‹ Les mythes de Platon [microform]; études philosophique et littéraireChapitre 15 sur 37 · NU · texte numérisé non relu

NU

• , u- • A.U.^:^^ découle d'une conception tout a fait La theone de Baub déco ^^^.^^^ ^^

erronée du platonisme. Celui-c. a. dans v

caractère indiscutablement religieux ; ^^V^^ ,u chnstiason eschatologie soit ^^:^::J^.... eonsidénisme, sur lequel .la d -H^;" ;;^^^^ i-^gUse. Mais il est rable par l'intermédiaire d ^ -^^^J ^^^ j^^ s„,,,,e en

absurde '^^ -^^^:^^;::^^:^: ^o..^e aussi '""td'I.tlme'aln^X aussidélibérément ferniée pour éprise d eviaeme ru d'aristocratie

tous ceux qui n'appartiennent P- <» " «; ^.,^^„j =,

de l'intelligence. Malgré le -^Pf^^^;;,; ^e^rVenseignement son maître, Platon ne reconnaît »"'-"«" [ ^^ , ^„„

socratique comme un dogme ^-^'^^^;^ ^ ^Zon., de la ,gard sa pleine liberté ^e 1- -. Q» ^ « ^^__^^^^ tradition quel -M--^ t b e - ^ ^^ ^^^^^ ^^^^^^

dément dédaigneux de l 0P'"'°' démonstration dia-

lectique^ ? Lorsque ^e|i j.^^.^ ^^^j^,,.

se contenter de la P-bab.W du n> t e, ^^

tiers aux croyances des « Fctre > et d 1 ,^,j^^^^

trouvent avoir beauco p ^^^^^^ ^^^ .^^^^^ . ^„

En apparence peut-être le^.-q ^^ ^^^,^^^.

réalité, il les utilise ««"l'^'f "\f." K,- ^ ^^nsible sa théorie Uque, capable de -^\';- ^^ ; rs^thine des idées .

''l'""' t r.ro;. . : soit Loins éloigné de la vérité, son Bien que WinoM-ban ,^, n est exact

'■'"'t:ï^:;atinut';ha "»»•'» .•^-^o- " '»

que, chez hmpeaocie ^ i . radicalement incon-

H ' ^- ^ Ar. l'âme demeurent raoïcdit^i»'* »

Si: r:e:outl":o,o.is, dans le platonisme, s'orga-

. Cf. Cru. 44 e-a -, CUrm. 1 ^[^'^^^ ':^^^ • ,• or,.hi«n,<- : Baur les . De plus, ces croyancs »ri"'^'''";":;'J,i ,',, l ,„ujours isrnorées, et que

eoufoiul à ton avec la rehg.on popuUr qui ^^^1.,^^^ ^^,^^ ^^^ ^ ,,,.

l'ialon rcpu.lic éuergiquemeut. \ o.r plus

''1 A ce suie., voir plus bas, p. 260 2C4.

âsu:i»«â^-

ibS

niser pour la première fois en un tout cohérent. Mais ce résultat est la conséquence naturelle et nécessaire d'une spéculation qui subordonne la nature au monde intelli^rihle, et non pas l'œuvre d'un théologien désireux d'accorder coûte que coûte le dogme avec la raison, l'entre l'a me du mysticisme orphique, conçue comme un être indépendant du corps, et la force vitale postulée par une physiologie étroitement matérialiste, il ne pouvait y avoir de commune mesure ; si l'idéalisme platonicien, déjà plus qu'ébauché par la doctrine morale de Socrate, parvient au contraire à faire disparaître ce hiatus, c'est parce qu'il inaugure une véritable phdosophie de l'esprit à laquelle aucun des premiers penseurs grecs n'avait pu s'élever. En d'autres termes, l'éloge que Windelband décerne à Platon est pleinement mérité, mais ce n'est pas le mythologue qui doit en bénéficier ; c'est le dialecticien. Sans la théorie des idées et la psychologie qui en est le corollaire, les mythes eschatologiques ne nous donneraient rien de plus que les Kyfjy.rjtj/Â d'Empédocle : une notion de l'âmedémon que la Oîo>ot3{ T.tù 'Y^izhiz ignore, qu'elle exclut même absolument. Si d'autre [part ces mythes manquaient, l'apport essentiel du platonisme n'en serait guère diminué^ car ils complètent simplement les résultats de la dii\lectique sur les points où la connaissance rationnelle est impossible.

