‹ Les mythes de Platon [microform]; études philosophique et littéraireChapitre 21 sur 37 · II · texte numérisé non relu

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distinguent par leur fixité et leur clarté, autant les hypo-

tlÏse" relatives à ce non-ètre imparfait, changeant e re-

bdle à la raison qu'est la nature physique, sont e les.neme

' • . ..ntuhées d'erreur et irrationnelles \ Quelque Drecaires, eniacnees u cuv^v*

critiquable qu'elle nous ait semblé d'autre part, 1 .« erpre ation de neuschle ^ est donc juste en ce qui concerne le Tune.^ , non seulement ce dialogue est un mythe, mais c est un n > the nécessaire, puisqu'aux yeux de Platon, tou e ^h-rie dial tique de la matière et des causes secondes (^va...a) est impossible par définition.

n 11 est d'autres problèmes dont l'examen oKre, pour des 'raisons différentes, le môme caractère de P-babi h e. Tels les ..„cuMK>TS ou PnÉuo. co.xn. .b --•-■^-^ lèvent moins de la logique que du mysticisme. -^J^^^^' ment l'avav.v.7.-- uans i.E Méno.n, où cette doctrine que le p^tlphe' cherchera plus tard à déduire ^i^'^'ectiquement d la théo ie des idées, est encore une croyance sans aut e ga rantie de vérité qu'un .a/.aiw -/i'/o.. Nous ne reparlerons ;: de ces textes, puisque nous avons eu déjà 1 oc^=as-i de le« discuter dans la première partie de cet ouvrage . Ln revanche il nous reste quelques remarques générales a formuler sur la tripartition de l'àme et les mythes eschatologiques.

Moins privilégiée que la ^réminiscence qui de simple 0 ,. qu'elle était primitivement, devient .r<,r.y.. dans le Phedor., ZrntL. L i..Hr.Ks OE .'.ME est toujours demeurée problématique. En effet, des trois grandes q-^^-^J^ ^^ posent à l'égard de la -^y, : son immortahte, sa -^J-^ v.e d'outre-tombe, la première seule peut être tranchée par ^ dialectique. .Vutrement dit, Platon s'est cru de force a de montrer que l'àme est impérissable ' ; mais chaque foxs qu il

2 Voir plus haut, p. 17.-1 >;. ^ ^ lono n 4-8 \== Et. de pluL p. 49-54] ; Robin, Pensée gr. p. 2b7 sq. , iayi-uk,

s'agit d'en expliq"er la constitution intin.e et d en distinguer les facultés \ il avoue sans détour qu'une connaissance parfaite et fondée en raison de cet aW>.-v. («..«- /'//.^v- 5..0«,0a0^ est au-dessus de notre portée » Dans la 7?.;."blique aussi bien que dans le Phèdr. et le 7"-"-' l^;"; partition est donc un mythe, non pas comme 1 en enden ceux qui en contestent la valeur, mais parce qu elle n est rien de plus qu'une hypothèse reposant sur des données purement empiriques *.

Quant aux modes d'existence de la -^-jy^ désincarnée ^ il est clair que ni la raison,ni l'expérience ne nous les peuvent faire connaître. Voilà pourquoi les preuves en faveur de 1 immortalité de rame sont suivies de mvthks eschato. ociques décrivant la vie future telle que TMaton l'imagine à défaut de tout savoir positif. Sans parler des brèves allusions à 1 audelà dispersées dans les dialogues «, et de trois passages relatifs à la mctempsychose, l'un dans le Phédon et les deux autres dans le Timée ', les mythes eschatologiques proprement dits sont au nombre de quatre ; les trois premiers donnent au Gorgias, au Phédon et à la néiucbhque leur dénouement naturel, tandis que le quatrième est incorpore dans la « palinodie » du Phèdre. Ils présentent entre eux plusieurs divergences sur lesquelles nous pouvons nous dispenser d'insister, parce qu'on les a déjà relevées maintes fois. Disons seulement que, si ces variations détient les tentatives, d'ailleurs puériles, d'harmonistique, Couturat n'en a pas

1 Re,,. 611 b : oïov ô' iïv.v .ri i/.<,0.(î ; Pluuuh: '2'.G a : -ev. ol vT.; lîiot;

» CtPhLlr. 246 a : àvOpw-îvr, «1 u.izz,o. «■•v.-r,' ■;, opposée à la

.«,-;;•. oat..ac. opposés k .W. uiv î.-.: et o?^v h..> x.O.pov ,.,.'-—

Voir aussi plus haut p. 76-96.

. Phaed&l e : ^^?^ xf,; àro?,;.!.; .?,; è/..., r..:.; -.:;. r.vr.v ocou.fl»

" • Voir la liste de ces allusions à la p. 30, n« 12

T Voir liste de la p. 20-31, n^ 11, et liste de la p. 0., nO 6.

