‹ Les mythes de Platon [microform]; études philosophique et littéraireChapitre 8 sur 37 · Mon. 80 d-88 cet Phaed. 72 c -77 a. (La réminiscence · texte numérisé non relu

Mon. 80 d-88 cet Phaed. 72 c -77 a. (La réminiscence

A première viu-, un cxa!n<Mi spécial de la réininiscence peut paraître superflu. H le serait en effrt,sl eelte théorie platonieienne ne nous était connue (jne par la jnao;nifi(iue description (jui clol la première partie du Phèdre. >fais dans le Mênon, cl surtou: dans le Phédon, la réniiiiiscence se présente à nous sous un aspect assez différent, et tient de telle sorte au raisonnement (lu'en tout état de cause on doit lui accorder une portée bcamoup plus granilc (ju'à de simples détails mylhi(iucs, tels que le jii^ement dans l'IIadès ou la transml<^ration d«^s âmes.

C'est dans le Mênon que la théorie de la réminiscence apparaît pour la première fois. Chose curieuse, elle y est introduite pres(|ue fortuitement, sous la forme d'une parenthèse qui n*a aucun rapport direct avec le sujet véritable du dialo<nie, et pourrait être supprimée saiis en altérer le plan. Socrate et Ménon examinent si la vertu peut s enseigner. IMein d'assurance au début, l'élève de Gorgias s'aperçoit bientôt qu'entre Socrate et lui, la lutte n'est pas égale. Il a déjà proposé, puis abandonné trois définitions de la vertu. Irrité de ces échecs successifs, il en rejette la faute sur son interlocuteur qui, dit-il, « ne sait autre chose que douter lui-même et jeter les autres dans le doiae... semblable... à cette large torpille marine qui enoiuirdit tous ceux qui 1 approchent et la touchent ». Celui-ci ayant déclaré qu'effectivement il ne sait rien, et qu'en particulier il ic.niore ce que c'est que la vertu, Nténon croit le mettre dans l'embarras en lui représentant qu'il est impossibh' de chercher ce qu'on ne connaît d'aucune manière \ Socrate n'accepte pas cette objection ; mais au lieu de démontrer qu'elle est spécieuse (c-0(7ri/.c,-), il se contente d'invoquer contre elle l'autorite d'(( hommes et de femmes habiles dans les choses divines )). Ce sont d'abord « des prêtres et des prêtresses, qui se sont appliqués à |)ouvoir rendre compte de leur ministère », puis Pindare — dont Socrate cite quelques vers

1 Men, 79 e-8U e.

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empruntés à une ode perdue - et beaucoup d autres poètes « divins » K Tous ont affirme l'immortalité de 1 amc, et Socrate leur donne raison. Mais si l'âme est immortelle, si elle s'incarne plusieurs fois, « il n'y a donc rien qu elle n ait appris ., ; ce qu'elle paraît ignorer, elle l'a su précc-demment, elle le sait toujours, au moins de façon latente. Par conséquent, « ce qu'on nomme chercher et apprendre n est autre chose que réminiscence » ^.

Ce résumé est assez éloquent par lui-même pour nous dispenser de longs commentaires. A proprement parler, Socrate ne réfute pas Ménon.^pas plus qu'il ne réfute Cebes dans le passage du Pliédon que nous avons analyse plus haut ' • il se retranche simplement derrière une croyance religieuse, et ici encore ses garants sont les orphico-pythagorrciens '. Toutefois, l'analogie n'est pas complète, car la réminiscence reçoit bien, subsidiaircment, une sorte de preuve ; c'est le petit esclave de Ménon qui la fournit. Habilement interrogé par Socrate, il trouve tout seul la démonstration du théorème de Pythagore, et pourtant, personne ne lui avait jamais donné la moindre notion de géométrie. Comment cela serait-il possible, si l'ignorant n'avait pas en lui-même, touchant ce qu'il ignore, des opinions vraies qui sont réveillées par des interrogations, et si^ 1 àmc ne tirait pas toute sa science de son propre fonds ? .

