquoi ne l'avez-vous pas fait encore?...
— • Parce que Votre Altesse royale ne m'a pas, jusqu'à présent, fait l'honneur de me le demander...
— Mais vous me savez fort curieux de ces sortes de choses, et vous auriez pu, ce me semble, mettre à ma disposition les trésors de cette science sans rivale dont vous vous prétendez le dépositaire.
— Que Votre Altesse royale daigne me. pardonner, mais les évocations dont je parle portent en elles quelque chose de si effrayant, de si terrible, si dangereux même, que jamais je n'aurais pris sur moi d'en parler à Votre Altesse sans un ordre précis de sa part.
Si incrédules que fussent la plupart des hommes qui se trouvaient là, il fut facile de distinguer sur leur visage un petit frémissement d'inquiétude.
Quant aux femmes, avons-nous besoin de le dire? elles pâlirent toutes sous leur rouge.
— Ah çà! mais, — demanda le Régent, — quelles sont donc ces évocations terribles et ces apparitions plus effrayantes, plus dangereuses que celles du démon lui-même?
— Monseigneur, — répondit Raoul, — je puis arracher les morts aux tombes illustres ou inconnues qui, depuis des siècles, gardent leurs ossements blanchis!... je puis évoquer les empereurs romains, les courtisanes de la Grèce, les capitaines d'Athènes et de Lacédémone!... A ma voix, Sésoslris, le grand Salomon, Judas Iscariote ou Jules César obéiront!... A ma voix, les rois de France soulèveront les dalles
LES MYSTÈRES DU PALAIS-ROVAL 99t
consacrées de Saint-Denis, et quel que soit le personnage que vous m'aurez désigné, fùt-il mort depuis cinquante ans seulement, fùt-il mort depuis six mille ans, celui-là, courtisane ou sag'e de la Grèce, empereur romain ou roi de France, celui-là revêtira pour une heure sa chair et son visage d'autrefois, et viendra, si vous le voulez, s'asseoir à votre table.
Pendant quelques secondes, le Régent resta pensif et comme absorbé dans une profonde rêverie.
— C'est étrange et terrible en effet, — murmura-t-il. Puis, après un nouveau silence, il ajouta :
— Et tout ce que vous venez de dire, chevalier, vous pouvez le faire?
— Oui, monseigneur, car tout ce que je viens de dire, je l'ai déjà fait.
— Pour qui?
— Pour moi seul, monseigneur.
— Dans quel but?
— J'avais à interroger une tombe fermée depuis longtemps déjà... j'avais à demander à un mort une révélation. .
— Et la tombe a répondu?
— Oui, monseig'ueur.
— Et le mort est venu?...
— Oui, monseig-neur.
— Et la révélation s'est faite?
— Oui, monseigneur.
— Et par quels moyens avez-vous obtenu tout cela?
— Ceci, monseig-neur, est un secret que je ne puis pas révéler, même à vous... je n'en ai pas le droit...
— Du moins pouvez-vous m'apprendre quels sont ces périls dont vous me parliez tout à l'heure et qui menacent les témoins de vos évocations?
— Parfaitement, monseig-neur... Ces témoins, quels qu'ils soient, si. pendant toute la durée de l'évocation et de l'apparition, ils tentent de sortir du cercle magique dans lequel je les aurai d'abord enfermés, mourront de mort subite à l'instant même et tomberont comme foudroyés...
— Le danger étant prévu devient nul...
— Pas toujours, monseigneur.
— Comment l'entendez-vous?
— La terreur s'empare quelquefois des âmes les mieux trempées, jusqu'au point de leur faire tout oublier... L'épouvante domine la raison,
on ne se souvient plus... on veut fuir, et, je|le répète, hors du cercle magique, c'est la mort...
— Existe-t-il donc des exemples de ces morts foudroyantes dans de semblables circonstances?
— Il en existe, monseigneur.
— Vous en connaissez?
— Oui, monseigneur.
— Pouvez-vous nous raconter un fait de ce genre?... J'en entendraile récit avec intérêt...
— Rien n'est plus facile... Mais je dois prévenir Votre Altesse royale que je me verrai dans la nécessité de citer de très grands noms, et de ïes citer d'une manière compromettante pour l'honneur des familles...
— Qu'importe?... je vous donne carte blanche...
— Je commence donc, monseigneur...
« C'était sous le règne du glorieux monarque qui, de son vivant, s'appelait Louis XIV, et que la postérité appelle déjà Louis le Grand...
« La Voisin n'avait pas encore été jugée et mise à mort, et elle jouissait de tout le sinistre éclat de sa double renommée de magicienne et d'empoisonneuse.
