IV. — Moïse épouse ime madlanite
Dans toute la Genèse, le sentiment qui prédomine xelativement à la race est celui-ci : Le peuple Israélite a de nombreux frères descendant comme lui d'Abraham , le grand ancêtre; mais tous ces peuples-frères, par les croisements avec les femmes étrangères, se sont abâtardis; lui seul, peuple d'Israël, a conservé pur le sang originel en ne s'alliant qu'à des femmes du même Sang et de la même origine. Le mythe du mariage d'Isaac et des mariages de Jacob est, à cet égard, d'une clarté saisissante. Gomment alors admettre que la légende, si elle avait tenu primitivement Moïse pour Hébreu de race pure, lui eût fait épouser une femme d'un des sangs les plus impurs parmi les Abrahamides, le sang d'unie peuplade encore plus méprisée que haïe parles Israélites?
. Et si l'on se porte au passage des Nombres, XII, 1 , qui, n'accordant pas même à l'épouse de Moïse l'avantage d'appartenir à la postérité de Sem, en fait une Ethiopienne, descendante de Gham, ce fils maudit par
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Noé dans sa lignée, comment concilier la légende de Moïse avec celles d'Isaac et de Jacob? Jacob a pu servir de longues années chez Laban et être en Mésopotamie père de nombreux enfants, sans dommage pour réclat ni la noblesse de sa race; car le pays où il servait était le berceau même de sa race; et les femmes, soit de haut rang, soit de rang inférieur, qui lui donnèrent des enfants, n'avaient pas de sang mêlé dans leurs veines; elles appartenaient au même rameau de TEmbranchement sémite.
Concluons donc que si la tradition a fait épouser à Moïse une Madianite ou une Koushite, et si elle a fait de lui pendant 40 années, quant à la vie et quant aux mœurs, un vrai Madianite, c'est que primitivement la tradition ne regardait pas Moïse comme un membre de la famille israélite.