‹ Les mythes de Platon [microform]; études philosophique et littéraireChapitre 20 sur 37 · VI · texte numérisé non relu

VI

4»-iV

Tout d'abord, si Platon croyait vrainient à 1 origine tempord du monde, on devrait trouver, ne fût-ce que quelques ïrac s d'une semblable doctrine dans les dialogues qu. on I „u suivi le Tlmée. Or tel n'est pas le cas. Le Pheàre précède »" "'^ ^ / l'existence de l'^me ne peut avoir

démontre au c»"^;»'"'*' ^" , ^^ 1,, ^,;, affirment à

ni commencement m tin , tanuis q K,„„:tp 0.0m-

deux reprises l'éternité de l'espèce humaine -. Ensuite eom ment admettre que le temps n'ait été créé qu'avec le monde , ment »d"'e"re^q ^^^^^.^^ événements donner

îrLéÏer? celui-ci, . savoir l'organisation de l'âme et du co p de l'univers selon les figures et les proportions mathlatTaues * soit dans le devenir qui préexistait au clel^ ÎSw'n' mythe, cette- contradiction, qu'Aristote ne

eellents articles de HoErr. ( ^"'-;/'- f,f ;;..rS: tl^^.

MÔnatshcfte, 23, 1887 p. 513-52^)- ^ „„ „ 6-9, 1014

. Phaedr. 245 -240 »■ ^ j^P'-^f «'S X^^

p. 76, n. 40 essaya va.nement d ."arter , .^^ ^^ ^^

cUe toute ^videnee^qne la-^^^^^^^^ ^ , ^e celle

faite qui mouvait la matitrc cnao 1 , jj. j ^^^ âme première

dont le Tùnée décrit la naissance et en ^^^'^ ^^^^^^-^.^ p^^ei-us (In avec la P-tendue âme mauv^aise d sLo^^-^A^^^^^ ^^^^^^

f'«^'^r^:"Ct'yS. e?.l:>l en ce sens Qu'elle est soumise au

fois «Y* ' ^ x«-a ly^'^'i i

devenir. , . , àr='5ta, âTT).ctov xotî àR;/,avov

,is,.;... .à "pi-- ''PXV :'^""^d':;„ i''^-;; la théodlcée du livre X \XV 7,. Tt àel /.a', ê.xa. ^.«"K- " ° f *J? P^' ;„„^e des créateurs du des Lois ne présente "-"^-o"*. '^^. "'^f,"'; 'i^8-170) reconnaît avec monde. C'est ce que Bovet (D.eu d« ^^- J^ ;,„, approfondie

rt::nrrrdérmirnt :tx^^^^ - — - -"•^

au pied de la lettre!

« Tim, 37 d-e, 38 b-c, 39 e.

* Tim. 30 a-37 c, 53 a-b.

» Tim. 52 d.

s'est pas fait faute de reprocher à son .naUrc ^ " « -"'^^ in.porta.ce. S.uon, elle est grave, trop g.ave et -1 g- sière pour qu'on puisse l'i.nputer au philosophe sans s accu sersoi-mt.n.e d'inintelligence des textes . .......ilons

i:nfm, rien ..e nous révèle n.ieux les vcrUahlc, .nttnUon» -X de t^n que les libertés qu',1 prend avec la chron. og.e. Ne décrit-il pas, par exen.ple, la naissance de ^^^^^^^ rieurement à celle de la matière, tout en signalant ce que Ttl Tnterversion a d'insolite, puisque l'à-ne est « p us an^ Cienne » que le corps ' ? Et ne revie.it-il pas souvent sur rtraoes!tant pour coinpléter la théorie des éléments ou d la sensation « que pour adjoindre aprè. coup un tro ..eme g^nre fondamental de la réalUé (.::.aox. ou x'"P=^) ^"^

r ni^l ^.;f .L1e!i:;..Jo. p.e„a „. Pi;a ae ..... non ^.^ .•origine t-poreUe du „.o.Kle ,Oe «w! l. 0 9 b 3^^^^^^ ,^^) ^^^ ,^ rà„.e du monde A et ^^^ ,'';^ "'"/^-i'';^ J,« ,.,cripti,>n toute svm-

