Id.,v
YSAÏE.
Or chantpo/^ »n vr^ U^ité Pour demonslrer esjouyssance.
(/et/ doivent chanter quelque motet ou chose joyeuse.)
Le mot silelBy qui signifia taisez-vous, ou silence, était le plus ordinairement ernployé pour désigner ces morceaux chantés qui ne faisaient pas, à proprement parler, partie du mystère, mais qui s'y ajoutaient comme intermèdes joyeux ou pathétiques. La signification étymologique du mot paraît tout à fyiit oubliée chez les poètes qui Temploii^nt; ^s ^6i^))lant ne lui donner d'autre sans que celui de morceau à cbj^ter,
I{ $arait fort i souhaiter que nous leus^^oijis plus de j^ensei^ ^ffmïïiBnis s^^v la musique des mystère^ ; tout ce que nous ;$a- \W^y c'est qu'elle tenait une place import^i^t^ dans la représentation; mais les documents précis sont fort peu nombreux. A peine quelques rubriques laissent-elles deviper de quelle i^çon les instrumeiils se mariaient ai|)ç wm ; p^^r exemple iC^Ue-ci, qui est lirée du mystère de Vlncarmlion et 4^ la fifafivitéj joué à Rouen en 1474 :
< A4onc les chœurs chantent le premier ^ers 4e la chaniiOB qui ensuit. Et puis les joueurs d'instrameflts derrière les anges repelent iceluy vers^ et tandis les ange^s qui iieiHient le3 in^trumeps font manière de jouer; après, les ange^ diaatent le second rer^ et puis les instruments repieteat trois lignes ; après, les anges chantent le tiers vers et puis les instrumens tout le premier, et puis la fin; ensuit la chanson :
Démenons tous wm parfaicte joye.
En paradis ung chacun se resjoye D'avoir ouy resfwnse si joyeuse Parquoy nature humaine glorieuse Estre pourra et avoir en ciel voie.
TENOa.
Démenons.
CONTRATENGH.
Démenons.
Elle fera bruit — de bien aura monjoye.
Dieu sera homme — homme Dieu on le croye.
grant mistere — et chose merveilleuse.
CONCORDANS.
Démenons...
Rachetée sera de la monnoye
Du sacré sang qui par chacune ploye
Issira hors 4e la chair précieuse
Du filz de Dieu qu'en vierge bien eureuse
Il aura pris. quel notable poye.
II y avait, comme on voit, non seulement des soli, et des chœurs chantant à l'unisson, mais des voix diverses chanlanl ensemble en parties. Les instruments le plus souvent employés étaient le violon, la trompette et l'orgue. Nous reviendrons sur ce point en parlant de la mise en scène des mystères.
On connaît le mauvais goût général des poètes du xv* siècle et même du commencement du xvi\ Les auteurs des mystères n'échappaient point à la contagion. Les allitérations laborieusement cherchées, les combinaisons bizarres de rimes ou de mesures, les jeux de mots abondent dans leurs œuvres. Dans le mystère de Sainte Barbe (en cinq journées) l'auteur a multiplié les œuplets rétrogrades, qu'on peut lire en commençant par le dernier vers aussi bien que par le premier. Dans le mystère des Actes des ApôtreSj saint André se présente ainsi lui-même aux spectateurs :
Pescheur je fuz, peschant poissons es rhetz ;
Prescheur je suis, preschant pescheurs errez
Au parfond fond d'inique iniquité.
Mes elTectz faictz es suyvans vers verrez
Et que tout pour équité ay quitté;
Car quand Jésus m'a incité cité,
À sa voix vois sans delay, délaissant
Ces rhetz serrez, et a ung pas passant
A ses accès, car a qui acquitté
Est mal malheur, s'on va de paix paissant.
