Id., ibid
Dans les comptes de la maison du duc d'Orléans pour les années 1392 ot 1393, il est fait mention des pgfts payés à Gilet Vilain, Ilannequier le Fèvre, Jacquemart le Fèvre, Jehannin Esturjon, « joueurs de personnages » du duc *. Mais quel était le répertoire de ces comédiens ? S*élevaient-ils jusqu'au mystère ? Nous l'ignorons. On a publié aussi le contrat d'apprentissage passé en 1390 entre un aspirant comédien, Iluguenin de la Chapelle, et deux ménétriers de Dijon, nommés Voulant et Roissignat *. Mais cette pièce, curieuse en ce qu'elle alleste l'existence, dès la fin du xiv« siècle, d'une profession régulière de comédien, ne nous dit pas si ces acteurs de métier avaient part au jeu des mystères.
Quelques amateurs passionnés du théâtre semblent n'avoir eu d'autre métier que d'aller çà et là jouer des pièces, tantôt graves, tantôt bouffonnes, sans s'être cependant regardés comme des comédiens de profession. A Ghaumont, en 4541, messires Mathieu Michault, Jehan Fagotin, Laurent Beraud, € prebstres », Symon Guillet, Loys Drouot, Jehan Potier, Baltasard Lasne et autres, ayant joué divers mystères sans grands profits, ils demandèrent à messieurs de la ville une indemnité de dix livres tournois'. Ils obtinrent cent sous. M. Jolibois a publié la lettre en vers qui contient leur demande et peint assez bien leurs mœurs :
Mesdits seigneurs, si vous plaist ordonner Ausdits joueurs, et que leur soit donné La dicte somme de dix livres cy mise, Vous en serez ungjour bien guerdonné; El si je fault vous plaira pardonner A ma plume qui a feict rentremise.
Regardez donc que très paouvres suppotz Sont tous destruitz de payer les impoiz El la deppence qui font aux taverniers; En telle sorte qu'ils ne laissent deniers En leurs moiges qui est leur propre borce ; Droit qu^l y est il fanh qu^on le desboroe,