3. Les mythes ont une utilité pédagogique. (Théorie de Schleiermacher). — On sait que, d'après Schleiermacher^ Platon aurait écrit tous ses dialogues selon un plan préconçu, afin d'offrir au lecteur un exposé complet, systématique et progressif de la théorie des idées ; les dialogues critiques, comme le Parniénlde, ou mythiques, comme le Phèdre, devraient donc précéder les grands ouvrages dogmatiques et dialectiques que sont la République et le Timée ^. On sait aussi que cette hypothèse, peu vraisemblable a priori^ est condamnée par les inextricables difficultés d'interprétation qu'elle suscite, et que la méthode statistique lui a porté le

1 Schleiermacher, PL \\ erke, I, 1, Eiiil. p. 45-52, et spécialementp. 47 sq.

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, - , ,1 serait donc inu.ile, et d'ailleurs sans intècoup de graee. ^^, ^^u n~inier une fois de plus'; nous nous tZ::::::^'^-^^ a... . n.esu. o. .. concerne

le problème des -J^'e- ,,,toniciens soient destinés,

Est-il vrai que les m>thes , , ^^^^ plus

1' ^..t ,.r.i Schle erniilcher et d autre» , a r

con.me 1 ont . - u ch. i^i,,,.,,,hiques aux espr.ls peu

compréhens.hles les ^< Me. p. ^^^^^ qu'assigne

fanuliers avec l'abstraet.on . Ul *-;;; -j ,^, {..^ pas perdre à la fable l'auteur de la ''^ P'^^;:^.^"^^^,,,^ del'édude vue que le passage en ^^^^^^^ , Or l'iaton n'est cation des futurs g-^.ens de U <1 ^^^^.^^__^^^^^^ ^ ^,,

point ce maître d école 1'^ '";^;" ,^^„^.,,, , r,,age des «uvres sont tout ^^^f^^^^^^,, e'est-.-dire des enfants ou de ceux qu. leur ravaler

tain qu a Athtnes, ou discussions d'idées,

Socrate avaient accoutume les esprits a

Pla, Forscl. P. 6r,-0-, 70-72 ; Raedeb, PMon, p. 75- > r.t. Sr.ni:i TF.ss, HW. I orsin. \

"'*• -••2 «1- p. Théorie .'om A/.'/l'"'S P- " <^l "-' • ^'- *"*f^

, ... ex VotQuxnDSP.> Pr TWr « .1^^ ^^^^^ j,,„,,,e.ue„t dite

Teiciimûii-kk, PIM- tr. V- "• ^''

de Teiohmiiller, voir plus bas, p. "'"'';,. ..„gsiques insistent volontiers

. Rep. 376 e-3<.2 c. - Les auteurs P-^;'»-'|^„^„ j^g ,^.et 15-20 (à

sur cette utilité éducative ^^^J^^ Krarosthène) ; PuuT. De <.x^.poelu>,

,,.o,.os ,r,.ne ''';ff"-/,"37;'.''; :"c„;vsosT. Or. V, Fa6. ^V*- 1;^ ^ J"l,14d-16aet1'., 36 d-37 ^ ■ '. ^ Chez Julien (Or. \". 2^^

6r. VU. 206 c-207 b, 2'6 '>:223 K --Ç 'T''- ^,,, p„„^,,., „„ Pto,.

b-d). M.c.oBK (Commml m W. .^HP. . • ^^^ , 3,, ,, ,, .„

Bemp. comment, isroll, H. P- /> /• uhn. N- •'«'"•b- "'" ^'"''' '

S„ppl.-Bd. 1'., !«'.«. V-, ^29), "l'f^f^; . ,,„, de l'ésotérisme. et des des'mythes tout à fait étrangère a Platon . ^^^^ ^^^ ^.^.^^

images allégoriques ou "'y*^'!"^^ '"^.^ées à quiconque n'est pas .n.t«

pUiques, afin que f^^^^^^lZZlT^..,. " "'^ >» ^-'«.'ï"''.""?-'» f/

ce public était assez cultivé pour qu'il fut superflu de mettre la métaphysique en paraboles.

Si d'ailleurs Platon avait eu le dessein qu'on lui prête, il se serait bien mal acquitté de sa tàcliC de |)éda<rogue. Car la distinction entre dialogues mythiques et dialogues dialectiques ne correspond pas à la réalité, l^^n fait, la plupart des écrits platoniciens sont à la fois l'un et l'autre, saut* des ou vrages exclusivement dialecti(jues tels (jue le Pannciiide, le Théétèle, le Sophiste ou le Philèhc, ([ui comjitenl [)îirnii les plus ardus, et que Schleiermacher place pourlaut, par une bizarre inconséquence, au début de la carrière de Platon, sous prétexte qu'ils sont « critiques », donc « préparatoires » ; sauf, d'autre [)art, le Tiinée et le C^ril'uis, (|ui sont entièrement mythiques, bien que le même auteur les tienne tout aussi induement pour des u exposés scientifiques " (objective wissenschaftliche Darstellung).

