II. p. 123.— Liiite pretaLioii J ^ji^-i^^ ou des châtiments
foule du erime par la cramte de la vengeance mv
d'outz^-tombe se rencontre dé^à dans » -^-I^*;- ^^. ^ ^\^^, YoTh L 79 ^. (à propos des «.ytbes P^-omc-s) ; A^^^^ M.. Xl,^^^^^^^^^^ [TiM. Loch.] il-:?' 'Vj^^; xo7au>. 104 c-e , bruAB. i, i^ i i i
'Vt:::îrm</. de ^ soutenance de thèse de Couturat, Rev de met. et de
^^r M V UV SuDul P 15 sq. Cf. aussi De Plat, mythis, p. 69-72 —
mor. IV, juiUet I89b, huppi. p. ••> *4- . rnntnrat — « accoramoda-
Si nous l'avons bien compris, c'est la theone ^e ^o- "ra^ ^ ^^ ^^^^ ^^
•rmtimmmm
Voyons maintenant les arguments invoqués par ces trois auteurs. Ceux de Coutl rat se réduisent à son fameux critérium : il lui suffit de trouver n'importe où le mot a09oç, un mot présumé équivalent, une trace d'ironie, une métaphore poétique ou quelque autre « indice n aussi futile, pour conclure que le passage, parfois même le dialogue tout entier, est mythique, et que les idées qui s'y trouvent exprimées ne sont pas prises au sérieux par Platon. Comme cette méthode fallacieuse a été examinée et réfutée plus haut, nous n'avons pas besoin d'v revenir ^.
Les arguments de 'rEiCHMûLLEK, eux aussi, ont déjà retenu notre attention à propos de l'immortalité de l'âme, puisque c'est, en définitive, l'unique objet de sa théorie du mythe. Nous avons montré que l'immortalité personnelle est au nombre des convictions les plus fermes de Platon, et qu'au surplus, cette conviction n'est pas mythique, mais fondée sur des raisonnements dialectiques ; toute autre interprétation ne se peut justifier qu'en altérant gravement le sens de certains textes, qui ne laissent pourtant aucune équivoque, et en alléguant une contradiction imaginaire entre cette doctrine et les principes du platonisme ^
Quant à lIiRZEL,il atteint un but identique, mais il ne prend ])as du tout la même voie. Comparant entre eux des passages qui ont un sujet commun, il y remarque des différences, puis en conclut que l'un de ces passages traduit la véritable pensée du philosophe, tandis que les autres sont mythiques. Il examine en premier lieu les variations de la doctrine de l'amour ^, et le désaccord des trois exposés principaux de cette doctrine — à savoir le discours de Diotime dans le Banquet, et les deux discours de Socrate dans le Phèdre — lui apparaît comme la preuve, pour le moins inattendue, que le second discours de Socrate dans le Phèdre présente le problème
vrai, plus nuancée, mais qui lui enlève l)eaucoup de sa clarté sans la rendre plus acceptable à nos yeux.
1 Voir plus haut, p. 12-19.
* Voir plus haut, p. 126-134.
' IIiRZEL, Dns Rhelor. bel PI p. 15-39.
r VI
sous un faux jour afin de convaincre plus facilement l'auditeur, que par conséquent il est « mythique », et ne nous renseigne en aucune manière sur l'opinion réelle de Platon > Si nous laissons provisoiren.ent le Banquet de côté, nous devons avouer qu en ce qui concerne le Phèdre, ce raisonnement est paradoxal. En effet, non seulement Platon oppose, de son propre aveu, le ..;>,o, ).^,, au 5,i-,oo,- >,;^o. comme deux types de discours, l'un mauvais et l'autre bon, qui puissent fournir des exemples concrets aux considérations théoriques de la deuxième partie de l'ouvrage ^ mais surtout la hese que Socrate défend d'abord est, sans aucun doute radicalement erronée à ses yeux », de même que celle du discours de Lysias ; et s'il feint un instant de l'adopter, c'est selon un procédé qui lui est familier, dans l'unique intention de mieux mettre en lumière, par contraste, ce qu'il tient pour la vérité 1 II est donc absurde de s'appuyer sur le roi-o,- /.^yo,- de ï,ocrate pour déprécier le oùrt.., )^y,, qu'il „omme plaisamment sa « palinodie », absurde d'invoquer contre Ja théorie authentiquement platonicienne de l'amour que
' IIinzEL, op. cil. p. 3i.