« Je ne sais si ses poisons étaient au niveau de la réputation qu'on • leur faisait, mais il m'est impossible de douter que, par un acte en bonne et due forme, passé entre elle et messire Satan en personne (acte dont j'ai eu l'original entre les mains), elle avait abandonné la toute pro priété de son âme immortelle à l'esprit des ténèbres en échange d'un pouvoir cabalistique de première classe, pouvoir qui devait durer autant que sa vie.
« Or, monseigneur, l'abbé d'Auvergne, cardinal à vingt-sept ans, grand aumônier de France presque aussitôt après, était à peine revêtu de cette charge éminente que le plus étrange dessein traversa son esprit et s'y arrêta.
« Un beau matin, la Voisin fut prévenue, par un nègre qui faisait partie de son domestique, qu'un homme du peuple insistait pour lui parler sur-le-champ, et cela, d'un ton et avec un air d^'autorité qui faisaient croire à quelque déguisement.
« La Voisin donna l'ordre d'introduire le visiteur, et elle se trouva en présence d'un jeune homme de belle taille et de tournure élégante, malgré le costume qu'il portait et qui était celui des Savoyards exerçant à Paris la profession de gagne denier.
<( Ce jeune homme avait enduit son visage et ses mains d'une couche de bistre qui devait le rendre méconnaissable...
Que voulez-vous de moi, brave homme? (P. 993.)
« La Voisin, que sa grande habitude ne pouvait tromper, comprit à l'instant même qu'elle avait devant elle non point un homme du peuple, mais un gentilhomme déguisé...
« Elle feignit cependant d'être dupe de l'apparence, et elle dit à son visiteur :
(( — Que voulez-vous de moi, bravo homme?
LIV. 125. — XAVIEU DEMONlÉriN. — LES MYSTKllKS DL l'ALAIS-ltOYAL. — ÉD. J. ROCFF ET C''-\ LIV. 123
„ — On affirme, — répondit linconnu en essayant d'imiter l'accent de la Savoie, ce ù quoi il réussissait fort mal, — on affirme que vous jouissez d'un pouvoir surnaturel...
« — Que vous importe?
K — Il m'importe beaucoup...
« — PréLendez-vous mettre à contribution ce pouvoir dont vous parlez?...
(( — Telle est en effet mon intention.
« — Eh bien, ce pouvoir existe; mais ce n'est pas pour vous qu'il se manifestera...
" — Pourquoi?
u — Parce que vous semblez pauvre, et que je ne vends qu'aux riches ma science et mes secrets...
« — H est vrai que je suis pauvre... mais cependant je peux vous payer, — répondit l'inconnu en tirant de sa poche une bourse qui paraissait bien lourde et en la montrant à la Voisin.
« __ C'est bien, — fit cette dernière, — si vous avez de l'or à me donner, je ne vous demanderai pas d'où vient cet or... Maintenant, parlez, que voulez-vous?
K — Je veux d'abord une preuve que votre science est réelle.
w — Et cette preuve?
a — Dites-moi qui je suis, et je la trouverai suffisante...
« — Votre main...
♦c — - La voici...
*< — La magicienne prit la main que lui tendait l'inconnu et elle en examina longuement les moindres lignes.
« Pendant cet examen, elle évoquait mentalement l'un des démons, familiers mis à ses ordres par Belzébuth.
« Le démon vint. Elle l'interrog-ea. Il répondit. .
« La Voisin laissa retomber la main qu'elle tenait dans les siennes
« — Eh bien? — demanda le visiteur.
(( — Eh bien, — ré'pondit la Voisin, — ■ monseig-neur Emmanuel- Théodose de la Tour, prince de Bouillon, cardinal d'Auvergne, g-rand aumônier de France... commandez, à votre servante, et votre servante obéira!...
LES MYSTERES DU PAEAIS-UOYAL 995
LE GRAND AUMOMEU DE FUANCE
« Le grand aumônier tressaillit, il recula d'un pas et pâlit légèrement. Les choses surnaturelles élonhenL et émeuvent toujours, même quand on est venu les chercher.
« — Monseigneur, — lui demanda la Voisin avec un peu d'ironie, — est-ce que je vous épouvante?...
« — Non, — répondit-il, — et je vois que vous êtes bien celle qii"il me faut pour la grande entreprise que je veux tenter.
« — Dans ce cas, et puisque maintenant vous avez confiance, expliquez-moi ce qui vous amène...
