‹ Les mystères du Palais-RoyalChapitre 161 sur 183 · UN FUTUR PREMIER MINISTRE · texte numérisé non relu

UN FUTUR PREMIER MINISTRE

Ce nouveau venu était un homme de trente à trente-deux ans, de haute taille, d'apparence vigoureuse et de mine insolente.

Il portait d'un air triomphant une livrée neuve fort éclatante et fort chamarrée : veste verte, galonnée d'argent, culotte rouge, habit écarlate,

galonné d'argent sur toutes les coutures.

Un petit chapeau lampion, galonné à outrance, se posait d'une façon très crâne sur ses cheveux poudrés et roulés en boudins.

Son mollet nerveux ressortait à merveille sous un bas blanc bien tiré. Ses larges pieds s'étalaient dans des souliers carrés pourvus d'énormes boucles d'argent.

La figure large et colorée de ce quidam ne manquait pas d'une sorte de régularité, mais elle offrait une expression tout à la fois arrogante et basse, qui déplaisait au premier abord.

C'était bien un visage de laquais !

Son entrée dans un cabaret dont nous connaissons la population habituelle devait faire et fit en effet sensation, et même un peu plus qu'il ne l'aurait désiré.

— Que vient faire ici ce perroquet? — demanda la voix d'un plaisant qui faisait spirituellement allusion au costume vert et rouge du nouveau venu.

— Dis plutôt cette écrevisse !... — répondit une autre voix.

— Le drôle a sur son habit coquelicot, — s'écria un troisième, — plus d'argent en galons qu'il n'en faudrait pour nous abreuver pendant trois jours !...

— A la porte le perroquet!...

— A la porte l'écrevisse!...

— Oui... oui... qu'il s'en aille!...

— Mais qu'il laisse ici son habit rouge, dont nous nous chargeons de boire les galons!.,.

Ces dernières paroles étaient à peine prononcées qu'une demidouzaine de figures patibulaires entouraient le malheureux valet, qui, perdant tout son aplomb et ne songeant pas le moins du monde à employer sa force physique pour se débarrasser des importuns, répétait piteusement :

— Mes amis... mes bons amis... laissez-moi donc vous expliquer queje suis des vôtres... et que vous retrouvez en moi un vieux compagnon d'aventures...

— Nous n'avons pas d'amis parmi les laquais!... répondirent des voix rauques et menaçantes.

— JNous n'avons pas de compagnons sous la livrée !...

— Nous buvons les galons, mais nous n'en portons pas !...

— Mais, encore une fois, laissez-moi vous dire...

— Rien!...

— Allons, drôle, ôte ton habit, et vite! et file!...

Le laquais ainsi malmené allait se voir contraint d'obéir, quand tout à coup il poussa une exclamation de joie.

Tout en promenant autour de lui ses yeux effarés, il venait d'apercevoir une figure de connaissance, précisément celle qu'il était venu chercher au cabaret de Mars et Vénus.

— Eh! Mathias Auber!... — cria-t-il, — viens à mon aide et tiremoi de là!...

Mathias Auber, absorbé sans doute dans une série de réflexions philosophiques d'une haute portée, n'avait prêté jusqu'alors aucune attention à la scène qui se passait auprès dt lui. En s'entendant nommer, il releva la tête et il regarda celui qui l'interpellait.

— Ah! ah ! — fit-il ensuite du ton le plus calme, — c'est toi, Jean Carré...

— Eh! tu le vois bien que c'est moi! — répliqua le laquais d'Anlonia Yerdi; — encore une fois, tire-moi de là!...

— Allons, vous autres, — dit Mathias Auber en s'adressant aux figures patibulaires qui faisaient le cercle autour du valet; — bas les pattes et taisez vos becs!... Ce gentilhomme est de mes amis!...

