‹ Les mystèresChapitre 101 sur 115 · Voy, aux Analyses, mystères tirés de la vie des saints · texte numérisé non relu

Voy, aux Analyses, mystères tirés de la vie des saints

avait acquis d'uo bourgeois nommé Pierre Coquilliëre, lequel a laissé son nom à une rue voisine.

C'est là que les confrères, en 1539 *, jouèrent devant le roi François P' le Sacrifice d'Abraham et représentèrent dans le cours des deux années suivantes les deux derniers mystères qu'ils aient montés avec éclat, à savoir, les Actes des Apôtres et le Vieux Testament '.

Le € cry et proclamation publicque » pour annoncer aux Parisiens la représentation prochaine des Actes et recruter des acteurs et des figurants (cinq cents personnes paraissaient dans cet immense mystère) fut fait avBc une pompe inusitée le 16 décembre 1540 par les rues et places de la capitale. Nous avons décrit ci-dessus le cortège et cité le texte du cry. Les représentations du mystère se prolongèrent avec un incroyable succès pendant six ou huit mois de l'année 1541, probablement de Pâques à la Toussaint. Mais quand, vers la fin de celte même année, les confrères, voulant profiter de cette veine heureuse, annoncèrent le dessein de représenter pendant le cours de l'année 1542 le mystère du Vieux Testament y ils rencontrèrent dans \ù parlement de Paris une vive opposition; et eurent le chagrin de voir le procureur général lancer contre eux une requête foudroyante dont nous extrairons les passages les plus saillants. Voici le portrait qu'il faisait d'eux :

Tant les entrepreneurs que les joueurs sont gens ignares, artisans mécaniques, ne sachant ni A ni 6, qui oncques ne furent instruictz ni •exercez en théâtres et lieux publics à faire telz actes, et davantage n'ont langue diserte ni langage propre ni les accents de prononciation décente, ni aulcune intelligence de ce qu'ils dient : tellement que le plus soutentadyient que d'un mot ils en font trois ; font point ou pause au milieu d'une proposition, sens ou oraison imparfaite ; font d'un interrogatif un admirant, ou autre geste, prolation ou accent contraires a ce qu'ils dient, dont souvent advient dérision et clameur publicque dedans le théâtre même, tellement qu'au lieu de tourner à édification leur jeu tourne à scandale et dérision.

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