‹ Les mythes de la BibleChapitre 99 sur 118 · C. Nathaniel, le don de El, le don de Dieu · texte numérisé non relu

C. Nathaniel, le don de El, le don de Dieu

D. Jehohanan (Jean), le bienfait de Jéhovah.

C. Hananiahj le bienfait de Jéhovah, c'est Téquivalent du nom phénicien Annibal, le bienfait de Baal ou du Seigneur, puisque Baal signifie le Seigneur. Etc.

IIL Chez les Chaldéo-Assyriens : A. Nabou-Koudourottssour (Nabuchodonosor), le dieu Nabou protège la couronne.

B. Assour-bani-pal (Sardanapale), le dieu Assour multiplie les fils.

A l'user, il est arrivé que souvent le nom divin est tombé ou s'est sous-entendu. M. Maspéro en a donné de nombreux exemples pour les Égyptiens, par exemple : Serka^ pour Serka-Râ; Nibmay pour Nibma- Rà, etc.

Chez les Hébreux, les exemples en sont très fréquents ; c'est ainsi que :

A. Jehonathan et Nathaniel se sont abrégés en Nathan , le nom du dieu est sous-entendu.

moïse 279

B. Hananiah et Jehohanan sont devenus Hanan, lequel est passé en français sous le nom de Anne. C'est ainsi que s'appelait le beau-père du grand prêtre Caïphe (Saint Jean, XVIII, 13).

G. Isaakel, c celui à qui Dieu. sourit », est devenu Isaac.

D. Kalbel, < le chien de Dieu » (dans le sens de obéissance et de soumission absolue à Dieu), est devenu Kalb ou Kaleb.

C'est en vertu de cet usage que dans le mot égyptien Ah-mos, le nom de la divinité a disparu; il est resté « Mos, le fils », que les Hébreux ont transcrit Mosé,

Gésénius pense que le nom du prophète hébreu Amos n'est pas autre chose que le nom égyptien dans sa forme pleine (Thésaurus, page 1044).

En montrant quelle part importante revient à l'Egypte dans les éléments constitutifs de la vieille théocratie israélite, les découvertes modernes confirment la conjecture de Gésénius. C'est ainsi que récemment *, M. Georges Bénédite a prouvé que Reovien, nom du fils aîné de Jacob, selon la légende, est un nom égyptien qui signifie le « Soleil qui brille »• Ce nom est inscrit sur une statuette égyptienne du musée de Turin, d'une façon entièrement conforme à l'orthographe biblique. Ce nom a été porté par deux rois égyptiens.

En résumé : 1° En voulant faire de Mosé un nom

i. Séance de rAcadémie des Inscriptions, 23 décembre 1891.

hébraïque, lequel aurait pour source la gracieuse, mais absurde légende deTenfant exposé sur les eaux du Nil, on a forgé une étymologie ridicule, étymologie qui n'a pas même le mérite de traduire ce qu'on voulait qu'elle traduisît.

2<> Les Juifs alexandrins ont entrevu avec sagacité l'origine égyptienne du prophète ; mais l'arrangement qu'ils ont donné au mot pour le faire concorder avec la légende est un pur artifice, sans fondement ni valeur historique.

30 En réalité, Mosé est le nom égyptien « Ahmos, le fils.d'Isis », avec la suppression du nom divin, si fréquente chez les anciens Égyptiens et chez les Sémites asiatiques. Ce nom écourté se retrouve tout entier dans le nom du prophète Amos.

IL —La famille de Moïse.

« Exode, II, 1. Un homme de la maison de Lévi avait épousé une femme de sa tribu. — 2. Cette femme conçut et enfanta un fils. 9 Moïse était donc un lévi.

Nous avons vu que les lévis ou lévites n'étaient pas autre chose que des Égyptiens élevés dans l'art de célébrer les cérémonies religieuses et de consulter les dieux; ils remplissaient ces fonctions sacrées auprès des Israélites. Plus tard, sous la conduite même de Moïse, ils accompagnèrent dans leur exode ceux dont ils étaient pour ainsi dire les chapelains.

Page 1