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de science que du pern.anent. Sa phdosoph.e est donc xclu sivement une spéculation sur Vôtre (war ---^'-^ ^^ ^^f/ Art) incapable par nature d'expliquer le devenir, routefois, celui- rne'pouvait être entièrement négligé ; force eta. d en ni compte, au u.oins pour autant qu'il est en rapport avec
s dTesTor' le n.ythe intervient P^fc-'-^^'^X r. au'il y a un point de jonction entre l'être absolu et 1 evolu îon de la i.u (ein Knotenpunkt... z.wischen .ahrhaft Seldm 'und elnem Werdepro..ess) ; car cette y..,.^. qrrLhTppc nécessairement à la dialectique, est un ob.et de simple oil^, mais en aucun cas d î,.c7Tv;y.>; .-
IHaut reconnaître à cette théorie une part de ver.te. Platon lui môme n'a-t-il pas maintes fois, notamment danslc T^m.e , m rquTavec tout'e la netteté désirable l'opposlt.on des ,dee et des choses sensibles, de la science et de "P-- ! ^/^^-^ dans le Cratyle, ne faisait-il pas sienne la doctr ne d Hera cl te, en faissan; entendre, il est vrai, que la mo.t.é seulement de la réalité, et non la plus importante, est soum.se a ce flux
^IrpTuel q;i empêche ---^^^r^^Z^^ T^récise ^ ? Mas quant au reste, i explication uc de e ux qui l'ont suivi nous paraît inacceptable pour deu^ra. sons d'abord elle ne peut convenir à peu près b,en qu a un seû mythe : le Timée ; ensuite, même s. on la juge en fonc t on Te e mythe unique, elle est à tout le moms .ncomp ete. Q:;st.ce en'eflet qu^ le nmée ? Une théorie générale de nature, une espèce de somme de ce que 1 on savait a cette
T I -7 *^ ')7-'^R et Plat. Mythcn, p. 3-11 ; 1 Deusc„,.e, Plat Sprackpl-lV. ;^^l%%i,„,„^ 1,, ,„yllas Plat.
SUSEM...L. Plat. PhdA, p. ^,^/;,2f Vf s'te NnABT, Einhilun^en zn. II. p. 30-36 ; FoBSTEH. PUi M^hen^^^ l^":; 18 0-1 873, VI. p. 73sq.. Miniers Ueberselzungen der plat. ';«'^''^'^'' ^ '".gg . l^^ge, Gesch. des 84-86 •. TE.c„MO..En Ge.c/.. der f^J-J.,l'X^\;, p,a«.,;p/ae de PI
Année phd. 11, U^JU, p. t i r ^^j g réserves, par Grego-
r:f ,n^-ï':x: f,rn>."::..:;"o^65. et p». ze..e„. p... ..
""'■'rim: 27'd-20r5ri:52 d. - Pour les autres dialogues, voir plus
haut, p. 40,V. 6.
» Crat. 439 c-440 e.
époque en matière de physique, de biologie, de phvsiologie, de médecine, etc. Or, comme tout raisonneuu^nt sur le monde matériel se réduit, d'après les principes mêmes du platonisme, à une simple approximation, cette théorie n'est rien de phis qu'un ziy^^y; yOSo;, un exposé conjectural et vraisemblable dont la valeur ne saurait égaler celle de la dialcctlciue. En ce sens, le dialogue est un mythe, et en ce sens également^ Deuschle, paraphrasant les proi)res déclarations du phdosophe, l'a correctenumt interprétée
Mais le Titm'e n'est pas que cela ; c'est encore une cosmologie, et par là aussi il est certaiîiement mytlilipie, bien qu'il soit fort difficde de déterminer le caractère exact de ce mythe. Si Platon avait réellement voulu rechercher l'origine de l'univers, et en exposer la création ou plutôt l'organisation par le dénùurge, Deuschle serait fondé à prétendre que le récit mythique s'imposait de toute nécessité à un philosophe pour qui le devenir n'est pas scienti tique ment connaissable. Si au conlraire, comme nous en sommes persuadé et comme nous tenterons de le démontrer jdus loin ^, cette histoire de la naissance du monde est purement fictive et tient lieu d'une analyse des éléments constitutifs du réel, il s'ensuit que l'auteur du Timct' a délibéré îucnt choisi la forme du mythe, et que nous devons justifier son choix d'une tout autre manière \
1 Di-iTscHLE, Plat. Sprarhphll p. 13 : Plat. Mi/llwn, [». îî.
2 Voir plus bas, p. 199-209.
3 <:iioso étraniro, Delschlf. semble se rattacher comme nous à celte seconde interprétation de la cosmolojrie du Timée, puis([u'il parle d'un « sclieinbarer Werdensprozess )>, et reniîtrtiue ju<licieuseni(nt (Tue : « das Nacheinander der Ent\viekelun<r ist iiur ein Nacheinander der unterschiedenen l^estimmunjren « (Plat. Sprachphil. p. 43). Mais alors, si cette genèse est purement apparente, et si la succession chronoloirifrue n'est que la simple imaire d'une coordination logique, il s'ensuit que le mythe du démiurire organisant l'univers est, non pas, comme le prétend Deuschle, un moyen de rendre compte tant bien que mal du devenir, mais une forme de démonstration volontairement préférée par fauteur à t'expose analytique.