rrnuTJe hI. :;; TvL:'^n monde (T,.. 34 ,.-37 e), si bien qu'il bohqiie de la naissance "^ . y ,^ comme une ^^ir-^oc,

blâme gravement son maître da^o,r c«"^" \f ^ 400 b 26-407 b 11)1

s:«;=r:^S'^^^::^cSr ^u'n ^^^ ''T^:;;z:st:orar;lt?;on.adicu^

a iormu lun ver» de lenp 1 ^.^.^^^ ^,^.^ ^^ pa.arogi.mc » : le

Irde^esfsLr: tout ce ,ui est sensible ....-.; ^t;- 'l"::»" ^/, IT'.m ^7 a-^8c] Enfin ce « cercle vicieux « : c est tantôt le caracttrc senifbïe au l^nde qui P-ouve son origine temporelle, tantôt l'.nverse (Tim. 28 b-c, 31 b).

3 T,-^ 34 b-c -Au reste, comme l'âme est un mélange des substance, idéal?" sensible (35 a-b) - ce qui est une façon symbobque de d.re au'ene e;t intermédiaire entre le monde de l'être et eelu, de devenir -- elle ^ '',.rit nnître avant le corps. Pe plus, le démiurge étant une ame, r^rexlste S e!: h.i. et n'a donc nul besoin d'être créée au cours du

^"^^Tim. 31 b-33 a. 48 a-61 c (théorie des éléments) ; 45 b-47 e, 61 c-68 d (théorie de la sensation).

fl

ki > .

deux pren.iers (..r--^'7- »« - «* ^^^^ ^^ ^ ^^'^iJ, ^'ailleurs, et n.a.gré les apparences, le ''"- ^^ J^J.^ / a-une étude svstématique delà nature que d une histo.re , on le r.r le plan général de l'ouvrage comporte, hormis :;lmWe ;roil grandes parties distinctes, -. cWitres ,ourrait-o,. dire, qui ont respective.nent pour '^^^^^^^^ du démiurge, celle de la nécessité, et, pour ter.n.ner, les re 11:: de la'ccnhinaison de ces deux f «es en p^.o o.. animale, et plus spécialement hnma.ne ^ A^^' '; .^^ ;*^^. ^ tement chronologique est, de fa.t, supplante P- J -«^'^j» gique : preuve certaine qu'il n'est In.-meme qu un ordre .. didactique déguisé, un artifice de composition.

Autant l'interprétation littérale apparaît erronée à 1 exa 2 m celle que nous défendons s'impose par sa vra,-

"'V ; Von seulement l'on peut alléguer en sa faveur la semblance. .Non seuienicni i pioton Dour

nrédilcction du reste très compréhensible de Platon po

Use borne à reprendre, pour les développer certains ymboTes df ses ouvrages antérieurs, RépulU.ue, Sopluste,

''^!Ztl^i,r^e, on trouve déjà deux personnifications fugÏve df la finllité que manifestent la «— " f^ -; g?nes sensoriels et les révolutions des astres, sous les traits

1 Tim 48 e-52 d.

^ Tim. 27 c-47 e ; 47 e-69 a ; 69 a-9. c ^^^ ^^ ,,,„,po,iiion pla-

' Cf. Diès, Autour de PI. H, p. oi» . ^ Wilamowitz, Platon, II,

touicienne des cosmogonies antiques. . C(. auss,

d'un 5/..ov.yi. -é. ^r^^-^ et d'un mu^y/k ■"- ovpvoO ». Dans la d/rniferc dichotomie du SopkisU, l'Etranger qu. vient de diviser l'art de produire (zo,.nx.) en deux grande espèces, l'une humaine, l'autre divine, remarque a propos de celle-ci, que toutes les choses naturelles sont le produit, :::1'un; 'causalité aveugle, mais d'un d^e" c -ur (ôiô; ^r,ur,.^M, qui les fait passer du non-etre à 1 être Enfln,pa;mi les quatre genres du PmU.. Socrate comp e la cause organisatrice ^-h V-rV--)- c'est-a-dire 1 mteUi-^ gence divine qui ordonne et arrange l'univers (......... x.o.aov..