En revanche, s'il y a des mythes dans le (iov^ias. le PliidoUj la République^ le Politique, etc., la dialectique puie \ tient une place bien plus grande encore \ de sorte que nous ne voyons aucun dialogue qui j)uisse élre luis entre les tiialns d'un novice pour l'introduire, par la vole de l'allégorie, dans les arcanes du platonisme. Tout inythi(jue qu'il est, le Tunée ne saurait remplir cet office ", et le Phèdre lui-méine — le Grundmijthos de Schleiermacher et premier dans la série des dialogues — est, tout bien considéré, d'autant i)lus difficile à interpréter convenablement qu'il est plus rlrhé v\\ symboles. I II lecteur absolument ignorant de la i)ensée plato-

^ Ileniirqui 1-5 r:i outre quo, dans les liols jucnilers «le {cs ouvrages, le mythe esl placé après la discussion dialecli({U( . «l non m'anl ; «jue par suite, il ne la prépare pas, mais la coinplîle : cr (jui va éjralement. à l'encontre de la théorie de Schleiermacher.

' 2 FouiLLFK [Phil de PL I, p. \\0, \\2 : II, p. 188) opposr 1- Tinm; « exotérique » et « po[)ulaire », au Parméitidc, «^ • sotéricjue » et <* philoso- ]>hi(iue ». Mais celte opposition n'a aucun sens, car d'une part le Parruénide, ouvrage pureni.'nt critique et négatif, n'est pas un exposé de la philosophii; j>latonicienn? comparable au Timêe, et d'autre pait le Tiinîw, ([uoi(|ue mythique, n'est nullement une œuvre de vulgarisation destinée à un jtuhlic « populaire ». Son caractère syml>olique et allégoriciue a de tout autres <;aiises, coai :i3 .uas le moatreroas plus Foin (voir p!us bas, p. 101)-21 1).

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..eienne ne po...aU certes pas ^-^;^^:Z:Z^t ,e cocher et les deux cours.ers, "'/» "P^^j^;;,,,,,,, et sans brèves allusi.-ns à des doctr.nes développée ameu ,« ..nnaissance préalable desque les le ^"^^ ,^^.

n'est plus qu'une ^"^■'^•=^^'°" •*"'"•!;; '^^tre Thypothèse de

,M,u. nous lournH -\-^;;;X„t:t: raie l'image du Schle.ern.acher, car s. ce « e <! - e- e ^^^ ^^

„.onstretriple.yu,aul..elX dU^.^^^ ^^ ^^^^^^.^ ^^^

l.,.„e, aurai. ^J^^^^^'^^'^.o. a choisi l'ordre nous trouvons des le U\re i v. h ..Hésories ou les

inverse, c'est donc qu'il - e.np lo.c p ^^^^^^^^^ ^, ,,, „,vthes pour se mettre a la P»'^*^'^ '!; J -^^ qu'aucune

i..itier a la philosophie, -«l^^'^XJ; 'nls fournir K des explications cr.t.quees jusqu i. . n

... ^ ,,„p rhétorique moralisatrice.

(Théories de Hirzei, ut; souvent beso n de les

[ l'our le pront ^^ ^^J^^ 'ZZ langue savoupiper », ren.arque le vieux Montai giques auteurs,

leuse 3. Or telle serait pi^cise-ner., ^:^^^^^^^ ,,,,.

,. raison ^^-^^^]^''^^^-^. pernicieuse des so- ;:;::'•• t: ^^ -.. autre, q^il oppose . la première,.

. P. .... .,-.i. ?....-:-v;. la it-'-,r r:r'rr.t" ^^'^-

;,;ent réel (2^.7 .) ; .i -,, es uiees (-.« «1 •^.;^.^,;, ,„,. „■, ., H. vo.

allusion à la rénuu.sceucc (249 c , . U .

AnM.M, PL .lugmddial. |.. \f-^'"^- eomimraisons qui abondent dans

les dialogues ont ,.our but d', lus^-r » -^'^^ ,,^l„„ (,„;, plus bas, ,„.i.,uemeut la nxanifestafon '^^^^ ,„„, ^eu. qui traitent des p 273 278U Mais «^'-^«t ''' "V.wfnar simple souci de clarté, et qui n'a sujets abstraits recourent -«'""l'"*;':';,;^/.,»^ suppose Schleiermacher.

•i jnde comn>un avec la -»^t"<"l'^ j'^f ,f ^ ". "et le 'poUU.ue, Platon re- 11 est vrai, dau.re part, que, '»-»'';^ Jj^^^ ,. examen des problèmes d.ffieommande l'usage des «-mples concrets dans ^^^ ^^ ^^^^.^^

eiles, mais c'est alors par ^f"'^""; ce sujet, voir plus bas, p. 187, n. 1 „„„ pour l'inexpérience du lectur. A ce su ^J ^o22-1923. t I.

