‹ Les mythes de Platon [microform]; études philosophique et littéraireChapitre 30 sur 37 · X. — Aicî/y; et ^hr,u.r, - - ou ' K/rfniy · texte numérisé non relu

X. — Aicî/y; et ^hr,u.r, - - ou ' K/rfniy

Orphyr7,T7a^ Rep. 021 a-c (A/iS/;; -o^ov ;

Xrfj'cz Tjr.y.'jiz\ \\fj.i/:/;z TJj'y.'j.iz). Phaedr. 247 c sqq. (spécialerneni 248 b : W'/:rfjiiy.z 'solr^y ; 248 c, 249 c! \

* En général, il n'y a que deux classes d'àmes : les justes, ({ui sont récompensées, et les injustes, i{ii'i sont punies. Tel est le cas, chez IMaton, dans la République, et aussi le Gor^ias. Dans ce dernier dialoj,Mn\ il est l)ien (jucs' tion d'un tO'ooo;, mais aussitôt après, Platon ne parle ([ue de deux che mins, l'un conduisant aux îles des bienheureux, l'autre au Tartare, de sorte (juo TS'ooo; a simplement, semble-t-il, le sens de « carrefour «, à moins que l'on ne compte comme troisième chennn celui qui mène de la terre à la prairie. Parmi les âmes injustes, à vrai dire, il iaut encore distinguer la catégorie des pécheurs incurables, voués aux supplices éternels (Gor-. r>2o b-r)26 b ; Phaed. 113 e : Rep. 01.-, d-e). — D'autre part, Platon divise parfois les Ames en trois prrandes classes : 1° celles qui sont punies ; 2° celles ({ui sont récompensées, mais devront se réincarner ; IV^ celles qui sont tout à fait réj^^énérées |>ar la j)hiloso[)hie et écljap[>ent délinitivement au cycle des naissances (Phaeil. 113 d-ll4 c ; Pluwdr. 'IVd a-b. - Dans le Phédon, Platon obtient jusqu'à cinq ^rroupes différents, «rràce à la distinction, que nous avons déjà signalée, entre pécheurs jruérissables et inguérissables, et à Padjonction d'une catégorie intermédiaire d'àmes ni boniMS ni mauvaises, qui sont d'abord punies de leurs fautes, puis récom[)ensées de leurs bonnes actions. Cf. PniuDr:, Psifclie, H, p. 275, n. 1). — Une division en trois classes est aussi im[)li<iuée dans un passage obscur de Plutarqie [De occ. i>U\ 7, 1 130 c), où sont précisément cités les vers du fr. 129-Î30 de Pindare, si bien ([ue Dietekicu {Nehf/in, p. 01, 119-122) et, d'une fat^on plus réservée, IIohdk [Psyché, II, j». 220, n. \] ont supposé que le passage entier était une paraphrase de Pindare.

2 Cf. aussi Parmen. Diels, Vors. B, fr. 1, v. 11 ; puis l'apologue de Prodicus, 1' V pythagoricien, et l'opposition pythagoricienne entre C£:'.ôv xal avo) X3t' E|ji7r:o70îv xa' ôi-'%U''j^t et ap'.dxîpôv xal xà-: u xai ott-jOiv y.i\ xaxo'y (DiELs, Vors. I, p. 3*7, 1. 18-29 et p. 354, 1. 25-28, à rapprocher de Plat. Rep. 614 c).

^ Cf. DiETERicH, Nekyia, p. 90-100 ; Roude, Psyché, II, p. 209, n. 2, 390, n. l et 391, n. 1. — Hésiode (T/ieo^'. 227) considère déjà le Léthé comme un mal. Cf. aussi Ilynin. orph. Abel, LXVII, 0 sq. ; Aristoph. Ran. 186 ( Ar;Or,; ttso-ov) : Paus. IX, 39, 7 sq. (les deux sources dans l'antre de Trophonios).

* Sur l'origine pythagoricienne de la théorie de la réminiscence, voir plus haut, p. 68, n. 4.

XT. — Jugement dans niadès : punitions et récompenses : Pind. 01. IT, 03-741 ; fr. ApoL 41 a.

Orph. 18, 19, 19 a 2.

Crit. r>4 b-c.

( (trg. .)23 a sqq.

Plined. ()3 c, ()9 c, 80 d sqq.,

Rep. 41K] e, 014 c-d, 015

Phaedr. 248 e-249 b.