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moins grand tort d'y voir un signe d'incrédulité . tar peu importe que l'auteur préfère, au gré de sa fantaisie, tantôt un détail mvlhologique, tantôt un autre, puisque la conviction qu'il exprime à l'aide de ces symboles reste, dans son fond, toujours pareille et toujours aussi ferme, quoique indémontrable \ Ce que tu méprises comme un radotage de vieille femme, déclare Socrate à Calliclès dans la conclusion du (inrgias, es», j'en suis persuadé, la venté même . Tes paroles, et d'autres semblables, sont si graves, on pourrait p'resque dire si solennelles, l'affirmation répétée, non seulement de la vie future, mais aussi de la rétribution après la mort et de la palingénésie a un tel accent de sincérité que, pour notre part, nous ne nous sentons pas le droit de tenir l'ensemble de ces mythes pour le jeu ou le calcul d un scep-

Xous avons parlé tout à rheure de fantaisie. Ajoutons <,ue cette fantaisie elle-même est moins capricieuse qu elle „e semble, et qu'en examinant attentivement le symbolisme des quatre vix.vi:<<, comme les appelle (Hympiodore , on le voit se modifier peu à peu dans une direction invariable. Ou'il soit téméraire d'en tirer des conclusions d ordre chronologique, nous l'accordons volontiers. l-:n revanche, il est bien permis de remarquer que la suite probable des dialogues, telle qu'elle est déterminée d'après de tout autres in-

nauce de lUèse de CoutunU, lU-v. .le met. et .le mon U , juillet 18J6. buppl.

''■^ Cf. SlSF.MIllL, PW. P/'<(. 11, 1, p. 270. I (^.„T,-„^T

3 r„... ^27 i et aussi Gorg. 523 a, .52'. a-h, Slb .1 (Coltlrat,

r. n? *■ ,;;.;, ôsTet 61-6'. considère à tort ces .léelaiations comme

De PU,, m-,/ . , ,K -1 1^; ZX^ScM. in «-m,.. 014 b, 6U i) ; Pkaedr.

'™5Ta ; m' . . •.t.emcit Poppositio,. si^niHcative entre 6^r,.

'• ? . et T/,e«<-( 176 1. : Cailielés et les esprits forts .le son espèce [Theael. 7 a t™t naéalisme pour un .".Oo; V?---..-- .- ,.<'''";-,;":

c'est leur propre théorie étroitement utilitaire qu. m.r.te 1 e,..thete de

1. 27 (ill'agi" .^une comparaison entre les trois n.y.hes du Gorg,«.. du Phédon et de la République).

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dices, et notamment d'après les critères linguistiques, dessine d'une façon satisfaisante, donc plausible, l'évolution de l'eschatologie platonicienne. Très simple encore, avec son Tartare où les criminels expient leurs fautes et son île des bienheureux, le mythe du Gorgias s'en tient presque autant que la fin de V Apologie — nous ne parlons naturellement que de la forme — aux conceptions populaires de la vie future. Le tableau brossé par l'auteur de Pfiédon diffère assurément bien davantage de THadès homérique ; et pourtant, quoique les âmes vertueuses se rendent dans une région plus élevée et incomparablement plus pure que la notre, la scène est toujours limitée à la terre. Dans la République et le Phèdre, enfin, non seulement le cadre s'élargit jusqu'à embrasser l'univers entier, mais à cette extension dans l'espace cosmique correspond une extension équivalente dans l'ordre temporel. Car la métempsychose, à quoi ni V Apologie ni le Gorgias ne font la moindre allusion et que le Phédon laisse au second plan ^, acquiert soudain une importance extrême ; c'est désormais par siècles que se chiffre la période d'évolution des âmes — mille ans selon la République, dix mille ans selon le Phèdre — et le philosophe lui-même, au lieu d'être libéré immédiatement comme c'est le cas dans le Phédon, doit mener par trois fois, ici-bas, la vie ascétique en dehors de laquelle nul ne saurait échapper jamais au cycle inexorable de la réincarnation ^.

On nous dira peut-être que ces différences n'ont aucun rapport avec la chronologie, et qu'elles s'expliquent tout

^ Nous ne parlons naturellemeHt que du mythe final, (►ù l'on trouve seulement doux allusions très brèves à la métempsychose [Phaed. i07 e, 113 a) ; car, dans l'exposé mythique qui dot la première partie du dialo;g:ue {Phaed. 80 d-84 b), cette doctrine joue au contraire un rôle important. — Quant au Gorgias^ il la su^fgère tout au plus (cl". Friedlander, Platon, I, p. 210 sq., 214 sq.), mais ne la mentionne nulle part de façon explicite.