La même remarque s'applique à l'onomatothète du Cratyle, dont Userait
superflu de parler plus longuement ici, parce qu'il a été déjà l'objet d'une discussion approfondie (voir plus haut, p. '3 57), et que nous aurons Toccasion d'y revenir (voir plus bas, p. 190 sq.). Deuschle a parfaitement raison de le considérer comme mythique [Plat. Sprachphil. p. 44-51 ; Plat, Mythen^
^ ' .'.il
ÏJ.
Mais rin.uttisanoe de cette théorie est --tout m- fest lorsqu'on veut V .y^^^.^r de force aux autre, u.vth no
tannuent à ceux qui ont l'àu.e pour o ,et • -^ ^J ^ i.«aividue,... u-est ,.as iu. a...e --;-;';^ ;f::^:A.
^l'oltAritnui et aue sou eMS'* net. se; «-*v ,■; tVf^ . ■■" qu%.u fait la psveholog.e ..laton.c.enne so.
■ . n,vlhi,.ue elle ne l'est pas, à notre avis, pour . partiell.Mieul ni> lliulue, un i.l , c; t.. 1 était le
L mèu.es MH.tifs que la |,hvs>que du Tnnee. ^. tel et^.t eaV>tl l'aurait dit aussi elairen.ent qu'à propos de se
,„. 1-, n.aière Ov l'embarras qu'il trahit chaque eonieetures sur la m.iiuit. . • i l'Arvo nu de
foi. nu'il -.saie de détenniner la eonstitufon de 1 ame ou de
..... sa destinée cet en.barras, d.sons-nous, 1 on an r<»nre<enter sa (kmhi''? '^ . . , •„*/.
percer *.
T>i.fnn n'a nas cherché à résoudre
le problème .1,- l'or.(:.n.- .1.. l.n.L'..^. ", ,■' . ' \i, encore, il no s'apt pas p.", 7), il n.in.. ;, s..n insu sa V-'V^^'^^^^^, t„p,„i ;,„ „,U,e, mais d'nn vérilol.le devenir ,m|.osanl au ph. .«l '^ ' ^^.„t„,, j^s
d'un simple procédé .IVxpos.J.on '^"-^'■'•-^^^"^^'..ae à tort comme ux. idées au livre X '«'■ 'V!'''''''::;: la: nsdé^ montré .uc Platon ne my.h,. il-tul. .^prucl,pl;l. 1 • -' • "^^Ts» critique de la poésie, et nulleri„„.„.lui. .,u'à <i'-/^'"''"'''7;.';;:f,'; "p ,, l,a„,, p 105 sq.U
. Cf. GnECoH.xors.lU. .' ,- ^^^^^^^ ^ ^ ^^,.,^,.„^ „,.^hes que
Phil. lier Gr. II, 1, P- .'»- "• ' • ' , | a'Aiislophane dans le
ncu«cl.le passe entièrement sous sdcnce, p. • x. < '
B,wq„el. la légende de l'Atlantide, etc. jv^,,„„„, p. 10, 17-37.
. k.sc„UK,Pta«.^7»-«c/,;./.'(.pf-" ;, ^^',.f,7pa t et intermédiaire . l.:n tait, l'âme occupe, dapres IMa on une pUce a pa ^^^^^^^^^ ^^ ^,.^,^
entre les deux mondes uUoll.^.ble ^^-<^^ \ ^ ,„e est sujette
elle n'est pas visible comme la ■""!';';';^ ^'; l^.^^ , J,.„„t l'immortalité au devenir, sa participation [-''XTLT^^e du point de vue platoni- (voir plus haut, p. 128et n, 1). C si ^ «J"; ^^ ,, ,héorie de l'âme
lien, il n'existait aucune -<^- '*,,",;; ^ ,a nature matérielle, tût mythique au même t.tre que la «'';«'^" ^" '* ^ ^„„„, ^, ,« réminiscence . Sur les fausses interprétations ,,ue '^"^ "» , , je l'immor-
dnns le PWo„, de la tripartitioi, J»- '"f f "g * ^^^^g^, „ 3.
talité du Phèdre, voir plus haut, p. 75, n. 3 . 81. n.
