‹ Les mythes de la BibleChapitre 2 sur 118 · I. — Baee et Peuple · texte numérisé non relu

I. — Baee et Peuple

Le sens compréhensif de certains mots qui jusqu'à nos jours se prenaient pour synonymes tend, grâce aux travaux scientifiques, à se restreindre de plus en plus; les mots y gagnent en précision, et le langage en clarté. Telles sont, par exemple, les expressions race et peuple. Aujourd'hui, pour les savants, Race et Peuple sont deux termes sans relation ; la Race est un groupe anthropologique ; le Peuple, un groupe social.

I. La Rage. — La Race est un groupe d'êtres humainsfondé sur la communauté des caractères physiques et physiologiques.

Les caractères physiques comprennent, entre autres, le squelette, la conformation du crâne, les particularités des cheveux, de la peau, etc.

Les caractères physiologiques comprennent surtout ceux de qui dépendent les phénomènes intellectuels ; la vigueur et la capacité intellectuelles dépendent étroitement du fonctionnement de la substance cérébrale; et ce fonctionnement, du développement des hémisphères cérébraux, etc.

Ces caractères physiques et physiologiques ont été reçus d*ancêtres communs; ils sont transmis héréditairement ; d'où résulte cette conclusion que la Race a pour fondement la, filiation,

II. Le Peuple. — Le Peuple est un groupe social dont l'établissement, œuvre en général d'une longue série d'années, s'est fait sous l'action des événements les plus divers, en dehors des caractères physiques et physiologiques de^ individus qui ont fini par constituer ce peuple.

Prenons pour exemple le Peuple français, lequel est celui de l'Europe où l'unité nationale est la plus complète. « On y découvre au Nord les descendants des Belges, des Wallons et autres Kymris; à l'Est, ceux des Germains et des Burgondes ; à l'Ouest, des Normands ; au Centre, des Celtes, lesquels à l'époque même où leur nom prit naissance, étaient formés d'étrangers d'origines diverses etd'autochthones * ; au Midi enfin, des anciens Aquitains et des Basques, sans parler d'une foule de colonies, comme les Sarrasins qu'on retrouve çà et là, les Tectosages, qui ont laissé à Toulouse l'usage des déformations crâniennes, et les trafiquants qui passèrent par la ville phocéenne de Marseille ^ » Bref, ainsi que le dit le docteur Topinard, il y a un peuple français, il y a des citoyens français, mais il n'y a pas de race française.

Oti entend par caractères ethniques (du grec ethnos,

i. AuTOCHTHONE, du grec atUos même, Chthôn terre; qui est du pays même; qui n'y est pas venu par immigration. 2. Topinard, Anthropologie, page 468.

peuple) tous les faits qui résultent de l'association des hommes entre eux. Le mobile général de Tassociation est le besoin de se défendre contre Tennemi commun et de s'aider mutuellement à supporter les charges de la vie. Il a pour effet rétablissement de coutumes, de règles et bientôt de lois écrites ou transmises verbalement de générations en générations.

Au nombre des coutumes caractéristiques d'un peuple il faut ranger principalement les rites associés aux grandes époques de la vie, c'est-à-dire à la naissance, à la puberté, au mariage, à la parturition et à la mort; les habitudes de tatouage, de mutilations opérées sur les dents, le nez, les oreilles, etc.; enfin, toutes les cérémonies afférentes aux croyances religieuses.

Un groupe ethnique peut encore être caractérisé par le genre et la forme des ustensiles, des armes, des habitations et de la nourriture.

Enfin la langue fournit un caractère, sinon décisif, du moins d'une grande valeur; c'est l'un des matériaux les plus importants sur lesquels s'appuie l'Ethnographie •.

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