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ment le parti que vous m’offrez pour parvenir à une confraternité qui me seroit bien chère. Je sens comme vous que pour cela 1l faut que je rime en l'honneur du Prince, et que l’épitre en ce cas est l’ouvrage le plus convenable; mais je vous avouerai que ce genre n’est pas le mien. Je n’ai fait dans ma vie que deux épitres, encore sont-elles très-foibles; vous en avez pu voir une dans le journal de Nancy, adressée à M. lintendant d'Amiens : il est vrai qu’elle y a parue très-défigurée, et avec des fautes typographiques inexcusables. L’auteur de ce journal paroit n’être guère soigneux de corriger les épreuves.
Malgré mon inaptitude épistolaire, je vais faire mes efforts pour tirer de mon cerveau quelque chose qui ne soit pas tout à fait indigne d’être présenté au prince , et ne tarderai pas à vous l’adresser ; en attendant, je vous envoie quelques fruits de mes loisirs, qui n’ont pas encore paru, à Pexception, cependant, des trois derniers morceaux, qui ont été insérés dans l’Année littéraire ; presque tous sont dans le genre
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épigrammatique. Vous jugerez s’il s’en trouve qui puissent être montrés au prince.
Je me recommande et m’en rapporte à vous sur les moyens d’obtenir son suffrage.
Je travaillois à une parodie en vers de Médée , tragédie dans laquelle il y aura beaucoup de caricatures sur plusieurs autres tragédies , lorsque la maladie que je viens d’essuyer, et qui a mis un retard considérable dans toutes mes affaires, m’a obligé de renoncer pour quelque temps à tout travail littéraire. — Recevez, je vous prie, les vœux sincères que je forme pour vous , et soyez persuadé que ce n’est point Pusage seul qui les dicte, mais bien des sentiments plus nobles et plus purs. — Je vous embrasse de tout mon cœur et suis, etc.
Le C.
Abbeville, le 7 janvier 1786.
Monsieur, voici mon épitre au prince Kabardineki. J’aurois bien désiré qu'elle
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fût plus digne de lui, mais j’ai fait tout ce que J'ai pu. Vous n'ignorez pas combien ce genre est difficile, et combien il est rare d’y obtenir des succès ; il ne faut que du goût pour juger une épitre , maïs 1] faut être poëte pour en faire de bonnes, et c’est bien à cet égard que l’on peut dire :
La critique est aisée et l’art est difficile.
Au surplus, j'ose espérer que vous voudrez bien présenter au prince mon foible essai ; muni de votre passeport, peut-être sera-t-il accueilh, et me procurera-t-1l Pavantage de devenir votre confrère. Je viens d'obtenir l’assurance de la première place qui vaquera à Pacadémie d’Amiens, et ce seroit, lorsque j'en serois membre, une grande satisfaction de pouvoir vous y introduire. Quand votre poëme sur les amusements de la campagne aura vu le jour, ce sera, je crois, le vrai moment d’agir à ce sujet : je vous indiquerai alors la marche qu'il faudra suivre. — Je n’ai pas encore recu votre brochure sur le magnétisme ; mandez-moi si vous lavez fait