J Cf. Pkaech: -262 c-d, 264 e-260 a. - Assuréme.a. le ,,.emier .liseours de Socrate „ est pas aussi défectueux ,,uc celui de L5si;s, qui .Lite dedé-
^b d.6^e). loutefois, mal^-ré cette supériorité de forme il „'en Zi pas mens sol ,mp.e et fallacieux dans son fond (PWrTv' b '44 a 26 \ b) il t^'^""''^"" '■"'''"''"* -''S-- '•" Jélire divin (2 4 a-'^s'
lots, et non pas le véritable l.ourJ.i;!Ç:Vu';;:::;.Ï
Ou du moins elle n est vraie que limitée au désir pmementphvsiaue qu,. d^pres PlaUm, n'est pas di,„e du nom d'amour (viir plus hauCp.Tâ
Socrate aecepte provisoirement, puis rejette les unes après îésautrcl^u sieurs dermitions du coura.e. de la sa.eL. de la justice, de la sdence etc' Souvent - et c'est le cas du Laclos, du Chanuide el du V/lfè "ucune
t:; n^i^T'au^: T""- '' ^t "-^ "^ ''^'^"^-'^ ^^ ".. ttuitat pir
rnnu" valaL rwT n"' '""""'î t""' '^ «"P""'?"". 'a dernière est reconnue valabe. Dans le B.mquel et le Pmre, le procédé est identique bien qu II soit applique d'une manière différente, à l'iide d'une série de dTs'coû!^ qui proposent chacun une autre définition de l'amour.
Perceval Frulucr
t^Ûl^i^
cette dernière nous révèle, la notion vulgaire et v.s.blenie.it repoussée par le philosophe, qui couslilue le thè...e des deux premiers discours du dialogue, celle d'un égarement tuneste et d'un désir aveugle de la volupté. . ...
Entre le Banquet et le Phèdre, d'autre part. Ihr.el note un certain noml.re de divergences dont nous n'indiquerons que la principale, les autres nous paraissant insignifiantes. Pour Diotime, l'amour est l'iustinct de la prociéalmn, par quoi tous les êtres animés participent à rimnu.rtal.te en perpétuant leur race ; chez l'ho.nn.e, cet instinct peut revcUr des formes de plus en plus élevées, et se manifester comme ambition de la gloire, qui coniero une sorte d'.mn.ortahle aux individus féconds selon l'esprit, l'our le Socrate du Phèdre, au contraire, l'amour est nue émotion purement spirituelle que i'àme éprouve au souvenir de la beauté idéale, et demeure, par conséquent, le privilège de Ihomme. Ma.sde quelque manière qu'on le conçoive, l'amour n en est pas moins une passion. Force est donc d-admettre. d abord que le désir est incorporel, tandis que le Phédnn h' rapporte au corps, et ensuite qu'il est étroitement un. à la raison, tandis que la Républujue et le Timée distinguent avec soin la partie supérieure de l'àn.e, seule in.niorlelle, des parties inférieures et mortelles. Ces incohérences sont interprétées par llirzel de la même façon que précéden.menl. On pourrait à la rigueur, dit-il, se tirer d'affaire en supposant que Platon a modifié sa doctrine dans l'intervalle ; mais celte autre hypothèse lui semble préférable : si l'amour et 1 àmc ne sont pas définis dans le Phèdre comme partout ailleurs, c'est parce que le discours de Socrate est un mythe, et qu'il use des licences de la rhétorique ». T)c nos jours, en revanche, on juge avec raison que le moyen le plus simple, le plus naturel et, di-
» H.BZKi, op. cit. p. 31-38. - D'après Hir^el, « im Pl,a<lros «ird der Kroa -elobt von eh.em Liel.enden, der durch dièses I.ob drn Oel.ebten fur sich gewinnen will. » (V. 32.) .Mais à qui pourrait-on tan o croire que Platon a écrit ce second discours du Phè.lre dans le seul dessein do nous montrer Socrate sous les traits d'un amant qui s eflorce de capter a son. l.rolit par des paroles spécieuses, les laveurs de son jeune auditeur !