Nous ne pouvons pas souscrire davantage à 1 interprétation que Deuschle donne des mythes du Politique et du Banquet . Dans le premier, Platon se préoccupe tout aussi peu de 1 origine de l'Etat ^ que de l'origine du monde dans Ulimee ; et puisqu'il déclare lui-même que son seul but est d ecla.rer par un exemple le défaut de la preunère défiml.ou du politique, ce serait commettre une erreur inexcusable que de prendre la légende du règne de Cronos et du renversement umvcrsel pour une hypothèse historique relative au lointain passé de l'humanité. Quant au récit de la naissance d Eros, il infli.'e un éclatant démenti à la théorie du mythe nécessaire. Qu'v a-t-il, en effet, de moins « nécessaire » que cette fable où IMotime se borne à exprimer de nouveau, sous une forme figurée, ce qu'elle vient d'énoncer en termes conceptuels à la suite d'une discussion dialectique avec bocrate. à savoir la nature intermédiaire ou « démoniaque i. de l'amour ? Deuschle, qui semble s'Ûtre parfaitement rendu compte de la difficulté, prétend, il est vrai, que le mythe d'Erôs n'est pas la répétition pure et simple de ce qui précède. 11 aurait pour but de compléter la recherche dialectique en traitant le sujet du point de vue du devenir, c'est-à-dire en montrant comment l'amour, considéré jusqu'alors dans son essence abstraite, se particularise et revêt des aspects très divers selon le degré de développement de chaque individu ^ Mais cette explication embarrassée ne saurait masquer ces deux faits évidents : d'une part le mythe de Diotime n'est rien moins qu'indispensable, puisque la doctrine illustrée par cette sorte d'allégorie en action coïncide de tout point avec celle que Platon a déjà exposée d'une façon purement analytique ; d'autre part — et cette seconde constatation est le corollaire de la première — la naissance d'un
1 De même Grf.c.obiades et Zeller, toc cit.
2 Deuschle, Plat. Spmchphil. p. 43 sq. ; Plat. Mijlhen, v "• — ^'i'notre interprétation du mythe du Politique, voir plus bas, p. 185-189.
' Deuschle, Plat. Mylhen, p. 11-14. De même Susemiiil, Plat. Phil. 1, p 388-400. — Sur notre interprétation du mythe du Banquet, voir plus ias, p. 198.
devenir, ce n est que la tr ^ déclarions
Perce val Frutiger
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cHAPinu: Il
r* Mr-nic si les dlffôrcnlcs théories que nous venons d'exami-
ner n'étaient pas ruineuses dans leur principe, elles pécheraient à tout le moins par étroitesse. ('ar nous n'en avons pas trouvé une s<'ule qui soit valable j)Our la totalité des mythes. ! Jles expliquent tant bien que mal certains d'entre eux ; et (juanl aux autres, elles les ignorent, ou en dénaturent le sens afin de les soumettre par force à la loi commune. Cet échec général nous apparaît comme la i)reuve indirecte de ce que nous laissions pressentir dés les premières pages de ce I livre, à savoir q»ie les mythes platoniciens ne sont pas ré-
(^ duel ibles à une formule uni(|ue \
Mais leur diversité duement reconnue, encore faut-il les grouper par faniiUes, et déterminer les types auxquels ils appartiennent. Or, bien que les tentatives de classification n'aient pas manqué jusqu'à ce jour, aucune d'elles ne saurait nous satisfaire. Il est absurde, par exemple, de répartir, comme l'a proposé I'^scueh, les mythes en deux catégories, les uns poétiques, les autres jdiilosophiques ^. Car tous les mythes platoniciens rec'lent un élément de poésie ; et ils ont tous aussi un contenu spéculatif, sauf peut-être la fable
» CVst ci^ que r.iu-GORiADEs 'llso' TÔjv ji jOfov Tt7sà ll/iT'ov'., p. 5, 65) et WiNDi.i.BAND [Platon, |). 1 22) ont ru déjà le mérite de reconnaître.
- Fischer, De nujtltis Plat. p. 39-43. D'apiùs Fisclier, la seconde catégorie se subdivise à son tour en mytiies dialectiques (ontologiques et niôlhodiques), physiques (cosmologiques et psychologiques), éthico-politiques. Il est à peine besohi de dire qu'un tel morcellement des mythes est oiseux, et d'ailleurs impraticable, parce que nombre de ceux-ci devraient logi(juenient être classés à la fois sous plusieurs rubriques différentes.
