‹ Les mythes de la BibleChapitre 25 sur 118 · Maspero, Hts^ ancienne, pages · texte numérisé non relu

Maspero, Hts^ ancienne, pages

Les Koushites hyksôs apportèrent avec eux en Egypte leurs dieux et leur religion. Gomme ils étaient inférieurs en culture morale et intellectuelle à leurs sujets égyptiens, ils durent avoir recours aux scribes égyptiens pour le service du Trésor et de TAdministration. Une fois admis à l'école de l'Egypte, les Barbares entrèrent rapidement dans la vie civilisée. La cour des Pharaons reparut autour des rois Pasteurs avec toute sa pompe et tout son cortège de fonctionnaires grands et petits. La religion égyptienne, sans être adoptée officiellement, fut tolérée; la religion des Koushites subit quelques modifications, soit pour ne pas blesser outre mesure la susceptibilité des adorateurs d'Osiris, soit par suite d'une tendance naturelle à l'unification.

VIL — Continnation de rimmlgration sémitique

sous les Hyksôs.

Sous les rois Pasteurs, le courant de Timmigration sémitique en Egypte continua, courant pacifique, car le camp retranché d'Avaris opposait un obstacle insurmontable à toute invasion guerrière. Ce qui poussait les Sémites asiatiques en Egypte, c'était d'une part la misère où les plongeaient les incursions touraniennes, les dissensions intestines et les disettes. D'autre part, ils étaient sûrs de trouver un accueil bienveillant auprès des rois Pasteurs; car ceux-ci sentaient le besoin de se fortifier au milieu d'une population hostile en établissant dans le pays ou en admettant dans l'armée des hommes sémites comme

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eux, ayant même religion, et qui par cela leur seraient dévoués. Aussi le palais des rois Pasteurs s'ouvrit plus d'une fois à des conseillers et à des favorites asiatiques; le camp retranché d'Ha-ouar enferma souvent des recrues syriennes ou arabes.

Invasions, famines, guerres civiles, tout semblait conspirer à jeter en Egypte, non pas seulement des individus isolés, mais des familles et des nations entières. Chassées d*Our-Kasdim, comme on Ta vu plus haut, les tribus sémitiques, sous la conduite de Tharé ou Térah, étaient venues s'établir sur la rive gauche de l'Euphrate, près de Ilarran, en Mésopotamie. Bientôt après, une partie d'entre elles franchit l'Euphrate avec un chef que la tradition appelle Abram ou Abraham ; elle traversa la Syrie du nord au sud et campa dans la terre de Kanaan. La plupart s'y établirent après avoir guerroyé, soit contre les peuples du pays, soit contre les princes chaldéens qui poussaient jusque-là leurs incursions (Genèse, XIV).

Les unes franchirent le Jourdain et formèrent les peuples de Moab et d'Ammon.

D'autres s'enfoncèrent dans le désert méridional et formèrent le noyau principal de la nation des Edomites.

Les autres, les Béni-Israël, ainsi appelés du surnom mystique d'un de leurs chefs, après avoir longtemps promené leurs tentes à travers le pays de Kanaan, descendirent en Egypte avec tous leurs biens. Le pharaon koushite qui régnait alors leur assigna la terre de Goshen, où ils prospérèrent.

VIII, — ExpalslAD des rois Paateurs; coMaèqueitees.

Sniis la domination des rois étrangers comme sous la liumination des rois indigènes, l'Egypte n'avait piis ress^ d'être administrée féodalemeot. Les Pasteurs (;laii.4it solidement établis dans la Basse-Egypte et la Moyi.'ime-Égypte; ils l'étaient beaucoup moins dans la llaute-Égypte; le prince de Thèbe s jouissait d'une granihi influence sur les autres seigneurs de la province. Naturellement les seigneurs indigènes de la llatitn-Égypte supportaient impatiemment le joug des l'aslciirs sémitiques. Saisissant un prétexte religieux, le |iriiice de Thèbes leva l'étendard de la révolte et fimiJa la XVII» dynastie. La guerre de l'indépendance (liiiVL cent cinquante ans. Chassés successivement de lu Mipyenne et de la Basse-Egypte, les Pasteurs résisttTt'Lil longtemps à toutes les attaques dans leur caitiji retranché d'Ha-ouar. Ala fin^ un grand homme du .u-iwrre, Ahmès 1", emporta Ha-ouar d'assaut. Les (léhrii, des Hyksôs se retirèrent en Asie, où les Égyplienri li.'S poursuivirent et les battirent encore une fois. La tloiiiination des Pasteurs en Egypte avait duré six siècles et demi. Le vainqueur Ahmès I" devint le lonihiteur de la XVIII^ dynastie.