-..« ^.vr.-o.,a... .0?.'. ...i voO, /.-7oaiv.) '. Ma.s e véritable

germe de la cosmogonie du Timée, c'est dans le Poii^^^ue qu'il le faut chercher \ car le mythe de ce dialogue fait deux allusions très nettes à l'ouvrier et au père du monde (3...<ov,07Ôç x.i z.tv;.), qui l'a agencé, engendre, composé, ordonné {p^^.o.i..;, yv^^-i^ '^^^^^ ■^..:r^:>.i),^ en le tirant du chaos originel (-^ ra/,.< ror^^ T'^^-r ; -T«;.a zp^v .e; rov

Et maintenant, élargissons le débat. Si quelqu un doit expliquer à autrui le fonctionnement d'un mécanisme, il peut s'y prendre de deux manières : ou bien le construire ou bien le démonter pièces par pièces. Pour étudier cette grande et admirable machine qu'est l'univers, Platon a choisi le premier moyen. En d'autres termes et sans métaphore, il a préféré la svnthèse à l'analyse. Au Heu de décomposer la réalité toute faite, il part d'une matière brute, purement hypothétique, sans autre qualité que l'existence nue et le mouve-

1 nev 507 c, 530 a, - En revanche, dans Uep. 596 b-c,le aT),...oupvô; dont il s'a-it n'est pas Dieu ou quelque autre cause première, mais le peintre c^Zel^eh, P/..7. Aer Gr. II, 1, p. 711, n. 4) ; il n'est pas superflu dele rappeler, puisque cette erreur d'interprétation se retrouve chez WiLAMOWiTZ [Platon, I, p. 583, 597).

2 Soph. 265 c. Cf. 266 b.

3 Phil. 27 b, 30 c. Cf. aussi 26 e, 28 c, d, 30 d. * Cf. Reinhardt, PL Mythen, p. 120, 123.

s Polit. 269 d, 270 a, 273 b-d. - A comparer surtout Polit. -73 b . xo-^ or.HLCoupvoù xal raxp(5;, avec Tim.2Sc : xov Ttorr^tr.v xa-. zat.:a xo'.O. xoù Ttâvxo;,' et 37 c : ô Y^vvT^aac: T.%zr\p.

Ly

„.ent désordonné, puis il en raconte ^^^^^^^^ sive des quatre éléments jusqu'aux astres et aux animaux. Sr^i le monde sensible est organisé, c'est, fon les principes du platonisme, parce qu'il est une Image du inonde intelligible autrement dit parce qu'il est pénétré de rationalité Ma ' pour que le mythe puisse exprimer la même idée en Ta ran'sposa'nt sur le plan de l'action un -oisieme acteui • r- i„ „QtiiT-p IIP saurait se créer toute seuic. est nécessaire. Car la nature ne sauia -^^niclble Se

Oui l'a donc fabriquée ? Voilà pourquoi 1 ctre intelligible Se ^c^nle en Ïeux moitiés : d'une part le modèle éternel don L; choses sensibles sont la copie, d'autre part le denuurge

qui est l'auteur de «"-0?- ^^,^,j^„^^ ,,, ,,„p,„„té aux

Remarquons qu ICI encore, le syiiu n' t rl'anrès^

autres dialogue,. No,, .eul.m.nl Vouvn.r tr.va.ll.nt d apte, ûrmodèle pa,rai. est uu. eomp.rai.on ehèr. «u phaosoph. -

Tpx^ .e .■op.e d,. ^"Veirrrr™::"» -.

quant <» r.m^o a sans doute un autre rôle : il ne

dieu. Le démiurge du Timee a ^ans ^ou

-'' -: iitrrrch^^pïeStrrîairX^^^^ ^

iTp'i: ton aVa TsÏn'I'un ouvrier des idées là d'un oulri;rTu Inde ; différentes quant à leur fin, les deux fictions

* * r'w^t "iM t\ ' xôv voaoOiXTjV — . C.a..3S0a.390 . (A com^rer^;^^^^^^^^^ , ^^^ ,;^^ ^^^

^lino:^:cj.:o, jr^^o e^... o t« ^^ -qS d-504 a (l'homme de bien

«pà; TÔ àiî'.ov e^Xentv.) — U. ^""^'J^ » . ,es peintres et autres

se règle sur la justice et la «"P"*"?^' **„'„'"^f,t f, perfection) ; Bep. 484 artisLs exécutent leu. "^-^tp^^llts^^ propre conduite, et c-d, 500 b-d, 500 e-.>Ol c (le Philos p vertu, de même que

f pirt;::diiri:"^s ^:^r. ...... .s «.ts de son m».