Nous pourrions trop aisément multiplier les exemple
de cette versification insensée; mais un seul suffît bien. Malgré ces graves défauts, la versification dans les mystères demeure très supérieure au style (dans la mesure où l'on peut distinguer ces deux éléments de la forme poétique). La plupart des auteurs de mystères, s'ils ne furent pas des poètes, furent au moins des versificateurs, et qui savaient leur métier. Au reste, il s'en faut qu'ils soient tous égaux les uns aux autres. Il y en a de bons, de médiocres et de mauvais. Le seul que nous ayons trouvé tout à fait au-dessous du médiocre et même du mauvais (si le manuscrit unique de son œuvre n'est pas très mutilé), c'est Claude Doleson, moine au Puy et auteur du mystère de Notre-Dame du Puy. Celui-là ne savait pas même compter sur ses doigts la mesure des vers; mais il est le seul auquel on pourrait appliquer l'injuste arrêt de Boileau contre tous les poètes du moyen âge :
La rime, au bout des mots assemblés sans mesure, Tenait lieu d'ornement, de nombre et de césure.
Jamais nous ne saurons d'ailleurs qui nous devons accuser du mauvais état du texte de nos mystères. Quand on voit le peu d'importance et le faible intérêt que l'on attachait en général, au moyen âge, aux manuscrits renfermant des pièces dramatiques, on doit presque s'étonner qu'il nous en soit parvenu quelques-uns, et que ceux qui nous sont parvenus ne soient pas plus maltraités, soit comme rédaction, soit comme conservation matérielle. La représentation seule avait alors une grande importance; l'intégrité, la pureté du texte en avaient beaucoup moins. Une fois la représentation terminée, on se souciait peu du manuscrit. On peut citer quelques exemples contraires à cette habitude générale. Ainsi la Passion de Greban fut enfermée dans un coffre scellé par l'échevinage d'Abbeville, qui l'avait rachetée de Guillaume de Bonœil, premier acquéreur, lequel l'avait payée dix écus d'or à Greban lui-même. Un petit nombre de manuscrits, qui sont d'admirables œuvres d'art enrichies de miniatures et merveilleusement calligraphiées, devaient être jugés
f9â LES MYSTÈRES.
déjà précieux. Mais les traits de négligence et d'iodifférence à Fendroit des manuscrits dramatiques sont beaucoup plus fréquents. Qu'on suive ainsi l'histoire du manuscrit deSaint€f= Geneviève, ou nous sont conservés onze mystères fort an* ciens et très importants. Maître Jean le Docte, religieux gé^ novéfain, le prête en 1512 à Arnoul le Docte, son neveu^ qui vit assez loin de Paris à la campagne. Mention de ôe prêt est faite sur le manuscrit même. ArnoUl le Docte^ qtielque jeutffl clerc peu scrupuleux, griffoùne sur le livré Tébauche d'une déclaration d'amour ; il finit pourtant par le reildre à son onclëi puisque la bibliothèque du couvent le prête vers lé milieu âd xviir siècle, au duc de la Vàllière, qui le gardé 81 se l'appros prie sous quelque prétexte. Après la moH du duc, l'abbé Mercier de Saint-Léger réussit, non sans de longues et difficiles démarches, à faire restituer le matiuscrit à Son couveùfc; il consigne sa victoire dans une note, datée du 29 juin 1791 et inscrite à la garde. Peu de temps après le coUvent même est supprimé : mais le manuscrit traverse la Révolution saiùs encombre ; il est aujourd'hui à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Espérons qu'il y restera, et quel ses gèlrdës ou ses fgtillles blanches ne recevront plus la ti^adé de nouvelles épt'eUVes.
