‹ Les mystiques, par l'abbéChapitre 34 sur 63 · LES IAN6UES DÉVIES S · texte numérisé non relu

LES IAN6UES DÉVIES S

ce costume modeste qui seul coaneodrak a ua ancien ecclésiastique, oa ne durait rien ; il se rendrait justice, et demanderait ainsi publiquement notre indulgence pour sa faiblesse. Hais il ne parait pas se douter de sa position.

Le curé de sa paroisse, qui est un saint prêtre, est ?enu chez moi il y a deux jours, et il m'a dit que M. Raphaël de Nervieux était fier comme tout autre qui n'aurait jamais joué ce vilain rôle.

— Vilain rôle est bien le mot, chère madame, ajoutait la comtesse de *^''. Un homme qui, entré dans TÉgiise, renonce au sacerdoce, c'est toujours une monstruosité. Quand on a écouté une fois la parole de Satan qui atfire au mal, on ne tarde pas à lui donner l'empire dans son âme, et bientôt on roule, entrsûné par lui, dans l'abîme.

• C'est bien regrettable pour madame de Lentiily ; mais elle aura beau faire, son fils s'est jeté dans la boue. Dans le monde comme il faut, on n'aime pas les défroqués.

Telles furent quelques-unes des aménités par lesquelles les parfaits de Lyon et de Brindas exprimaient leurs répulsions pour l'acte de généreux dévouement de Raphaël. Pourtant, dans le grand monde, l'hostilité contre Raphaël fut moins générale, et se calma plus vite que parmi le reste de la gent dévote. Madame de Sainte-Colombe, la comtesse de *** n'avaient ni filles ni nièces à marier. La pensée que Raphaël était riche et fils unique, contribua beaucoup à calmer la pieuse indignation des autres f^mes de raristocratie lyonnaise.

Les jésuites, toujours prudents, ne manifestèrent pas leur mécontentement, bien qu'il fût très-vif. Ils comprenaient que, si le jeune de Nervieux se mariait, leurs espérances sur la fortune de sa mère se trouveraient fort diminuées. Ils avaient déjà à lutter contre la concurrence

des autres ordres religieux. Madame de Lentilly, surtout depuis son second veuvage, mettait partout un peu de son cœur et de son argent. Elle avait résolument accepté son rôle de vieille femme, — et les dévotes ne s*y résignent pas plus facilement que les mondaines, — elle dépensait Tactivité de son caractère dans les dévotions anciennes et nouvelles, toutes fort besogneuses de leur nature. Le Père Gribeauval combattait avec peu de succès le zèle de sa pénitente. Toute soumise qu'elle était, elle ne comprenait pas toujours que la Compagnie de Jésus, ayant le privilège de faire le bien d'une manière plus parfaite que tout le reste du clergé régulier et séculier, — tellement que le bien qui n*est pas opéré par les jésuites peut à peine s'appeler un bien, — il était donc au moins inutile de porter ailleurs des ressources dont la société savait faire uu si bon usage.

Raphaël prêtre, madame de Lentilly appartenait aux révérends Pères; mais, si par son fils elle rentrait dans la vie de la famille, elle leur échappait sans retour. La famille est l'ennemi naturel des moines.

Madame de Lentilly se courbait sous l'orage qu'elle avait soulevé. Elle se gardait bien de dire aux intimes que c'était pour lui plaire que son fils renonçait à sa vocation. Son confesseur et Véronique savaient seuls ce terrible secret. Véronique, tout en lui promettant le silence, se montra si indignée et lui fit de tels reproches que la comtesse se promit bien de ne plus s'exposer à de semblables mercuriales. Elle voulut calmer le courroux de la sainte par une riche offrande à la chapelle de sainte Anne.

— Madame, lui répondit Véronique, vous avez déjà fait beaucoup pour ce sanctuaire vénéré; pensiez-vous

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