2 Cf. LuTosLAwsKi, PL logïc, p. 328-330 ; Raeder, Platon, p. 25C- 258 ; II. VON AuNiM, PL Jugenddial. p. 161-176 ; Wii.amowitz, Platon, I, p. 228, 327 sq., 409 sq. ; Fuiedlâ.ndeu, Platon, I, p. 213-219, 221--25, 242 sq., 251.

aussi bien par le choix instinctif ou volontaire des détails qui conviennent le mieux au sujet de chaque dialogue. Mais cette objection serait simplement la preuve d'un malentendu. Car, si nous affirmons que tel dialogue doit être postérieur à tel autre, ce n'est pas parce qu'il donne une d«^srri plioii plus complète de l'au-delà, c'est parce que le caractère jjropre de ses symboles dénote une époque plus tardive. Or, de ce point de vue, commenf ne pas placer au début la yt/.-jix du Gorsias, qui est du même type que celles de V Odyssée, et en troisième lieu — après le récit intermédiaire du Phédon — lea grandioses visions costniques du mythe d'Kr et du Phèdre, inspirées par les théories astronomiques des pythagoriciens dont on sait que Platon subit fortement l'influence dans ses derniers ouvrages ? ^ Ainsi, le mythe du Phèdre, que Schleiermacher tenait pour le Grundtnythos, germe de tous les autres, et Dôring pour le programme succinct de la divine comédie dont les divers actes devaient être développés ultérieurement *, ce mythe, disons-nous, est en réalité un point d'arrivée bien plutôt qu'un point de départ : il nous donne, sous sa forme la plus ample, la plus riche et la plus parfaite, l'eschatologie d'un philosophe déjà mûri par l'expérience et la méditation, mais encore plein d'enthousiasme comme aux jours de sa jeunesse.

Quelques mots, pour terminer, sur les passages parascientifiques en général. Les reconnaître est chose relativement aisée, car la science [ivAiz-hrc ou -A-riiz) ne fait jamais place à l'opinion vraie (^>^^^>i OÔ;a ou ^iiy. yj:rf/r,z) ^ sans que

' Cf. H. VON 'Arnim, loc. rit.

* ScHLEiERMACHER, PL Werke, I, 1, p. 48 et 79 : « der Grundmylhos, aus welchem aile folgende in das Ganze der platonischen Philosophie eingreifende sich entwickeln » ; Dôring, Die eschatologischen Mythen PL Arch. fiir Gesch. der Phil. 6, 1893, p. 475-490. — De même Diete- RiCH [Nekyia, p. 116) considère le Phèdre comme le premier, et la Répiihlique comme le dernier des mythes eschatologiques, tout en s'étonnant assez naïvement de leur grande ressemblance !

• Sur la distinction de la ^ô;x et de rÈTctJTT^fjLr^, voir plus haut, p. 40^ n. 6 et 173, n. 2.

nir.

Platon nous en avertisse d'une manière ou d'une autre ^. Mais où tracer la lio;ne de démarcation entre le svmbole et la doctrine positive : telle est la difficulté que leur ex[)ression le plus souvent figurée nous suscite parfois, et qui est d'ailleurs inhérente au mythe. Certes, personne ne s'aviserait de prendre au pied de la lettre les juges infernaux, le chariot de l'âme et tant d'autres images du môme genre. Cependant l'interprétation allégorique à outrance, proposée par certains commentateurs, ne vaut guère mieux qu'une interprétation étroitement littérale. Ainsi, c'est dénaturer sans aucun doute la pensée de Platon que d'identifier l'immortalité des âmes individuelles à l'éternité de la raison impersonnelle ^, la réminiscence aux idées innées ^, la métempsx chose à la transformation perpétuelle de la substance psychophysique *, la rétribution après la mort à quelque vague formule idéa-

ï Par exemple, le mythe «lu Phédon est a|>i>elé ujOo- [Phacd. 110 b), celui (le la République àzôÀoYo; et |jlôOo; [Rep. 014 b, G21 bj • quant au récit final d^i Corgins, si Platon le donne, non pour unf^jOo;, mais pour uiï^Àoyo; (Tr'o/-^'. 523 a, 527 a), il va sans dire que c'est afin d'opposer à un conte frivole et purement fabuleux un discours vrai, sinon dans sa lettre, du moins dans son esprit, et non pas la certitude d'une démonstration ou d'une doctrine scientifique à la vraisemblance du mythe (cf. WiLAMOvviTz, Platon, I, p. 223, n. 1). D'autre part, Socrate se refuse fréquemment à «rarantir la stricte vérité des opinions qu'il rapporte [Men. 86 b-c; Phad. 01 c, 02 b, c, 03 c, 114 d ; Tint. 72 d), ou bien il invoque le témoitînage d'autrui (Cor g. 524 a; Meii. 81 a-b ; Phaed. 01 c, d, 02 b, 108 c). Enfin, l'exposé mythique est souvent préféré à l'autre sous prétexte qu'il est plus facile et plus bref (Phaed. 108 d-e, 114 c ; Phaedr. 240 a ; Rep. 435 d, 504 b-d, 012 a) : façon déguisée d'avouer ([u'une recherche dialectique est impossible. — - Sur le caractère vraiseniblable de la physi((ue du Timée, voir i>lus haut, j). 210, n. 2.

* Cf. Compte rendu de la soutenance de thèse de Couturat, Vwv. de met. et de mor. IV, juillet 1890, Suppl. p. 14 ; Teichmulleh, passages cités à la p. 127, n. 1.

' m. Compte rendu... loc. cit. — Zei.ler {Phil. der Gr. II, 1, p. 835- 837) proteste avec raison contre ces tentatives d'escamotage de la réminiscence.