Il y a là un curieux essai de vérification expérimentale

. Parmi ces « autres poètes », il faut entendre en première ligne Empkdocle (Diels, Vors. U, îr. 115 stiq.).

: cfntT 'raf's^ufJm'e'nt la notion mystique de iame-démon ç,«e Phton emprunte au pylhagorisme, mais aussi, semble-t-d le germe même d la théorie de u/r^mit^seence. Car. d'aprè. Empedocle, Pythagore pouvait se rappeler ses vies passées (Emp.o. D.els, Vo.,. B ^ ■ 1-«K « Emnédoele prétendait également se souvenir des siennes (fr. 17). Mais dCràon réservé à quelques privilégiés, Platon la.t une faeulte présente che" tous les homme's. et eette vague eroy.nce ^evnent grâce a lu., une doctrine précise, d'une portée philosophique inattendue Cf. Rohde, PsyclTll p. 185, n. 2 ; Robin, Sur la doctrine de la rémuusconce, Rev. des et. grecques, 32, 1919. p. 451-455. » Men. 85 b-86 b.

d'autant plus digne de remarque que les dialogues ne nous en offrent aucun autre exemple. Sans doute, Platon n'aurait pas introduit cet épisode s'il ne l'avait jugé propre à confirmer sa théorie dans une certaine mesure ; et il nous indique très clairement, du reste, que telle est son intention, en représentant Ménon d'abord sceptique à l'égard de ces idées toutes nouvelles pour lui ', puis définitivement convaincu après l'expérience tentée sur son esclave. Néanmoins, nous ne pouvons considérer celle-ci comme une preuve proprement dite, car, aux yeux de Platon, la dialectique seule peut réellement démontrer, c'est-à-dire rattacher une proposition à une autre préalablement démontrée, ou à un principe évident par soi-même. Or la réminiscence n'est pas la conclusion d'un raisonnement déduclif, et c'est pourquoi elle reste en deçà de la certitude absolue, au nombre dès opinions simplement probables. Socrate le reconnaît, d'ailleurs, expressément avant de revenir au sujet de l'entretien : « Je ne voudrais pas affirmer sans réserve, dit-il à Ménon. que le reste de mon discours soit vrai ; mais ce que je suis prêt à soutenir de toutes mes forces par la parole et par l'exemple, si j'en suis capable, c>st que la persuasion ^ ^. qu'il faut chercher ce qu'on ne sait point nous rend meilleurs, -V plus énergiques et moins paresseux que si nous pensions/ qu'il est impossible de trouver ce que nous ignorons, et •

inutile de le chercher » \

Dans le Phédon, la réminiscence joue un rôle beaucoup plus important. Au lieu de fournir simplement la solution d'une ^.T.ofJ:c, elle fait, cette fois, partie intégrante de la chaîne dialectique, et sert de second argument en faveur de l'immortahté de l'âme. Si la science n'est que réminis-

nce, dit Cébès, alors il s'ensuit nécessairement (avayxr,) que l'âme préexiste au corps. Mais ce principe est-il vrai ? Simmias en demande des preuves (aro5-t;ci,-) », et on lui

» Men. 81 e-82 a. , -^ , a^ -Mir^nn •

2 Men. 86 b-c. Cf. aussi l'adhésion quelque peu hésitante de Menon .

Eu Hio; ûoxÈt; /évsiv, w S^/.?a-!£;, où/. oVV KrMi.

» pitoid T2. &-Zi h.

