‹ Les mystèresChapitre 64 sur 115 · SIBILLE · texte numérisé non relu

SIBILLE

... Mon esperit est très fort enflamé A pronuncer ung grand secret nouvel, Au moins a moy, et ainsi qu'ung tonnel Ou est mise la nouvelle boisson, Non parée, s'enfle et veult crever, s'on

Ne lui baille soupirail ou s'évente, Tout ainsi est ma pensée et entente ^

Arnoul Greban dans sa Passion se permet des enjambements qui ne sont guère moins hardis :

11 sera bon, se sommes sages De Tescripre en divers langages, Affin au moins que les passans Ëstrangiers ne passent pas sans Entendre qu'il signiiira^.

Seigneurs et notable commun Qui vous estes tenus comme ung Peuple de rassize prudence, etc. ^

Nous avons dit que les rimes sont ordinairement plates; quelquefois croisées; on trouve aussi de longs morceaux monorimes dans plusieurs mystères ; par exemple dans la Destruction de Troie. Cette forme est évidemment un héritage des chansons de geste, où elle avait été, comme on sait, exclusivement employée, tantôt avec la rime, tantôt avec la simple assonance.

Troïllus, mon beau fils, par ma barbe fleurie Choir me fault en grant dueil et en melencolie. Le martyre que j*ay je ne démontre mye; Or voicy ma lignée a peu près dcffaillye ; Plus n'y a que celluy qui a fait la follye Par qui tous mes enfans ont ja perdu la vie.

En dehors de cet emploi de vers de toutes les longueurs, la versification était variée dans les mystères par les combinaisons multipliées que les poètes faisaient de ces différentes mesures. Les mystères abondent en strophes d'un caractère lyrique, écrites dans les rythmes les plus divers : citons ce cantique de Siméon dans la Passion de Greban, (vers 6848-6863) :

1. Mystère de la Nativité et Incarnation dé Jésus-Christy joué à Rouen en

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