La découverte de l'imprimerie ne fut pas iiiissi favoMblë â la pureté des textes dramatiques qu'à leur conservation. Là plupart des éditions furent exécutées dans des cohdiliôlls détestables, sur des rnanuscrits fautifs et trdtiqiléSj avec iltie hâte et une négligence (Ju'expllquerit trop bieii les circoilStances où elles t)^rurent. A la vérité il àrriVà qiielqUefbi^ qUe des particuUers enthousiasmés de quelque mystêt'e lé flrëtlt éditer avec tout le soin désirable, on pourrait dire avéd àiritllir : ainsi furent publiés les Actes des Apôtres et hSaint Christophe de Chevalet. Mais le plus soUvelit les publications de mystères furent exécutées par des libraires impatients, peu érudits fet sans le concours des auteurs, qui pôiir la plupart étaient morts quand l'imprimerie se généralisa en France, entré 1480 et 1500. D'ailleurs, au moyen âge, et aU xvi* siècle, il n'y avait en France aucune sorte de propriété Httéràire. L'intérêt des auteurs et des acteurs était de ne pas |iubliët les pièces. L'in-
LE STYLE fiT LA VERSIFICATION. Stf5
térêt de leurs concurrents, de leurs rivaux et des éditeurs, était de les saisir comme au vol, dans les représentations, ou de se les procurer subrepticement dans des copies souvent infidèles. De là tant de publications défectueuses, et le détestable état d'un grand nombre de textes. C'est à Tintelligence et à la bonne volonté du lecteur qu'il appartient d'effacer beaucoup de fautes qui évidemment ne sont pas imputables â l'auteur. En somme, la facture du vers, considérée isolément, est parfois excellente dans les mystères et presque toujours suffisante, pour qui cherche au théâtre une forme aisée plutôt que pompeuse. Mais des défauts de style très choquants déparent ces pièces, et empéche^oflt toujours un lecteur moderne de les goûter sans réserve. Ce que nous appelons le goût manque absôlutnent chez les auteurs des mystères; ils n'ont â aucun degré l'art de choisir, de condenser, dé graduer. Ils disent les choses comme elles leur viennent, au hasard, et suivant le caprice d'une veine heureuse quelquefois, maïs non pas toujours. Et quel poète serait supportable qui écrirait d'abord tout ce qui lui vient à l'esprit? La grossièreté, la licence, l'obscénité du langage^ défauts si fréquents et si choquants (au moins pour nous) dans les mystères, nous semblent moins graves que cette stérile abondance et cette diffusion qui les ont développés outre toute mesure*
Le bavardage y est parfois fastidieux* Dans la Passion du manuscrit de Sainte-Geneviève, quand Joseph d'Arimathio veut acheter un suaire pour ensevelir Jésus, le mercier auquel il s'adresse lui offre toute sa boutique, et fait le détail de son fonds en plus de cinquante vers. Quand les saintes femmes, dans la même pièce,* veulent acheter des onguents pour embaumer Jésus, l'épicier fait comme le mercier : il leur énumére plus de soixante drogues. Est-ce là du réalisme? Peut-être. En tout cas, ce réalisme est ennuyeux et manque de vie. Il est singulier qu'il se mêle souvent dans les mystères avec une afféterie qui semble le défaut le plus opposé. Dans toutes les Nativités, les présents rustiques que les bëfgerâ offrent à l'enfent Jésus sont décrits et énuméfés avec m cùriélix mélange dé grosâièretô et dé préciosité. C'est
peut-être chez Marguerite d'Ângoulême qu e ces défauts opposés, la mièvrerie prétentieuse et la vulgarité crue, se sont montrés le plus souvent Tun àcôté de l'autre. Dans sa NativiUy Joseph et Marie sont ainsi accueillis par Thôtelier :
Mon logis n'est pour telles gens que vous.
Vous n'y povez apporter que des poux.
Dans la même pièce, les bei^ers regardent la crèche par la porte entr'ouverte :
— Voyei Fenfant et celle qui l'allaicte.