" — ■ Ne pouvez-vous le deviner?
u — Je le pourrais sans doute, mais il me faudrait appeler et questioiuier mes esprits familiers, et ce serait long... Si vous n'avez pas de temps à perdre, monseigneur;, dites-moi vous-même ce que vous voulez que je sache...
« — Vous n'ignorez pas, sans doute, que je suis le neveu de M. de Turenne?
« — Comment l'ignorerais-je? La France tout entière le sait.
« — Comme toute la France aussi, vous savez que' ce héros est mort, sur le champ de bataille, d'une façon soudaine et à jamais regrettable.
« — Au grand chagrin du roi et à la grande joie des ennemis.
« — En supposant que le maréchal, mon oncle, eût été le seul dépositaire d'un secret d'une immense importance, cette mort imprévue l'aurait empêché de conher ce secret à personne puisque, à partir du moment oii il a été frappé jusqu'à celui où son dernier souffle s'est exhalé, il lui a été impossible de prononcer une seule parole...
« — La Voisin inclina la têle d'une façon aflirmative.
(' — Eh bien, — poursuivit, lo neveu de Turenne, — ce secret existe, j'en ai, sinon la certitude, du moins la conviction...
u — Et co secret?...
« — Le voici : le maréchal de Turenne n'a laissé à ses héritiers qu'une fortune qui n'était en rapport ni avec son grand nom, ni avec ses hautes dignités... Or, pour moi, il n'est pas douteux que cette fortune ostensible ne constituait que la moindre partie de son avoir et qu'il devait posséder des sommes énormes et des amas de pierreries provenant de ses campagnes et des innombrables présents qu'on n'aura pas manqué de lui faire mystérieusement tenir...
« — Cependant, ce désintéressement si noble dont M. de Turenne a donné tant de preuves... — hasarda la Voisin.
« — Je n'y crois pas. Il n'y a pas d'homme véritablement désintéressé sous le soleil... et d'ailleurs, si le désintéressement existait, il serait une duperie...
« — Et vous ne voulez pas être dupe, monseigneur?... « — Non, certes !
« — Enfin, monseigneur, en admettant l'existence de ces sommes énormes et de ces amas de pierreries, oti voulez-vous en venir?... « — Ne me conprenez- vous point?
« — Pas encore...
« La Voisin mentait. Depuis longtemps déjà elle avait deviné la honteuse cupidité de l'indigne neveu du héros!...
<( Depuis longtemps elle avait compris que le grand aumônier acceptait comme toute naturelle une idée qui n'allait à rien moins qu'à déshonorer la mémoire si pure et si glorieuse du maréchal.
« Mais, ainsi qu'elle le lui avait dit un instant auparavant, elle voulait entendre le prince de Bouillon s'expliquer lui-même. « Ce dernier reprit :
« — Oui, certes I — dit-il, — le trésor existe, et il doit être si bien caché, que nul, parmi les amis et les serviteurs de Turenne, n'en a jamais soupçonné l'existence... Moi seul, plus habile et mieux inspiré qu'eux tous, j'ai deviné la vérité, et je me suis dit : « Puisque mon oncle a quitté « le monde sans révéler son secret, c'est à lui-même, c'est au vainqueur « du grand Condé que je demanderai oii dorment ses richesses ? »
(( — Ah! ah!... fit la Voisin, — vous voulez cela, monseigneur? « — Oui.
« — Parler aux morts, c'est facile ; mais les morts dorment d'un lourd sommeil, et ils ne peuvent ni vous entendre ni vous répondre... . « — Sans doute ; aussi vous voyez que je suis venu vous trouver... « — Moi?... Eh! que puis-je faire?
« — On m'a dit que vous aviez le pouvoir d'interrompre le sommeil des morts, et de les arracher à leur linceul, et de les forcer à entendre
LES MYSTÈRES DU P\LAIS-ROYâL 997
votre voix et de les contraindre à vous répondre... En me disant cela, m'at-on menti?
« — On vous a dit vrai, monseigneur.
« — Eh bien, évoquez Turenne, et forcez son ombre à vous écouter "et à me parler...
« — Je ne ferai pas cela.
« — Vous ne le ferez pas?
« — Non, monseigneur.
« — Pourquoi?
« — Parce que le grand Turenne n'est pas un mort comme un autre !... parce qu'il a conquis le droit de dormir en repos dans son suaire ensanglanté!... parce que la gloire veille sur sa tombe et m'en défend l'approche !... parce que, enfin et pourtout vous dire, enl'évoquant, j'aurais peur!...
« — Peur!... vous!... vous, la Voisin!... — s'écria le grand aumônier...
« — Moi-même, monseigneur.