"^tflep. 595 c-597 e. Voir plus haut. p. 105 sq.

n'en sont pas moins identiques dans leur ,«mc.pe. Or la première ne fut prise que bien rarement au sér.eux i. S. la seconde avait eu un sort pareil, si la plupart des interprètes avaient reeonnu qu'il v a une analogie foncière entre le 'y,.^y,^i du Tunée et le ovovo/W de la népuhlu,,u: l'on n aura.t pas discuté indéfiniment sur !es rapports du « Dieu » de 1 laton avec les idées \ Problème insoluble, voire absurde, car de vrai, le dén.iurge est consubslantiel au monde .ntell>g.b e, do.it il ne se distingue qu',« ahstraclo \ W représente s.mple-

, lU,. U. fui cci,o,„\anl ,.a.- C. F. Il ki.man.n, qui y voyait. s.Iom s<m

nouvelle de la ihéone d.s i.l.-»«s. (.t. ausM I.omi i.u/.,

'•.';tu est-il au-aessu., au-.lossous ou à cù.. ''^ V»'-' ^^'^f ^v'r maiHlô cent fois. Voir le nsumé des v""^M>al- sulut.o,.s a.u.s ï^ovnx,

DiV'i de P/. p. 65-75. ....ntmire-

, 3 I,, preuve «lue le .lé.uiur^e n'est pas a.st.n.t .lu hum .!.. t ntrane /n.ont /ce qu'Urme Tavloh (PMo, p. V.2 : To..... . -' Z^''' / '; '

p f^4 81 sq ) après Hrochard (Lrs m/////r.s (f«M.v /« plido.ophie de FL L!;;; phil. Il, 1^H)0, p. M sq. = K/. d. Pl^n. p. 57 sc,U c'est que u,u^ vers est aonr.é pour une iinagr, tantôt au premier iJun. ..) e^ tanl. t du seeon<l (28 a, 2V> a). Aux textes ae cette aen.ière eate^on., on peut ajouter, seudae-t-il, 77m. IH c : .ô>. ..^^.'. 0-<ov V-;--^-:;^:;^- ;;^ ces 7'0'0. 0,0.: sont -é.i.-ralement eonsiaén's eomrue équivalents aux idées (cf. Zk.l.b, PhfL iler ^w'. 1 1, 1 , p. 71 0, n. 5 : ^"^"f ';;^';^^' ^ '^ of IH P 118), et Tavi.ou iComnu>nt. on PL Inn. p. 18'.-18h), qui n.e cet t. équivalence, s'avoue incapable ae la remplacer f.ar un. conjecture satisfaisante. (En -out cas, si 1\ n aamet qur ol.e .exte esl iautd, la seule correction qui nous pa aisse plausible- bien ^no ' ^^^'^•^>«' ^^j;"' p XIV, la rejette --est celle que propose Iîkvan, Cfes rcr. ^»2, lJ-8. p 170: an lieu de Oecov, lire Oeïov, et le rapporter à a-'a/.ia) Quant à Tim 02 c, son attribution dépend de la lecture ([u'on adopte, soit £Î/(uv T0-: vor.ToO, avec Hf.umann, ÏUrnf.t, Ihvvi d et 1 aylor (Comment, on PL Tim. p. 646-649), soit eV/.<;>v toO Tto-rjo'., avec \HcnER-HiNn, lîovET [Dieu de. PL p. 160 sq.) et Ai-klt (aans sa traauctionK Pour notre part, nous croyons, comme Taylor, qu d est préférable de conserver la première, celle de la vul-ate. Au reste, l uicertitude du texte ne jette heureusement aucun doute sur la pensée du phdosophe l\emarquons en terminant <iue Archer-Ilind et I^ovet qui, tous deux, lisent irotr.ToO et en déduisent Tidentité du démiurge et du modèle, diver«-ent finalement de curieuse manière : le premier affirme que le démiurge est simplement un double mythique du monde intelligible [Tim, of. PL p. 344 sq.) — et il a raison, du moins quant au fond ; le second que « Dieu forme le monde d'après ses propres pensées, qui sont les idées par-

