‹ Les mystèresChapitre 24 sur 115 · Id. p · texte numérisé non relu

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3. Id., p. 642. Cf. L. Passy, Biblioth, de VÉcole des chartes, série D, t. V, p. 491 à 502.

4. Œuvres poétiques de Jacques Loys, docteur ës-droits et poète lauré. Â Bouay, Pierre Avroy, 1612, in-8% 4 fif. et 230 pages.

5. Voy. Ballin, Notice sur V Académie des Palinods, Rouen, 1834.

delà ville invités par affiches publiques à composer des pièces à l'honneur de la Vierge » * .

Simon Leboucq dans son Hùtoire de Valenciennes nous apprend que la confrérie de Notre-Dame du Puy fut établie dans cette ville dès 1229 et renouvelée en 1426. Les statuts imposaient aux membres le devoir de soutenir leurs confrères tombés dans la pauvreté. Us assistaient en corps à des messes, à d«s processions, et aussi à de joyeux repas. C'était une société à la fois de bienfaisance, de plaisir, d'études, et de pieux

exercices'

En résumé, nous ne savons presque rien sur la part que les puys ont prise avant le xv** siècle à la représentation des Mystères, ou pour parler plus exactement (car il n'y eut pas de Mystères avant 14^00), de pièces analogues aux Mystères, et jouées sous d'autres litres. 11 est absolument certain, nous l'allonsvoir, que les Miracles de Notre-Dame, au xiv* siècle, ont été joués dans un puy, mais nous ne savons même pas où ce puy se tenait. On peut seulement supposer avec beaucoup de probabilité qu'il n'était pas une exception dans l'époque où il a fleuri, et que beaucoup d'autres sociétés analogues auraient pu nous transmettre des répertoires dramatiques aussi abondants que celui dont nous allons parler.

Il est contenu dans un manuscrit unique et bien précieux qui appartient aujourd'hui à la Bibliothèque nationale ^ Les pièces qu'il renferme, et qui portent toutes le titre commun de Miracles de Notre-Dame, sont au nombre de quarante. Elles varient de longueur entre mille et trois mille vers; les sujets sont empruntés aux sources les plus variées, comme à toutes les époques; néanmoins l'unité du recueil est sensible.

1. Notre-Dame du Puijy ms. anonyme (Bibliothèque de Valenciennes), cité par 0. Le Roy, Etudes sur les mystères^ p. 43. L*auteur du ms. déplore la rage de« hérétiques qui en i566 ont brisé les formes et coffres où étaient enfermés les archives et statuts de la confrérie. Voy. Serventois et sottes chansons couronnés à Valenciennes. Valenciennes, 1827, in-8°.

• 2. 0. Le Roy, Etudes sur les mystères^ pp. 42-45. La bibl. de Valenciennes possède une histoire manuscrite du Puy par Michel Duforest, écrite en 1714.

3. Voy. tome II, Analyses^ xiv® siècle: Notice générale sur le ms. Gange.

LES MIRACLES DE NOTRE-DAME. l!21

C'est l'œuvre d'un même auteur ou tout au moins celle' d'une même école animée du même esprit. Le fond commun de ces quarante drames est la mise en scène d'un événement miraculeux , ou merveilleux, produit par l'intervention de Notre-Dame. Dans tous, celte intervention se produit d'une seule façon; le Deus ex machina surgit toujours de la même manière. La forme n'est pas moins semblable. La versification, très particulière, est d'un bout à l'autre identique; levers employé est le vers oclosyllabique, et chaque couplet (sauf dans le premier miracle) se termine par un petit vers de quatre syllabes, qui rime avec le premier vers du couplet suivant;- disposition singulière qui donne une cadence agréable au dialogue, et devait servir merveilleusement la mémoire des acteurs*. En outre, bs mêmes motets, les mêmes rondeaux, les mêmes chansons sont reproduites dans plusieurs Miracles. Les mêmes secrets^ comme on disait alors (on dirait aujourd'hui les mêmes machines ou les mêmes trucs) y repa* raissent fréquemment. Ainsi, dans chaque pièce, Notre-Dame descend du Paradis une ou plusieurs lois, escorlée de deux anges et de deux saints qui chantent un rondeau en son honneur. Dans la plupart des pièces, les rois, les reines, les princes, les princesses ne marchent que précédés de sergents d'armes qui leur font faire place en levant leur masse et en repoussant le peuple ^ Nous citerons plus loin une foule d'autres ressemblances dans l'agencement des quarante Miracles; nous pouvons dire qu'elles ne laissent pas douter que nous n'ayons ici, sinon l'œuvre d'un seul poète, au moins le répertoire assez uniforme, d'un même puy.

Car ce n'est pas dans les églises que ces Miracles ont jamais l

i. On observe une disposition analogue dans plusieurs Miracles du XV* siècle. Hous les signalerons.

2> D'aler en sus nulz ne rcbcllu

S'il ne veuU avoir de ma masse.

Sus, devant, tous vuidiez la place.

Avant, avant.

Faites nous voye ci devant Pour amour, seig^neurs, je vous pri, Avant, sus, de cy sans dctry

Vuidiez, vuidiez (^Miracle de BevVKe.^

pu être représentés, comme on le croyait à tort au xviir siècle*. Outre que les représentations en langue vulgaire ne furent pas ordinaires dans les églises, ces pièces, empreintes d'une dévotion crédule, ne sont pas cependant inspirées en général de l'esprit ecclésiastique * ; elles ne sont certainement pas, au moinspour la plupart, l'œuvre d'une main sacerdotale. En effet, le clergé n*y joue pas toujours unrôle honorable ; le pape y est fort peu ménagé. Puis, la licence excessive du langage en certains passages (malgré la pureté des intentions) et la hardiesse de certaines scènes et de certaines situations, ne permettent pas de supposer qu'à aucune époque ces pièces aient pu être représentées dans une église, ou ùiême dans un monastère. Elles sont cependant trop dévotes, trop sévères, et surtout la mise en scène en est trop compliquée, pour qu'elles aient été représentées habituellement dans des châteaux. Tout concourt à nous faire regarder ces Miracles comme appartenant à l'un de ces puys où le nom et la puissance de la Vierge étaient en si grande vénération.

Acette preuve, pour ainsi dire toute négative, il s'en joint une plus directe. Parmi les quarante Miracles, il n'y en a pas moins de quatorze qui sont suivis de serventois; et presque toujours il s'en trouve deux, l'un qualifié parfois de couronné, l'autre d'estrivé, c'est-à-dire admis à combattre ou a concourir : C2iv estrif signiiie bataille. Les serventois ou sirventois (dans la langue d'oc sirvenies) étaient par excellence le genre de pièces qu'on présentait aux concours des puys. Douze de nos serventois intercalés ainsi dans les miracles de Notre-Dame se terminent, comme les ballades, par un envoi dM prince^ c'est-à-dire au prince du puy, soit que ce mot désigne le vainqueur du précédent concours, soit qu'il s'applique à quelque généreux patron qui fait les frais de la solennité poétique et des fêtes qui la relèvent. Mais ni le prince ni le puy ne sont nommés, malheureusement. L'un des serventois

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