* Cf. Teicumuller, Gesch. der Dey,r. }>. 155-158 : « Die Melenqisychose ist nichts als die poetisch... dargestellte Lehre von dem ewigen Kreislauf der Dinge ». - Au contraire Zeller [Phil. der Cr. II, 1, p. 839 sq.) et .1. Adam [PI. Rep. II, p. 450) estiment comme nous que, sans donner la métempsychose pour une certitude, Platon la prend du moins tout à fait au sérieux.

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liste S etc. Sans forcer les textes, on ne peut pas davantage nier la spiritualité absolue des âmes définitivement régénérées 2, ou faire passer la tripartition pour une simple métaphore équivalant à la théorie des modes d'activité psychique ^

1 Cf Compte rendu... los. cit. : « Les sanctions de la vie future.. .signifient simplement que l'Ame est éternelle en tant ([u'elle i>articipe aux idées ; cette participation constitue à la fois la vertu et la récompense, car elle procure à l'Ame, dans ce monde, une félicité ii»temi>orelle ; inversement, le vice avant pour cause le non-ctre, est puni par l'anéantissement. « Ici comm; ailleurs, Zeller [Phil. der Gr. H, 1. p. 837 sq.) fait preuve d'un ju-ement plus sain. — Remarquons d'autre part que, si Platon croit à une survivance personnelle, il est bien loin de se la représenter sous la forme d'un paradis terrestre ou d'un j.ays de cocagne. Non seulement il stigmatise ces conceptions grossières dans la />V/>N6//(7Wf (voir plus bas p ^01 et n l),mais de nombreux passages de ses dialogues montrent que'le' bonheur d'outre-tombe était, à ses yeux, une « vie éternelle » dont quiconque s'astreint à la /.iOasT.; z7,, d' V/-' P^^^ jouir, au moins partiellement, dès la vie terrestre (cf. Crat. 398 c ^ Corn, 2A2^ ; Phaed 04 a-G5 a, 07 a, c-d ; Rep. 500 c-d, 519 c, 582 c ; Soph. 210 b-c, 2d4 a ; Tim 90 c d etc ), une félicité tout intellectuelle que procure, soit dans ce monde,' soit dans l'autre, la connaissance philosophique et la ressemblance avec Dieu (cf. Rep. VIT, où la région supérieure, hors de la caverne, est un svmbole équivalent aux îles des bienheureux du Gorgias, a la terre pur^e du Phédon, au ciel du mythe d'Kr et du Phèdre^ pms Rep. 500 c, 613 b ; Theaet. 175 b, 170 a-b, 170 d-177 a ; T,m. 90 d).

a Cf. SusEMiHL, Plat. Phil. T, p. 232 sq., 401, et Zur plat.hschatohgie und Astronomie, Philol. 15, 1800, p. 417-421 ; A«-"^--^'/7' ^''^^f of PI p 42, 138 sq. — Susemihl est réfuté par Zeller [Phil. der Gr. 1 , 1 p '820, n. 3 et 841 sq.), qui invoque avec raison des ]>assages decisUs tds que Phaed. 60 e-07 a, 70 c, 80 d, 114 c ; Phaedr. 250 C" Quant a Gave {Plat, conception o{ immort. p. 92-101, 152 sq., 197-205, 225), d laisse à l'existence incorporelle des âmes son sens littéral mais .1 estime : lo «u'après l'avoir soutenue dans le Phédon, le philoso^.he 1 a abandonnée dans le Timée et les Lois ; 2° qu'il a eu raison d'y renoncer, parce qu il est impossible de se représenter des Ames numériquement distinctes, quoique privées de corps, sans les matérialiser en quelque mesure et en faire des « choses » soumises aux conditions de l'espace et du temps. Mais quant au premier point, aucun texte précis des derniers dialogues n'établit la liaison nécessaire de l'ame et du corps ; et quant au second, nous contestons le principe sur lequel Gaye lomle son raisonnement, a savoir que toute pluralisation implique la matière ; car qui dit purah.ation ne dit pas forcément juxtaposition de choses matérielles dans 1 espace. Cf. à ce sujet Zeller, PhU. der Gr. Il, 1, p. 830, n. 4, réfutant une objec-

lion analogue de Teichmiiller.

» Cf. AbCkk-IIind, passage, cités à la p. 76, „. 2. -En revanche Suse-

MiHi. (Zur plat. Eschatologie und .Ulroiiomie, iHd. p. 433 sq.| a proDa-

Il faut avouer, toutefois, que certains cas sont plus embarrassants : dans le Timie, par exemple, Platon prend-il au sérieux la localisation des ifyr -f.ç -Ujyr.; ? ' K t rincarnation des âmes humaines dans des corps d'animaux n'est-clle, d'après lui, qu'un symbole des effets dégra<lanls du vice' ou bien une réalité, sinon certaine, tout au m.Mus vraisemblable ? 2 Kn ces matières, poésie et philosophie sont tellement confondues que nous devons, bon gré mal gré, suspendre notre jugement.

