III. — Méthode disposition suivie par l*etlinos^aphe
éloliiste.
« Le chapitre X de la Genèse, dans la conception parfaitement consciente et raisonnée de son premier auteur, contient donc une généalogie de peuples et non d'individus et de patriarches. De là toute son économie. Les grandes collectivités ethniques, les groupes de nations étroitement apparentées entre elles, les vastes unités de races et de langues entre lesquels récrivain a voulu montrer un lien d'affinité et d'origine commune, sont les fils des trois enfants de Noé. Les peuples entre lesquels se divisent ces grandes unités sont représentés comme leurs fils, les descendants au deuxième degré de Sem, Gham et Japhet. Enfin lorsque l'écrivain a voulu pousser la division plus loin, et dans les peuples distinguer des tribus, il
\. F. Lenobmant, Origines de VHistoire, tome II, page 310. 2. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVII, 3.
ajoute un nouveau degré de génération et en fait des petits-enfants de la première génération issue des fils du rénovateur de Thumanité. Le plan de cette construction est, on le voit, remarquablement logique et clair, bien tracé et conçu dans un plan de synthèse scientifique. On y voit les nations enfanter les nations; en procédant ainsi par collectivités, au lieu de chercher à le faire par individus, l'auteur est justifié de réduire à un petit nombre les degrés de génération. 11 n'a plus à exprimer la longue suite de générations obscures et oubliées par la succession desquelles les familles primordiales sont devenues des clans, les clans des tribus, les tribus des nations, subdivisées à leur tour en nouvelles tribus, qui finissent par grossir au point de s'élever au rang de peuples. Cette simplification, indispensable pour arriver à. présenter les choses d'une manière intelligible, pour les résumer en un tableau dont les linéaments soient faciles à saisir, revêt ici une forme bien plus satisfaisante que dans la méthode mythologique qui métamorphose les collectivités de peuples en éponymes individuels et fabuleux * . »