‹ Les mystères du Palais-RoyalChapitre 37 sur 183 · LA CHASSE AU SANGLIER · texte numérisé non relu

LA CHASSE AU SANGLIER

Une semaine s'était passée depuis les derniers incidents que nous venons de mettre sous les yeux de nos lecteurs.

Réginald avait pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer le plein et entier accomplissement de ses volontés.

Sa lettre au roi était écrite, et un courrier avait reçu l'ordre de se tenir prêt pour la porter à Versailles.

Il avait tracé dans la forme légale les actes d'adoption, et à ces actes il ne manquait plus que sa signature.

Quelques heures encore, et Raoul atteignait ce but éblouissant qu'il n'aurait même pas osé rêver un mois auparavant.

Ce jour-là, le marquis avait convié une dizaine de gentilshommes du voisinage à une grande chasse au sanglier.

Le rendez-vous était au château.

On devait partir à huit heures du matin et déjeuner dans la forêt pendant que les piqueurs et leurs limiers chercheraient les traces de l'animal. Au moment oii huit sonnèrent, les gentilshommes invités se trouvaient déjà réunis dans la cour d'honneur du château, et Réginald, contrairement à ses habitudes de courtoise exactitude, n'avait pas encore pai'u.

Raoul le remplaçait de son mieux, et accueillait avec sa grâce accoutumée les hôtes de son père adoptif.

•2o5 LES iMYSTÈRES UU PALAIS-ROYAL

Enfin le marquis descendit.

Tandis qu'il franchissait la large porte vitrée qui du vestibule ouvrait sur le perron, Raoul, à son aspect, ne put retenir un cri de surprise el d'elTroi.

M. de la Tremblaye était très pâle.

Il semblait ne marcher qu'avec peine, et le regard de ses grands yeux, regard si jeune jusque-là, si fier et si perçant, semblait morne et comme voilé d'un nuage.

Raoul franchit d'un seul bond les marches du perron et se trouva auprès du vieillard, auquel il demanda vivement :

— Qu'avez-vous, mon bon père?... mon Dieul qu*avez-vous?...

— Moi, mon enfant? — répondit Réginald, — mais je n'ai rien, je t'assure...

— Oh! — fit Raoul, — vous souffrez!..

— Nullement.

— Vous n'avez pas été malade cette nuit?

— Pas le moins du monde. Pourquoi donc ces questions?...

— Je vous trouvais l'air fatigué et je m'inquiétais... Je suis bien heureux de m'être trompé!...

— Merci de ton inquiétude, — dit le vieillard en souriant; — cher enfant, elle me prouve combien tu m'aimes, mais je te répète qu'elle était mal fondée. Ce matin, en me réveillant, je me suis trouvé la tête un peu lourde, et, tandis que mon valet de chambre m'habillait, j'ai eu, je crois, un éblouissement; mais ce n'était rien, absolument rien ; et d'ailleurs, s'il restait quelques traces de ce léger malaise, la frciîcheur du matin et le mouvement de la chasse les dissiperaient entièrement...

Puis le marquis, sans même s'appuyer sur le bras de Raoul, descendit les degrés et vint serrer la main à ses invités.

— A cheval, messieurs! — dit-il ensuite.

Mais au moment où lui-même, donnant l'exemple aux autres chasseurs, saisissait dune main la crinière de sa monture et mettait le pied à l'étrier, il fut obligé de s'arrêter.

Sa main n'avait plus de force et son corps chancelait.

Il serait tombé si unpiqueur ne l'avait soutenu, et une rougeur ardente envahit tout à coup son visage.

— Mon père... mon père!... — s'écria Raoul, — au nom du ciel, renoncez à cette chasse !...

— Non pas! — répondit le marquis avec une brusquerie inaccoutumée. — Suis-je donc à ce point débile qu'il me faille aller mettre au

Les trois gouLilsliumines dont il s'agit, et que Raoul n'avait jamais vus, étaieut corrccleuieut vêtus de noir de la tète aux pieds. (P. 262.)

lit pour un étourdissoment d'uno minute?... Je veux chasser, au contraire, et je fais le pari de vous dépasser tous!...