soHs-le linidinu'iit, le ])lus ronforuu' aux faits ir^xpliquer la plupart des runtradictions (jin' nous offrent les dialogues, c'est de les attribuer à révolution d'une pensée jamais satisfaite. Or (elle est |)réeisénient l'explication qui s'impose à l'égard de la psychologie plat onicieime. Nous avons déjà montré * que. si cette psychologie est partout mythique, c'està-dire dépourvue de certitude scientifique*, elle n'en est pas moins prise au sérieux par le philosophe. (]ui, loin de la dénaturer sans scru]uile pour des raisons de pure tacticjue. comme îe prétendent Ilirz(d et d'autres auteurs ^. n^i cessé de la retoucher, renonçant d'ahord à la simplicité de Tàme affirmée dans le Phednn *, pour la tripait itioii daîis la Rcpuhlique et le
' Voir |)lus haut, p. 76-9 V
'^ Du moins l'i» ce rjui cont-crnc la tuiturv «If ràmo, car V iiuniori alité, on le sait, est dialcrtiqiic.
' Voir |>lus hauh, p. 77,d. 3 et 80-86, et. tl. snilout Gkotf, PUUo, l],p. 1j9- 161. - - ilroh' a ojM'if' une saine réaction c.ontr«' l«'S excès «lt*s« Sysleniatiker» et les atliétèses inconsitlérées «le ilialojjriies qui n'avaient d'autre tort que de compromettre rtmite factice exigée du platonisme. Mais il a «''té tro[» loin en s^Mis inversa, et Ton lèe saurait api)ronv<»r so« parti pris «rétu*.lier chaque dialogue coninio un tout al>solum«'Ut iu«lépcndant «les autres. Bien (\no les écrits platoniciens ne soient pas l'expression «fun système ri«:i(<e, ils ne nous oITrent [kis davanta«r«' une potissière «fopinions héténK'fitJS, car il y a entre eux «piantit.é de liens orf^aniques, une nn^me pensée directrice, une communauté d'iji.sj>iration que Thistorien ne peut néjrlijjer sans iaiJlir à sa lâche. Et si vraiment Platon modifiait ses do«'trines « to suit the pmpose of each dialo<;ue », comme le prétend (iiu>ri iPluU), If, p. 160), nous devrions le tenir [)Our un sophiste plnt«")t que pour un philos<q)he.
* Nous avons vu que c'est en général la tripartition qui est tenue à tort pour mythiipie, c'est-à-<lire pour non conïorm»' à fa véritable opinion de Platon (voir plus haut, p. 80 86). To,!t«'fo!s, certains auteurs prennent air contraire parti pour cette théorie contre celh- «!«' la simplicité de l'âme. Platon, disent-ils, a twujours été d'avis «|ue les passions sont psychiques, et si, dans le Phédon, il les attribue au corps et identifie I'àme avec la raison pure, c'est simplement pour éviter d'alounlir son exposé (Wii.amowitz, Platon, I, p. 33*) ; Shorev, Vniiyof PL thought, p. ^16), ou pour ré'futer plu» facilement l'objection de Fàme-harmonie, !aite par Simmitis, et donner une apparence de vérité à Thypothése moralement utile de l'immortafité individuelle (Teichmûller. Liter. Fehden, I, p. 2'i3-±'i6). Or, an lieu d'imaginer toute sorte de motifs peu vraisemblables, comme ceux que nous venons de rappeler, iî nous paraît infiniment phis simple et plus juste d'ad»mettre que les deux théories sont égaFement sérieuses, et que Platon a professe d'abord l'une, jusqu'au moment où il a préféré avec raison la seconde.
