Dans le manuscrit Bigot, indiqué dans la note suivante
3. Bibl. nat., fonds latin, 904, f» 11, v». Ce manuscrit, qui provient du fonds Bigot, parait une copie, faite à la fin du xrip siècle, ou au commencement du xive siècle, sur des textes plus anciens rassemblés à l'usage d'une église du diocèse de Rouen. Le drame est publié par Coussernaker, Drames liturgiques, n* XV, p. 235. V. Félix Clément, Annales archéologiques, t. VII, p. 314.
LE DRAME LITCtGIQUE. il
tardera pas à éliminer la prose; comme le français, discrètement admis, éliminera plus tard le latin; comme le profane, reçu par grâce et à titre d'épisode, empiétera sur le sacré dans beaucoup de mystères français.
Outre les drames proprement dits des pasteurs, deux autres drames plus développés, avec une mise en scène plus compliquée, étaient aussi représentés le jour de Noël ou dans Toctave de la fête, quoiqu'ils n'eussent qu'un rapport indirect avec la nativité de Jésus : c'était le drame de l'Époux et celui des Prophètes du Christ.
Le drame de l'Époux * est depuis longtemps célèbre soui le nom plus répandu de : drame des Vierges sages et des\ Vierges folles. Dans le manuscrit qui le renferme, il est inti- * tulé : Spofistis. Il est précédé par un très court office des saintes femmes ou du Sépulcre, en prose latine ; morceau tout à fait distinct, et que Magnin a judicieusement séparé de ceux qui suivent et se rapportent seuls aux fêtes de Noël.
Le drame de l'Époux est le plus ancien de ceux où le fran- \ çais se montre à coté du latin. Ce français est de la langue d'oc, mêlée peut-être de quelques mots de langue d'oïl. Aussi Fauriel regardait-il ce drame comme un monument trilingue. On en rapporte la composition au xi' siècle. C'est à peu près un contemporain de la chanson de Roland*.
1. U est tiré d*un manuscrit (Bibl. nat... fonds latin, 1139) provenant de Tabbaye de Saint-Martial de Limoges. Signalé en 1741, par l'abbé Lebeuf. {Disser^ talions sur Vhistoire ecclésiastique et civile de PariSi 1741, in-8, t. II, p. 65) et en 1746 par les Bénédictins (Discours sur Vétat des lettres en France flttxie sièdey dans VHistoire littéraire de la France, t. VU, p. 127, 1746, iii-4), par Roquefort {De Vétat de la poésie française aux xii« et xiiP siècles^ p. 253), le drame de TËpoux ou des Vierges a été publié par Raynouard (dans le Choix de poésies originales des troubadours, t. Il, p. 139-143), par F. Michel (pour la Société des bibliophiles), par Th. Wright {ddi\\s Early Mysteries, Londres, 1838) , par Monmerqué et F. Michel (dans le TMàtre français au moyen âge, 1839, in-8, p. 1), par Magnin {Journal des Savants, février 1846, p. 88j, par du Méril {Origines latines), par Coussemaker {Drames liturgiques). Le ms. est un petit ia-4 vélin de 235 feuillets qui contient divers ouvrages écrits on divers temps et par des mains différentes, mais réunis et reliés ensemble dès le commencement du xni<> siècle. Le drame qui nous intéresse remplit les feuillets 52 à 58. M. Marius Sepet a publié une imitation en vers français du drame des Vierges, sous ce titre : VÉpoux, drame liturgique de Noël au xii© siècle. (Feuilleton de YVnion. 25 décembre 1872.)