Leog. 870 d-e, 880 e-881 a^

Ep. VII, 335 a-c.

1 L'interprétation des vers 63-66 esl particulièrement dillicile. Doit-on com|>rendre : u Les unies coupables des nnuts sul)issent aussitôt leur peine, car, s«mis terre, un juge prononce, contre les crimes commis en ce royaume de Zeus, des arrêts inexorables >. (mi : < ".Vune part, les âmes cou|)able8 des morts subissent aussitôt i-i lour châtiment, et d'autre part, sous terre, un juge prononce, contre les crinus conmiis en ce royaume de Zeus, <les arrêts inexorables » ? La première interprétation est soutenue par Mommsi-n et r.onDr. {Psyché, 11, p. 208, n. 3) : la seconde, qui était celle d'AmsTA qi i:, parLiBRERi, Diktf.rich [Nehyia, p. 111 sq., HT), 119) et J. Adam {Rel. tea^hers ni Gr. p. 132, 13A1. Les raisons èlonnées par Kohde ne sont pas sans valeur ; mais on peut mvoquer en faveur do Dieterich l'opposition du \x- > .1 du -"é, et surtout les vers 7S-77, où Pindare envisage nettement la possibilité d'une vie juste ou injuste r/.a-îs'oO-, r'est-à-dire aussi bien dans l'au-delà qu'ici-bas. Toutefois, la faute commise par les morts ne pourrait guère être identifiée, comme le veut Dietericb, avec te mativais choix d'une nouvelle vie au moment de la réincarnation, dont il est (Question dans^f'p. 6!7 e, 619 d, car ce détad semble spécifiquement platonicien. (Cf. Zeller, Phiï.der Gr.],\, p. 72, n. 1 = 5^ éd. p. 59, n. 3.) D'autre part, choz Pindare {Ol. Il, 83-85), lUiadamanto n'est pas, comme semble le croire DiETERicn [Op. cit. p. m et 126, n. 1), ce qu'il est dans V Apologie et le Gorgias de Platon, un juge des actions commises fiar les âmes durant la vie terrestre, mais simplement un assesseur de Cronos et un surveillant des âmes qui habitent les îles des bienheureux.

«Cf. Aescu. Suppl. 228-231, Eunien. 269-275 ; Aristoph. Ran. 136-163. 273-275, 278 s<i., 288-296, 3l2-^ii9, 467-478 ; Kern, fr. 5, 222 [= Abel, fr. 228, 154]. — La punition d'outre-tombe dont l'orphisme et la reUgion des mvstères menacent les iiaÎT^xoi. cVst le séjour dans un bourbier (cf. Plat. Phaed. 69 c, et Rep. 363 d ; Aristoph. Ran. 145-130, 273-275 ; Dio.;. Laeht. VF, 2, 39) ; or Platon fait de fi-équentea allusiong à cette croyance, qu'il prend naturellement dans un seiis symbolique : Phaed. 111 d, 113 a-b, Rep. 533 d.

Région des bienheureux ; libération définitu^e

de Vâme :

Emped. fr. 146, 147.

Pind. 01. II, 67-91 ; fr.

Orph.' 17, 18-19 {iy-sf^'r^y

GZz'Dy.l/rj'j) , 19 a, 20 ^.

Crat. 403 a-404 b.

Gorg. 523 a-b, 526 c.

Phaed. 63 b-c, 67 a-b, 69 c, 80 d, 81 a, 84 b, 108 c, 109 b-111 c (5j->y? h yrj y.y!)y.rA ; ri oj- oLLrhh^^ yr). 114 b-c.

Rep. 498 c, 540 b, 614 c.

Phaedr. 246 e sqq. (spécialement 247 c : 'jT.îfyj'jfjxvirjz rino;; 248 b, 249 a-b), 256 d.

Theaet. 177 a (i^styoç o twv y.y.AW '/.y/jxrjjc tsttoç).

Tim. 42 b.

Legg, 904 d-e.