en aonne deux. D'abord la preuve a poslcrwn du Menon, qui est rappelée pnr Cébès : <' Les honmies, s'ds sont bien interrogés, trouvent d'eux-mêmes b's réponses justes ; or ils en seraient incapables s'ils n'avaient en eux la science et la droite raison. > Puis une preuve nouvelle, une véritable démonstration, longuement développée par Socrate, et qui présente tous les caractères de la dialectique. En voici la substance : Les qualités sont quelque chose de distinct des objets qui possèdent ces qualités [T.y.yj- 'y:j-y. :-.o:v-0 : par exemple, l'égalité en soi est distincte des choses égales, dont elle est le tyi)e parfait. Comment se faitil qu'en vovant des choses égales, nous acquérions la notion de l'é<ralité en soi ? Pour le comprendre, il suffit de songer à un" fait d'expérience courante, à savoir l'association d'idées par laquelle la vue d*un objet quelconque évoque dans l'esprit le souvenir d'un autre objet précédemment connu : par exemple, la vue d'une lyre rappelle la personne qui s'en sert, celle du portrait de Simmias fait penser a Simmias, etc. Or il en va de même pour l'égalité, car c'est de la sensation que nous tirons la pensée que toutes les choses égales qui sont Pobjet de nos sens tendent à cette éc^alité intelligible, tout en lui demeurant inférieures. Mais, comme nous faisons usage de nos sens dès le début de notre vie terrestre, il faut qu'avant de naître, nous ayons connu l'égalité et les autres idées. Par conséquent, « nos âmes exrstaient avant de revêtir une forme humaine, d'une existence incorporelle et pleinement consciente » \

Si nous rapprochons ce passage de celui du Ménon, nous ne pouvons manquer de constater des dit:é:ences importantes. Dans le Mènon, la réminiscence est rattachée à l'immortalité de l'àme, qui, à l'époque où Platon écrivit ce dialogue — ainsi que le Gor-iai^ — n'était encore pour lui qu'une simple croyance rehgieuse. Dans le Phédon, c'est au contraire la préexistence de l'âme qui est déduite de la réminiscence, laquelle est elle-même déduite de la

1 Phaed. 76 c

théorie des dées. L'ordre du raisonnement se trouve donc renversé ^ ; en outre, la déduction, de simple qu'elle était au début (immortalité — réminiscence), est devenue double (1^ existence des idées — réminiscence ; 2^ réminis- ^.çnce — préexistence de l'âme). Mais ce n'est pas tout : dans le premier cas, le terme initial de l'argumentatiou est un postulat, c'est-à-dire une vérité non démontrée. Dans le second cas, c'est un principe évident par soi-même, car il n'est pas douteux que l'existence des idées n'ait été considérée comme telle par Platon. En effet, Socrate appelle les idées « des choses que nous marquons du sceau de la réalité en soi, dans nos questions comme dans nos réponses » (c'està-dire dans nos discussions dialectiques) ^, Et plus loin^ il formule cette alternative : « Si les choses dont nous parlons constamment, le beau, le bien et toutes les essences du mêma <Tenre, existent, et si c'est à elles que nous rapportons toutes les perceptions de nos sens, parce que nous reconnaissons qu'elles nous appartenaient dans une vie antérieure, si enfin nous les prenons pour types de ces données sensibles, alors il s'ensuit nécessairement que, non seulement ces choses, mais notre âme aussi existe, et cela dès avant notre naissance ; si ces choses n'existent pas, tout notre raisonnement est vain. » A quoi Simmias répond : « Tu as démontré

i A vrai dire, il semble que, dans le Mérwii aussi, rimmorlalité 8oit (1 duitc de la réminiscence, puisque, tout à la fin de la digression, Socrate dit: O-jy-oùvE'. ûtE! f, àXr;Osta t'-A^-- •'^-»''' o^'-cw'' Ètt-v h tti-Vj/tI, iOivaroc a. /i yj/f, £ V,. [Men. 86 b.) Du moins, c'est ainsi qu'en ont jugé Coo- TURVT (De Plat. myUUs, p. 94), Jowett [DiaL oj PI. II, p. 8 sq.) et SiiSFMîTiL [Plat. Phil. !, p. 86-88). D'après ce dernier, notamment, la réminiscence est d'abord déduite de l'immortalité à l'aide d'un mythe, puis, après avoir été confirmée par l'expérience faite sur l'esclave, elle sert à prouver dialectiquement l'immortalité. IVlais cette interprétation nous paraît erronée. La phrase de Socrate citée plus haut nous montre seulement qu'à l'époque où il écrivit le Ménon, Platon considérait l'immortalité et la réminiscence comme s'irapli<iuant l'une l'autre, comme deux aspects d'une seule et même croyance. Mais il n'y a pas réellement tentative de donner une preuve dialectique de l'immortalité, comme ce sera plus tard le cas dans le Phédon, puis dans la République, le Plièâre et les Lois. (Sur l'immortalité dans le Ménon, voir plus bas, p. 143.) 2 Phacd. 75 d : ÎTrâvreuv rj\;^t'n\.o^^<x-(\X/i\kt^)ai xo aùtô o £<yTi.