« — Femme, vous mentez!...
« — Libre à vous d'en être convaincu, monseigneur...
« — Oui, vous mentez!... ou bien votre science prétendue n'est qu'imposture!... votre art magique n'est que jonglerie!... votre métier est de faire des dupes, et aujourd'hui que vous êtes en face d'un homme que vous n'oseriez pas tromper et qui verrait clair dans vos diaboliques mystifications, vous reculez honteusement et vous cherchez à colorer votre impuissance par d'absurdes défaites!...
(( — Soit, monseigneur... croyez cela si bon vous semble. Certes, je ne me permettrai pas de vous contredire... — répliqua la Voisin du ton le plus calme et avec les intonations les plus respectueuses.
<( Le prince de Bouillon fit quelques pas pour se retirer. Mais son idée fix^ le dominait et le sollicitait avec une incroyable persistance. Il songea qu'il était le neveu du grand capitaine, et qu'un grand capitaine nedoitjamais regarder une bataille comme absolument perdue, tant qu'il existe quelque ressource.
Au lieu de quitter la pièce dans laquelle il se trouvait, il revint donc sur ses pas.
« — Voyons, — dit-il, — femme, écoutez-moi...
« — Je vous écouterai, monseigneur, tant qu'il vous conviendra de m'adresser la parole ...
« — Le motif que vous m'avez donné tout à l'heure pour vous refuser à l'évocation que j'attendais de vous, est-il bien le véritable?
(( — Oui, monseigneur, et si je connaissais quelque serment qui
pût vous convaincre, je ferais ce serment sans hésiter...
« • — Vous aimez l'or, n'est-ce pas?
« — Oui, monseigneur... c'est môme la seule chose que j'aime en ce monde...
(c — Eh bien, s'il faut beaucoup d'or pour vous décider à ce que je vous demande, vous en aurez beaucoup...
(( — Il en faudrait trop, monseig'neur... vous reculeriez vous-même devant le chiiïre que je poserais...
(( — Qui sait?
« — Aucun sacrifice ne vous semblerait donc onéreux pour vous satisfaire?...
« — Aucun.
(( — Et si je cédais à vos désirs, si j'évoquais cet illustre mort, si je le faisais apparaître sous vos yeux, et si cependant les résultats de cette évocation étaient nuls?...
(( — Que voulez- vous dire?
,( Je veux dire que les prétendus trésors amassés par votre oncle
peuvent n'exister que dans votre imagination, monseig'neur.. .
« — Oh I ie ne crains pas cela!...
« — Mais, enfin^ je suppose que cela arrive... Avec l'espoir des immenses richesses que vous convoitez, vos belles promesses s'évanouiraient sans doute...
« Gardez- vous de le croire!... Dans tous les cas, quoi qu'il put
arriver, ma reconnaissance vous serait acquise et vous seriez largement et royalement récompensée.
« — Pi'écisezvos offres, monseigneur... nous verrons ensuite si nous pouvons nous entendre...
« — N'aimez-vous pas mieux vous en rapporter à ma générosil^?
(( — En aucune façon, monseigneur, puisque d'avance je vous ai prévenu que vraisemblablement vous reculerez devant mes exigences, d'ailleurs, je vous le répète, si énorme que puisse être la récompense, je préfère, et de beaucoup, m'abstenir...
« . Écoutez : je vous offre trente mille livres si vous évoquezdevant
moi M. de ïurenne, quand bien même son fantôme, interrogé soit par vous ou par moi, refuserait de répondre, ou nous apprendrait que le trésor n'existe pas...
« — Allez toujours, monseigneur.
(( Si, au contraire, le fantôme indique la cachette oii gisent l'or,
LES MYSTÈRKS DU PAL\IS-ROVAL 999
les bijoux, la vaisclle plate et les pierreries entassées par le maréchal, vous aurez cent mille livres... Acceptez-vous?
« — Non, monseigneur.
« — Pourquoi?
« — Parce que le chiffre de vos offres est insuffisant.
» — Alors, fixez vous-même le vôtre?
« — Je veux cinquante mille livres dans le premier cas... j'en veux deux cent mille dans le second.
« — Mais...
« — Oh! ne discutez pas, monseigneur... Acceptez ou refusez, et si mon profond désir peut influencer votre détermination, je souhaite de toute mon âme que vous refusiez...
« — J'accepte...
« — Nous nous comprenons bien, n'est-ce pas? Cinquante mille ou deux cent mille livres?
« — Oui.
« — Je ne vous demande aucun engagement écrit, monseigneur, votre parole me suffit, et vous pouvez compter sur moi...