Les parallèles que nous venons d'établir démontrent péremptoirement que tous les éléments essentiels des mythes eschatologiques sont empruntés à la tradition orphico-pythagoricienne. Certes, il serait excessif de prétendre, comme Ta fait Dieterich 2, que ces mythes sont, jusque dans leurs menus détails, la transcription pure et simple d'une Nekyia ou Livre des Morts orphique, car Platon ne s'est sûrement pas fait faute d'utiliser d'autres sources, et surtout de modifier ou d'enrichir la tradition dont nous parlons ^, Toujours est-il qu'il la recueille avec un empressement manifeste. Autant il éprouve de dédain pour l'orphisme dégénéré et

1 Cf. Aristoph. Ran. 154-163, 312-459 : Kern, fr. 5,

222, 229 sq.

f= Abel, fr. 228, 154,226]. Comparer spécialement àXAo-.ai |aiO' ^ptina^i àvâtEt; (tablette orphique rO 17, V. 11) avec aiti Oecov oIvct^ei (Plat. Phaed. 69 c) et tjLîxà TÏbv bziiri O'Ayyjix [Phaed. 81 a), deux passages où Platon fait allusion à l'orphisme.

2 Dieterich, Nekyia, p. 124 sq. Cf. aussi Uôring, Die eschaiologischen Mythen PI. Arch. fur Gesch. der Phil. 6, 1893, p. 475-490.

3 Cf. Gruppe, Gr. Mythol. imd Religionsgesch. II, p. 1029 et art. t Orpheus » du Lexikon der gr. und rôm. Mythol. de Roscher, III, 1, 1126- 1128 ; Knapp, Orpheusdarstellungen, p. 16 ; Frank, PI. und die sogen. Pythag. p. 88-91, 194-198 (qui montre à quel point Platon utilise, dans ses mythes, les plus récentes découvertes scientifiques).

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charlatanesque, pour les orphéotélestes ou prêtres mendiants et leur conception grossière de la vie future ^ autant il témoigne de sympathie et presque de déférence à l'orphisme véritable, dont le mysticisme ascétique était singulièrement conforme aux tendances de sa propre philosophie ^ Il lui demande, sinon une inspiration, du moins des images et, si l'on peut dire, des moules sensibles pour ses plus hautes spéculations^Nous assistons alors à un double processus, fort bien décrrt^par Diès ^ D'une part, le philo-

1 Ben 363 c-e, 364 b-365 a, 366 a-b. (Dans Bep. 363 c, le fds de Musée n'est pas Orphée, comme le croit Dieterich, Nekyia p. 72,mais Eumolpus; toutefois, c'est l'orphisme qui est visé ici, car il n'y avait aucune différence essentielle entre les poèmes qui couraient sous le nom de 1 un ou de l'autre de cos personnages mythiques. Cf. Koude, Psyché, H, p. 129, n. 3 ; Maass, Orpheus, p. 109-11 1 .) - On retrouve la |..0 ^ auovto; dans le mythe eschatologique du dialogue apocryphe Axiochus, dont 1 auteur a subi l'influence de l'orphisme, soit directement, soit à travers Pla on et surtout les cyniques (Pseudoplat. Axioch. 371 d : t.-^t,,^'^:^ E.asAr.). Cf. aussi

Abistopii. flan. 85. , .„ . i- •• ]••• n.^„

' lUvtï/ov . 6 iaix<«v TTJ.^fv.SiT xi 0?9i...,-. disait doja OlvmrioDORE (7/1 Plat. Phaed. comwent. Norvin, p. 58, I. 8 = Kern, Orph. ira'-m fr 224). Kncore qu'exasr6réc, cette assertion est juStc dans son principe Car l'influence de l'orphisme est visible, non seulement dans les mythes, mais dans l'orientation générale de dialogues entiers, tels que le C^r-ias et le PMon. Le dualisme moral radical de 1 amc et du corps, l'asc'^tisme. la -/.iO^?..,-, la ;.e).£xr, e.vixo., autant de choses qu, proviennent, non pas du cynisme, comme le prétend sans raison aucune loi'L iSokr II 1 p 228-233), mais bien du mysticisme orphique. Kien de ■plus i idiscutaLlement orphique, notamment, que l'importance attachée i la pureté de l'àme (cf. les tablettes n"» 18, 19, 19 a de Diels) et a la purification (cf Phaed. 67 c). Or Tlaton reprend cette notion, surtout dans le P/iédo». mais en la dépouillant de son étroite signification "tuelle pour lui con érer 'une haute valeur intellectuelle et morale (cf. Phaed. 69 c, 8" d 114 'e, etc.), pour en faire une •/.«Oa.x..xr, ^t?: xr,v ^u/> (Son/i "'>7 c--^31 b), dont le point culminant est 1' eX^v/.o; ou purification de ^intelligence. -Sur l'influence orphique chez. Platon cfDÔRFLER, otorplUk in PI. Gorgia., Wien. S.ud.33,1911, p. 177-212; CoRNroRD, PI. and Orpheus, Class. rev. 17, 1903, p. 433-445 ; Mhavt.s, Aspects ignores