ni

ment l'idée du Bien de la République sous son aspect particulier de cause efficiente ^ ; il pei>sonnifie le principe producteur du Philèbe (tÔ ovMryjpyr/jy] sous la forme d'un dieu anthroponiorphlque, d'un artisan divin {or/j.tr/jy/iç)".

Le choix ^ de l'exposé mythique rendait cette adaptation indispensable, de même qu il exigeait la transmutation d'un fait permanent en un acte unique, accompli à une date déterminée. Ainsi, la création imaginaire dans le temps symbolise le rapport de l'cr//;>v au -ac^^'o-r/r/a, c'est-à-dire la

faites >« ^lor. e.U, : doctrine qu'il aoit à LrTo...ANVSKi (PL logir. p. 477) et qui n'est certainement pas platonicienne.

> V la suit.' .lAristote, la plupart aes moaernes vont répétant que les id.Mw ,>lato,aci.Mmes ne soni que aes causes formelles ou finales, et nullement aes causes efricientes. ( »r rien n'est plus faux, au m<>.ns eu ce qui concerna Piaée au Bien, car Platon ait de cette dermère qu e le fournit au monde intelligible « son existence et son essence )> [Rep. 509 b : to e-.v^^ /,' -;v .:-:av), et qu'elle est « cause de tout ce qu. est bon et beau dans l'univers « iRep. 517 c : rà.. rtv...v ^-pOov .t xa- /«/rov -^--''' ; cf. aussi Ph.ied M5 e \)\) c). A propos .le R^p. 517 c, Bovf.t [op. cit. p. 61) déclare, il est vrai ceci : « H est d'ailleurs tout imliqué de considérer ces expressions comme m'-taphoriques : nous avons i,-i une personnification de } uiee supréme, mais tout nous marine que ,.'est là une métaphore poétique, non pas une vérité philosophique dialectiquement présentée. « Nous sommes, pour notre part, d'un sentiment conhaire; mais ce a-. -7^^^P7^^^"^^ surtout à cet hvpercriticismo. c>st d'être étrangement l.m.te a un groupe de dialogues. Si l'on écarte le passage en question comme une « métaphore poétique >s et si Ton juge -- avec raison cette fo.s "^"^r;! le ovxro.vô; ..0 oV--^ ^e «",' ^^^0 a, so.t le ...o.pro: ^u J;\^ X de la RrpMinue sont de simples ligures de langage [op. ciL p. 45-4/, by-/l), pourquoi changer brusquement de méthode dans les c»»-P»tres suivants, et prendre au pied de la lettre, non seulement la cosmogonie du Timee, mai^ aussi toutes les allusions au <lémiurge qui se trouvent dans le Sophiste le Politique et le Pliil^be ? Sans ces inconséquences dans 1 interprétation l'auteur n'aurait pu aboutir à sa conception paradoxale d un dieu de Platon absolument étranger à tous les dialogues qm précèdent le So-

^^^C'i Tim 47 e: .a ^.à voO o.o.u o.v;,alv., où l'on voit clairement q.e le démiurge est une smple personnification de la «"'^''^^ -;™^^^ 3 11 s'a.Mt - nous insistons une dernière fo.s la-dessus -- d un choix tout à faUlihre, et non, comme le croit Deuschle, d'un mythe nécessaire pi^sque le dev;nir retracé par Platon est purement symbolique (voir plus haut p 172-177). - Sur Fouillée, qui attribue à ce mythe un caractèreexotérique, voir plus haut, p. 156, n. 2.

