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que contient Exode, IV, 18; XVIII, 1, S, 6, dans tout le chapitre.

Et voilà que dans Nombres, X, 29, le beau-père ne s'appelle plus Jéthro, il reprend le nom de RagueL

Ces contradictions montrent qu'on est en pleine légende.

B. Contradictions sur V épouse. — Zipporah est Madianite ; comme les Madianites descendent de Madian, fils d'AbrahametdeKétoura(6^né5e,XXV,2), il s'ensuit que Zipporah est une Abrahamide, de race croisée; et par Abraham, elle descend de Sem, le premier fils de Noé. Enfin, les Madianites peuplaient le sud et l'orient de la Palestine.

Or voilà que dans Nombres, XII, 1, le frère et la sœur de Moïse se mettent à clabauder contre Moïse et essayent de soulever le peuple contre lui parce que, disent-ils, il avait épousé une femme koushite.

Les Koushites descendaient de Koush, fils de Cham [Genèse^ X, 6). Il s'ensuit que la femme de Moïse n'était plus Abrahamide ni descendante de Sem; elle était Chamite, c'est-à-dire descendante de Cham.

En outre, dans la Bible, le pays de Koush désigne toujours l'Ethiopie; il s'ensuit que la femme de Moïse était Éthiopienne.

La contradiction entre les deux récits est absolue ; les deux récits appartiennent à deux légendes différentes.

IV. Mission confiée par Dieu a Moïse. — Pendant 40 années. Moïse resta auprès de son beau-père, gardant les troupeaux. Moïse avait donc 80 ans (Exode,

VU, 7) quand Dieu lui apparut dans un buisson ardeot et lui conOa la mission de faire sortir d'Egypte Us Israélites.

Dans VExode, la mission donnée à Moïse est racontée trois fois; ces trois récits sont empruntés à trois sources différentes.

Premier récita — Exode, III, IV; ce récit est jého" viste.

Deuxième récit. — Exode, XI, 1-12; VH, 1-13; ce récit est élohiste.

Troisième récit.— Exode, VI, 13-30; ce récit est d'une source inconnue.

Le buisson ardent appartient au récit jéhoviste. H n'y a pas de buisson dans le récit élohiste ni dans le troisième récit.

Ce dernier résume la mission en un verset; puis il commence une généalogie de tribus d'Israël, donne la descendance de Ruben, celle de Siméon, celle de Lévi; il s'étend longuement sur celle-ci; enfin, laissant de côté les autres tribus, il revient à la mission que Dieu confie à Moïse'.

Tout est légende, avec les contradictions que comportent des récits empruntés à des sources différentes.

V, Les dix plaies d'Égtptb'. — 1" La plaie des eaux du Nil changées en sang (Exode, Vil, 20) ;

1. U. Reuss, Hist. sainîe, tome II, page 18, la note, fait observer aviu! reiionque cette génËalo^e détaillée de Lévi, dans le troJHièJiic rC'cil, a pour but évident de consliluer ud état civil illustre à Moïse et à Abaron; il n'est point parlé de Marie,

S. Pour ne pas allonger fastidleusement reipoaition en

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20 La plaie des grenouilles (Exode, VIII, 6) ;

3» La plaie des moustiques (Exode, VIII, 16);

40 La plaie des "taons (Exode, VIII, 24);

S<> La plaie de la peste des bestiaux (Exode, IX, 6);

6? La plaie des ulcères (Exode, IX, 10);

70 La plaie de la grêle (Exode, IX, 24) ;

S^ La plaie des sauterelles (Exode, X, 14) ;

90 La plaie des ténèbres (Exode, X, 22);

10<> La plaie de la mort des premiers-nés (Exode^ XII, 29).

Préalablement, xAliaron avait changé son bâton en serpent. Les magiciens en font autant de leurs bâtons ; seulement leurs serpents sont mangés par le serpent Israélite (Exode, Vil, 12).

Comme l'avaient fait avant eux Moïse et Aharon, les magiciens changent les eaux en sang (Exode, VII, 22). Quelles eaux? dit M. Reuss, puisque toutes les eaux avaient été changées en sang par Moïse et Aharon. j,

Comme l'avaient fait Moïse et Aharon, les magiciens font venir des grenouilles (Exode, VIII, 7) * .

transcrivant en détail les divers incidents de la vie de Moïse, je me contente de les énumérer presque sèchement, les supposant connus du lecteur. La division suivante est consacrée à l'examen critique de l'ensemble.