<les cigales et celle de Gygès i. A vrai dire, leur portée philosophique est très inégale ; et c'est pourquoi Gregoriades n'a point tout à fait tort de distinguer des mythes ordinaires (xotvot y.COot^ c'est-à-dire les simples apologues {r.xoxOî':/'j.y'y.)y comme ceux des cigales, de Theuth et de l'anneau de dygès ; des mythes proprement philosophiques {zxt' £:o-//;v ot/.o^ocï^r/oO , à savoir le TImée et les visions eschatologiques : enfin une troisième espèce intermédiaire {'j.h^jt) comprenant les mythes du Politique, de l'âge de Cronos, du Protagoras, du Banquet et de l'Atlantide *. Mais cette classification n'en est pas moins assez artificielle, et surtout elle ne saurait être d'aucun secours pour l'exégèse.
On peut adresser les mêmes reproches à tous ceux qui groupent les mythes d'après leur forme ou leur objet, comme ^ Jahn (mythes théologiques, psychologiques, cosmogoniques, ^ physiques ^, Coutuiîat (mythi de amore, de inferis, physici /^ et politici mythi, mythi minores et allegoriœ) *, et tout j^ récemment encore Willi, lequel discerne, selon un critérium qui nous échappe, quatre types se succédant plus ou moins dans l'ordre chronologique : !« der kûnstlerische My thos (mythes du Protagoras, de Gygès, des cigales, de Theuth, du Politique) ; 2^ der Endmythos (m\ thés du Gorgias, du
1 FiscluM- considère comme purement poétiques et comme dépourvus de toute valeur iloctrinale, non seulement les tables des cigales et de Gygès, mais encore les mvtlies de Theuth, du Protn^oni-s et d'Aristophane I
•^ GRi-r.ouiADi.s, lUp' -:'«/ a^Our/ nasà llA^^Truv:. p. 5-28, et spécialem'^nt
5 s,. VViNDKLBAND {loc. rit.) distiiiguc de même des contes à la manière
d'Hérodote, tel le mythe de Theuth ; des tables allégoriques, comme les mythes des trois races d'hommes, des cigales et d'Aristophane ; enfin leg mythes proprement dits. Et Westcott {Tli^ niyUif: of PI. Contemp. rev. 2, 1866, p. 201-204) sépare avec raison des mythes proprement philosophiques relatifs à Tunivens et à Tàme, les récits allégoriques et les légendes populaires, comme les mythes de la naissance d'Erôs, d'Aristophane, du Prolar goraset des trois races d'hommes. Cf. aussi Bréhier, Hist. de la phil. 1, 1,
3 Jahn, Disserl. Plat, p. 31-33. — Une ciassificalion de ce genre se trouve déjà chez le philosophe néoplatonicien Salluste {De miindo, 4, MuUach, Fragrn. phil. Gr. IIJ, p. 32), qui divise les mythes en ^ioXorr/oî, ^'j7txo', 'Vj/ixoî, uÀ'-y.o'.
* CouTURAT, De Plat, mythis, p. 13-54.
Phédon, de la Ri'imhUquc, etc.) ; 3» dcr Gleichnismythos (mvthes de Diolime et du Phèdre, alléororie de la caverne, etc.) ; 4^ der dialeJuiks'crtretende Mythes [limce, Critias, Lois, etc.) ^.
A notre avis, un ])on orroupemeut des mythes n'est réali- Aable qu'aux deux conditions suivantes : il doit ctrc aussi i'peu arbitraire, aussi rationnel que possible ; ensuite il doit l viser, non pas à satisfaire un simple et puéril plaisir de classer,) mais à aider efficacement l'interprétation. Pour obtenir ce double résultat, il faut considérer la place des mythes dans Téconomie de renseignement platonicien, le rôh qu'ils jouent par rapport à l'ensemble de la doctrine et à rex])Osé dialectique, plutôt que des particularités de fond ou de forme, dont aucune ne permet une discrimination rigoureuse. Kn d'autres termes, les critères choisis ne seront pas formels, comme ceux sY (le tous nos prédécesseurs, mais fonctionnels. Conformément à ces principes, nous distinguons trois espèces de mythes :
^ 1° LES MYTHES ALLEGORIQUES ; 2» LES MYTHES GÉNÉTIQUES ,* 30 LES MYTHES PARASCIE NTIFIQUES. Avaut dc paSSCr l\
l'examen détaillé de ces trois groupes, nous tenons à rappeler qu'une classification parfaite est presque toujours uii idéal inaccessible, parce que la complexité du réel ne s'insère pas sans résistance dans les cadres rigides des distinctions logiques. Bonne ou mauvaise, notre répartition a donc pour seul but de rendre plus commode et plus claire l'étude qui va suivre. Mais elle ne prétend pas à une valeur absolue, et surtout elle ne doit point faire croire à des différences
1 WiLLi, Plat. Mythopoiie, p. 43, 45-52, G3-95. — Sijriialons encore que, sans procéder à une classification proprement dite, Stewaht [Mijths oj PL p. 74-76, 173, 200 sq., 209 sq., 451) dislingue des mythes eschatologiques (mythes du Phédon, du Gor^ias, de hi République), étiologiques (mythes du Politique, du Protagoms, ^Ui Phèdre, d'Aristophane, de Diotime, etc. : Timêe], politiques (mythes de l'Atlantide et des trois races d'hommes) ; et Friedlandeu [Platon, I, p. 203, 207, 209, 213, 218 sq., 228, 239, 240) discerne une évolution du mythe platonicien, qu'il scinde en trois -stades (Stufen) : 1° mythes du Protagoras, d'Aristophane, etc. ; 20 mythes de Diotime, du Gorgias, du Phêdon, de la République, etc. ; 30 mythes du Phèdre et du Politique, Timée, Critias, etc.