aefendance de la yfv... à l'égard de l'o...'. K Et les ope rations successives du démiurge symbolisent a lem- tour l'ordre des valeurs, par une substitution de 1 anter.or.te chronologique à la priorité logique. Le monde est ne (yr/ov.v) dit Platon ; un dieu souverainement bon le f .t aussi semblable que possible à l'exemplaire idéal ; avant l'intervent.on du démiurge régnait le chaos ; l'âme est plus ancienne que c corps, etc. Autant de figures de langage imposées par le postulat de la genèse fictive, et qui signifient évulen.ment le monde phénoménal est sujet à un perpétuel devenir (vr/viv^vw uh izl, Ôv Si ovîiTT.-.-) ^ c'est une objectivat.on contingente, dans l'espace et le temps, de l'être immuable et suprasensible ; la matière ne doit sa forme, ses lo>s et son intelligibilité relative qu'à une raison universelle et divine, a la fois immanente et transcendante ; la valeur de 1 esprit surpasse infiniment celle de la nature physique \ - Xénocrate et Crantor interprètent donc correctement la pensée du maître, lorsqu'ils assimilent son procédé de démonstration à celui des mathématiciens (aaO-.,a^ri//..). 1 our des motifs didactiques (o.oa^x.a).'^^ /ao.v), afin de fac. .ter leur étude i^Jf^'.l^, .vr..), et de la rendre plus claire

• et C«.vNTOR ap. Pro.l. In Plal. T,m. comment. D.chl, 8o a . I --y"

^:'!"- V.V-- J:<l.-ô.-.TOv i:n d'.-.utrcs termes, l'univers est sans commencement ni fin dans le temps (à-fiv',^o; xa! aoOaoTo; /.a.a yp^vov), maTll n'est ni éternel (à.».o. ou .Uùv.,;) parce nu'il est sujet au devemr, ni cause de soi {■/•o?\; l'-lo-j) parce qu'il est rclat.t.

' Tim 28 b --Il va sans dire <iue le « tonMogmatuiue » de ccM"-"-' »•* d'autres 'expressions seml.lal.lcs n'est pas un argument sérieux en faveur de l'interprétation littérale, bien qu'on l'ait parfois donne pour tel.

» Tim "7 d - Remarquons que la langue grecque rendait singulièrement facile au philosophe l'emploi de ce langage métaphorique, puisqu e le rprime par un seul et même mot, d'une part l'origine et a cause \^iy ; rf Tint '8 b 29 e), d'autre part la naissance et le dennir U-'"'- - Îri^^ov'et 4vovo; ; cf. Tim. 27 d-29 e). Ainsi, l'univers a une cause «oyr;), mais no'n pas une origine temporelle (ip/x, y.po-nxv,) comme 1 a fort bien vu Proclus [In Plat. Tim. comment. Diebl 86 a).

♦ Dans Leee 891 c-896 d, Platon affirme, comme dans 7 im. J4 b-c, que l'âme est « antérieure » au corps, et toujours, bien entendu pour exprimer symboliquement la même idée à savoir q"» 1 -P"J ^' P^"' important et plus précieux que la matière (cf. Legg. /26 a-728 e).

'' im

(«^.v..-.-- /#.v), les géomètres raisonnent sur les figures Irr^r^. oi.,;.y.y.^™v ,i..v r.ToO,.) en les construisant ligne par ligne (-o-; 3.a/p..y.^7i ra«x.o/r//;o07< yiyvoy.îvoi.) ; après les avoir analysées en leurs éléments (-i ^^vJ-x bu "^ ar/a ^v./-:ov,.), ils examinent comment elles en proviennent C;r«, il i«^- iyhB-. ^v, e-o y- .py^, .yh^ro ..o.ov,<v) De même, si Platon admet une naissance de 1 univers, c est par pure hypothèse (.; vroOk^.^;) et en théorie (/.07.., rf envo,?), pour mettre en lumière (,i?Oiov -p'h.M) le rapport logique des principes et de leurs résultantes ^h ra^u- toiv.... r.ooTçocov r. ■L rX^rio^^v), la distinction (5,^9.0=.') des éléments jimples et des composés qu'ils forment [ri ah or,iyi(^.... -^ 0£ r/. .'^v ,-oey w.) \ Bref, la cosmogonie du Timêe n'est nen d autre que le ph.s caractéristique, le plus important, et nous ajouterons le plus mal compris des mythes génétiques.