— le poupon, regardei comme il tette 1
La même reine, esprit si raffiné, désignait ainsi Tarbre de la science du bien et du mal :
... L'arbre que Dieu détend Qui fait le cœur devenir éléphant Par un orgueil de science trop vaine
Les auteurs des mystères n'avaient aucune idée du ridicule, soit dans le style, soit dans les pensées. Une certaine naïveté (à travers laquelle on croit voir déjà quelquefois percer un sourire) semblait envelopper tout. Dans les miracles de Sainte Geneviève j pendant que la mère de Geneviève gémit dans les douleurs de l'enfanteraenl, sa servante fait cette réflexion :
Bien fiit sote la druerie De quoi si gryes malz sont venuz.
Dans la Passion de Troyes, Fange Raphaël vient ordonner à Adam d'avoir commerce avec sa femme; celle-ci s'écrie :
J*ay grande récréation D'avoir telle nouvelle oïe.
Gomment pourrons-nous savoir si des traits de ce genre étaient absolument sérieux, ou si le demi-sourire, la pointe
malicieuse, je ne dis pas de Voltaire, mais de la Monnoye, n'est pas cachée sous ces naïvetés? En certains passages, je crois bien qu'on la sent percer. Dans la Nativité jouée à Rouen, en 1474, le traditionnel Procès de Paradis met aux prises les quatre vertus : Vérité. Justice, Miséricorde et Paix. Elles crient si fort que Paix finit par leur dire :
Paix céans, ces propos cessez Et totalement délaissez.
Ce n'est pas chose bien honneste Qu'on voie noise ne tempesie Entre vertus
La plupart des poètes, des /ac^ewrs, comme ils s'appelaient, nous pourrions dire faiseurs^ car ce néologisme semble inventé pour les désigner, avaient le tort de composer avec une rapidité plus ridicule encore qu'étonnante. Andrieu de la Vigne acheva en cinq semaines son mystère de Saint Martin, destiné aux gens de Seurre. Ce mystère comprend vingt mille vers. Personne aujourd'hui n'oserait se vanter d'en faire autant. Si le goût en littérature se définit par le choix, on pense bien qu'une pareille précipitation ne laissait pas le temps à l'auteur de choisir entre deux mots, entre deux idées; mais il prenait pêle-mêle tout ce que lui dictait une verve trop abondante. Au fond tout souci littéraire faisait défaut; on travaillait en vue delà représentation seule; et tout était bien si elle réussissait.
Nous avons dit les défauts; nous pouvons bien dire les qualités. 11 y a sinon des mystères entiers, du moins des passages considérables dans beaucoup de mystères, qu'on pourrait, sans paradoxe, déclarer excellents. La forme adoptée de préférence, le vers de huit syllabes à rimes plates, pouvait se prêter facilement à des pages vives, simples, familières, d'un style plus séant au théâtre que l'alexandrin, toujours un peu guindé, ou du moins, apprêté, solennel à la scène. Le vers héroïque est oratoire; le vers de huit syllabes est vraiment dramatique; il a l'allure qui sied à l'action. Le talent d'écrire manqua trop souvent aux auteurs des mystères, pour qu'ils
Wè kES MYSTËRK8.
pusaeQt lirer parti de cette forme heureuse ; mais quand il ne leur fit pas défaut, je ne crains pas d'avancer qu'ils donnèrent le modèle d'un stjle dramatique excellent. Peut-être est-il à regretter que les poètes classiques ou modernes n'aient pas cherclié dans celte voie un moyen de varier ou de rajeunir le style de la tragédie et de la comédie.