radicales entre les mythes. Car, si ces derniers ont chacun \in caractère dominant qui justifie leur attribution à une classe déterminée, ils se rapprochent souvent beaucoup des autres types par tel ou tel aspect particulier.
1. Mythes allégoriques. (Mythes du Protagoras, des cigales, de Theuth, de Gygès et du Politique ^). — Les mythes de cette espèce jouent simplement le rôle d'apologues ou «l'allégories ^. Kn général, leur interprétation est si facile <iu'elle n'exige pas de longs développements. La fable des r.iGALES, par exemple, n'est, dans la bouche de Socrate,
1 Voir lisl.' de la p. 20, n^s î-.-,. - On pourrait riiaîemont considérer tomme allégoriques les mythes des trois races dhonunes, d'Aristophane et de la naissance d'Frùs, (lue nous avons toutefois classes dans un autre -roupe, pour une raison «[ui scia indiquée vu î-.nips v .ulii vo'r plus bas,
2 Sur ladislinction entre le mythe, ])lus ou moins alléfrorique, et 1 alieoforie proprement dite, voir plus haut, p. 101-105. -C'est à cette espèce de mythes
- les allé^'oriques — que convient particulièrement la définition hien connue du mvthe : M V)-;; brt Ao-o; -^^^ v/.; e'>cov(;'.,v a/viO-av — délinition dont onretouve la iommle presque identique chez PLiTAnQui- {De glor. Athen \ 3;8a- cf J)els.et av. 58, 374 e), ( Jlympiodoue [In Plat. Gorg. schol 18'i Jahn N .Tahrb. fiir Philol. Suppl.-Bd. l 'i, 1848, p. r,28), AputhoMus ,Pr«.'Vm// 1, Spen-el, Rliel. Gr. Leip/i?, 18^1, t. H, l>. 21), Ti.éon [Pro- ■>unin. 3, Spençrel, Phet. Gr. t. H, p. 72), Scidas (s. v. « MOOo; >.), et qm a V>our ori-ine les considérations sur les mythes, au livre III de la Hépubhqiie, notamni^nt ceci : To^.o [se. ot aùOo.] Zi T.ry. Ôj; .0 6Àov ç.:r.tv 4.E.00C, cv. r> xal ilrM [Rep. 377 a ; cf. Crat. 408 c). — Bien qu d se servit de mvthes en -uise d'allégories, Platon désapprouvait la rationalisation et l'interprétation allégorique des mythes (cf. Rep. 378 d ; Phaedr 220 b- •>30 a), telle qu'elle était pratiquée, surtout à propos d'Homère, a a fin du vie siècle par Hécatée de Milet, Théagénès de Uhégium (Diels, I ors. il, n '>05 sa ) au ve siècle>r Anaxagore (Diog. Laert. II, 11), Métrodore de Lm s^Jlue (Diog. Laerl II, 11 ; Diels, Vors. I, p. 414 ; Plat, /o, 530 b-e), Stésimhrote de Thasos (Xenoph. Cou.. III, 6), Democrite (Diels, lœs.B, fr 1 b et '^), les "sophistes (notamment Protagoras et Prodicus ; voir plus bas, p. 231, n. 5 et 232, n. 1), enfin au n- siècle par Antisthène (Diog Laer VI 17 sq.) et plus tard par les cyniques et les stoïciens. De lait, il ne s'y est' livré lui-même qu'une seule fois, à propos du mythe de Dionysos (Le".' G72 a-d), car l'on ne saurait, bien entendu, lui attribuer ^^:Zu^nt les pro;édés analogues qu'il prête à Phèdre et à Pausanias dans le B inqn.t (Co/tc 178 a-c, 181 a-c), et à Protagoras dans le dialo'ucdece nom (voir plus bas, p. 182-185).
qu'une façon poétique de mettre le jeune Pht-dre en garde contre la paresse d'esprit^ ; et qui hésiterait à reconnaître I'historiette de Theuth pour une fiction ingénieuse par laquelle Platon prête à un roi égyptien son propre dédain des livres, et incrimine ceux-ci dans la personne même de l'inventeur de l'alphabet ?