3 Mythes parascientifiques. (I. Théorie de la nature du Timée II. Eschatologie : mythes du Gorgias, du Phédon, de la Eépublique, du Phèdre, etc. ; condamnation du suicide, dans le Phédon ; théorie de la réminiscence, du Ménon • nature de l'âme 2) — ParascientLfique étant un néologisme, il nous taut d'abord le justifier et le définir. Sa raison d'ôtre, c'est que.

i I es diverses citations grecques de cet alinéa sont tirées des textes suivants, qu^nous renseignfnt sur l'opinion de Xè^oci,.xb et de Cb.^xok ainsi qu; des platoniciens en général : AnisTOXB,.. De '»"'• I' ^^ 279 b ^2 280 a 2 • S.mpmc. Schol. in ArUtotel. De coel. Brandis, 488 b I0 31 ,

!r"'"onîii-%o:;:s;Vieï'iosï

Tus re'pri es e caraet'ère idéaMe cette cosmogonie. Ainsi, 1-^ le P-amsicurs rep ^^ ^ jg j^ fable de

PMlantid? - les bommes dont Timée 'aura décrit théoriquement la 1 A-t'»""^^ . „ f ^i xov-o Y5voviT«) et Socrate l'éducation (Tim.

oTaW P u o^n Vl elt qiéstioL des figures géométriques qui v ennen dLrioduite < ê; théorie» [Tim. 55 d : .i Y'^vovo.. vOv ,.7, Xi^ v^vr,) ; et 'es dW er gën-s de causes dont Timée etses compagnons «nt besoin ^our

\L construction '^^''-i- «>" -^Tr ^69 7"^^^.'^^^

;:irar=;a^:nfrnrrni^^^^^^^ ^»r^^œ: 29S^:iS:î^"; ^^irï 97. .. .., ...

Perce val Frutiger

^;^s lui, nous n'aurions pas p" désigner les mythes du troisième groupe autrement qu'à l'aide d'une l""g"«. «* '"^^";: mode périphrase. Quant à la signification de cette ep-thete, le lecteur, guidé par l'étymologie, l'a peut-être déjà devinée : elle s'applique à tout ce que l'iaton expose à côii, en marge de la science telle qu'il l'entend, tout ce qu. est pour lu,, objet non pas d'-.^TKa., mais de simple 0.;a. Or les matières traitées de cette façon concernent, soit la physique, au sens large que les anciens donnaient à ce terme, c est-àdire l'ensemble des sciences naturelles, soit l'eschatologie et une partie de la psychologie.

I —Lwnvsioi savant pour domaine exclusif le monde sensible, que son perpétuel devenir rend à st.ictemenl ,.arler in.-onnaissabh., .'Ile ne saurait être pleincucnt rationnelle, t'est une théorie conjecturale (ax.o.,- y.:Ooç; et d une trop médiocre valeur pour que le philosophe voué à de hautes spéculations sur les essences éternelles ['a -tu t.» '/.rrov ad

création {y^y:r:y^:-v„i ;vi/.a; et de noble amusement (,..£Tp'.. tmoà. .ai 9o:v.v/.--, '. Ainsi, même en l'absence des réserves expresses d'e l'auteur =, quiconque a bien mesuré la portée de ces principes, devrait Icuir le Tiniée pour un i.x/,.ç y...o.. Nous avons déjà reconou, dans ce lUy '^^^z->i platonicien, un mythe symbolique, sous la forme d'une cosmogonie remplaçant l'aualvse pure et simple de la structure dernière des choses \ Mais maintenant, il nous est loisible d affirmer que, si l'iaton avait préféré un exposé didactique à celte genèse fictive de l'univers et à l'anthropomorphisme du démiurge, le caractère général de l'ouvrage n'en aurait pas été sensiblement modifié. Car il existe, entre la connaissance et son objet, une analogie de telle sorte qu'autant les notions que notre esprit se forme de l'être intelligible et immuable se

* Cf Tim 28 c ; '29 c-d ; 30 b ; 44 d ; 48 b-e ; o3 d ; oo d • o6 a, b, d : 57 d ; 59 c-d ; 68 b, d ; 69 b ; 72 d-e ; 90 e. Cf. aussi CrU. 106 a-b. » Voir plus haut, p. 199-209.

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