Une chose est claire, cependant : comme Zeller l'a déjà remarqué», ces mythes ne sauraient être tenus pour des récits purement fictifs (fur blosse Mythen) ; ils ont une portée doctrinale manifeste. Critiquant Zeller avec autant d'injustice que d'âpreté «, Teichmuller l'accuse, il est vrai, de contradiction m ad/ecto, sous prétexte qu'il attribue et enlève simultanément le caractère de fables à certaines parties des dialogues 5. L'argument est certes péremptoire du point de vue de la logique formelle, qui ne connaît que des concepts et de»

ZrZ'l\piT,'^"r" P»^P■•^"•'- «" pi-' Je '« lettre, comme le lait Z.,i,..nR {Ph,l. ,1er Gr. II, 1, p. S\2, n. .5), lo. .hàti.ueuts . éternels » des

riaue^t'l'a'rw!.'''' ''<»""";'"»t.';"^^ Pe"«l'ent pour l'interprétation allégorique, et la légère .ron.e du plulosophe (par ex. Tim. 91 d-e) semble leur donner raison. Cf. Slsem.hl, Plal. Phil. I, p. 243 sa II p "72 3<.T

pJ'lJ'cr utT'^fa ""'■'^^"""r' '^'^- P- ''30-433 TziS rit u-' ' ' ^- ^ "'• '■ ^^"'""^ ^'^"■'"■' "• P 276, n. 4. ^- D'après r^vLoK {Comment, on PI. Tim. p. 640-642), cette croyance est pvthLl! ricienne, et socrati.,ue, mais non pas platonicienne. ^^^

iVrt,,,a, p. 118 sq. ; Ffleiderfr, Sokr. und PI. p 445 453-4v, . r.„' CBA,,o, Le. mythe., dans la phUo.s-ophie de PI. Année 'phil 11 '19Ô0"

dans sa réaction contre l'hypercritique de Couturat, et il n'est personne qu. ne juge nd.culement exagéré son parti pris d'in'terprétêr s' mythe^ platoniciens « au pied de la lettre » mytnes

lel'feé.'"""""' ''''"• ^'■- P- '"-'^ ' ^"^'■' ^^'"'-. ". P- 148-153,

* Teichmuller, Plat. Fr. p. 91.

ir-

rapports trinrlnslou ou d'exclusion ; mais il n établit pas l'impossibilité pratique d'une y.rjowU t^ôv y-v'ôv — pour parler le langage du Sophiste — ni, dans le cas particulier, d'un mélange de vérité et de fantaisie, sur lequel le philosophe ne laisse, d'ailleurs, planer aucune équivoque \ Nous ne voyons pas non plus pourquoi l'on ne pourrait accorder quelqiie crédit aux mythes de ce groupe sans convenir ipso facto, comme le prétendent Peichinuller et Couturat 2, que Platon <( subordonne la science à la foi ». De vrai, ce dernier ne fait rien de pareil, car non seulement il n'invoque une tradition que dans le cas où, de toute façon, la méthode dialectique est inapplicable, mais encore — et nous l'avons çj-à (lit 3 — bien loin de prêter à ce zxlxi^ç '/.iyoç, soit* la valeur d'une opinion reçue en vertu de sa seule ancienneté ou du consensus omnium, soit, à i>lus forte raison, l'autorité d'un dogme ou d'une révélation, il ne veut que manifester l'accord de sa croyance personnelle avec le mysticisme orphique.

Il ne faut donc pas parler d'une abdication, mais, avec Zeller, d'une simple lacune de la connaissance scientifique K La seule erreur de Zeller, c'est de vouloir expliquer tous, ou presque tous les mythes de cette manière ^ car des fables comme celles du Politique ou de la naissance d'Erôs — pour ne citer que ces deux exemples — n'ont certainement pas la même fonction que l'stx^ç aOOoj du Timée et les récits eschatologiques. Ajoutons qu'en combattant Deuschle *, Zeller fait à son insu sa propre critique. Ne déclare-t-il pas que la première de ces fables vise simplement à corriger la

i Cf Men. 86 b ; Phaed. 114 d.

» Tfichmlller, Plat. Fr. p. 3 sq., et Liter. Fehden, I, p. 242 aq., II p 15'^ sq 155 sq , 160 ; Compte rendu de la soutenance de thèse de Couturat] Hev. de met. et de mor. IV, juillet 1896, Suppl. p. 16. Cf. augsi HiRZEL, Dus Rhetor. hei PL p. 14.

» Voir plus haut, p. 153. ,, ,

* Zeller, Phil. der Gr. Il, 1, p. 580 : « Die platonischen M>then deuten... fast immer auf eine Lùcke der wissenschaftlichen Erkenntruss ».

* Zeller, op. cit. II, 1, p. 579-582.

* Zeller, op. cit. II, 1, p. 582, n. 1.