En parlant ainsi, Réginald s'était mis on selle, et il éperonna son cheval en criant :

— Au galop, messieurs!... au galop!... Qui m'aime me suive!...

Le déjeuner avait été disposé dans une clairière, au pied d'un arbre gigantesque.

uv. 33. — XAVii-n im;.\io.\h:i'i.\. — n-s aiystèhi-s dc PALAis-novAL. — lio. j. uolff et c'c —

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Il consistait en viandes froides, en fruits, et en une grande quantité de bouteilles de vin des premiers crus d'Espagne et de France.

Chacun s'assit sur le gazon, et on commença le repas avec un appétit qu'ai^i^uisait encore la brise piquante du matin.

Ce déjeuner fut très gai.

Réginald but beaucoup, mangea de même, et ne laissa pas tomber un seul instant, sans le relever, le dé de la conversation.

Au milieu de l'entretien général, Raoul seul était sombre, préoccupé, soucieux.

D'où lui venait cette tristesse que rien ne semblait devoir justifier? Il n'aurait certes pas pu le dire.

Seulement, un pressentiment étrange et funeste lui courbait le front et lui serrait le cœur.

Un aboiement lointain et rauque, répété soudain par les soixante voix de toute la meute, retentit, agrandi et répété par les échos de la forêt.

Le sanglier venait d'être lancé.

Aussitôt les verres furent remplis et vidés une dernière fois. Chaque convive jeta sa serviette et courut à son cheval. Réginald ne fut pas le dernier en selle.

Puis tous les cavaliers s'élancèrent dans la direction que- suivait la meute.

Raoul s'était promis de ne pas se séparer un seul instant du marquis.

Mais M. de la Tremblaye, après avoir suivi la voie commune pendant une demi-lieue à peu près, poussa tout à coup son cheval dans un sentier latéral qui coupait au court à travers la forêt.

Raoul s'y engagea après lui.

Seulement, soit que le marquis fût mieux monté que son fils adoptif, soit qu'il éperonnât son cheval de manière à obtenir de lui des efforts prodigieux, il ne tarda point à distancer Raoul, qui bientôt le perdit de vue et s'obstina cependant dans sa poursuite inutile jusqu'à ce qu'ayant rencontré uu endroit oii trois sentiers formaient la patte d'oie, et ne sachant dans lequel de ces sentiers le marquis s'était engagé, il s'arrêta pour réfléchir au parti qu'il avait à prendre.

Ses réflexions ne furent pas de longue durée.

On entendait, sur la gauche, à une assez faible distance, la voix des chiens et le son dos trompes.

Sans aucun doute, Réginald s'était dirigé de ce côté.

Raoul mit do nouveau son cheval au galop pour rejoindre la chasse, se croyant certain de retrouver en même temps le marquis.

En moins d'un quart d'heure^ le jeune homme atteignit son but et se vit au milieu du groupe de gentilshommes, mais M. de la Treniblaye n'était point parmi eux.

Ceci n'avait rien d'inquiétant; le marquis pouvait avoir suivi un chemin qui l'allongeait forcément, et on allait le voir paraître tout d'un coup.

Cette supposition était vraisemblable, et cependant Raoul se sentait pâlir et frisonnait involontairement.

— Il va venir!... disaient tous les chasseurs.

— Il ne viendra pas!... se répondait Raoul en lui-même.

En ce même instant, on entendit le sol retentir sous les bonds impétueux d'un cheval qu'on ne voyait point encore.

— Le voici! s'écria quelqu'un.

Le cœur de Raoul cessa de battre.

Les branches flexibles qui masquaient l'entrée d'un sentier presque impraticable s'écartèrent violemment, et le cheval que l'on venait d'entendre s'élança dans l'avenue.

Il était sans cavalier, les étriers vides battaient ses flancs couverts d'écume.