Phèdre, pK.* limitant, dans le T/meîe, l'immortalité au seul
^''''Quan''l T, a théorie de l'amour, il n'est pas nécessaire de l'envisager dans son développement historique, car, abstraction faite" de menues différences de détail, elle est essentiellement la même dans le Phèdre que dans le Banquet, et la contradiction alléguée par llirzel est une simple apparence, bi le ^i-co. liyo, du Phèdre ne parle guère que d'une aspiration idéale de l'ùme, ce n'est pas parce que Platon restreint induement le concept d'amour au point d'en exclure le desir sexuel, mais parce que, des diverses formes de 1 =y.);, qu U reconnaît certainement ici comme dans le discours de Uiotime, celle-là seule l'intéresse ; et bien qu'elle ne soit qu un genre particulier d'amour, il l'appelle néanmoins ef(,>,- sans autre spécification, puisqu'il la tient pour la plus pure et la plus vraie de toutes, ou, si l'on préfère, pour 1 ôooj; y.ocr èïoyvîv \ Dans le Banquet, il part de l'instinct brutal, commun à l'homme et aux animaux, pour en montrer la sublimation progressive jusqu'au degré suprême où le plaisir sensuel s'est mué en une contemplation intellectuelle de 1 idée du beau. Dans le Phèdre, au contraire, il n'a garde de repeter mot pour mot ce qu'il a déjà si magnifiquement expose ailleurs ; se plaçant à l'autre extrémité de l'échelle et considérant d'emblée l'amour philosophique, il caractérise avec une précision plus grande encore sa nature et ses effets , et
1 II n'y a évidemment rien de commun, saut le nom, <">*■•« 'i^f'T; amour philosophique, émotion purement spirituelle, f^^^^^^f'^f^^^^^^ Phèdre et r=?.u; = amour vulgaire, dés.r physique, <»»" ^'^^f. j^^^"^; dans le Plœdon et ailleurs, la tyrannie funeste et les per.1 qu '1 «« '^'>'"'' à la vie morale. Opposer, eomme le tait Hirzei. {op. et p. 36 sq.) des textes aussi différents d'inspiration, c'est se laisser «nientab ement duper et tenter de duper les autres - par une s.mple ^'■"''■'"f^J' "»» I sans s'apercevoir que ces mots désignent des concepts radicalement dis tfncts, c^st une fois de plus s'attacher à la lettre qui tue. et donner pour réelle une contradiction purement verbale. „.,. pi»tnn -innelle
' Cet amour platonique ne différant en rien de ce que P\'>t»° J'PPe»^ ailleurs vertu ou philosophie, il n'est pas étonnant que <=«"- <I- ^ °" ^ pratique aient droit aux suprêmes récompenses ^ outre- ombe (PWr 256 a-e). Pour mettre le philosophe en contradiction avec m-meme H.bzel {op. ci. p. 23-31), s'épuise vainement à montrer, en torturant les textes.
chontce d une jouissance grossière, lorsque rame oublie sa céleste orig.ne A.ns, les deux dialogues se complètent mutuellement au heu de se contredire ; ils éclairent deux aspects d un seul et même problème auquel Platon a toujours donné la même solution idéaliste.
Hirzel n'est pas plus heureux dans sa confrontation des passages eschatolog.ques du Phédon, quî terminent, l'un la première partie du dialogue, et l'autre le dialogue entier ' Tous deux s accordent à dire que l'état de l'âme après là mort dépend des actes commis sur cette terre. Mais leur description de la vie future est dissemblable : selon le premier les âmes vertueuses se rendent dans un lieu invisible ou Hades, et les autres ne tardent pas à se réincarner, après avoir erre quelque temps autour des tombeaux ; selon le deuxième au contraire, toutes les âmes sont conduites par leur génie' protecteur au lieu du jugement, puis celles qui doivent revenir ici-bas commencent par faire un très long séjour dans diverses régions appropriées à leur degré de développement moral Apres avoir minutieusement noté les analogies et surtout les differenees de ces deux morceaux, Hirzel déclare que le premier qui est la suite naturelle d'une recherche dialectique, nous hvre la propre pensée de Platon, tandis que dans le second, Socrate se fait délibérément l'avocat d'une fausse et populaire conception de l'au-delà, soit pour dissiper es doutes de S.mmias, soit pour délivrer tous ses auditeurs de la crainte de la mort et les exhorter plus efficacement à la vertu ^
Or l'on ne voit guère comment le mythe final réussirait a convaincre définitivement un homme qui oppose à €ous les argun^ents rationnels un scepticisme de principe, fondé sur la faiblesse de 1 intelligence humaine K D'autre part, rien n'est
rJll7::Zt:T ^'""-^'-^^^ - "'— in-nectuel „e se re- ^ Hirzel, op. cit. p. 39-61.
