Coussemaker, n<* V, p
Deux fois la même charité se renouvelle en faveur des deux autres filles, exposées aux mêmes périls. Le père tombe aux pieds de saint Nicolas, lequel renvoie à Dieu les actions de grâces qu'il reçoit.
Le second miracle, celui des trois clercs* est tout en strophes de quatre vers, décasyllabiques et rimes : ils sont au ^ noïhbre de soixante-seize seulement.
Trois clercs ou étudiants, voyageant pour leur instruction, reçoivent l'hospitalité chez un vieillard, qui les égorge pendant leur sommeil, pour s'approprier leurs bourses. Le meurtre commis, saint Nicolas se présente, obtient l'hospitalité à son tour, et demande à manger : « Je n'ai pas de chair fraîche, dit le vieillard. — Tu mens, répond le saint, ne viens-tu pas de commettre un meurtre ?» Le vieillard et sa femme, épouvantés, tombent aux genoux du saint, qu'ils ont reconnu, et demandent grâce. Saint Nicolas ressuscite les trois jeunes gens. Tout le monde en chœur entonne le Te Deum.
Non seulement ces petites pièces, quoique composées sans doute par des moines, et jouées par leurs écoliers, n'offrent plus rien de liturgique; mais l'influence et l'imitation de l'antiquité païenne s'y font déjà sentir, par exemple dans ces vers que dit le second clerc :
Jam sol equos tenet in littore Quos ad praesens merget sub aequore.
c Déjà le soleil Mi toucher au rivage ses chevaux qu'il va maintenant plonger dans la mer. i»
Le troisième miracle s'appelle le Juif volé ^ La versification en est plus compliquée : elle offre des vers syllabiques de toutes mesures diversement groupés en stances variées, et des hexamètres presque tous léonins et remplis d'allitérations. En tout la pièce contient cent cinquante -sept vers. Elle s'ouvre par une courte analyse ; nous nous bornons à la traduire :
« Autre miracle de saint Nicolas et d'un Juif qui tous les