Le cercle se rompit aussitôt, non sans murmures, et une voix hargneuse demanda :

— Puisqu'il est des amis du Lynx, cet oiseau-là, pourquoi ne l'at-il pas dit plus tôt?

— Avec ça que vous m'en avez laissé le temps, mes jolis enfants! — répliqua Jean Carré dont toute l'assurance était revenue. — Une autre

Toi que lu me vois, je ne serai pas étonaé de me trouvor, nii jour ou l'aulre, premier minislrc du royaume de France, il^. lUol.)

fois, je vous le dirai ;mais, on atlendant, souvenez -vous du proverbe : Jeux de mains, jeux do vilains !...

Ceci dit, le valet profita de la liberté qui lui était enfin rendue pour aller s'asseoir en face de Mathias Auber, avec lequel il échangea une poignée -de main et qui lui demanda :

— Par quel hasard ici, Jean Can-é?...

LIV. 132. - X.WIKn DE .VONTÉPIN. - LES MYSTÈHES Df P.\I,.MS-ROYAI.. - ÉD. J. ROLTF ET O». I.IV. I :f2

lOSO LES MYSTÈRES DU PALAIS-ROYAL

— Ce n'est pas le hasard qui m'amène.

— Qu'est-ce donc?

— Je viens chercher quelqu'un.

— Au cabaret de Mars et Vénus ?

— Oui.

— Et peut-on te demander quel est ce quelqu'un?

— Parfaitement.

— Alors, je te le demande.

— Et je réponds, Malhias Auber, que ce quelqu'un, c'est toi.

— Ah! ah!

— Ça t'étonne?

— Non.

Viens-tu de ton chef?...

— Oui.

— Et pour ton compte?

— Non...

— Tu es toujours au service d'Antonia Verdi?

— Oui.

— Alors, c'est que ta maîtresse a besoin de moi.

— Elle a besoin, du moins, d'un homme qui comme toi ait les yeux du lynx et la finesse du renard...

— Et tu as pensé à moi?

— Comme tu dis.

— Merci!... Enfin il s'agit d'une affaire?

— Et d'une affaira comme tu les aimes...

— Point de risques, alors, et des bénéfices?

— Juste!...

— Il y a de l'argent à g-agnor?

— Il y en a.

— L'affaire m'ira, je le vois d'avance.

— Eh bien, causons...

— Oui; mais d'abord...

— Quoi?

— Demande du tabac et de l'eau-de-vio... si toutefois tu as dans les poches de l'argent pour payer cette eau-de-vie et ce tabac?

Jean Carré frappa sur son gousset.

— De l'argent! — dit-il, — il y en a là-dedans! et de l'or aussi.

mon vieux

— Oh! oh! il paraît que la maison d'Antonia Verdi est bonne.

LES MYSTÈRES DU PAL \IS-ROY AL lOol

— Ah! je le crois bien, qu'elle est bonne!... c'est une maison où on voit le diable, mais où on ne le tire jamais par la queue!

Et Jean Carré, dans un transport d'enthousiasme bien senti pour l'esprit dont il venait de faire preuve, se mit à rire bruyamment et à gorge déployée.

Mathias Auber fit lâchement chorus avec lui. Que voulez-vous?... dans quelque poche qu'il soit placé, l'or a toujours des courtisans!...

. Le laquais d'Antonia fit venir en abondance du tabac et de l'eaude-vie, puis il reprit :

— Tu sais ce qui se passe ?

— Où? — demanda Mathias Auber.

— Chez nous et au Palais-Royal.

— Je n'en sais pas un mot, au contraire".

— Alors, mon vieux, je t'apprendrai que nous sommes en grandissime faveur... et que je ne sais vraiment pas où cette faveur s'arrêtera...

— Tant mieux pour vous ! . . .

— Connais-tu la dernière galanterie du Régent à notre endroit?

— Non.

— • Il vient de nous donner une ravissante maison, rue de la Cerisaie, et il fait les frais de notre table et de notre équipage... Nous avons des chevaux, des carrosses et des laquais, et je suis élevé à la dignité d'homme de confiance...