2 Hirzel, op. cit. p. 39 sq., 47 sq., 59 sq. ^ De même pour le mythe du Gorgias, qui, d'après Hirzel [op. cit. .
plus arbitraire q-.o la distinction établie par ll.r/.e entre les .ranas .nv.hes qui servent .le co.ulusion au Phed.,n, au Gor«<«.s et à la République, et le premier exposé de la v.e tuture dans le l'kédon. Nous avons déjà montré - et e est d'ailleurs l'évideiiee n.èn.e - que eelui-ci est égale.ne..t n.y- Ihique au sens usuel du terme, l'iatou ne donnant jamais la n.élempsvehose pour une eert.tude positive K hnl.u, 4^0'que le désaccord des deux descriptions eschatolog.ques du Pkédon ne soit pas niable, nous devons nous garder d en conclure que l'une d'elles est tendancieuse. H est bien rare, en. ellet, que 1'../-^. >i/oç soit tout à fait dépourvu de svmboles, dans le choix desquels le philosophe s arroge la plus ..rande liberté, ,.aree qu'ils n'ont pas d'importance intrinsèque, étant les simples signes sensibles d'une réahte spirituelle Or tel est précisément le cas des passages en htige. Le svmbolisme est à vrai dire plus dévelopj.é dans le second, qui a tous les caractères extérieurs du mythe, mais il ne fait pas complètement défaut dans le premier; et c'est parla seulement que ces passages diffèrent, tandis que leur contenu rationnel est identique K l'eu importe donc que l'iaton parle ici d'un jucreinent proprement dit, et là d'une justice immanente ; peu^'iniporte que, dans un cas, l'Uadcs soit, contorniementà la mythologie tra.litionnelle, la région où se rendent indistinctement toutes les à.nes, dans l'autre le séjour de celles-là seules qui sont entièrement dégagées des liens de
p. 60), a pour but de couvaincx, Callielès. Il est ovi,l.„t que le sophiste a été déjà rîduit au silence par des « raisons de ter et d ao.er » (Gorg.,,OJ a). Dans le mvlhe qui suit la discussion, Sociale ne chcicl.e pas .. triompher d'un adversaire déjà battu, et qui, de toute manl.-,-e, denaurerait insensible à une sifnple persuasion fondée sur la vraisemblance ; il veut seuleinent .ompléter les résultats de sa dialectique par l'expose de sa conception de la
vie luture.
> Voir plus haut, p. 60 sq. .,.,,.,
I ("est au reste ce dont convient llir/.el lui-menic : mais d après lui, le ..econd passa-e seul est symbolique, tandis que la forme du premier lui naraît «\vahr uu.l «irklich » [op. cit. p. 53-58). Or, en fait, les deux sont é-dement vrais dans leur tond et partiellement symboliques .lans leur expression, mais le symbolisme n'est pas tout à fait le même, et il joue, en outre, un rôle plus important dans un cas que dans l'autre.
Jl
la matière, selon rétymologie fantaisiste "Xior^ç = y.t¥jç, et ainsi de suite. Car ces incohérences n'intéressent que des symboles, sous la diversité desquels nous retrouvons toujours la même conviction profonde, touchant l'immortalité de l'Ame, la rétribution après la mort, la palingénésie, etc. Elles ne sauraient, par conséquent, nous autoriser à mettre en doute la bonne foi de Platon et le sérieux de tout ou partie de son enseignement eschatologique.
Les arguments invoqués en faveur de la présente théorie s'étant révélés caducs, nous pouvons présumer que celle-ci n'aura pas un meilleur sort. Et de fait, elle soulève plus d'une objection très grave. D'abord, elle n'est valable que pour les mythes moraux, laissant au contraire inexpliqués, non seulement le Timée, les deux mythes du Banquet, etc., mais aussi les légendes du Politique et de l'Atlantide, bien que Hirzel essaie vainement de l'étendre à ces deux dernières fables \ Sans doute, des fictions de ce genre, qui sont purem.ent allégoriques, et qui n'ont pas, comme les tableaux de la vie future, un noyau de vérité objective, se prêtent mieux à une telle interprétation. Mais Hirzel perd malheureusement d'un côté ce qu'il gagne de l'autre ; car, s'il nous est loisible, cette fois, de lui concéder que, ni le renversement du cours de l'univers et les conséquences bizarres qu'il entraîne, ni la guerre des Athéniens contre les Atlantes n'ont en soi de valeur doctrinale, nous ne voyons pas, en revanche, à quel titre ces deux récits pourraient passer pour des échan-
i Hirzel, op. cit. p. 63-73. — A. Croiset ayant fait précisément cette objection à CoiJTUHA r lors de la soutenance de sa thèse, celui-ci répliqua que « les mvthes sont destinés à bercer l'enfant qui est en chacun de nous, même chez \e philosophe [allusion à Phaed. 11 e] ; or cet enfant n'est autre que la partie irrationnelle de l'âme, la sensibilité aveu-le que Platon compare ailleurs à la foule [Le^g. 689 b) ; les mythes servent donc toujours a enchanter ce qu'il y a de peuple en nous. » (Compte rendu deAa soutenance de thèse de Couturat, Rev. de met. et de mor. IV, juillet 1896, Suppl p. 16.) Mais c'est là éluder la question, au lieu d'y répondre. Car, même s. 1 espnt le plus cultivé trouve plaisir à être « bercé » par des fables réconfortantes, il reste que certains mythes platoniciens, dont la cosmologie du Timée, ne répondent manifestement pas à la définition de Couturat et consorts.
