‹ Les mystèresChapitre 84 sur 115 · Voy. C. Port, ouvrage cité plus haut · texte numérisé non relu

Voy. C. Port, ouvrage cité plus haut

2. Voy. Bibliothèque de l'École des chartes, série C, t. III, p. 361 à 393. — B. Hauréau, Hist. litt. du Maine, t. III, p. 567.

sait comment^ secrétaire du duc de Savoie, à Chambéry; puis secrétaire de la reine Anne de Bretagne à la cour de France. Il suivit le roi Charles VIII dans son expédition en Italie, écrivit le Journal de cette guerre et le présenta au roi, lorsque celui-ci rentra en France*. Orné du titre assez vain de « facteur du roi », c'est-à-dire poète de Sa Majesté, André de la Vigne ne paraît pas avoir recueilli d'ailleurs un grand profit de ses travaux de cour. Dès l'année qui suivit le retour d'Italie, nous le voyons établi à Seurre (en 1496) et traitant avec la municipalité et les notables de cette ville pour la composition du mystère de Saint Martin. M. E. Fourniercite une requête présentée le 30 avril 1504? au Parlement de Paris, par maistre André de la Vigne, « escolier estudiant en l'université de Paris, » afin d'obtenir le maintien de son privilège pour la publication du Vergier d'honneur. M. Fournier en avait conclu que cet André était un fils ou un neveu, en tout cas un héritier du poète, et son homonyme. Mais cet André est tout simplement le poète lui-même % qui, loin d'être mort, en 1504, composait cette année-là les Complaintes et Épitaphes du roi de la Bazoche ; enl508 etenl514, deux importantes sotties * ; et dans cette même année 1514, les Épitaphes de la reine Anne de Bretagne, sa protectrice. Qu'on ne s'étonne pas qu'il prît, à un âge avancé déjà, la qualité d' « étudiant >. Gomme bazochien, il pouvait la réclamer à tout âge, s'il y trouvait quelque avantage ^

— Nous ne savons rien du chanoine Pra, de Grenoble, qui fut chargé par les entrepreneurs du mystère des Trois Doms, qu'on devait jouer à Romans en 1509, d'écrire le « livre »,

1. Ce journal fait partie du Vergier (Thonneur, ouvrage publié par le poète après la mort de Charles VIII, et longtemps, mais à tort, attribué à Oclavien de Saint-Gelais.

2. Dans son Théâtre avant la Renaissance^ p. 157. Le document est tiré de l'ouvrage de L. de la Borde, Parlement de PariSj préface, p. XLiii.

3. Anciennes poésies françaises (Bibliothèque elzévirienne), t. XII, p. 108.

4. Celles du Nouveau Monde avec Vestrify etc., et celle où paraissent le Monde, Abus^ Sot dissolu, etc. Nous en parlerons dans la suite de cet ouvrage.

5. Andrieu de la Vigne est nommé dans la Louange des bor^s facteurs de Pierre Grognet, Paris, 1533. (Voy. Biblioth. elzévirienne, Anciennes poésies franaises, t. VII, p. 1).

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en d'autres termes de composer le myslàrd« Il reout pour ses honoraires d'auteur cent cinquante florins, et pendant huit mois de séjour à Romans il fut déArayé de ses dépenses à raison de douze florins pour lui et son clerc ou seorétaire. Il reçut en tout 255 florins. Le florin valait, en 1509» 9 fr.» 83, valeur intrinsèque, En admettant que la puissance de Taisent fût en 1509 dix fois plus forte qu'aujourd'huii le chanoine Pra aurait regu 4M5franc8 pour son mystère, et 2971 fr. , 50 pour ses frais de séjour. Le chanoine, comme tous les auteurs des mystères, travaillait trop vite. La première réunion des notables de Romans avait eu lieu au mois de juillet 1508; et dès le 14 août, le fécond dramaturge offrait aux commissaires la première c journée ». Us furent sans doute médiocrement satisfaits, car le lendemain, 15 août, ils firent venir dd Vienne maître Chevalet, « grand fatiste » (poète) auquel on doit le mystère de Saint Christophe^ représenté à Grenohle en 1527. Cette œuvre n'était pas encore écrite en 1509. Mais Chevalet, qualifié plus tard ( au titre de l'édition de Saint Christophe imprimée en 1530) de « souverain maistre en telle oomposi* lure », et qui, dès 1509, s'intitule « fatiste de Vienne ;>, de* vait être en possession, dès ce temps, d'une réputation établie. Chevalet, « pour ce qu'il ne volit pas besognier avec le chanoine Pra*, » ne resta que quelques jours à Romans et regagna Vienne au plus vite. Il reçut cependant dix florins d'indemnité pour sa peine, et cinq florins, deux sous, neuf deniers pour ses frais (en tout quarante-trois livres, qui en vaudraient quatre cent trente aujourd'hui). Le chanoine conti^ nua seul son travail ; mais il le soumit aux commissaires dans plusieurs séances consécutives, et on lui imposa tant de retouches et de corrections qu'il fallut l'indemniser spécialement de ce fait par un don de neuf florins. Encore, la veille de la représentation, on rappela en hâte Chevalet pour qu'il remaniât le rôle des « tyrans », dont on n'était pas satisfait. Il vint, resta quatre jours et reçut en tout, cette fois douze flo-

i. Voy. Compotitiony mise en »cènê et repréientatUm du myitère de9 iraU />om«par M. Giraud ; Lyon, Perrin,1848,in-4.>-T.II,/{epré5ento^iOf»,1509,HoiQ»n9»

rins trois sous (34 fr.67, aujourd'hui 346 fr.70). Un détail curieux, c'est qu'un acteur, Estienne Combez des Goppes, lui fit retoucher aussi son rôle particulier ; le poète reçut neuf sous pour ce petit service (2 frJ2, aujourd'hui 21 fr.20).

— Maître Ghevalbt était, selon Guy AUardS un gentil* homme du Viennois portant de giieules au cheval échappé d'argent AUard lui attribue le prénom d'Antoine; Chalvet* rappelle Claude. Nous avons dit plus haut qu'au titre de son grand ouvrage, le mystère de Saint Christophej joué à Grenoble aux fêtes de la Pentecôte de l'année 1527, il est qualifié : a Maître Chevalet, jadis souverain maistre en telle compositure )», Ces expressions semblent s'appliquer à un poète défunt mieux qu'à un poète vivant; il est donc probable que Chevalet ne vivait plus à la date où fut imprimé son mystère, c'est-à-dire en 1530. Il dut écrire d'autres pièces; le souvenir s'en est perdu. Mais une conjecture assez vraisemblable lui attribue le mystère des Saints Phocas et Zacharie^ joué à Vienne, sa ville natale, en 1506 ^

— Gringorb ou Gringoire est, parmi les auteurs des mystères, le seul dont la postérité se souvienne ; encore doit-il probablement la meilleure part de sa célébrité à l'auteur de Notre-Dame de Paris. Ajoutons que le vrai Gringore ne ressemble guère à celui du roman, et vécut même à une autre époque*. Il était Normand de naissance, msds il vécut surtout à Paris, et, vers la fin de sa vie, en Lorraine. On ne sait quand il naquit; mais son plus ancien ouvrage, le Chasteau de La^ ftotir, parut en 1499; en 1502 les magistrats parisiens le chargèrent de composer un mystère mimé pour une entrée solennelle. Il reçut bien des fois le même honneur dans les quinze années suivantes. Il se maria ', probablement déjà mûr, le 80 mai 1518. A partir de l'année 1527, date où il publia ses Notables enseignements ^ dicts et proverbes^ on n'entend plus

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