— Confiance bien placée!... s'écria Mathias Auber.

— Dont j'abuse, comme tu peux croire, — ajouta Jean Carré. • — Oh! je n'en doute pas!...

— Ai-je eu assez de chance, hein, quand j'ai fait ce coup de tête que tout le monde traitait de folie?

— Quel coup de tête?

— Tu sais, à Marseille, en quittant tout pour suivre Antonia Verdi, qui n'avait ni sou ni maille... C'était à qui me rirait au nez... Eh bien, moi, j'avais confiance!... et tu vois où nous en sommes aujourd'hui!

— Et je t'en félicite de bon cœur.

— Eh bien, mon vieux, ce n'est pas tout.

— Qu'y a-t-il encore?

— Tel que tu me vois, je ne serais pas extrêmement étonné de me rouver, un jour ou l'autre, premier ministre du royaume de France...

— Tu dis?... — s'écria Mathias Auber ne pouvant se persuader qu'il avait bien entendu.

Jean Carré répéta sa phrase.

— Ah çà, mais, devions-tu fou?... — lui demanda son compagnon, — ou bien te moques-tu de moi?...

— Ni l'un ni l'autre, et tu vas voir que j'ai tout mon bon sens... Il paraît certain que le règne de la Parabère, de la Sabran, de la Phalaris et de toutes les autres, est passé...

— Ah I ah... Et qui les remplace?

— Antonia Verdi.

— Mais, dans ce cas, elle serait donc maîtresse en titre?

— ^faîlresse en titre, maîtresse reconnue, oui, mon vieux!... Or. suis bien mon raisonnement... Philippe d'Orléans s'étant toujours laissé el devant toujours se laisser gouverner par les feînmes, Antonia Verdi, favorite déclarée du Régent, comme le fut par exemple la Montespan sous le dernier règne, aura le plus grand intérêt du monde à avoir au ministère un homme tout à sa dévotion... je suis cet homme... pourquoi donc ne remplacerais-je pas, et avec avantage, ce gredin de Dubois, que certes je vaux bien sous tous les rapports?

Mathias Auber s'inclina ironiquement devant Jean Carré, en lui disant :

— Monseigneur le premier ministre, je vous salue bien humblement et je vous recommande de ne pas m'oublier dans la prochaine répartition de vos faveurs... je me contenterai de la moindre chose, monseigneur... je suis si peu ambitieux que j'accepterais même une place de contrôleur général, ou de fermier des gabelles...

Jean Carré s'associa de bonne grâce à cette plaisanterie, et répondit dun ton sérieux, et protecteur :

— C'est bien, brave homme, c'est bienl... je vous promets de penser à vous.

— A propos, — demanda Mathias Auber en changeant de ton, — quand tu seras ministre, seras-tu en même temps cardinal?

— Et pourquoi donc pas?.., je puis être cardinal comme Dubois, et même mieux que lui.

— Pourquoi ?ïiieiix?

— Parce que, pour entrer dans les ordres, je possède sur le fils du parmacien de Brives-la-Gaillarde un immense avantage...

— Lequel?,..

— Son Eminence éminentissime est mariée, et moi je ne le suis pas.

— C'est, ma foi, vrai.

MATrifAS AUBER ET JEAN CARRÉ

— Tout ceci est très bien, — fît Mathias Auber, — et nous avons beaucoup d'esprit, mais le temps passe et les paroles se perdent!... Tu m'as dit, Jean Carré, que nous avions à causer d'une affaire sérieuse. Me voici tout prêt... causons...

— Causons, — répéta le laquais. — Et d'abord, pour entrer en matière, il est utile que je remette sous tes yeux certains faits récents qui nous concernent l'un et l'autre...

— Mon oreille est ouverte, et je t'accorde mon attention.