L'armée des Pasteurs, détruite ou rejetée en Syrie, n'i?\i>l;iit plus; mais le gros de la nation resta en K.Liyiil.i', préférant l'esclavage sur une terre qu'elle haliiUiit et cultivait depuis si longtemps aus chances hasardeuses qu'offrait une émigration dans les déserts.

asiatiques ou chez des peuplades maîtresses du sol et décidées à en défendre la possession avec acharnement. Les tribus sémitiques, entre autres, les Béni- Israël, et les tribus syriennes que les rois Pasteurs avaient établies entre le désert et les branches orientales du Nil, suivirent l'exemple des Pasteurs koushites, elles restèrent en Egypte.

La situation réciproque des Egyptiens et des Sémites se trouva renversée. Sous la domination des Hyksôs, c'étaient les Égyptiens qui étaient employés à tous les ouvrages, sous les ordres d'ingénieurs et de contremaîtres sémites. Après la restauration de l'indépendance égyptienne, ce furent les Égyptiens qui devinrent les maîtres : les Sémites furent réduits à la condition d'ouvriers esclaves et traités par les Égyptiens avec la dureté que déploie tout ancien esclave devenu maître à son tour.

Sous les rois de la XVIII® dynastie, la situation des Sémites ainsi asservis ne s'empira point; il n'en fut pas de même sous les Pharaons de la XIX* dynastie. Lorsque Ramsès II Méïamoun, celui que les Grecs appellent Sésostris de l'un des noms populaires du Toï (Sestou-rd ou Sessou-rd), eut achevé ses guerres victorieuses, une paix profonde de 46 années régna sans interruption. Ramsès II put se livrer à son goût pour les constructions monumentales *. Pour ces immenses travaux, on employa les prisonniers de

i. L'un des obélisques de granité qu'il fit élever à Thèbes se dresse aujourd'hui sur la place de la Concorde, à Paris. Les hiéroglyphes glorifient Ramsès.

guerre et les Sémites établis en Egypte. La rigueur avec laquelle les traitèrent les ingénieurs égyptiens leur rendit intolérable le joug auquel ils s'étaient jadis résignés; ils n'attendirent plus qu'une occasion pour s'enfuir de l'Egypte.

Ramsès II eut pour successeur son fils Ménéphtah, l'Aménophis des Grecs. Ce prince hérita du goût de son père pour les grandes constructions. Mais après la mort de Ménéphtah, de grands troubles éclatèrent en Egypte. Dans les années qui précédèrent et suivirent la mort de Séti II, fils de Ménéphtah, l'anarchie atteignit le comble. « Le pays s'en allait à la dérive », liton sur un papyrus. Les esclaves étrangers que les Pharaons avaient emmenés en Egypte et les Sémites depuis longtemps asservis se soulevèrent de toutes parts. C'est en ce moment que se place l'exode des Béni-Israël. Sous la conduite de Moïse, ils abandonnèrent leurs cantonnements et, comme le firent au xviii^ siècle de l'ère chrétienne les Kalmouks du Volga, ils se mirent en marche avec tous leurs biens. Après avoir franchi l'isthme de Suez en côtoyant la mer Rouge, ils tournèrent brusquement au sud et se réfugièrent dans le désert de Sin. Moïse avait compris que la meilleure chance de salut pour les Béni-Israël était de se tenir à l'écart de la grande route militaire qui longeait le rivage méditerranéen. Cette route, en effet, était celle que suivaient nécessairement les armées égyptiennes lorsque les Pharaons les conduisaient hors des frontières, soit pour faire des conquêtes, soit pour réprimer les révoltes des provinces

assujetties. C'était réciproquement la route suivie par les armées asiatiques ou par les hordes qui voulaient envahir TÉgypte.

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