La plupart des beautés qu'on peut relever dans les mystères tiennent assurément au fond plu» qu'à la fofme, à l'idée plus qu'aux expressions. Il ne notiâ paraît pas que ce soit là une raison pour refuser tout mérite aux poètes qui ont su sentir et dégager la grandeur et le pathétique dU sujet qu'ils avaient choisi, et y donner une forme nouvelle et particulière qui ne fût pas indigne du fond. Il y a en efTet çà et là, dans les mystèresi des scènes entières qui sont incontestablement sublimes : ainsi la dernière entrevue du Christ et de Marie, où Marie^ suppliante quoique soumise, veut écarter ou adoucir l'horreur de la Passion ; où le Christ inexorable lui répond : ^ Tout s'accomplira comme il est prédit. i>
Sainte-Beuve lui-même, si sévère en général (nous n'osons dire injuste) pour le théâtre du moyen âge^ n'a pu se défendre,- en lisant cette scène, d'une minute d'admiration. Que disje? il la rapproche d'une page fameuse d'Euripide, et ce n'est pas Euripide qu'il trouve sublime. Il rappelle fort à propos a cette Scène de l'IIippolyte mourant, où Ton voit Diane, la chaste vierge, mais qui n'a pas été mère, ne pouvoir veiller et assister jusqu'au dernier soupir le mortel même le plus chéri et qu'elle a le plus favorisé ; « C'est que les larmes sont interdites à mes yeux, » lui dit-elle. Les seules approches de la mort, la seule vue d'une agonie seraient pour elle une souillure. Les voilà bieui ces dieux antiques, qui ne connaissaient que la félicité et qui fuyaient la douleur. Quoi I vous prétendez aimer votre Hippolyte,0 chaste déesse, et vous ne savez pleurer, vous ne pouvez pleurer! infirmité des dieux bienheureux? où sont leurs entrailles?».; Elle ne trouve, en le quittant, à lui promettre que la gloire, des honneurs, un nom; et elle s'éloigne au moment o,ù il a le plus besoin d'être consolé et assisté! A quoi' sert d'être aimé d'un tel dieu? On comprend^
L£ STYLE KT Ll YIRSIFIGATION. M^
on peut mesurer par la scèiie de notre mystère le progrès, non littéraire, tout raOral que Thumanité avait fait depuis lors dans la manière de concevoir la pitié chez un dieu. C'est l'ordre de charité^ auquel était fermé l*antique Olympe *. »
Mais aussitôt Saintel-Beuve ajoute qiië fitOtis iie devons sa- \oir aucun gré àGrebari et à Jeâri Michel d'avôif été sublimes, parce que la sublimité était sans doute dans le christianisme, et non pas dans leur œuvre. Cependant ne peut-on dire que, s'il suffisait d'exprimer des idées chrétiennes pour être sublime, Jean Michel et Greban l'eussent été plus souvent? Plus ils sont en maint endroit monoton^cf, insipides^ grossiers, plus il faut les louer franchement lorsqu'ils réunissent la force, l'originalité, la grandeur.
Il est bien vrai que lés meilleures pages des mystères sont dues à une inspiration tdiïtë dhrêliehtië. Mais* ëst-il donc si aisé d'exprimer dignementles idées religieuses? Combien il est difficile au contraire de ne pas rester au-dessous de la grandeur du sujet, et que de preUvdS l'dii eu poûrtèlit trôdver dans les mystères eux-mêmes !
Nous indiquerons un autre morceau (tiré du Roi Avenir de Jean le Prieur), où l'art du poète nous paraît avoir heureusement répondu à la sublimité d'une îdée qu^îl empruntait d'ailleurs à la légende des saints>
Josaphat est le fils d'un roi païen; son père le fait élever dans une retraite absolue, espérant lui cacher l'existence de la pauvreté, de la vieillesse et de la mort; car il craint que son fils ne cherche dans la foi des chrétieiis le remède contre ces maux. Mais un jour Josaphat obtient de tJUittër la prison dorée où on le retenait dans mille plaisirs, tl rèiicoiitîre un lépreux qui lui demande une aumône.
LE LADRE
En Tonneur dé la Vierge pure, Monseigneur, vaillante personne, Plaise vous donner une autnosne
1. Nouveaux lundis, t. IH, p. 414 (lé mpm^ dti Siè^t é^OtUans),
A celui qui n'en peut gaingner. *
{Let courtisant chargés de la garde du prince veulent repousser le mendiant.) ,
LE DUC ÉGYPTIEN
Paix, viUain ! qu'on vous puist noyer !