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y 2 LES MYTHES DE PLATON

fort à propos que la préexistence de l'âme est nécessairement liée à l'existence des idées dont tu parles, car pour moi, l n est rien de si éi>ident [vjy.y/U) que la pleine réalité de ces essences, le beau, le bien et tout ce que tu rappelais il y a un instant » \ On voit donc qu'aux yeux de Platon, la théorie des idées avait la valeur d'un axiome, c'est-à-dire d'une vérité première qu'il est impossible de nier, parce qu'elle est la condition même de toute pensée logique et de toute science — quelque chose de comparable à ce qu'est, pour nous, le principe d'identité et de contradiction. r D'ordinaire, la réminiscence est rangée au nombre des mythes ^ ; la double analyse qui précède nous montre clairement en quoi ce jugement doit être corrigé. Mythique, la doctrine l'est sans aucun doute sous sa première forme, celle du Ménon ; mais le Phédon lui donne un tout autre caractère. D'abord, Platon n'invoque plus l'autorité des prêtres et des poètes, parce qu'il dispose d'une démonstration dialectique qui lui avait manqué jusque-là, et qui ne devint possible que du jour où il conçut la théorie des idées. Or cette théorie lui était encore inconnue lorsqu'il écrivit le

1 Phaed. 76 d-77 a. Cf. 65 d, 74 a-b, 100 b-c. — De même, dans la République, l'existence des idées est affirmée comme une chose qui va de soi. Platon ne la démontre pas ; il la prend seulement comme point dô départ de ses démonstrations (cf. Rep. 475 e sqq., 507 a-c). A noter aussi Phaed. 92 c-e : Socrate vient de montrer qu'on ne peut soutenir à la fois que la science est une réminiscence et que l'âme est une harmonie ; ces deux thèses sont contradictoires ; il faut choisir entre elles. Or Simmias choisit la première, car il avait admis la seconde « sans démonstration, sur la foi d'une vraisemblance spécieuse » (àv£j àr.oùii^toj^ {le-cà eixoxo^ T'.vo; xai EÙTTpsTTîîa;). La doctrine de l'àvâavT^T-.;, au contraire, « est fondée sur un postulat digne d'être approuvé » (ô... Xôyo; ot' j-oOiTîw; à;i3s àirooi^aaOat s'/pr^Tot'.). Cette jTrôOîTi; n'est autre que celle de l'existence des idées, dont la formule se trouve précisément à la p. 76 d-e. Elle n'est pas démontrable, mais comme elle est sûrement vraie (cf. 92 e : 'Eyùi ùï xa-j-r/^ (o; suauxôv tic'Ooj, Ixavtu^ xî xat 6p6w; àT:ooioîY|jLai), l'àTrôoc'.J'.i; qui la prend pour prémisse est inattaquable.

2 C'est notamment l'opinion de Couturat {De Plat, mythis, p. 88- 93). Au contraire Zeller {Phil. der Gr. II, 1, p. 835-837) considère avec raison la réminiscence comme véritablement philosophique, mais sans faire la distinction, selon nous indispensable, entre l'exposé mythique du Ménon et l'exposé dialectique du Phédon.

Ménon \ En revanche, sa première ébauche apparaît dans un dialogue qui doit vraisemblablement Ctre placé peu après le Ménon : le Cratyle K Puis elle se précise dans le Banquet, où nous voyons briller l'idée du Beau, éternelle, immuable, incorporelle et absolue, terme ultime de 1 initiation et type unique de toutes les autres beautés ».