tillons de rhétorique. Platon les a écrits sans aucun dessein,, même accessoire, d'exhortation à la vertu ; de son propre aveu, le premier lui sert simplement à montrer en quoi la définition du politique est vicieuse, tandis que le second a pour seul but de fournir une apparence de réalité au plan de TEtat idéaP. Dans l'intérêt de sa cause, Hirzel s'évertue, il est vrai, à prouver que ces mythes ont, eux aussi, un caractère protreptique, mais tous ses artifices restent impuissants à justifier une pareille assertion ^ de sorte que, fût-elle même satisfaisante à d'autres égards, la théorie que nous combattons devrait du moins être restreinte à quelques cas particuliers.
De plus, nous devons lui faire, mutatis mutandis, le même reproche qu'à la théorie de Schleiermacher. Certes, Platon n'a pas exercé son métier d'écrivain pour des motifs purement littéraires, mais afin de répandre ses idées philosophiques, morales et politiques ; et en ce sens, on peut à bon droit nier que ses œuvres soient, selon l'expression de Teichmuller, des zwecklose Kunstproducten. Toutefois, en dépit de certains textes de la République et des Lois, dont Hirzel, Teichmuller et Couturat tirent des conclusions erronées ^, ce but ne saurait être conçu comme étroitement utilitaire. Il est exact que Platon, tout en condamnant d'une façon générale le mensonge, le tient cependant pour légitime
1 Voir plus bas, p. 185-189 et 192-195.
2 A propos de l'Atlantide, notamment, Hirzel [op. cit. p. 72 sq.) prétend que le but de ce mythe est de recommander aux Athéniens l'adoption des réformes politiques préconisées par le philosophe, en leur en faisant toucher du doigt les avantages. C'est pourquoi il représente la défaite des Atlantes et de leur dieu national Poséidon, symbole de l'Athènes du siècle de Périclès à l'apogée de sa puissance maritime, dans leur lutte contre l'Athènes préhistorique, incarnation de la cité idéale. Or il nous paraît évident : 1*^ que les Atlantes sont l'image, non pas des Athéniens contempotains de Platon, mais d'une nation barbare telle que les Perses, ou peut-être des Eleusiniens (à ce sujet, voir plus bas, p. 248 sq. et 249, n. 1) ; 2° que le mythe n'est pas protreptique, mais sert simplement, selon les indications expresses de son auteur, à mettre en action les théories de la République (voir plus bas, p. 192-196).
^ Hirzel, op. cit. p. 61-63 ; Teichmuller, Gesch. der Begr. p. 163 sq., 169-178, et Liter. Fehden, II, p. 151 sq. ; Couturat, Compte rendu... ibid« p. 15 sq. Cf. aussi Ritter, Platon^ II, p. 45 sq., 484, 546 sq.
il!
