Enguerrand de Monstrelet, t. II, ch. CIX (éd. Buchonj
étoit la passion, c'est à savoir comment Notre Seigneur fut pris, battu, mis en croix, et Judas qui s'étoit pendu. Et ne parloient rien ceux qui ce faisoient, mais le montrèrent par j&ux de mystère; et furent les manières bonnes el bien jouées, et vivement compassionnées et moult piteuses* ».
Olivier de la Marche, en racontant le pas d'armes que treize
gentilshommes de la maison du duc de Bourgogne tinrent
« à tous venans, près Digeon, > en 4443, désigne par le mot
mystère tantôt l'appareil de cette illustre joute : c Or est bien
temps que je me passe des préparatoires et mistères de cestuy
haut et noble pas. » Tantôt le pas d'armes lui-même : « Les
^'oys d'armes et héraux s'assemblèrent pour plus honorer le
^istère^^.
A l'entrée de Charles VII à Rouen, le 10 novembre 1449, ^û admira « ung cerf volant bien et somptueusement fait, 'equel par mistère s'agenouilla devant le roy quand il passa P^ï* là pour aller à icelle église (Nostre Dame). Le dit cerf ^^oit une couronne à son col. 'Là endroit estoient aux fe- °^sires la femme du conte de Dunois et celle du duc de S^rnbrecet pour voir le dit mystère ^ ».
lians le récit que fait Olivier de la Marche du pas d'armes ^^ii\i àChalon-sur-Saône en 1449, le même mot sert à désigner '^s images symboliques qui décoraient le pavillon : « Et depuis '^i"€nt portés iceux mistères à Nostre Dame de Boulogne, où ^ ^ïi les peut encores voir * » . Ces images consistaient en trois ^t^leaux qui représentaient la vierge Marie, une dame en pleurs et une licorne assise sous une fontaine.
I)ans le fameux banquet de Lille, où le duc Philippe le Bon ^^ croisa (peu sérieusement) contre les Turcs, le 17 février ^^54, parmi les entremets exhibés, on remarquait le « mys- ^^€ » de Jason combattant contre les taureaux, et plusieurs ^^tres du même goût. Olivier de la Marche appelle aussi