Reuss, Hist, sainte, tome II, page 6, note
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ils s'étudièrent à convertir en nom égyptien le nom hébreu de Mosé. Or, en égyptien, Teau se dit môou ou mou; la sjilabe se peut dériver du verbe sa qui signifie naître; on aurait alors pour nom « Môou-sèSy fils de Teau ». Ou bien, en usant du verbe oiiseï qui veut dire sauver, on aurait « Mô-ousès, sauvé de Teau ». Les Juifs alexandrins firent donc subir au nom hébreu Mosé la transmutation égyptienne qu'ils écrivirent en grec Mwua^, Moyses. De là le nom de Moïse, aujourd'hui universellement usité.
Gésénius, qui dans son Thésaurus, page 824, raconte les phases de cette crise étymologique, soupçonne, non sans raison, que les Juifs alexandrins avait pressenti la vérité en estimant que le nom du prophète devait être un nom égyptien. Mais les Juifs alexandrins se sont trompés dans leur essai de restitution. Ce n'est pas le mot artificiel de Mo" ses, étranger à la langue égyptienne, que représentait le nom de Mosé.
Dans l'ancienne Egypte et chez les peuples sémitiques, la plupart des noms propres contenaient en eux le nom d'un dieu suivi d'un membre de phrase indiquant le rapport de ce dieu avec le personnage dénommé. C'est ce qu'on appelle des noms theophor es ^ mot grec qui signifie porte-dieu.
I. Chez les Égyptiens : A. Thoutmos signifie le fils du dieu Thout; Thout ou Thôt est analogue au dieu Mercure du paganisme latin. La forme grecque est Thoutmosis.
B. Amenmos, le fils du grand dieu Amon;
C. Phtahmos, le fils du dieu Phtah, analogue au dieu Vulcain;
D. Ràmos, le fils de Râ, le dieu Soleil; Rà est aussi appelé Osiris ;
E. AhmoSj le fils de la Lune, c'est-à-dire de la déesse Isis, épouse d'Osiris. La forme grecque est Amosis ou Amasis. Etc.
II. Chez les Hébreux : A. Ismaël, celui que El exauce* El est le nom du grand dieu des Sémites.
B. Jehonathan, le don de Jéhovah ; ce nom équivaut au nom grec Théodore ;