dans des occasions exceptionnelles et a t.tre ^^^^^ v«.<v.ov, notamment lorsqu'en vue du b.en supe .eu de a ^-ollecli;ité, les magistrats altèrent secrètement le res^ d'un tirage au sort, ou accréditent des fables suscept.b es d'exercer une heureuse influence sur les actes des citoyens ^ Îe, le mythe des yr,.v.r. au livre III de la «j^P"^';^-' ^^^ d'après l'auteur, créerait entre tous les membres de 1 Etat un'sentiment p;otitable de fraternité, et indu.raU chacun d"cuK à demeuL sans révolte dans la classe soc.ale que lux assignent ses mérites personnels ^
\rais bien que cette fiction se trouve être, par surcroît, un symbole ingénieux de la cité tripartite, elle nous est donnée xpressément comme un sin.ple exemple de ces tromperies auxquelles le législateur peut trouver opportun de recourir. On ne saurait donc s'en prévaloir pour 1 -terpretation de tous les autres mythes platoniciens K Et de quel droit verrait-on, dans le si noble enseignement que nous dis- IZl maint passage des dialogues sur Dieu «u sur la destinée de l'âme, un ramas de superstitions à l'usage du peuple, une rortlmdoxie » utilisée par un incrédule en guise d instrument politique ^ puisque la véritable religion populaire que ?iat la plue'd'ansl RépuW.ue et les Lois ne ressemble pas plus au spiritualisme du Phédcn que du cuivre a de 1 o î Un culte puWic et privé presque calqué sur celui que les
■ I Cf. toute .a c.U,uc des m^Jes dan , ^i^^^^:^^^^ ^82 Ï
2 Rep. 414 b-415 d. Cf. LeSë- 663 e. .^..-.^ires dans la fausse
3 C'e'st pourtant --|^ ^"J^^ tt .rnV^e d^^^^^ en général, persuasion que ce mythe particulier est la ^vûrden
l eue. comme le dit -P.''";;XVo;Ter^^^^^^^^^^ ^en Muster-
a.soberochtigtsemvond.ese,^^^^^^^^^^
mythos ncnnen konnte ^"Sgehemi betrachten... Wir wûrden
lungen P.atos -m gle-chen G-^^^^^^^^
vorausset.en mussen, d»'"'^ ^i*' 'tid p 16 : « Telle est la valeur, pure- . Cf. Couturat, Co'nple rendu b.d p .^^^.^^^^ ,^..
ment politique et P«d''g».?'.^"«d\;^ „ui se"a la philosophie du peuple. .
rB:•;l::r^r;,.tt^36^rt;e''coutu.at)^; z...... p^«. ^er o.
II, 1, p. 831, n. 1 (contre Teichmuller).
LES MYTHES DE PLATOiN
Grecs rendaient réellement à leurs divinités, et conforme, soit aux prescriplions des grands oracles de Delphes ou d'ailleurs, soit aux traditions locales, voilà, n'en déplaise à TeichmiiUer, ce que le réformateur a jugé suffisant pour le vulgaire ^. Mais on ne nous fera jamais croire que Platon ait écrit, ne fût-ce qu'en partie, à l'adresse des gens du peuple. Sans être réservés au cercle restreint d'initiés qui écoutaient les leçons du maître à l'Académie, les dialogues ne pouvaient cependant être lus que par une élite intellectuelle ^ et il est bien certain que ce public était à la fois trop cultivé pour qu'une démonstration dialectique lui demeurât lettre close, et trop gagné par le scepticisme dominant pour s'effrayer beaucoup d'un Enfer épouvantail.
D'ailleurs, si Platon avait véritablement voulu duper les esprits naïfs dans l'intérêt de l'ordre social, il aurait commis deux fautes, semble-t-il contradictoires : d'une part, en découvrant imprudemment son jeu par sa théorie du 'isi/doç, il compromettait l'efficacité de ses mythes ; d'autre part, en feignant trop bien l'accent de la sincérité, en effaçant toute limite précise entre la doctrine scientifique et la rhétorique utilitaire, pour déguiser plus sûrement ses intentions, il s'exposait à pâtir le premier de son hypocrisie, et à tromper ceux-là mêmes qui auraient pu, sans risque, connaître le fond de sa pensée. De vrai, adopter la présente hypothèse, c'est se voir contraint, ipso facto, d'accuser, non seulement Zeller. le grand coupable aux yeux de Teichmiiller, mais la plupart des interprètes modernes d'une grossière incompréhension du platonisme. Incompréhension cependant inévitable, pour les raisons que nous venons d'indiquer, malgré l'assurance avec laquelle TeichmûUer et ("outurat déclarent que la distinction du dialectique et du mythique n'offre aucune difficulté,
1 Cf. Rep. 4:27 b-c, 469 a, 5i0 b ; Legg. 738 b-d, 759 a-7G0 a, 771 il, 799 a-b, 8J8 a-i, 848 d, 871 b-d.
- Même les pr ludes des Loiàf, malgré leur caractère jdus populaire que la majeure {xartie des autres dialogues, ne s'adressent certainement pas au « peuple », à la grande niasse des citoyens, mais seulement aux plus intelligents d'entre eux.
et qu'« 11 suffit a'. •■ire intelligent » pour l'opérer convenable-
ment ^. . . , «er^A
Mais trêve de suppositions gratuites, puisque nou. espe
rons avoir établi, contre cette spécieuse théorie, qu .1 est vam de chercher, dans les dialogues .nèmes, soit --<■ -Pf'^^\\'!^ de la rhétorique telle qu'elle est défin.e dans »« /''-f J^ ^ ^ I^ zel) ^ soit des exemples de pia fraus ( 1 eich.uuUer et Loulurat) \ Vraisemblable plutôt que vrai, probable et non pas
. TrTHM.uLEn, Oesel,. .1er Begr. p. 162-166; PUU. Fr. p. 57 ; LU^ FMeTulr. 148. 1.^0, 153. 106-176 ; Co.tub.t, Compte r.n.lu... .b.a.
