‹ Les mystèresChapitre 36 sur 115 · Id. id., t. III, p · texte numérisé non relu

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4. Voir ce fait et ceux qui suivent, tome H, RepréséntatioMf 4351 (Lille) ; 1390 (Paris) ;1 408 (Langres); 1414 (Metz); 1422 (Paris); 1434 et 1438 (Metz); 1447 (Dijon)<

En 1390, c*est le jeu de la Résurrection qu'on joue devant Charles VI à Paris.

En 1408| c'est la vie et les miracles de saint Maclou qu'on représente à Langres.

En 1414, c'est le jeu et la révélation de l'Apocalypse à mint Jean qu'on joue à Metz.

Hais en 1433, au témoignage de l'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris^ « pour l'amour du roy d'Angleterre (Henri V), de la Royne (Catherine de France) et des signeurs du dit pays, firent les gens de Paris... le mystère de la passion de saint Georges en l'hostel de Nelle. »

En 1434, en 1438, on joue encore à Metz le jeu de la vie mnte Catherine et le jeu saitit Erasme.

En 1447, Dijon voit représenter le mystère et représenta" iim de la vie de monsieur saint Éloi.

Ainsi on hésita encore, pendant la première moitié du XV* siècle, à appliquer le nom de mystère à de véritables pièces dramatiques.

Les mystères du manuscrit de Sainte-Geneviève, publiés par

«'ubinal, ne portent pas ce titre dans le manuscrit. Ils s'ap-

Ment simplement : La Nativité N. S. J. G. — Le geu des

^ois roys. — La résurrection N. S. J. G. — La vie m^' saint

fiacre. — La passion N. S. — Le martire saint Estiene.

*^ La Conversion saint Pol. — La Conversion saint Denis.

/^ Comment saint Père et saint Pol alèrent à Romme. — Le

?^U saint Denis. — Les miracles de sainte Geneviève.

Ainsi dans les titres de ces pièces, toutes écrites dans la

P^^Bmière moitié du xv" siècle, le mot de mystère ne paraît pas

^^e seule fois. Nous n'en voulons pas conclure qu'il ne s'ap-

Hiquait pas déjà quelquefois à de véritables représentations

^ï'amatiques, puisque le mot est employé avec ce sens dans

^^s lettres de Charles VI , et dans deux documents cités plus

\ "^^ut; mais il s*y appliquait rarement.

\ A partir de 1450 environ, l'emploi du mot dans le sens qui

1 devait prévaloir plus tard, et qui s'est conservé jusqu'à nous,

Uevient fréquent; et dès qu'on commence à imprimer les

joiystères, ils sçnt presque toujours intitulés mystères.

Résumons-nous en peu de mots. Jusqu'à 1400, sans nulle exception, une œuvre dramatique n'est jamais appelée mystère; mais le plus souvent jeu, miracles, vie, histoire de tel ou tel personnage.

A partir de 4400, le mot mystère apparaît avec un sens dramatique; mais au début, il s'applique le plus souvent à des représentations figurées et mimées, muettes ou presque muettes, qui se donnaient aux fêtes et entrées royales ou princières. Il désigne rarement les pièces religieuses proprement dites pour lesquelles on continue à employer les anciens noms de préférence.

C'est seulement à partir de 1450, et surtout depuis la vulgarisation de l'imprimerie, que le mot mystère a été employé presque à l'exclusion de tout autre pour désigner les pièces sérieuses de notre répertoire dramatique au moyen âge.

Non seulement il servit dès lors à désigner les pièces où étaient en effet mis en scène les mystères de l'incarnation et de la rédemption; ou bien celles qui dramatisaient, pour ainsi dire, l'office de tel ou tel saint ; mais on disait aussi le mistère du siège d' Orléans j et même le mistère de bien avisé et de mal avisé, quoique rien dans ces deux pièces (dont la seconde est une moralité) ne convînt à aucun des sens étymologiques qu'on peut attribuer à l'appellation de mystère; sauf à la signification pure et simple de représentation *.

Avant d'aborder l'étude des mystères du xv® siècle, les premiers auxquels ce nom appartienne proprement, nous devons dire quelques mots de cesmy stères sans parler, OMpar signes, de ces représentations figurées, auxquelles il est fait allusion ci-dessus. Leur histoire, à bien dire, est distincte de celle du théâtre, mais elle y touche par plus d'un point; et il nous faut

1. En même temps, le moi gardait jusqu'au xvie siècle et au delà, tous seâ sens extra-dramatiques; et particulièrement celui de truc, ou même de touVf machination, stratagème : On lit dans des Périers : « Ainsi que la dame passoit... voicy qu'il lui fut jette (selon que le mystère avoit esté dressé) un plein seau d*eau. » (Despériers, Nouv. XVI). L'Estoile décrivant une fête nautique (donnée en octobre 1581) où l'on voyait un bac « accommodé en char triomphant » et « tiré par des chevaux marins, tritons, baleines, sereines, etc., » ajoute que « le mistère ne fut pas bien joué. »

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