— Il y a de cela quinze jours ou trois semaines, un peu plus ou un peu moins, qu'un beau matin, en sortant de l'hôtel de Lyon, dans la rue de la Jussienne que nous habitions encore, ma maîtresse et moi, je te vis installé en face de la porte cochère, semblant attendre quelqu'un, ou guetter quelque chose...

— Tu me reconnus, et tu vins à moi.

— Précisément... je me félicitai de rencontrer un veil ami et je le demandai ce que tu faisais là. A cette demande tu répondis par une question: Hahiterais-tu, par hasard, l*Iiôtel de Lyon? me dis-tu, et, sur ma réponse affirmative, tu continuas à peu près en ces termes : Coiinaitrais-tu certaine dame, se disant Italienne et qu'on nomme Antonia Verdi?...

— Ce à quoi tu répliquas que tu connaissais ladite dame, étant attaché à son service en qualité de valet de chambre, de valet de pied, etc.. Tu vois que ma mémoire est fidèle...

— Je n'en ai jamais douté!...

— Je te fis questions sur questions...

— Auxquelles je ne voulais pas répondre, rends-moi la justice d'eu convenir...

— C'est vrai... ta résistance fut héroïque, jusqu'au moment où je te glissai dans la main un double louis...

— Dame! que veux-lu?... nous n'étions pas encore en faveur dans

ce moment-là, nous ne roulions pas sur Tor... D'ailleurs je suis extrêmement faible quand il s'agit de rendre service à mes amis...

— Tu prononces mal, — interrompit le Lynx en riant, — tu dis rendre service, et c'est vendre que tu veux dire...

— Eh mon Dieu ! — • répliqua Jean Carré, — n'équivoquons pas sur les mots !... Bref, je te renseig^nai de mon mieux...

— Ce dont je te sais un g'ré infini...

— Mais, afin d'en revenir à ce qui nous occupe, il n'était pas besoin d'être un grand sorcier pour comprendre à merveille que ce n'était point un motif de curiosité personnelle qui te poussait à t'enquérir ainsi de tout ce qui concernait Antonia Verdi... tu travaillais pour le compte de <îuelqu'un...

— Parbleu ! . . .

— Un gentilhomme quelconque t'a payé fort cher les renseignements que je t'ai donnés, à fort bon marché...

— C'est, ma foi, très possible!...

— Dis-moi le nom de ce gentilhomme.

— Ah! pour cela, non!...

— Tu refuses?...

— Très bien.

— Mais pourquoi?

T— Parce que ce gentilhomme, ainsi que tu l'as deviné avec ton esprit vif et ta perspicacité rarement en défaut, m'a acheté tout à la fois mes renseignements et ma discrétion... Je suis honnête homme, je n'ai qu'une parole, et je ne puis pas te donner ce que j'ai vendu à un autre...

Jean Carré haussa les épaules.

— Tiens, — dit-il, — voici trois louis... dis-moi ce nom...

■ — Allons donc ! — s'écria Mathias Auber, — est-ce que tu te figures que je transigerai avec ma consience pour trois misérables louis...

— A quel prix estimes-tu cette transaction, pour parler comme toi ?. ..

— A dix louis.

— C'est trop cher !

— Alors n'en parlons plus.

— Écoute... tu perds une bonne aubaine, car ce nom que tu refuses de nous livrer nous le savons...

— Ah! vous le savez?...

— Oui.

— Alors, ne me le demandez pas.

■ — Et la preuve que nous le savons, c'est que je vais te le dire...

LES MYSTÈRKS DU PALAIS-ROYAL 10o5

— J'attends...

— Ce gentilhomme s'appelle le chevalier Raoul de La Tremblaye. Tout en lançant cette dernière phrase, Jean Carré observait avec une

extrême attention le visage de Malhias Aubcr. Mais, quoique ce dernier fût prodigieusement étonné, sa physionomie resta impassible... pas un muscle ne bougea dans sa figure.