P- ^^' 1 u «♦ Ac. co« Aprivts OU svnon'S'm«8 dans les
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cest-à-dire à la .=. Oi par oppos.t^o.. a ^^^llYv^lT-^inéL à côté de ,i, n-, ohc. ^'a-'^ '- -'; tri?:^" .= " en paHic^ulier, ne signifie
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^/tS^rnL'r;;: e": r ;L?J "i^ti^J^-rU dia...cti,u... ene n-a pas :;c!;:srer:t ,uc..ue chose de co^njun a..ec j- t;;";!^- ;— V
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tr.:!':) "r' 0,0 n'erma^stement pas une argumentation ten-
"Tment dfr prota Uon que les hommes éprouvent naturellement pour sentiment de jeP'»" ^ ^ i^^ loi,,, i| remarque que, s. la
riuceste [Legg. ^fl^Jl'^'^ *; ^ ^J^^^l je la cité, elle doit au moms d,bauche ne peu e re t ut a ia t ex^ ne gagne pas de proche en proche rester secrète, a in que la u i » ,^j.
rensemblc des -t<>y-- /i^Sf; '^'/|: , ' p 170 sq. ; tto. FeW.«,II.
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raSi:M:i;1:;rarmX:on ne confirmerait la théorie de Teich-
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certain, le contenu des mythes a sans doute une moindre valeur philosophique que les déductions de la dialectique. Toutefois, aucune preuve péremptoire ne nous permet de l'écarter dédaigneusement, comme une simple accommodation de Tauteur à des nécessités d'ordre pratique. Il est exact que, toute sa vie, Platon a recherché infatigablement VîT.LiThm ; encore faudrait-il examiner si, dans certains cas où V îT.i^Tr,iJr, lui était inaccessible, il ne s'est pas contenté de la oi'iy.. Nous aurons du reste l'occasion de revenir sur ce point ^ ; mais nous tenons à dénoncer sans plus tarder l'abus de raisonnement commis par Teichmuller : malgré l'importance extrême que le philosophe accorde à la dialectique, il a fort bien pu prendre également au sérieux ce que, pour des motifs encore inconnus de nous, il expose d'une autre manière, c'est-à-dire sous la forme du mythe.
5. Les mythes servent à exposer les opinions concernant le monde du devenir. (Théorie de Deuschle, de Susemihl, de Fischer et de Forster). — Pour Platon, dit Deuschle, il n'y a
mûller que si elle entraînait une altération de la doctrine même du philosophe, qui parlerait contre sa pensée intime pour mieux dominer les volontés. Or il n'en est rien. C'est en dehors de toute considération accessoire, et conformément aux principes généraux de sa morale que Platon traite la question sexuelle, se bornant à indiquer, chemin faisant, comment les règles strictes qu'il établit auraient le plus de chances d'être observées par tous, et — en manière de oej-îpo; -Xoj; — comment il faudrait s'y prendre pour réduire au minimum les mauvais effets des infractions possibles. — Les mêmes remarques s'appliquent à un autre passage des LoiSy où, après avoir démontré que la condition de l'injuste est toujours moins heureuse que celle du juste, Platon ajoute que, même si ce point n'était pas aussi certain qu'il l'est à la suite de cette démonstration, un législateur habile devrait néanmoins inculquer cette idée fausse aux jeunes gens, pour leur bien, car aucun mensonge ne saurait être plus utile à la vertu que celui-ci (Lcgg. 663 d-e). Or il est clair qu'en fait, Platon est profondément convaincu de la vérité de ce qu'il vient de dire et de ce qu'il a maintes fois affirmé et démontré ailleurs, notamment dans le Gorgias. Sa réserve, de pure forme, ne trahit pas le moindre doute, ni une intention de mensonge pieux ; mais elle a pour but de bien mettre en lumière l'efficacité morale et la valeur pragmatique qu'il faut reconnaître à sa thèse» en plus de sa vérité intrinsèque.
1 Voir plus bas, p. 218 sq.