'âçT^

définition de Thonime d'Etat, et la seconde à déterminer le concept d'amour, opération que Platon pouvait effectuer tout aussi •facilement par la pure dialectique ^ ? Rien de jdus juste, à notre avis ^ Mais Zeller ne saurait artrumenter de la sorte sans avouer du même coup que ces mythes — et quelques autres avec eux — lui donnent tort, j)uisqu'ils n'ont pas pour ol)jet des opinions indémontrables ^. (lomme toutes les théories que nous avons examinées dans le chapitre précédent, celle-ci pcche donc par étroitesse ^

Quant à Stewaut, qui ne fait, au fond, que suivre Zeller, nous lui rej)rochons également de considérer l'ensemble des mythes comme des exposés de questions qui transcendent la connaissance scientifique ^. Vax outre, deux choses sont à

1 Zeller, o/>. r<7. II, 1, !>. 58-, n. l : « lu ck'in Mytluis des liaslniahls ist die Aufijaht' nur eine lieschreibiinf; des ICios, eine Bo«rri(Tsl)estiiiimiing, die ebenso*;ut iti rein dialektisther l'orm <r<'«,'pl)(Mi wrrden komito, ^^enn nielit kùnstlerisihe tWirksichten den iMiilosophcii l)ystiiiunt('n, sciinMi Gedaiikeii mit cinor Icicliten uiul duiclisichtijrcn mytliiscIuMi Jhdl»' zu umkleiden. »

2 Voir plus haut, p. 170 sq., 185-181), 198.

^ Zelleu, o/). cil. Il, 1, I». 581 : « Die Mytlieu hrlen «la »mii, \vo etwas dargeslellt wci-den soll, \vas dor riiilosoph zwar als Nvirklich anfikcnut, dessen wissenscliallliehe l'eslstcliunix aher iiher seine IMittel liinaus«:elit !. — Zeller ne pourrait objecter tjue, daus le mythe du Pol[li<[\n\ Platon retrace VUr^esrhichte der Menscheil. (!ar, de toute évidence, ce tableau forcément fantaisiste de la vie primitive n'est que le cadre, mais nullement l'objet du mythe.

* Cf. GhEGORIADES, li£0' TÔiV {JljO(OV niZT. Wk^zo^i'.^ ]>. GO-65.

5 Stewart, M'jtha of PL p. 'i2-76, etc. — Willi j>araît en délinilivc, et sau[ erreur d;' notre part, tenir, lui aussi, le mythe j>our une sorte de substitut de la dialectique {Plat. Mijthopniie^ p. 01-103). Mais son ouvraiic est tcUcm 'ut hermUique, il est rédigé dans une lan«,'ue si insolite que le sens exact, il laut l'avouer, nous en est demeuré lettre close. Nous avons discuté plus haut son critérium, qui nous paraît fallacieux, et tenu compte de son inve.i taire des mythes, qui ne concorde pas avec le nôtre ; quarit à la théorie elle-même, nous laissons à ceux cpii l'ont peut-être saisie le soin d'en parler congrùment. — - Knfîn, ])arnii les nombreux auteurs qui présentent les mythes d'une façon plus ou moins analogue à celle de Zeller, com n > l'expression de la j)robabilité, citons : Stimpt, VerltaUnis des plat, (rotlcs ziir Idée des Ctiten, Zeits. fiir Phil. und jdiilos. Kritik, 5'i, 1869, p. 250 s^. et 251, n. 1 ; Pfleiderer, Sokr. und PL p. 207 sq. ; Apelt, Plat. .['ifi. p. 83. ; Raeder, Platon, p. 77 ; IJRor.nARD, Les mythes dans l(y i>hil:)sop}tie de PL Année phil. 11, 1900, p. 5-8, 13 f= Et. de

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blâmer chez cet auteur : d'une part son interprétation superficielle et l'insignifiance de ses idées, défaut que le fatras dont il a encombré son livre est loin de racheter ; d'autre part l'emploi constant d'un vocabulaire spécifiquement kantien, donc tout à fait anachronique et aussi impropre que possible à l'exégèse d'un penseur grec. Non qu'il faille proscrire la terminologie philosophique moderne de nos commentaires des lextes anciens ; mais un lecteur n'en sait pas beaucoup plus long, nous semble-t-il, sur les mythes des dialogues, lorsqu'on se borne à lui répéter sans cesse, comme le fait Stewart, que ces mvthes sont u une représentation des idées de la raison » ou u une déduction des catégories de l'entendement », et qu'ils « règlent le sentiment transcendental ^ )».

Revenons maintenant à Zeller et au jugement peu équitable, selon nous, qu'il porte sur les mythes platoniciens. Malgré leur valeur littéraire, dit-il, ces derniers sont un signe de faiblesse; ils nous montrent que, chez Platon, le poète était encore trop exigeant pour permettre au philosophe de donner toute sa mesure ^. Assurément, ni Aristote, ni les penseurs modernes n'ont coutume de sacrifier aux Muses, et leurs œuvres ne nous offrent pas la moindre trace de cette poésie étincelante qui coule pour ainsi dire à pleins bords dans mainte page des dialogues. Mais qu'importe ? Si l'on fait abstraction d'un cadre légendaire ou fabuleux dont la philosophie ne pourrait plus s'accommoder de nos jours, et qui, nous le verrons dans les chapitres suivants, se justifie, soit par le génie de l'auteur et par ses dons exceptionnels de style et d'imagination, soit par l'influence de l'époque et du milieu où son œuvre plonge ses racines, la pensée mythique cesse aussitôt d'apparaître comme un phénomène propre à Platon

phil p. 50-54, 59] ; Hobin, Pensée gr. p. 266-268 ; Reinhardt, PL My then, p. 145-159, et spécialement p. 149 ; Friedlander, Platon, I, p. 209^ 213, 218 sq., 239, 240 sq. ; Bu rn et, P/a/o/usm, p. 119