Pareillement, Panneau magique de Gygi s est un heureux symbole de cette impunité absolue qui, telle une pierre de touche, nous permettrait de dire si l'homme est juste par vertu désintéressée ou par la crainte des châtiments. I )'ailleurs ce mythe, et plus encore celui du Protagoras sont en quelque sorte non platoniciens, d'abord parce qu'ils ne sont racontés ni l'un ni l'autre par le porte-parole de Pauteur, ensuite et surtout parce qu'ils n'expriment pas l'opinion de ce dernier -. Glaucon est, à vrai dire, un disciple de Socrate, et s'il se fait délibérément l'avocat d'une thèse à laquelle il ne demanderait du reste pas mieux que de renoncer ^, c'est seulement pour faire rebondir la discussion. Mais cette thèse, dont la République et le Gorgias nous apportent la réfutation victorieuse, est un écho de l'enseignement des sophistes *.
Quant à la Légende de Prométhée et d'Epiméthée, elle a pour narrateur un adversaire de Socrate, et pour moralité une conception de la vertu que, quoi qu'on en ait dit, l^laton désap-
1 Remarquons que les cigales, qui sont nées de la nu'taiuoi|)liose d'hommes amis des Muses, et qui vivent sans boire ni manger, peuvont être prises pour symbole du philosophe décrit dans Je Phhion, la Républiffue et le Théétète, c'est-à-dire de l'honmie qui réduit au niininunu les besoins de son corps, parce qu'il est réellement ï/'.aôjo^o-^ et non pas 'f X i7(ô;xa-:o; connue le vulgaire {Phaed. 68 b-c, 82 b-c), et qui est en outre 'i'/ô;jiojjo;. puis(jue la philosophie est une jjiouj-.xr, [Phaed. 61 a ; Phaedr. 259 d).
=» Parmi tous les autres mythes des dialogues, il n y a que celui des hommes doubles, dans le Banquet, dont le narrateur ne soit ni Socrate, ni quelque autre porte-parole attitré de Platon, comme l'É franger éléate, Timée, etc. Néanmoins, et avec une seule réserve, la fable d'Aristophane mérite pleinement d'être tenue pour platonicienne. A ce sujet, voir plus« bas, p. 1^7, n. 1.
» i?ep.358c-d,361 e.
* Cf. J. Adam, Hep. of PI. I, p. 25, 68 sq.
•Il
prouve certainement ^ Mieux que cela : elle i)araît être, non pas un simple pastiche de la manière du sophiste, donc un discours entièrement fictif, dans son fond comme dans sa forme, mais la transcription plus ou moins littérale d'une fable dont le Protagoras historique avait réellement fait usage ^. De ^ toute façon ce morceau n'a pas le cachet platonicien, ce qui est du reste fort naturel puisque Pauteur du dialogue, dont nul n'ignore le respect scrupuleux de la vraisemblance dramatique, nous le donne pour un échantillon de l'éloquence du sophiste ^ Plus spécieux que convaincant, il ne révèle à
1 On sait que les interprétations du Protagoras sont extrêmement diverses, et qu'en particulier (Jkkcke {Eine Niederla^e des Sokr(f4e.s, N. Jabib. fur das class. Alt. 41, 11)18, p. 145-191), qui croit y voir une « défaite de Socrate », refuse de considérer celui-ci comme le porte-i)arole de Platon. Or, à notre avis, le véritable sens de l'ouvrage est tout autre. D'une part Socrate ne se contredit nullement, quoi qu'en disent Gercke et Wila- MOwiTz {Platon, I, p. 145. I'.8 sq.),car la vertu dont il nie d'abord, comme dans le Ménon, ([u'elle puisse s'enseigner, n'est pas cette science qu^d caractérise à la fin de la discussion, soit la vertu pbilos«.i>bique, mais la oy ao-ri/-f< yoil TcoX'-T.xr ioixf, {Phaed. 68 b-69 d, 82 a-b ; Hep. 430 c, 500 d, 619 c), la vertu vulgaire iondée sur l'opinion. D'autre part, on ne peut raisonnablement supposer que Tauteur approuve, fût-ce tacitement, aucune des idées soutenues par le sophiste, entre autres sa prétention dVnseigner, de la façon la plus superficielle, une sagesse dont il n'a pas une notion claire, et qui, au reste, mérite moins le nom de vertu que d'habileté purement pratique. Le vaincu, c'est donc Protagoras, et non pas Socrate. Cf. Raeder, Platon, p. 108, 110 ; Tavlor, Plaio, p. 238, 262.