1. Ces miracles opérés par les magiciens font la désolation des théologiens : ils essaient de les expliquer par des tours de prestidigitation ; leurs commentaires sont parfois plaisants. Par exemple, dans son Dictionnaire de théologie, article Magiciens et Magie, Tabbé Bergier suppose que les magiciens avaient « enchanté des serpents avec des drogues qui leur 6tent le pouvoir de mordre », puis, les avaient substitués adroitement à leurs b&tons. « Mais le serpent de Moïse dévora

Pour la dixième plaie, l'Éternel fait marquer ayec du sang les portes des Israélites, afin que, dans la nuit, rÉternel exterminateur ne se tfompe pas, c'està-dire ne fasse pas périr un premier-né Israélite au lieu d'un égyptien (Exode, XII, 23). Dieu infaillible qui peut se tromper si on ne marque pas la porte! Quelle conception de la Divinité !

VI. La sortie d'Egypte et le séjour au désert. — Tous les faits qui se passent à la sortie d'Egypte et durant le séjour au désert sont miraculeux, c'est-à-dire en dehors des conditions de toute réalité historique. Tels sont :

1» Le passage de la mer Rouge à pied sec et la des* truction de l'armée de Pharaon {Exode, XIV, 21-28) ;

2^ La subsistance de deux millions d'Israélites, guerriers, femmes et enfants,' pendant quarante ans, au moyen d'une substance sucrée appelée la manne {Exode, XVI, 35) ;

30 La manière incompréhensible dont ont pu se nourrir les grands troupeaux que les Hébreux avaient emmenés d'Egypte {Exode, XII, 32-38) et qu'ils ont traînés avec eux au désert, puisqu'ils se plaignent de manquer d'eau pour eux-mêmes et leurs troupeaux {Exode, XVII, 3. — Nombres, XX, 4, 11). Ces grands troupeaux n'avaient rien à manger ; de quoi ont-ils vécu?

ceux des magiciens» ce qui démontre que ce n'était point un serpent enchanté et affaibli! » Pour le miracle des grenouilles, Fabbé Bergier dit que les magiciens ont fait sortir des grenouilles c par des appâts ou des fils imperceptibles >. Ils les tiraient par la patte t

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40 Le miracle du rocher de Horeb ; Teau jaillit sous le bâton de Moïse {Exode, XVII, 6) ;

50 Les deux séjours de Moïse au Sinaï où chaque fois il reste 40 jours et 40 nuits sans boire ni manger * ;

60 La mort merveilleuse des conspirateurs Coré, Dathan et Abiron ; la terre s'entr'ouvre sous leurs pieds et les engloutit {Nombres, XVI, 31-33).

Tous ces événements appartiennent au domaine des légendes et des fictions; ils sont absolument dénués de tout caractère de possibilité réelle.

VIL Lacune de 38 années. — Le livre des Nombres, jusqu'au chapitre XIV, raconte ce qui s'est passé au Désert durant les deux premières années. Du chapitre XV à XIX, il n'existe aucune indication chronologique, sauf la conspiration de Coré,Dathan et Abiron, au chapitre XVI; les autres chapitres,XV,XVnjXVIII, XIX, sont remplis de prescriptions relatives au culte. Tout d'un coup, au chapitre XX, on se trouve transporté à la 40® année du séjour au Désert {Nombres^ XXXni, 38). On assiste à la mort de Marie, XX, i, puis à celle d'Aharon, XX, 28. Cette lacune inconcevable donne un grand poids à l'opinion de M. Renan qui assigne au séjour des Hébreux dans le Désert une durée de 18 mois à 2 ans.

Enfin Moïse meurt sur le sommet du mont Nébo, dans la plaine de Moab; il avait 120 ans {Deutéro,, XXXIV, 1, 5, 7).

i. Voir précédemment Les deux Déealogues, page 254.

IL — Examen critique.

I. Les ACTES de Moïse. — Tous les actes sont légendaires; pas un n'a le caractère de vérité historique.

II. Les PAROLES de Moïse. — Le Cantique de Moïse {Deutéro., XXXII) est l'œuvre d'un auteur qui vivait avant la destruction de Samarie * .

La Bénédiction de Moïse est une imitation de celle de Jacob; elle a été composée sous le règne de Jéroboam II, roi d'Éphraïm *.

m. Les témoignages anciens et Moïse. — A, Le chant de Beër (Nombres, XXI, 17, 18) dit que la source à été creusée par les chefs du peuple ; il n'y a pas eu miracle ; Moïse n'est pas nommé; il avait donc disparu •. Le chant de Beër est emprunté au livre des Guerres de Jéhovah.

' B. L'épisode de Balaam (Nombres, XXII, XXm, XXIV) suppose l'absence de Moïse. Or l'épisode de Balaàm appartient au livre des Guerres de Jéhovah^ c'est-à-dire aux anciens témoignages.

rv. Les Prophètes et Moïse. — Dans les livres des Prophètes antérieurs à Jérémie, c'est-à-dire qui vivaient aux ix«, viii« et vii^ siècles, on ne trouve rien qui ressemble à une citation; le nom même de Moïse n'y paraît qu'une fois ou deux.

1^ Joël, de Juda, vivait au ix« siècle avant Jésus- Christ. Son livre est muet sur Moïse.

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