Il passa en hennissant à côté des chasseurs, et continua sa course furieuse.

Un cri sourd s'échappa du gosier contracté de Raoul.

■ — Ah! Je le savais bien! — murmura le jeune homme. — Je le savais bien, moi, qu'il arriverait malheur à mon père !...

Et il se précipita dans le sentier d'oii le cheval du marquis venait de s'échapper.

Les autres chasseurs le suivirent, partageant son épouvante, et, commme lui, pressentant quelque événement sinistre.

Raoul passa comme la foudre à travers les branches entrelacées qui lui ensanglantaient les mains et lui déchiraient le visage.

Il ne sentait point les meurtrissures, et son sang coulait sans qu'il s'en aperçût.

A chaque pas qu'il faisait en avant, les pressentiments de son cœur lui annonçaient qu'un spectacle déchirant allait bientôt s'offrir à lui.

Enfin il arriva à un endroit oii le sentier qu'il suivait formait un coude et débouchait dans une avenue un peu plus large.

Le corps de Réginald était là, étendu sur le sol et la face tournée contre terre.

Raoul poussa nn cri sourd ; il sauta à bas de son cheval et s'agenouilla auprès du corps qu'il souleva dans ses bras et dont il interrogea le cœur

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pour y chercher la vie, faisant ainsi pour ^I. fie la Tromhlayo co qno M. de la Treniblaye avait fait pour lui dans celte même forêt, dix ans auparavant.

Le cœur de Réginald ne battait plus.

Raoul n'appuyait contre sa poilrine qu'un cadavre, et la figure de co cadavre était presque noire.

Le vieillard était tombé victime d'une attaque d'apoplexie foudroyante 1

LES COLLATERAUX

Quand les compagnons de chasse de Raoul furent arrivés à leur tour auprès du corps inanimé de M. de la Trembiaye, quand le malheureux jeune homme eut acquis la cerlitude que le coup terrible qui venait de le frapper était certain et irréparable, son désespoir ne connut pas do bornes.

Raoul, nos lecteurs le savent déjà, n'était point une de ces natures essentiellement tendres et aimantes qui ne vivent que par le cœur, mais il était capable cependant de ressentir une affection profonde et sincère, et il ne pouvait voir rompre les Jiens étroits qui l'unissaient à Réginald sans qu'il se fît en son âme un grand déchirement.

Dans le premier moment, nous l'attestons, aucune pensée d'ambition ou de cupidité ne vint se "mêler, pour la flétrir, à la douleur du jeune homme.

Il ne se souvint que de la bonté touchante, de la tendresse infinie de ce vieillard qui avait été pour lui un père, et plus qu'un père, et qui, le malin encore, une heure auparavant, plein de vie, n'était plus maintenant qu'un cadavre presque refroidi.

La douleur de Raoul fut donc terrible et déchirante, mais muette et concentrée.

Il ne se tordit point les bras, il sut contenir les cris et les gémissements qui l'auraient soulagé; seulement sa figure devint livide, et un double ruisseau de larmes coula silencieusement sur ses joues.

Les chasseurs improvisèrent un brancard funèbre avec des branches coupées à la hâte; puis, tous, à pied et le chapeau à la main, reprirent lentement, comme un cortège de deuil, le chemin du château d'où ils étaient sortis si peu d'heures auparavant pour une joyeuse partie do plaisir.

LES MVSTÈRHS DU PALAIS-ROVAL 26f

Réginald fut placé avec pompe sur un lit do parade, dans la cliambre qu'il avait habitée de son vivant, et doux cents boug^ies allumées autour de lui transformèrent cette pièce en une véritable chapelle ardente.

Raoul passa le reste de la journée et la nuit suivante tout entière agenouillé auprès du lit mortuaire, se refusant à prendre la nourriture qu'on lui apportait et n'écoutant même pas les paroles de consolation qu'on lui adressait.

