‹ Les mystiques, par l'abbéChapitre 36 sur 63 · U PAROISSE MYSTIQUE · texte numérisé non relu

U PAROISSE MYSTIQUE

quée de la perfection mystique appliquée au hasard à toute créature. La grande conséquence du système a été une leçon faite au Christ» et dercspritdounéài*Évan» gile.

Le nouveau curé de Brindas était le type de ces esprits ardents qui confondent la vie chrétienne, à laquelle toutes les âmes sont appelées dans TÉglise, c*est-à^dire la vie pratique des devoirs, avec la vie ascétique) à laquelle s'attachent exceptionnellement certaines natures contemplatives. La grande doctrine du Galiléen a surtout son immense valeur, parce qu'elle estune application nouvelle de l'idée croyante faisant de tous les hommes des adorateurs en esprit et en vérité, écartant ainsi à jamais toutes les théories mystiques si chères aux sacerdoces qui se placent médiateurs entre Thomme et Dieu. C'est par là que le Christ a été surtout révélateur, et qu'il faut dire que la révélation chrétienne à été la grande révolution de l'humanité.

Le sacerdoce juif et le sacerdoce païen se trouvèrent les vaincus de cette révolution étonnante; ils durent toiQber, malgré tout ce qu'ils purent fulminer d'anathèmes contre les Galiléens contempteurs du culte établi par Moïse, et des superstitions idolatriques, devant une notion nouvelle qui mettait le royaume de Dieu au fond de chaque conscience humaine : Regnum Dei inlrà vos est.

Les vieilles idées, détruites par l'apostolat primitif, reposaient sur ce principe : Tremblez devant mon sanctuaire. Pateiê ad sanciuariummeurti. Elles renfermaient Dieu dans un édifice; il était là dans sa toute puissance mystérieuse, imprimant la terreur. Le sanctuaire était interdit à tout profane, sous peine de mort. Le sacerdoce seul s'approchait de ce lieu redoutable. El c'était par

lui, par des offrandes» par des sacrifices de bétes, par des libations d'eau, par Thommage de pains consacrés, de lumière entretenue, de parfums d* encens, répandus au moment de la prière, que le croyant entrait eu communication avec Dieu. Juifs et païens ne comprenaient pas autrement Tadoration. Quelques natures d* élite avaient eu le pressentiment que cette religion de Tenfance de rhumanité prendrait fin. Les philosophes, chez les païens, s'étaient détachés de la foule sur cette question grave, et avaient été l'objet de la répulsion du sacerdoce, intéressé aux bénéfices des cérémonies religieuses. Les prophètes, chez les Juifs, avaient annoncé que partout, un jour, serait offerte une « oblation pure » ; et David, l'un des plus illustres, était allé jusqu'à devancer l'Évangile, quand il avait dit à Dieu dans l'un de ses plus beaux poèmes : « Vous ne prenez aucun plaisir aux holocaustes; le sacrifice digne de Dieu est un cœur contrit et humilié d'avoir fait mal. »

La première parole que saint Paul adresse aux grecs de l'Aréopage est que « rien ne manque à Dieu, qu'il n'a pas besoin de culte par la main des hommes, nec nianîbtM hominum coliiur indigtns aliquo ; qu'il n'habite point dans des temples, non in manufaciis templis habitat; et qu'il est facile d'aller à lui, de le toucher, de le trouver, puisqu'il est près de chacun de nous, et que nous avons, en lui, la vie, le niouvemenl et l'être {AcL XVII, xxiv et suiv.)

C'était une révolution radicale; et nul dans le monde ne s'y trompa. Saint Paul acheva la théorie nouvelle :

« C'est vous qui êtes le temple de Dieu, la construction de Dieu, Templum Deiesiis. »

L'Eglise primitive se fonda sur ces données si précises

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