— Tu vois, — dit Jean Carré désappointé.

— Je vois, — répondit Mathias, — que, puisque vous êtes si certains de votre allaire, vous n'avez pas besoin de moi..

■ — Est-ce que nous nous trompons?

— Vous devez le savoir mieux que moi...

— Eh bien, transigeons. Dis-moi si nous ne nous trompons pas, et je te donnerai cincj louis...

— Dix ou rien. •

— Tête de mulet I...

— Je suis comme ça ; c'est à prendre ou à laisser.

— Tiens, voilà tes dix louis. Le nom?...

— Ma foi, — répondit Maihias Auber, après avoir empoché les dix pièces d'or, — vous ne vous trompiez point... c'est bien pour le compte du chevaher Raoul de La Tremblaye que j'espionnais Antonia Verdi.

— Mes compliments!... — s'écria Jean Carré en riant, — tu es d'une jolie force, toi I... Voilà dix louis que tu nous voles comme dans un bois !

— Pas du tout!..- j'ai joué franc jeu!.. Je ne vous ai pas forcés à acheter ma marchandise, qui était la vôtre... Mais comment diable avezvous appris que le chevalier de Là Tremblaye m'avait mis à vos trousses?

— Nous ne l'avons pas appris, nous l'avons deviné.

— Comme cela?... d'instinct?... sans indice?...

— Ah! si... madame avait un indice?...

— Quatre ou cinq jours après notre renconlre dans la rue do la Jussienne, j'entendis sonner à la porte de l'appartement que nous occupions... j'ouvris, et vis une jeune dame, blonde et pâle, qui semblait très émue et très agitée, et malgré cela, belle comme les anges... elle demanda à voir ma maîtresse. Je lui répondis que la signora Antonia Verdi ne recevait personne ce soir-la : Allez lui dire, je vous prie^ — dit la jeune dame, — rjuc cest 3/™° de La Tremblaye qui demande à lui parler. Je répliquai que je n'irais rieii dire du tout, attendu que madame venait de s'enfermer, et que quand madame était enfermée, la maison brûlerait sans qu'il fût possible de parvenir jusqu'à elle... ce qui du reste était l'exacte vérité.

10o6 LES MYSTÈRES DU PALAIS-ROYAL

— Et que lit la jeune dame? — demanda Mathias.

— Elle s'en alla d'un air très triste... Elle avait déjà descendu quelques marches, quand je la rappelai pour lui dire : Faut-il répéter votre nom à madame et annoncer que vous reviendrez?

— Et alors?...

— Et alors, après avoir hésité un instant, elle me répondit : C'est inutile, je ne reviendrai pas...

— Tiens! tiens! tiens !... — fit Mathias Auber, — tout cela est assez bizarre!...

— Attends donc! tu n'est pas au bout. Le lendemain, en servant le déjeuner, je parlai à ma maîtresse de la visite de la veille... En m'entendant prononcer le nom de M""" de La Tremblaye, Antonia Verdi poussa un cri, eisa figure se décomposa. Mais, malheureux, — me dit-elle ars^ec colère, et comme si je n'avais pas obéi scrupuleusement aux ordres qu'elle m'avait donnés elle-même, — il fallait me j)révenir\... il fallait au besoin briser les portes pour arriver jusqu'à moi... Il fallait, enfin, ne pas laisser partir cette dame de La Tremblaye!... Mais, au moins, reviendra-t-elle? Je fus bien forcé de répondre que cela était extrêmement douteux... Madame me malmena très fort !... m'appela lourd butor et machine inintelhf/ente, me fit une foule de questions au sujet de l'âge et de la figure, de la visiteuse eut une véritable crise en apprenant qu'elle était tr-ès jeune et merveilleusement belle, et ne sortit pas de la journée, espérant toujours que M""" de La Tremblaye reviendrait.

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