C*en est fait : mon orgueil est forcé de plier
L'inexorable Aman est réduit à prier.
Par le salut des juifs, par ces pieds que j'embrasse. Par ce sage vieillard, Thonneur de votre race, Daignez d*unroi terrible apaiser le courroux : Sauvez Aman, qui tremble à vos sacrés genoux.
la poésie. Nous ne mépriserons pas dans les mystères ces fleurs isolées qu'on cueille et qu'on respire en passant ; nous ne dédaignerons même pas ces chansons souvent touchantes, d'ordinaire railleuses ou comiques, parfois bouffonnes, que les personnages destinés à égayer la pièce (bergers, aveugles, valets, fous) viennent débiter entre deux scènes tragiques. Il y en a de fort jolies|; et à défaut d'une publication complète des mystères (œuvre de longue haleine), on devrait en recueillir cette partie chantée, qui n'était pas la moins originale. On trouvera quelques chansons dans nos Analyses^ où nous avons indiqué ou transcrit plusieurs morceaux qui dans les mystères nous ont frappé par une certaine valeur littéraire. Quelle que soit l'imperfection du genre, apprécié dans l'ensemble, il serait encore aisé de composer une agréable anthologie dramatique du moyen âge.