» Dans une étude très fouillée, Dickerman {De arguw. ap. Xenoph. Plat. Arhtotel p. 48-90) a rendu cette hypothèse, sinon certaine, du moins très vraisemblable. Cf. aussi J. Adam, PI. Proi. p. xxi ; Zeller, PI. Mittheilunsen iiher friihere nnd gleichzeitige Philosophen, Arch. fiir Gesch. der Phil. 5, 1892, p. 175-177 f = Kl. Schr. Il, p. 11-13], et Phil.der Gr. I, 2, p. 1386, n' 4 r= 56 éd. p. 1120]. Le mythe se trouvait peut-être dans un ouvrage intitulé ne'' '^^.' ^' «?/Ti x7'a7TâiE0); — Au contraire, Gomperz [Gr. Denker, II, p. 252) pense plutôt à un pastiche, et Friedlander [Platon, I p '03, n. 1) regarde cette fable comme beaucoup plus ^Platonicienne que protagoréenne. Quant à Joël [Sokr. I, p. 548 sq., et 11,1, p. 466- 474), il admet bien que le mythe n'est pas de l'invention de Platon, mais à son ordinaire, il suppose sans raison suffisante que l'auteur en est Antisthène, dont le fmalisme est raillé par son rival sous le masque de Prota-
^°»*Chose curieuse, certains critiques ont jugé ce mythe d'une façon diamétralement opposée. Ainsi Grote [Plate, IL p. 45-47) y voit,sinon le meilleur, du moins l'un des meilleurs mythes platoniciens ; Susemihl [Plat. Phil. 1
l'analyse, comme l'a remarqué Gomperz \ qu'un tissu de pensées obscures et contradictoires. Aussi n'est-ce point en raisons de ses qualités propres qu'il nous intéresse, mais parce qu'il nous permet de' mieux saisir, par contraste, le caractère distinctif des véritables mythes de Platon. En effet, Protagoras regarde le y.OOoç et le Xs/oç comme deux façons équivalentes de traiter un sujet quelconque. Au début de son discours, n'offre-t-il pas à ses auditeurs de choisir l'un ou l'autre 2 ? Et, sa narration terminée, n'ajoute-t-il pas aussitôt : « De la sorte, et pour les raisons que je viens d'indiquer, il est naturel que les Athéniens, comme d'ailleurs les autres peuples,... lorsqu'ils délibèrent sur la vertu politique,... laissent'à chacun le droit d'exprimer son avis, parce que tout homme doit être doué de cette vertu, sans quoi la société n'existerait pas. Telle est V explication à^ leur conduite 3.» Comme si un épisode mythologique suffisait à justifier n'importe quelle opinion ! La fable de Gygès a, elle aussi, pour thème une théorie chère aux sophistes, mais du moins elle ne sert qu'à illustrer la pensée ; tandis qu'ici, le récit fabuleux tente de se faire passer induement pour une preuve \
p 64 S(i ) le place sur le même pied que tous les autres, auxquels il le compare comme s'il exprimait réellement la pensée de Platon (p. 88, 103 sq., •>8j 'PI) et le tient, en outre, pour le véritable Crundwylhos (p. 6j) ; enfm StewCrt [Mijlhs of PL p. 220-228) prétend que c'est, non pas « a mère sonhistic apolo-ue > , mais bien « a truc Platonic myth >>, et sans aller jusque là, Frikdlandkr [Platou, I, p. Î04-206) n'en plaide pas moins en sa
laveur.
1 GoMPF.Rz, Gr. Dcnhr, H, p. 251 sq.
2 Prot. 320 c.
3 Prof. 322 d-323 a.
* Autrement dit,cemvlhe n'est pas puremont allé-orique. 11 le serait si, comme par exemple la fable de la naissance d'I' rôs dans le Banquet, û ne visait qu'à exprimer sous une forme sensible une théorie préalablement démontrée ou admise a priori pour vraie. Mais en fait, la légende de Prométhée veut être plus qu'une simple image, puisque Protagoras parait croire qu elle vient à Vappiii de sa conception de la vertu politique comme "faculté innée. Ajoutons «lue, dans le Banquet, Phèdre commet la même erreur Voulant louer l'Amour, il déclare : C'est un grand dieu, le plus ancien des dieux, et la preuve (xEX|xr;p'.ov os xoStoo), c'est que personne, m parmi les prosateurs, ni parmi les poètes ne lui attribue des parents [Conv. 178 a-c).