Tandis que le jeune homme remplissait ces pieux devoirs, l'intendant de feu M. de la Tremblaye mettait le temps à profit.

Cet honorable personnage, désireux de savoir si Raoul se trouvait le réel et légitime propriétaire des biens de la succession, ou s'il n'était plu» au contraire qu'un intrus et un étranger au château, fouillait activement les papiers et la correspondance que renfermait le cabinet de travail du marquis.

Là il faisait de précieuses découvertes.

Il trouvait l'acte d'adoption de Raoul, acte parfaitement régulier, écrit tout entier de la main de Réginald, mais ne portant pas de sig^nature. Il trouvait ensuite la lettre adressée au roi et qui devait partir le lendemain.

Il s'assurait enfin qu'il n'y avait pas de testament.

Ce dernier fait était malheureusement trop réel. M. de la Tremblaye, confiant dans sa force et dans sa santé et se croyant certain de vivre assez long'temps pour légitimer l'adoption de Raoul, qui serait devenu par cela même son légataire universel, avait complètement nég-ligé d'écrire ses volontés dernières.

Enchanté de se trouver au courant des particularités importantes que nous venons de rapporter, l'honnêle intendant s'empressa d'agir de la façon qui lui parut devoir être le plus utile à ses intérêts à venir.

En conséquence, il expédia sur l'heure un homme de la livrée du château aux collatéraux de feule marquis de la Tremblaye, dont les terres n'étaient guère distantes que d'une quinzaine de lieues ; il leur apprit la mort de Réginald, et, à leur grande surprise, il leur annonça qu'ils héritaient.

Depuis que le bruit de l'adoption de Raoul était devenu public, c'està-dire depuis cinq ou six ans, les parents éloignés de Réginald, voyant avec une rage profonde une splendide succession leur échapper, avaient cessé tous rapports avec le marquis qui les spoliait, disaient-ils. et s'étaient pris d'une haine aveugle et implacable pour le jeune aventurier qui, suivant leurs expressions, leur volait scandaleusement une fortune.

On devine quelle dut être leur joie en recevant la lettre de l'intendant et en en lisant le contenu.

Ils allaient satisfaire à la fois leur avidité et leur vengeance.

Ils allaient pouvoir tout à la fois entrer en possession du gigantesque héritage qu'ils n'espéraient plus, et chasser honteusement d'un château, devenu le leur^ celui qu'ils avaient maudit si longtemps.

Et cependant Raoul, absorbé dans ses regrets et dans ses larmes amères, ne prévoyait guère l'orage qui se préparait à obscurcir son ciel et *à voiler son étoile.

Quant à l'intendant, certain d'avance de la bienveillance de ses nouveaux maîtres, il profitait de l'interrègne pour faire main basse sur les objets à sa convenance, et il entassait dans ses coffres toute sorte de bonnes nippes, de beau linge, de lourds bijoux et de pesante vaisselle d'argent armoriée.

Le lendemain de cette funeste chasse dont nous connaissons le dénouement était le jour désigné pour les funérailles du marquis.

Dès le matin, de vieux carrosses et de fringants chevaux amenaient au château presque toute la noblesse de la province.

La plupart des visages étaient pour Raoul des visages connus et amis, la plupart des mains se tendaient vers lui et serraient la sienne avec un sentiment d'affectueuse pitié et de tendre commisération.

Seulement, parmi ces nombreux visiteurs, venus pour rendre àlamoit ces derniers devoirs qu'elle exige de ceux qui restent sur la terre, se trouvaient trois figures grimaçantes et de fâcheux augure.

Les trois gentilshommes dont il s'agit, et que Raoul n'avait jamais vus, étaient correctement vêtus de noir de la têle aux pieds, et portaient un deuil aussi strict que s'ils eussent dû assister à l'enterrement de leur propre père.

Ils s'efforçaient de mettre un crêpe à leurs physionomies comme ils en avaient déjà à leurs bras et à leurs chapeaux.

Mais ces tentatives étaient vaines.