"t^^I^ZI^ition plat. Ann. de l'Inst. sup. le P^li'^ <!«''[?"'- <>« Louvain, 2, 1913, p. 303-307 [= Autour de PI. II, p. 443-449L Cf. aussi Fn v4, PI und die sogen. Pyllmg. p. 89-91 (qui suppose que, dans cet e ^ationaiisation du mysticisme orphique, Platon ne fait que suivre 1 exempl.. des « pythagoriciens », et notamment dArchytas).

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sophe (( lransi)Ose » l'orphisme et la religion des mystères , c'est-à-dire les traduit en termes intellectuels, et par là, il les épure et les spirilualise ; d'autre part, il traduit sa doctrine scientifique en légendes et en visions, qui donnent une forme concrète à l'immatériel, et réfractent dans l'intuition sensible la contemplation des idées Cj

Un des plus beaux exemples de transposition de l'orphisme, c'est certainement l'allégorie de la caverne, que nous nous sommes refusé, il est vrai, à considérer comme mythique ^ mais qui a cependant, du point de vue formel tout au moins, assez d'analogie avec les mythes pour qu'il vaille la peine d'en dire un mot ici. Avant Platon, Einpédocle avait déjà com[)aré la terre à un àvTOov -^-sJTr/ov *, et cette image pourrait bien être également orphico-pythagoricienne ^^Quoi qu'il en soit, plusieurs traits de l'allé-

1 Voir la liste des nombreuses allusions de Platon à l'orphisme dans ('.HUPPE, op. rit. Il, I». 102Î), et Kerx, Orph. fragm. ïr. :i-21, 54, 130» \\'^ 151 172 • testim. 1)2, 212. —Platon fait aussi très tréquomment JlZkm 'aux" mvstî>res, prenant les mots Uji, ^i^^ata, o^^^. '<^a comme équivalents des idées, et les mots ;aoi'.fla.., xsA^T^O^'-. opYt^V'-^ c:ro7rtik:v,TiA^o-,iT:oTrT'AÔ;, 6>.^xA7i^o;,T£t£A = 5aêvo;, vE^Ti/./,;. asTiTEAY^c,

i-E^v àziXnzoz, r^-x-'^T,Z'>: it^vr^, dans le sens symbolique de perfection ou d'imperfection intellectuelle et morale [Ph(Wil. 09 c: To/iv. 209 8- 210 a, 210 e ; Phanlr. 248 b, 249 r, 250 a-25l a, 252 e, 253 c ;

Tim. 44 c). ,.,.,. n p-

2 D'une part, l'initiation, la pureté et la béatitude quelle confère

sont transposées sur le plan philosophique, et deviennent l'expression d'une doctrine spécifiquement platonicienne. Inversement, cette doctrme, tout abstraite qu'elle est dans son essence, se revêt volontiers d'imncres ])rillantes : les âmes vertueuses désincarnées vivent avec les dieux, elles habitent les îles des bienheureux, ou une terre plus pure que la nôtre, oii encore les espaces célestes ; et 1' « œil de Tàme > , c'est-à-dire la raison, idonffé dans le bourbier de l'i<rnorance [Rep. Vil, 533 d : iv 3op3ôp,p ^ap^ Bao'.x'u ; cf. le bourbier orphique) en est tiré par la dialectique. — Sur ia valeur symbolique de la félicité paradisiaque, voir plus haut, p. 217, n. l.

3 Voir plus haut, p. 101-105.

* Kmped. Diels, Von^. B, fr. 120.

s Cf. Kern, Orph. fragm. fr. 97 [= Abel, fr. 84] ; Porph. De aniro viimph. Nauck, 8. — De plus, l'allécrorie de la caverne est substantiellement identique à celle qui sert de cadre au mythe du Pkédon (voir plus haut, p. f^4-^6).