^vd
Le conte,dc.rrotagoras, et en général le ->' )- P^ ^ tiq«e~i7e donc plus à éblouir l'audjteur qu a 1 '-^ru re , c'est un tour de passe-passe, un expédient comniode - trop commode - pour esquiver les diffleultés d'une démonstran Platon, au contraire, n'a garde d'en.ployer un apo ogu en guise d'argument, car il estime, avec Socra e qu la dialec tique seule peut être ouvrière de vérité ^ La ^-^'<^ ^'.^^ ^tZ' par exen.ple, n'est qu'un bref interlude sans portée ph loso plue • ell de Theuth fournit sin.plen.ent un cadre legen- Sa re à 1' xposé de la doctrine ; celle du Politi.r., dont nous IL parle'r, se suraioute au raisonnen.ent - ^-^^ ^ ^
«^o ivini^ ne le constitue d aucune manière, tonnes concrets, mais ne ic cuh^î
Q Tnt aux mythes du deuxième et du troisième groupe ,^u verrons plus loin que la fonction des uns est ^•^-''^'-^^' '^^^\ différente de celle du présent apologue, et que, s. les autres
su pléent, il est vrai, une recherche ^^^^^^X:"^;^-
tution du u-yj.c au -/.-//oç n'a lieu, du moins, qu en cas de ne ; ité Or il saute aul yeux que, dans le dialogue qu. porte on nom Protagoras ne saurait exciper d'une pareille excu.e, •
"a ceTu« l'objet de son débat avec Socrate n'est pas de ceux ,.
furpar leur nlture, sont placés hors des limites de la connai.
sance scientifique.
Parmi les mythes du premier g-"l-'/=\'',^"'^%","^„'^;,';;;
.„,„H est la seule qui puisse prêter à '^^^^'fX'iZlZ
ommentateurs, tels que Sécher, Sehaarschmid t Im , o„
nris au sérieux l'alternance des deux mouvements opposes de
Tunlvers et cette doctrine leur a paru si étrange, si pu
conf rm à l'ensemble de la philosophie platonicienne qu
n nt tiré argument contre l'authenticité d-i-^o^ ' J^.
vahren.1 Antisthenes seine S^^^^-^^'f^J^lZorls im Mythes die .ebraucht r.u habe.i schemt. «.c ja auch rota„ \Vahrheit zu geben beabsichtigt ».
LES MYTIÏFS DE PLATON
littérale méccmnaît le véritable dessein de l'auteur. De toute évidence, en effet, ce dernier ne croit, î)as pins ici que dans les Lois, à la réalité historique de Vù^rr d'or. Ilussions-nous le moindre doute sur ce point que l'ironie visible dont est assaisonné son récit suffirait à le dissiper ». Or. si le tableau du règne de Cronos est purement fictif, les événeruerïts extraordinaires qui ont niarqué la fin de ce règiu' et le début du nôtre doivent l'être é^aleiruMil. Platon n'a donc en lout cas pas l'intention d'exposer, fut-ce sous le voile du mythe, une théorie physique ou astronomique, ainsi qu'il le fera plus
tard dans le Timée.
De même, Deuschle et Stewart se sont fourvoyés en interprétant cette fable comme une explication mythique de l'origine de IVKtat * ou de Torigine du mal ^ car le problème en litige n'est ni d'ordre historique, ni d'ordre métaphysique,. Cherchant à définir le chef d'Etat, l'Etranger et le jeune Socrate ont répondu d'abord : c'est un pasteur d'homme s. Or cette analogie est inexacte. Sous le rè^jne de Saturne, lors(jue les hommes, encore ignorants de toute civilisation et de toute organisation sociale, vivaient comme des animaux paisibles sur une terre plus féconde que la nôtre, les divinités qui en avaient la garde étaient véritablement les bergers de ce bétail humain. Aujourd'hui, en revanche, les conducteurs de peuples ne méritent pas un si beau titre ; ce ne sont que des mortels gouvernant d'autres mortels *.
Le seul but de Platon, c'est donc — il le dit d'ailleurs expressément ^ — de corriger une définition. Mais, au lieu de procéder comme d'ordinaire, en opposant in ahstracto deux concepts du politique, l'un faux et l'autre juste, il a
1 Cf. Polit. 271 1), 272 d.
* Deuschle, Plat. Sprarhphif. p. 43 sq. — Puisque le mythe ne joue pas le rôle que lui prête Deuschle, il s'ensuit qu'il n'est rien moins que « nécessaire ». C'est, comme nous allons voir, une simple fahle allégorique, que Platon aurait fort bien pu remplacer par une discussion purement conceptuelle.
> Stewart, Myths of PL \\ 198, 201 sq.
* Polit. 268 b-c, 275 b-c.
» Polit. 268 e, 269 c, 273 e, 274 e-275 c.