Dans la note de M. Maspéro
chain. Un homme sans culture s'élève peu au-dessus de la brute; esclave des appétits grossiers, il devient un danger social. L'insouciance des parents laissant toute latitude à l'éclosion de ce péril, l'État a dû prendre la défense de la société menacée ; il a rendu l'instruction obligatoire. L'homme non vacciné est un terrain tout préparé pour la propagation de l'horrible maladie qu'on appelle la variole; ce sera pour supprimer le fléau dans son foyer et protéger ainsi la société civilisée contre l'incurie des ignorants et des imbéciles que l'Etat décrétera l'obligation de la vaccine.
Il en a été de même pour la circoncision ; l'incurie des parents qui, faute d'une opération simple et sans danger, vouaient leurs enfants aux chances, soit de maladies graves, soit d'une impuissance conjugale nuisible à la grandeur de la nation, cette incurie attira l'attention du législateur; celui-ci la rendit obligatoire en lui donnant, comme il convenait à ces époques où la religion était tout, un caractère sacré. La circoncision devint une cérémonie fondamentale, un acte de foi et d'obéissance à l'égard de la divinité.
C'est sous le règne d'Ézéchias que cette évolution semble s'être manifestée avec une certaine force. « La circoncision, dit M. Renan, de simple préparation au mariage qu'elle était à l'origine, devenait de plus en plus une règle religieuse à Jérusalem. C'était un des usages les plus anciens de la nation ; mais la signification religieuse ne fut pas d'abord très précise. Les prophètes ne parlent jamais de cette pratique. Ils la trouvaient évidemment chose secondaire. Ni le
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livre de rAlliance, ni le Décalogue ne contenaient non plus rien à cet égard, sans doute parce que la chose allait sans dire et n'était pas encore tenue pour un précepte. Le caractère religieux cependant prenait de plus en plus le dessus. La loi de la circoncision allait bientôt devenir fondamentale. Tous les gens prévoyants, tous les bons pères de famille la pratiquaient sur leurs enfants pour leur éviter plus tard une situation fausse, exactement comme il en est de nos jours de la vaccination. Il fut reçu que lahvé (Jéhovah) le voulait ainsi et qu'on manquait à un précepte de lahvé en ne circoncisant pas son fils dès les premiers jours *. »
Cette tendance à convertir une coutume hygiénique en institution religieuse s'était manifestée un siècle avant Ézéchias, avec netteté dans l'Histoire sainte de l'Elohiste, assez obscurément dans l'Histoire sainte du Jéhoviste.
D'après l'Elohiste, la circoncision a été instituée par Abraham, sur l'ordre même de la Divinité, avec un caractère absolu d'obligation pour toute la descendance d'Abraham. « Genèse, XVH, 10. Voici le pacte que je fais avec vous afin que vous l'observiez, et votre postérité après vous. Tous les mâles d'entre vous seront circoncis. — 12. Tout enfant mâle qui aura huit jours sera circoncis parmi vous dans la suite de toutes vos générations. — 14. Tout mâle dont la chair n'aura pas été circoncise sera exterminé du milieu de son peuple, il aura violé mon alliance. — 23. Alors Abraham prit Ismaël son fils et tous les esclaves nés