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gorie sont empruntés, comme l'a montré Cornford ^ à l'orphisme et à la religion des mystères. Ainsi, qui sait si les ombres que les prisonniers voient projetées sur le mur de la caverne ^ n'ont pas été suggérées à Platon par un procédé de ce genre qui était peut-être en usage dans la partie des cérémonies d'initiation comportant des ^a-^uar^*? De plus, il n'est pas impossible que, dans ces cérémonies, on ait eu recours, entre autres symboles, à une délivran<îe simulée, image de la libération de l'âme, tout comme le captif qui est traîné hors de la caverne. C'est du moins ce que l'on peut inférer de la description qu'en donne un fragment du Uefi '^^'r/f>; qui a été attribué à Thémistius, mais qui est probablement de Plutarque *, et aussi d'une des étymologies du nom d'Apollon, que nous trouvons dans le Cratyle : 'Arô/.Xwv, le dieu qui purifie (a^TroÀo^wv) l'âme et le corps, et qui, partant, les délivre (a7:o/{;wv) de leurs maux ^ Enfin le soleil qui, aux livres VI et VII de la République, symbolise la pure connaissance intellectuelle et l'idée

1 Cornford, op. cit. p. 435-441.

- Les hommes qui, dans la caverne, montrent des ombres (Oajjxaxi) aux prisonniers sont sans doute le symbole des sophistes, puisque Platon appelle le sophiste 7ÔT,;, iJi:iimi, OauixaTo-nô.-, i\oojIo^o'.<jç, oL..^zfr ttxô; {Soph. 235 a-b, 239 d, 240 d : cf. Rep. 514 b).

» Sur les rpà;j;jLa-a dans les mystères, cf. Maass, Orph. p. 92-97. — Ed outre, Platon s'est peut-être inspiré — en « transposant >» ici encore — de spectacles de guignol ou de maiiounetles (Oa^iiaTa), qui semblent avoir été d'usage courant à son époque aussi bien qu'à la nôtre pour l'amu- < sèment des enfants (cf. Legg. G44 d-645 c, 658 b-c), comme le suggère DiÈs dans une étude extrêmement intéressante {Guignol à Atlièties, Bull, de l'Assoc. G. Budé, n^s 14 et 15, jauv. et avr. 1927, p. 6-19 et 38-46).

* Plut. De an. 2 {Moral, ed. Bernardakis, t. YII, fr. 6, p. 23). » Cmt. 405 a-c. Cf. aussi Pliaed. 82 d : Ij^'-s ts xal xxOapixô; [xj; otXojocr^ia;]. — D'après Rep. 521 c : (ôitTzip £$ "Atooj /i-ovra-. or] v.v£; EU 0:oj; àveXO^Tv (cf. Phaed. 82 b-c), on peut supposer que Plat'on songe aussi à divers personnages mythologiques admis après leur mort au rang des dieux, par exemple Hercule, Castor et Pollux, Amphiaraus (cf. Paus. I, 34, 4 et VIII, 2, 4), Dionysos et Sémélé (cf. Plut. De sera nnm. innd. 22, 566 a ; Paus. II, 31, 2 et 37, 5 4 Hes. Theog, 942), etc. Rappelons enfin les légendes d'Eurydice et d'Alceste, qui sont ramenées de l'IIadès sur la terre, l'une par Orphée, l'autre par Hercule (cf. Plat. Coni'. 179 b-d).

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du Bien, était, pour le mysticisme, l'image du bonheur des purs et des initiés ^.

Quelques remarques encore sur les mythes du Phèdre et de la République. La fameuse comparaison de Ta me avec un attelage est peut-être une réminiscence du char par quoi Empédocle et Parménide figurent leur élan vers la vérité ^ Mais, à notre avis, elle dériverait plutôt de certaines descriptions de VIliade : chars de Zeus ou de Poséidon ^, et surtout l'attelage d'Achille, puisqu'il est composé de deux coursiers immortels et d'un mortel ^ Les ailes de l'âme, d'autre part, sont très naturelles dans un mythe qui exalte la puissance purificatrice de l'amour philosophique, car Erôs a toujours été conçu comme un dieu ailé ^ Quant au mythe de la République^ il révèle, outre les emprunts orphico-py-

1 PiND. OZ. II, 68 et fr. I2'J ; Aristopii. Ean. 155, 454-459 ; Tlut. De an. 2.

- Emted. Diels, Vors. B, fr.

4, V. 5 ; Tarmen. Diels, Vois. D, fr. 1,

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