. Essais, livre II, ch. xn, ed^ P^ Mo„i;igne comme un résume de 1»

p. 2W. (Les mots cités ««»! ^".""^''^'^rJre II et III de l^BépMique.) Lorie platonicienne du •if.oo;, aux 1.% res 11

et dont il reconnaît la légitimité à coté de la dialectique. La dialectique enseigne le vrai à l'aide de la démonstration ; la rhétorique se contente d'accréditer des opinions vraisemblables grâce à la persuasion. Kt comme la vraisemblance est le signe distinctif des mythes, nous dcv ons h's tenir pour l'application, par Platon lui-même, de la bonne rhétorique caractérisée dans le Phèdre^ c'est-à-dire d'un art qui cherche moins à présenter un sujet quelconque avec la plus grande exactitude possible, en vue d'atteindre la vérité, qu'à s'accommoder au tempérament de l'auditeur ou du lecteur, pour obtenir plus sûrement son adhésion ^.

Teichmûller, qui ne paraît pas avoir eu connaissance de la théorie de ilirzel, exj)rime cependant des idées analogues, sous une forme un peu différente. A l'en croire, les dialogues platoniciens ne sont pas, comme Zeller l'a pensé» des œuvres d'art désintéressées (idéale, zvvecklose Kunstproducten), car leur auteur s'était voué à l'éducation de l'humanité, il a voulu exercer sur ses contem[)orains une influence morale et politique. Or, pour avoir prise sur la multitude de ceux qui sont incapabl<*s de saisir les concepts et d'aimer la vertu pour elle-même, force lui était de s'abaisser au niveau de ces Ames fermées à la philos(>[)hie, et de leur parler le langage, non pas de la raison, mais du sentiment. Par là s'explique le mélange, bizarre à première vue, de dialectique et de mythe que nous offre son œuvre, (lomme il s'adresse à des lecteurs très différents de culture et de développement intellectuel, et que sa doctrine scientifique, si elle était pure de tout alliage, ne serait à la portée que d'une élite beaucoup trop restreinte, il y mêle sciemment des mythes dont l'effet sur le peuple ne peut manquer d'être salutaire. Qu'est-ce que les mythes ? Un ensemble d'opinions dépourvues de valeur philosophique, voire fausses et incompatibles avec les ])rincipes du plato-

1 IIiRZFL, Da.^ Rhelor. bel PL p. 1-15, 73-75. — Ilirzel est approuvé par Ritter [Platon, I, p. i:l>G sq., 576, et II, p. 45 sq. ; Die Abfasiungszeil des PJiaidros, Philol. N. F. 27, 1014, p. 350-352). Cf. aussi Teichmuller, Plat. tr. p. 96.

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nisme. Mais peu importe. Les philosophes, qui les reconnaîtront inirnéiliatentent pour telles, ne s'y laisseront pas tromper, tandis que lu masse des ar^iOr.-o^ y ajoutera fo,, et rè<.lera sa conduite en conséquence. Car le dialecticien tr.e av^ec soin les traditions populaires, éliminant imp.toyablen.ent toutes celles qu'il juge répréhensibles ou dangereuses pour la n.orale publique. Les autres, au contra.re, .1 les propage, et les érige en une « orthodoxie » d'une incontestable ul.hté sociale, tant il est vrai que « la rel.gion est un puissant levier d'action politique », et que seule la crainte des châtiments d'outre-tombe peut induire le comn.un des hommes a

pratiquer la vertu ^. .,..•. n .

CouTLKAT a repris intégralement la théorie de le.chmuller,

mais quiconque en chercherait l'exposé dans le De Platonic^s myUiU serait déçu. L'auteur de cet ouvrage procède a inventaire des mvthes, à la détermination de leurs caractères d.slinctifs ; puis il s'arrête en quelque sorte à p.ed d couvre, sans daigner nous dire à quoi il attribue leur présence dans les dialogues, loutefois, gr^ce au compte rendu de la soutenance de thèse de Couturat. nous savons que ce mathématicien égaré sur le terrain mouvant du platonisme considérait, lui aussi, les mythes comme des croyances dont 1 inep ,e n'échappe point au philosophe, bien qu'il s efforce de les inculquer à la foule en raison de leur efficacité pratique .

. Tk,chm,..leb, 6V,./.. ./cr B.,r. ,,. lfi2-iC(i I(;'.M78 PlaLFr. ^2 4 flm-.Uter.Fehdn,, I, p. 1-26-12H, '-"••^^''fi- •"'■'' '-'.r' 'V.Jrs

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