Qui vous fait tel parole dire ? .
Endurer vous feray martyre Si meshuy vous oy mot sonner.
LE LADRE
Si rien ne me voUei donner
Au mains ne me destoumez point.
ZARDAIN le fiert et dit
Villain, ne vous tairez-vous point?
Que maudit soit votre visaige I
JOSAPHAT
Ah! Zardain, vous faites outrage.
Ça pourquoy Favez-vous batu?
LE COMTE GREC
Monseigneur, il vous est meschu !
Si vostre père le savoit Certainement mourir feroit Trestoute vostre compaignie.
ZARDAIN.
Oui, car c'est une maladie Qui se prend, sans plus, au sentir; Et jamais l'on n'en peut guérir.
Las, reculez vous, Monseigneur.
JOSAPHAT
Et d'où vous vient ceste dolleur, Mon amy, dites, je vous prie ?
LE LADRE
Monseigneur, c*est mesellerie De quoy mon corps est assailly;
Ainsi est par celuy piigny A qui je puis avoir mespris.
LE DUC ÉGYPTIEN
A Vulcain ! nous serons repris Du Roy ! mauldit soit le truant !
JOSAPHAT
Allez vous en toujours devant; Je vous suivray, ne vous doublez.
Or, mon amy, or me comptez D'où vous vient ceste dolleance ?
LE LADRE
C'est Dieu qui prent de moy vengeance
De ce qu'a luy j'ay offendu.
Vivre me fait en desplaisance,
De toute ma joie abatu.
Mon corps est pugny et batu
Des verges de pugnition.
Mais si je le prens sans argu
Ce sera ma salvacion.
ZARDAIN.
Monseigneur, escoutez le son De vos instrumens. Quel soûlas
JOSAPHAT
Faites cesser ceste chanson Afin qu'ilz ne soient tant las
LE DUC ÉGYPTIEN
A ! traître, quant tu parlas En ce jourd'huy a Monseigneur, Saches bien que tu en mourras En peine et amere dolleur I
LE LADRE
Las ! tu n'auras guère d'onneur Quant occiras la créature, Par cruauté et (par) fureur.
Que vois que tant de mal endure,
Plaine de toute poorriture, Attendant les vers qui yiendront Prendre sur elle leur paslure Sitost que morte la verront.
Quant tu aura$ 0909 corps tii^ Pour de sa paioa r^llegw»
Pouvremcnt auras labouré De toy contre moy efforcier.
De petit tu me peus blessier; Et quant tes tirans m'occiront Tu auras donné a mangier A ceulx qu'après te mangeront.
JOSAPHÂT.
Qui sont ceulx qui mangier viendroi^ Ton corps? veuille le moy compter.
«ARDAIW.
Monseigneur, veuillez luy doaui^ Une aumosne, et voi^eo yie;adrez; Car certes plus vous n'y sere^.
Vostre père Ta deffendu ; Et s'il avait ceci sentu, Trestous mourir il nous feroit.
LE COMTE €REC
Plus n'y serez, comment qu'il soit.
Et comment, qu'est-ce, Josafat?
Est-ce d'un fils de Roy Testât A chacun paillart qu'il verra Parler a luy ! Pas n'est cela.
Or sus, et ne le faites plus.
JOSAPHAT
Mon amy, ne m'en dites plus.
Ne vous chault de parler si hault.
Je perçoy que vostre sens fault, Je le vous dy. Ça, mon amy.
Tenez, je vous donne cecy Prenez en gré.
LE LABRE
A I Monseigneur
Mourir me feront a dollar
Vos gens, quant demeuré feray.
JÇftiPBAT.
Non feront, cv ja leur dir^y* Reste coy. Sus. Alloo»^ marcb^f^