1 Cf. Stewart, op. cit. p. 42-76, 337 sq. et passim.

a Zeller, Phil. der Gr. II, 1, p. 581 sq.

et à ces premiers balbutiements de la mélai)hysiqu»' que sont les anciennes cosmogonies ^.

On la retrouve au contraire un peu partout, et jusque chez les philosophes les plus esclaves, senible-t-il, d une méthode rigoureuse. Qu'est-ce en effet qu'un ouvrage connue le Personnalisme de Renouvier, sinon le mythe de la destinée humaine, ni moins subjectif ni moins fragile que celui du Phèdre ^ ? Et n'est-ce pas l'austère Kant lui-même qui, selon la remarque de Hirzel ^ nous donne dans son Alli^cmelne Naturgeschlchte und Théorie des Ilimniels, l'équivalent du Tiniée, autrement dit un exposé conjectural de ])roblcmes scientifiquement insolubles * ? Car, bien que, (rordlnaire, on imagine instinctivement le mythe sous l'aspect de (luelque conte fantastique — d'où cette com-lusion fausse qu'd est dès longtemps banni de la spéculation des phllos(q)hes du

moins faut-il éviter, d'abord (fe prendre pour l'essence de la pensée mythique ce qui n'en est qu'une des formes — forme à vrai dire primitive, mais nullement nécessaire, même chez Platon ^ et aujourd'hui périmée ; ensuite de restreindre mal à propos le sens d'un terme dont il est, sinon courant, du moins légitime de se servir pour désigner en général une croyance ou un ensemble de croyances excluant toute possibilité de démonstration rationnelle ou de vérification expé-

1 Cf. iîuKMiKu, PhUo.sopiUe cl imjlhc, \U\. di' iiu'l. .t a.« inor. 22,

- Henoi viEH, Le personnalisnir, Paris, 1*.K)3 (ci. si)*''oialf'nient ]>. 224 s«i., où l'auteur iléclare express< ment ne prétendre à rien de ])lus qu'à une simule vraisemblance). —L\'\emple est fourni par liuÉniEit, ([ui cite éj,'alement le mythe social et hunianitaire «lu xin*^" siècle, chez Saints'imon, Fourier, Comte, Cabet, etc., le mythe du pro<j:rès chez Emerson, de l'évolution chez Spencer, du retour éternel chez Nietzsche {op. cit. p. 370 sq., 376-378).

3 lUnzEL, Dial. I, p. 268-270.

* Kant, Werke, 13d. I, IJcrlin, 1012, p. 211)-370 (voir toute la 3^ partie, qui traite des habitants des planètes et des conditions de la vie future, et spécialement p. 353, 367-370).

» La forme du mythe manque, par exemple, aux exposés, cependant mythiques, de la réminiscence dans le Ménon et de la théorie des parties de l'âme au livre IV de la République, ainsi qu'à certaines théories physiques o'i physiologiques spéciales formulées dans le Tiniée,

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rimentale, et motivées exclusivement par des raisons d'ordre affectif, voire m\ stique, ou par des jugements de valeur.

Compléter les résultats du Xs/oj, en prolonger les lignes " hors des limites de la raison pure, suppléer, à titre de OîjTîoo; tO/j'jç, la dialectique lorsqu'elle se beurte à quelque mystère impénétrable, telle est donc la fonction des mythes que, faute d'une meilleure épithète, nous avons appelés parascientifiques. Puisque notre intelligence n'est point à la mesure de l'univers, puisque nous ne pouvons tout comprendre ni tout expliquer, puisqu'en un mot V 17:1777; y.r, absolue, totale, est un idéal à jamais inaccessible, nous devons parfois nous contenter d'une simple hr/rr o:;a, fondée, non sur des preuves proprement dites, mais sur l'intuition rebgieuse ou sur des postulats de la conscience morale. « Ma conclusion, dit le Socrate du Phédon, c'est qu'il nous faut tout faire, icibas, pour acquérir la vertu et la sagesse ; car le prix de nos efforts sera magnifique, et l'espérance est grande. Sans doute, aucun homme raisonnable ne voudrait garantir la rigoureuse exactitude de mon récit ; mais que ce que j'ai dit de nos aines et de leurs futures demeures soit, sinon vrai, du moins proche de la vérité, voilà, me semble-t-il, ce qu'il sied d'affirmer, puisque l'immortalité est évidente, voilà ce qu'il vaut la peine de se hasarder à croire — car c'est un beau risque à courir