Enfin, le philosophe compose les œuvres de sa maturité : le Phédon, puis la République et le Phèdre. En pleine possession de sa pensée, désormais, il aborde de front des problèmes métaphysiques qu'il n'avait encore qu'effleures ; il ose ce que, naguère, il jugeait au-dessus de ses forces. Ce qui l'attire en premier lieu, c'est le mystère de la vie et de la mort. Y a-t-il dans l'homme quelque chose d'éternel et de supérieur à la nature physique ? Personnellement, il avait déjà tranché la question par l'affirmative : le Gorgias et le Ménon en font foi. Mais la survivance n'était pas encore intégrée dans sa philosophie ; elle demeurait hors cadre, pour ainsi dire, objet de simple 5-:?=., et non pas d jz.7T.f.r,. Le but du Phédon est de muer cette probabilité en certitude *. Bien que les preuves qu'il fournit en faveur de l'immortalité de l'âme soient de valeur inégale, et qu il y ait une gradation manifeste de la première à la dernière, toutes, néanmoins, peuvent se réclamer de la dialectique. A cet égard, il est instructif de comparer la première et la seconde preuve ^ La première, désignée généralement sous

i Voir plus bas, p. 117, n. 3.

2 Voir plus haut, p. 56.

« En effet, le Phédon est essentiellement dialectique, quoi qu'en pensent TeiehmûUer, Couturat et d'autres. A ee sujet, voir plus bas,

''■'^Ontlit nue d'après Bon.tz [Plat. Slud. p. 293-312), il n'y aurait en tout, dlr^é/n. que trois preuves de >''™--*f^' ^ ^y^etï contraires et la réminiscence n'étant que les '!«"'' ;l«'"*°;^,^^".V,ont et même preuve. Tout en reconnaissant que ces ^^"^ 7"7";''i,^;^* étroitement unis, et que, de l'aveu même de Platon (^^^ " 're^e" complètent l'un l'autre, nous jugeons prétérable ^ y ;'»•'. f^";!/'*"^*' distinctes, et telle paraît bien avoir été l'op.n.on de Platon, d '^V^^'f'^^ 72 e-73 a (cf. aussi 77 c, où il est question de combiner deux X^YOt). Nou

-iw-num

le nom d'argument des contraires, est empruntée à la doctrine orphico-pylhagoricienne de la métempsychose. « Selon «ne ancienne tradition, dit Socrate, les âmes lorsqu e es ont quitté ce monde, séjournent dans l'au-delà, puis elles ^ reviennent sur la terre, et renaissent après avoir passe par la ^^

mort ..'.Mais un raisonnement dialectique ne peut avoir comme prémisse un simple r.l.r.- '^^V'^- J^;^"^ ,^^:' de conclure à l'immortalité de l'âme, il faut d abord eUbhr nue cette ancienne croyance est vraie. Or c'est précisément ce que fait Socrate. Il commence par lui donner une portée plus générale, en l'étendant à « toutes les choses sujettes au de-enir »^ Puis, après avoir posé en principe que « toutes les choses naissent de leurs contraires .., il passe au cas parti- ^

eulier : la mort est le contraire de la vie ; donc ce qui est vivant naît de ce qui est mort, et vic.^ versa. Quant au principe on ne saurait le contester sans tomber dans l'absurde, car '« si les contraires ne s'engendraient pas réciproquement, tournant, pour ainsi parler, dans un cercle perpétuel .., le devenir ferait bientôt place à l'immobilité, et l'univers organisé à cette masse indifférenciée dont parle Anaxa-

«ore '. ,

Ainsi, Platon déduit l'immortalité de la métempsychose.

Mais comme la conséquence d'un principe n'a de valeu^ que

si le principe lui-même est vrai, sou premier som.-csi de

comptons aonc quatre preuves, soll : 1» argument des contraires ; 2" réminiscence ; 3- simpUcil^-ae l'âme ; 4» participation de l ame a 1 idée do la

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