Si de l'un des yeux s'échappait une larme décommande, un rayon joyeux scintillait dans la prunelle de l'autre.

Si le front se plissait comme sous l'obsession d'une pensée mélancolique, les lèvres mal closes ne pouvaient réprimer un sourire.

Bref, nos trois personnages, malgré leurs vaillants efforts sur euxmêmes, jouaient on ne peut plus mal la comédie des pleurs et du chagrin.

L'un d'eux se nommait le chevalier Anthénor de Vertapuy. Le second portait le nom sonore de baron Stanislas-Landolphe-Adhémar de Mornesouche. Le troisième, enfin, s'appelait le vicomte Clodulphe-Eléonore de Jacquemet. Chacun d'eux possédait environ dix mille écus de rente.

C'étaient les hériteurs collatéraux du marquis Hector-Réginald de la Tremblaye.

La mésalliance du frère d'un des aïeux de Réginald avait formé le trait d'union de la belle lignée du marquis avec ces sots noms et ces vilains personnages. Réginald n'avait point passé un seul jour de sa vie sans maudire cette mésalliance.

Peu d'instants avant l'heure où le convoi funèbre allait se mettre en marche vers l'égiise et vers le cimetière, les trois collatéraux se réunirent dans l'embrasure d'une des fenêtres du salon, avec la mine discrète et mystérieuse, et les soupçonneuses allures de conspirateurs émérites.

— Eh bien! mon cher cousin! — dit le vicomte de Jacquemet, en ayant bien soin de s'assurer que sa voix ne pouvait être entendue que de ses deux acolytes, — nous touchons au moment du triomphe!...

— Grâce au ciel! — répondirent simultanément le baron et le chevalier.

— Tous ces hobereaux qui s'empressent autour de ce petit aventurier sans feu ni lieu ne se doutent guère qu'ils sont ici chez nous...

— Non, certes!...

• — Aussi, quand la bombe éclatera, ce sera d'un effet réjouissant!...

— On ne peut plus réjouissant! — dit M. de Mornesouche...

— A propos, quand faut-il qu'elle éclate, la bombe?...

— Tout de suite... — répondit le baron.

— Oh! nous avons le temps, — murmura le chevalier de Vertapuy.

— C'est là mon avis, — continua M. de Jacquemet, — rien ne presse!... Laissons enterrer cet excellent ami, ce cher parent que nous regrettons si vivement, et, au retour de l'église, nous nous expliquerons avec le fils d'adoption... qui n'est pas adopté.

Le chevalier et le baron approuvèrent du regard et du geste. — Le vicomte poursuivit :

— Puisque nous parlons de cet aimable coquin qui souhaitait tant nous flibuster, dites-moi un peu, mes chers cousins, comment vous le trouvez?...

— Eh! eh!... — fit le chevalier de Vertapuy.

— Euh! euh!... — articula le baron de Mornesouche.

— Je vous comprends à merveille, -7- fit M. de Jacquemet, — et je pense entièrement comme vous.

— N'est-ce pas? — demandèrent les deux cousins.

— Oui, il n'a rien qui me séduise, et je ne comprends guère l'engouement de feu Réginald ! . . .

— Sa figure est très ordinaire T. ..

— Sa tournure est médiocre!...

— Son visage manque de fraîcheur!...

— Il a l'air impudent!...

— Assurément sa bouche est petite, mais voyez donc comme elle est dédaigneuse!...

— Ses yeux sont assez grands, mais regardez comme ils sont rouges!...

— Peut-être, — hasarda Mornesouche, — sont-ils rouges parce qu'il a pleuré...

— Oui, sans doute, il a pleuré, — reprit M. de Jacquemet, — el • même il pleure encore, l'hypocrite !... 11 croit qu'il hérite, et il pleure; je vous demande un peu si c'est vraisemblable?... Que fera-t-il donc tout ù l'heure quand nous allons le mettre à la porte ?

Cette conversation fut interrompue par un grand mouvement qui se fit dans le salon.

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