— et ce dont il importe, pour ainsi parler, de s'enchanter soi-même ^ » Ce passage, et quelques autres du môme genre ^, prouvent que le pragmatisme — la chose à défaut du terme

— est l)ien antérieur à W. James. Ils témoignent, en outre, que le vrai Platon ne ressemble guère à ce pur intellectuabste qu'on nous présente dans tous les manuels d'histoire de la

1 Phaed. 1 1 \ c-d.

- Notamment un passaj^'e du Ménon, où Socrate parle à peu près dans les mêmes termes de la réminiscence (qui n'est encore, on le sait, qu'une oô;a, et non pas une ÏKirjzr, ir^ comme dans le Phédon) : Je ne voudrais pas affirmer, dcclare-t-il en substance, que tout ce que je viens de dire est vrai ; mais ce que je suis, du moins, disposé à soutenir avec la dernière énergie, c'est que mon opinion nous rend meilleurs et nous incite à chercher la vérité, tandis que l'opinion contraire favorise la paresse <i' esprit [Men. 81 d-e, 86 b-c). Cf. aussi Gorg. 526 d-527 e ; Rep. 621 b-d.

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philosophie. Car, si convaincu qu'il soit de la valeur inestimable de la raison, il n'a garde de la tenir induement pour toute-puissante \ Et lorsqu'il se trouve en face d'une de ces questions que les arguments logiques ne sauraient trancher ni dans un sens ni dans l'autre, il préfère à la négation ou au scepticisme l'option hardie pour une croyance, indémontrable certes, mais justifiée néanmoins par son efficacité morale et sa fécondité pragmatique ^

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que la « faiblesse » signalée par Zeller est inhérente à l'esprit humain \ Au lieu d'en faire un grief particulier à l'auteur des dialogues, louons-le donc d'avoir reconnu, avec une belle et trop rare franchise, que certains problèmes — notamment celui de nos origines et de notre destinée — ne comportent pas de solution définitive. Ces problèmes, le philosophe garde cependant le droit de les scruter, pourvu qu'il n'essaie pas de nous donner le change sur la valeur de ses hypothèses. Or Platon — et c'est tout à son honneur — ignore ce dogmatisme aveugle. Malgré, ou plutôt à cause de son amour passionné du vrai, il lui répugne de déclarer tel ce qui n'est que vraisemblable, et de travestir la probabilité en certitude. Rationaliste intransigeant, sans pitié pour les opinions obscures ou contradictoires de la foule et pour les vaines parades des sophistes, il veut des idées claires, unies par les liens de fer et d'acier d'une logique rigoureuse * ; mais lorsqu'il s'enchante de ITâttL- u.i'/yj:r, son langage est celui du mysticisme ^ Bref,

1 Cf. Phaed. 85 c-d, 107 a-h ; Phaedr. 246 a ; Tim. 29 c-d, 72 "d, etc.

2 II est à peine besoin de dire que ce pragmatisme n'a rien de commun avec l'utilitarisme peu recommandable que Teichmidler et Couturat prêtent à Platon, simple feinte d'un sceptique trop avisé pour attaquer ouvertement une superstition, lorsqu'il la juge capable d'inspirer une crainte salutaire aux esprits crédules.

3 Cf. Gregoriades, lUsl xwv |iSO(ov rr-xpà n/âtoivi, p. 64 ; Lange Gescli. der Mater, p. 135.

* Gorg. 508 e: TaO-a... xa-ri/ETa'. xal oéoixa'.... ator^poT; /.aï àoaijLavxivotc >6yo-^- ^^f- aussi Men. 98 a : 'K:r£iûàv ck [a- oo^ai al âXr^OeT; altia; XovtiiJLff)]

5 Sur le mysticisme de Platon, cf. Ritter, Platon, II, p. 735-745 ; Friedlander, Platon, I, p. 68-97, spécialement p. 83-97 ; et voir

poète autant que philosophe ?

de .a science. » iCon^pU ^l'^^to S^Jp 6.) K-Her la foi aux dépens de met. et de mor. IV, juillet ^ 8«6, SupP^ p. ) ..^i s -, mais per-

de la raison, telle est, en clîet, 1 a"'*"^* ^^^ P J peut-être quelques sonne n'a jamais prétondu 1"«.Plf "".^^"J;""; Toutefois, son rationanéoplatoniciens qui le -"««^«J^"^ ,t ''^/^"e place à la croyance qui Usme, absolu en théorie, >a'^^« j»"^ '* ^etTe"e "royance a, dans son fond complète la connaissance --•,'«^;^^;;;j„rmystique ou, si l'on préfère comme dans sa f»^"^'^',."" ",'" ;' b,.„,et (Gr. plUl. h P- 167) : « allegory religieux. Comme le ^'V'','';!" vnress somcthing above reason, but to and myth are not employed ^l'^XZTZv\Ji^M--y "P '^' '"'''' adumbrate >^hat is be ow '-^^ °"v; \ f* ^^',' ^ Ucism is of this nature. :fd Xt^rri^gTote rron'a: a melns of Uno.ing is only a

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